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l'équité avec laquelle ils les composèrent, leur laissa empiéter le pouvoir suprême (304 — 450), dont ils usèrent tyranniquement. Il se fit alors de grands mouvements par l'intempérance d'Appius Clodius, un des décemvirs, et par le meurtre de Virginie (305 — 449) que son père aima mieux tuer de sa propre main que de la laisser abandonnée à la passion d'Appius. Le sang de cette seconde Lucrèce réveilla le peuple romain, et les décemvirs furent chassés.
Pendant que les lois romaines se formaient sous les décemvirs, Esdras, docteur de la loi, et Néhémias, gouverneur du peuple de Dieu nouvellement rétabli dans la Judée, réformaient les abus et faisaient observer la loi de Moïse qu'ils observaient les premiers*. Un des principaux articles de leur réformation fut d'obliger tout le peuple, et principalement les prêtres, à quitter les femmes étrangères qu'ils avaient épousées contre la défense de la loi. Esdras mit en ordre les livres saints, dont il fit une exacte révision, et ramassa les anciens mémoires du peuple de Dieu pour en composer les deux livres des Paralipomènes ou Chroniques, auxquelles il ajouta l'histoire de son temps, qui fut achevée par Néhémias. C'est par leurs livres que se termine cette longue histoire que Moïse avait commencée, et que les auteurs suivants continuèrent sans interruption jusqu'au rétablissement de Jérusalem. Le reste de l'Histoire Sainte n'est pas écrit dans la même suite. Pendant qu'Esdras et Néhémias faisaient la dernière partie de ce grand ouvrage, Hérodote, que les auteurs profanes appellent le Père de l'Histoire^, commençait à écrire. Ainsi les derniers auteurs de l'Histoire Sainte se rencontrent avec le premier auteur de l'histoire grecque ; et, quand elle commence, celle du peuple de Dieu, à la prendre seulement depuis Abraham, enfermait déjà quinze siècles, Hérodote n'avait garde de parler des Juifs dans l'histoire qu'il nous a laissée ; et les Grecs n'avaient besoin d'être informés que des peuples que la guerre, le commerce, ou un grand éclat leur faisait connaître. La Judée, qui commençait à peine à se relever de sa ruine, n'attirait pas les regards. Ce fut dans des temps si malheureux que la langue hébraïque cessa d'être vul-
•*. I Esdr., IX, x; II Esdr., xni; DeiU^,xnn, 13.
2. C'est Cicéron qui a donné ce titre à Hérodote: Herodotus Pater historUe. (DeLeg., liv. I, chap. i).
gaire. Durant la captivité, et ensuite par le commerce qu'il fallut avoir avec les Chaldéens, les Juifs apprirent la langue chaldaïque assez approchante de la leur, et qui avait presque le même génie. Cette raison leur fit changer l'ancientie figure des lettres hébraïques, et ils écrivirent l'hébreu avec les lettres des Chaldéens plus usitées parmi eux et plus aisées à former. Ce changement fut aisé entre deux langues voisines dont les lettres étaient de même valeur et ne différaient que dans la figure. Depuis ce temps on ne trouve l'Écriture Sainte parmi les Juifs. .qu!en lettres chaldaïques ; mais les Samaritains retinrent toujours l'ancienne manière de l'écrire. Leurs descendants ont persévéré dans cet usage jusqu'à nos jours, et nous ont par ce moyen conservé le Pentateuque, qu'on appelle Samaritain, en anciens caractères hébraïques tels qu'on les trouve dans les médailles et dans tous les monunients des siècles passés.
Les Juifs vivaient avec douceur sous l'autorité d'Artaxerxès. Ce prince, réduit par Cimon, fils de Miltiade, général des Athéniens, à faire une paix honteuse, désespéra de vaincre les Grecs par la force, et ne songea plus qu'à profiter de leurs divisions. Il en arriva de grandes entre les Athéniens et les Lacédémoniens. Ces deux peuples, jaloux l'un de l'autre, partagèrent toute la Grèce. Périclès, athénien, commença la guerre du Péloponèse (323 — 431), durant laquelle Théramène, Thrasybule et Alcibiade, athéniens, se rendent célèbres. Brasidas et Myndare, lacédémoniens, y meurent en combattant pour leur pays. Cette guerre dura 27 ans, et finit à l'avantage de Lacédémone, qui avait mis dans son parti Darius nommé le bâtard, fils et successeur d'Artaxerxès. Lysandre, général de l'armée navale des Lacédémoniens, prit Athènes (350—404) et en changea le gouvernement. Mais la Perse s'aperçut bientôt qu'elle avait rendu les Lacédémoniens trop puissants. Ils soutinrent (353 — 401) le jeune Cyrus dans sa révolte contre Artaxerxès son aîné, appelé Mnémon à cause de son excellente mémoire, fils et successeur de Darius. Ce jeune prince, sauvé de la prison et de la mort par sa mère Parysatis, songe à la vengeance, gagne les satrapes par ses agréments infinis, traverse l'Asie Mineure, va présenter la bataille au roi son frère dans le cœur de son empire, le blesse de sa propre main, et, se croyant trop tôt vainqueur, périt par sa témérité. Les dix mill« Grecs qui le servaient font cette retraite étonnante
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où commandait à la fln Xénophon, grand philosophe et grand capitaine, qui en a écrit l'histoire. Les Lacédémoniens continuaient à attaquer l'empire des Perses, qu'Agésilas,i'oi de Sparte, fit trembler dans l'Asie Mineure (358 — 396) ; mais les divisions de la Grèce le rappelèrent en son pays.
En ce temps la ville de Véies, qui égalait presque la gloire de Rome, après un siège de dix ans et beaucoup de divers succès, fut prise par les Romains sous la conduite de Camille. Sa générosité lui fit encore une autre conquête. Les Falisques, qu'il assiégeait, se donnèrent à lui (360 — 394), louches de ce qu'il leur avait renvoyé leurs enfants, qu'un maître d'école lui avait livrés. Rome ne voulait pas vaincre par des trahisons, ni profiter de la perfidie d'un lâche qui abusait de l'obéissance d'un âge innocent. Un peu après les Gaulois Sénonais entrèrent en Italie, et assiégèrent Clusium (363 — 391). Les Romains perdirent contre eux la fameuse bataille d' Allia (364 — 390). Leur ville fut prise et brûlée. Pendant qu'ils se défendaient dans le Gapitole, leurs affaires furent rétablies par Camille qu'ils avaient banni. Les Gaulois demeurèrent sept mois maîtres de Rome, et, appelés ailleurs par d'autres affaires, ils se retirèrent chargés de butina
Durant les brouilleries de la Grèce, Épaminondas, thébain, se signala par son équité et par sa modération autant que par ses victoires (383—371). On remarque qu'il avait pour règle de ne mentir jamais, même en riant. Ses grandes actions éclatent dans les dernières années de Mnémon et dans les premières d'Ochus. Sous un si grand capitaine les Thébains sont victorieux, et la puissance de Lacédémone est abattue.
Celle des rois de Macédoine commence avec Philippe, père d'Alexandre le'Grand (395—359). Malgré les oppositions d'Ochus et d'Arsès son fils, rois de Perse, et malgré les difficultés plus grandes encore que lui suscitait dans Athènes l'éloquence de Démosthène, puissant défenseur de la liberté, ce prince, victorieux durant vingt ans, assujettit toute la Grèce, où la bataille de Chéronée, qu'il gagna (416 — 338) sur les Athéniens et sur leurs alliés, lui ..donna une puissance absolue. Dans cette fameuse bataille, pendant qu'il rompait les Athéniens, il eut la joie de voir