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est entièrement éteinte. Les Athéniens affranchis dressent des statues à leurs libérateurs, et rétablissent l'état populaire. Hippias se jette entre les bras de Darius, qu'il trouva déjà disposé à entreprendre la conquête de la Grèce, et n'a plus d'espérance qu'en sa protection.
Dans le temps qu'il fut chassé, Rome se défit aussi de ses tyrans, Tarquin le Superbe avait rendu par ses violences la royauté odieuse : l'impudicité de Sexte, son fils, acheva de la détruire. Lucrèce, déshonorée, se tua elle-même : son sang et les harangues de Brutus animèrent les Romains. Les rois furent bannis (245 — 509), et l'empire consulaire fut établi suivant les projets de Servius Tullius; mais il fut bientôt affaibli par la jalousie du peuple. Dès le premier consulat, P. Valérius, consul, célèbre par ses victoires, devint suspect à ses citoyens ; et il fallut pour les contenter établir la loi qui permit d'appeler au peuple du sénat et des consuls dans toutes les causes où il s'agissait de châtier un citoyen. Les Tarquins chassés trouvèrent des défenseurs : les rois voisins regardèrent leur bannissement comme une injure faite à tous les rois ; et Porsenna, roi des Clusiens, peuple d'Étrurie, prit les armes contre Rome (247 — 507). Réduite à l'extrémité et presque prise, elle fut sauvée par la râleur d'Horatius Coclès. Les Romains firent des prodiges pour leur liberté : Scévola, jeune citoyen se brûla la main qui avait manqué Porsenna ; Clélie, une jeune fille, étonna ce prince par sa hardiesse ; Porsenna laissa Rome en paix, et les Tarquins demeurèrent sans ressource. Hippias, pour qui Darius se déclara, avait de meilleurs espérances (254 — 500). Touie la Perse se remuait en sa faveur, et Athènes était menacée d'une grande guerre. Durant que Darius en faisait les préparatifs, Rome, qui s'était si bien défendue contre les étrangers, pensa périr par elle-même : la jalousie s'était réveillée entre les patriciens et le peuple ; la puissance consulaire, quoique déjà modérée par la loi de P. Valérius, parut encore excessive à ce peuple trop jaloux de sa liberté. Jl se retira au Mont-Aventin (261 — 493) : les conseils violents furent inutiles ; le peuple ne put être ramené que par les paisibles remontrances de Ménénius Agrippa ; mais il fallut trouver des tempéraments, et donner au peuple des tribuns pour le défendre contre les consuls. La loi qui établit cette nouvelle magistrature fut appelée la loi Sacrée, et ce fut là que commencèrent les tribuns du peuple.
44 PARTIE I, ÉPOÛUE VIII
Darius avait enfin éclaté contre la Grèce. Son gendre Mardonius, après avoir traversé l'Asie, croyait accabler les Grecs par le nombre de ses soldats; mais Miltiade défit cette armée immense dans la plaine de Marathon avec dix mille Athéniens (264—490),
Rome battait tous ses ennemis aux environs, et semblait n'avoir à craindre que d'elle-même. Coriolan, zélé patricien et le plus grand de ses capitaines, chassé malgré ses services par la faction populaire, médita la ruine de sa patrie (265 — 489), mena les Volsques contre elle, la réduisit à l'extrémité, et ne put être apaisé que par sa mère (266 —488).
La Grèce ne jouit pas longtemps du repos que la bataille de Marathon lui avait donné. Pour venger l'affront de la Perse et de Darius, Xerxès, son fils et son successeur, et petit-fils de Cyrus par sa mère Atosse, attaqua les Grecs avec onze cent mille combattants (d'autres disent dix-sept cent mille), sans compter son armée navale de douze cents vaisseaux. Léonidas, roi de Sparte, qui n'avait que trois cents hommes, lui en tua vingt mille au passage des Thermopyles, et périt avec les siens (274-480). Par les conseils de Thémistocle, athénien, l'armée navale de Xerxès est défaite la même année, près de Salamine. Ce prince repasse l'Hellespont avec frayeur; et, un an après (275—479), son armée de terre, que Mardonius commandait, est taillée en pièces près de Platée, par Pausanias, roi de Lacédémone, et par Aristide, athénien, appelé le Juste. La bataille se donna le matin; et, le soir de cette fameuse journée, les Grecs Ioniens, qui avaient secoué le joug des Perses, leur tuèrent trente mille hommes dans la bataille de Mycale, sous la conduite de Léotychidès. Ce général, pour encourager ses soldats, leur dit que Mardonius venait d'être défait dans la Grèce. La nouvelle se trouva véritable, ou par un effet prodigi'eux de la renommée, ou plutôt par une heureuse rencontre; et tous les Grecs de l'Asie Mineure se mirent en liberté. Cette nation remportait partout do grands avantages; et un peu auparavant les Carthaginois, puissants alors, furent battus dans la Sicile, où ils voulaient étendre leur domination à la sollicitation des Perses. Malgré ce mauvais succès, ils ne cessèrent depuis de faire de nouveaux desseins sur une île si commode à leur assurer l'empire de la mer, que leur république affectait. La Grèce le
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tenait alors, mais elle ne regardait que l'Orient et les Perses. Pausanias venait d'affranchir l'île de Chypre de leur joug (277 — 477), quand il conçut le dessein d'asservir son pays J278 — 476). Tous ses projets furent vains, quoique Xerxès lui promit tout : le traître fut trahi par celui qu'il aimait le plus, et son infâme amour lui coûta la vie (280 — 474).
La même année, Xerxès fut tué par Artaban *, son capitaine des gardes, soit que ce perfide voulût occuper le trône de son maître, ou qu'il craignît les rigueurs d'un prince dont il n'avait pas exécuté assez promptement les ordres cruels. Artaxerxès à la Longue Main, son fils, commença son règne, et reçut peu de temps après une lettre de Thémistocle, qui, proscrit par ses citoyens, lui offrait ses services contre les Grecs (281 — 473). Il sut estimer autant qu'il devait un capitaine si renommé, et lui fit un grand établissement malgré la jalousie des satrapes. Ce roi magnanime protégea le peuple juif (287 — 467) ^, et, dans sa vingtième année, que ses suites rendent mémorable, il permit à Néhéiuias de rétablir Jérasalem avec ses murailles ^ (300 — 454). Ce décret d'Artaxerxès diffère de celui de Gyrus en ce que celui de Cyrus regardait le temple, et celui-ci est fait pour la ville.
A ce décret prévu par Daniel, et marqué dans sa prophétie*, les quatre cent quatre-vingt-dix ans de ses semaines commencent. Cette importante date a de solides fondements. Le bannissement de Thémistocle est placé dans la Chronique d'Eusèbe à la dernière année de la soixante-seizième olympiade, qui revient à l'an 280 de Rome. Les autres chronologistes le mettent un peu au-dessous : la différence est petite, et les circonstances du temps assurent la date d'Eusèbe. Elles se tirent de Thucydide, historien très exact, et ce grave auteur contemporain presque, aussi bien que concitoyen de Thémistocle, lui fait écrire sa lettre au commencement du règne d'Artaxerxès °. Cornélius Népos, auteur ancien et judicieux autant qu'élégant, ne veut pas qu'on
1 Arist., Polit., lib. V, c. x.