‹ Discours sur l'histoire universelleChapitre 49 sur 339 · Act.,\yi · texte numérisé non relu

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sonna (54) ce trop facile 'mâff*.~iMais' l'empire de son fils ne lui fut pas moins funeste à elle-même qu'à tout le reste de la république. Corbulon fit tout l'honneur de ce règne par les victoires qu'il remporta sur les Parthes et sur les Arméniens (58, 60, 62, 63).

Néron commença dans le même temps la guerre contre les Juifs (66) et la persécution contre les Chrétiens. C'est le premier empereur qui ait persécuté l'Église. Il fit mourir à Rome saint Pierre et saint Paul (67). xMais, comme dans le même temps il persécutait tout le genre humain, on se révolta contre lui de tous côtés; il apprit que le sénat l'avait condamné, et se tua lui-même (68). Chaque armée fit un empereur : la querelle se décida auprès de Rome, et dans Rome même, par d'effroyable combats. Galba, Othon et Vitellius y périrent (69) ; l'empire affligé se reposa sous Vespasien (70). Mais les Juifs furent réduits à l'extrémité ; Jérusalem fut prise et brûlée. Titus, fils et successeur (79) de Vespasien, donna au monde une courte joie; et ses jours, qu'il croyait perdus quand ils n'étaient pas marqués de quelque bienfait, se précipitèrent trop vite. On vit revivre Néron en la personne de Domitien^, La persécution se renouvela (93). Saint Jean, sorti de l'huile bouillante, fut relégué dans l'île de Patmos, où il écrivit son Apocalypse (95). Un peu après il écrivit son évangile, âgé de quatrevingt-dix ans, et joignit la qualité d'évangéliste à celle d'apôtre et de prophète.

Depuis ce temps les chrétiens furent toujours persécutés, tant sous les bons que sous les mauvais empereurs. Ces persécutions se faisaient tantôt par les ordres des empereurs et par la haine particulière des magistrats, tantôt par le soulèvement des peuples, et tantôt par des décrets prononcés authentiquement dans le sénat sur les rescrits des princes, ou en leur présence. Alors la persécution était plus universelle et plus sanglante; et ainsi la haine des infidèles, toujours obstinée à perdre l'Église, s'excitait de temps en temps elle-

1 C'est le mot de Tacite : Conjugum imperiis obnoxius. (Ann., XII, I).

2. De même Juvênal a appelé Domitien le « Néron chauve ». Quum jam semianimum laceraret Flavius orbem l/ltimus, et calvo servirçt Roma Neroni.

(Sat.,IV, 37).

même à de nouvelles fureurs. C'est par ces renouvellements de violence que les historiens ecclésiastiques comptent dix persécutions sous dix empereurs. Dans de si longues souffrances, les chrétiens ne firent jamais la moindre sédition. Parmi tous les fidèles, les évéques étaient toujours les plus attaqués. Parmi toutes les églises, l'église de Rome fut persécutée avec le plus de violence; et les papes confirmèrent souvent par leur sang l'évangile qu'ils annonçaient à toute la terre.

Doraitien est tué ; l'empire commence à respirer sous Nerva (96). Son grand âge ne lui permet pas de rétablir les affaires ; mais, pour faire durer le repos public, il choisit Trajan pour son successeur (97). L'empire, tranquille au dedans et triomphant au dehors, ne cesse d'admirer un si bon prince (98). Aussi avait-il pour maxime qu'il fallait que ses citoyens le trouvassent tel qu'il eût voulu trouver l'empereur s'il eût été simple citoyen. Ce prince dompta les Daces et Décebale leur roi (102 — 106), étendit ses conquêtes en Orient (115, 116), donna un roi aux Parthes, et Içur fit craindre la puissance romaine : heureux que l'ivrognerie et ses infâmes amours, vices si déplorables dans un si grand prince, ne lui aient rien fait entreprendre contre la justice.

A des temps si avantageux pour la république succédèrent (H7) ceux d'Adrien, mêlés de bien et de mal. Ce prince maintint la discipline militaire (120), vécut lui-même militairement et avec beaucoup de frugalité (123); soulagea les provinces (125), fit fleurir les arts et la Grèce, qui en était la mère (126). Les barbares furent tenus en crainte par ses armes et par son autorité (130). Il rebâtit Jérusalem (13o) à qui il donna son nom, et c'est de là que lui vient le nom cî'.'Elia 1; mais il en bannit les Juifs toujours rebelles à l'empire. Ces opiniâtres trouvèrent en lui un impitoyable vengeur. Il déshonora par ses cruautés et par ses amours monstrueuses un règne si éclatant. Son infâme Antinous, dont il fit un dieu (131), couvre de honte toute sa vie. L'empereur sembla réparer ses fautes et rétablir sa gloire effacée en adoptant Aiitonin le Pieux (138), qui adopta Marc-Aurèlc le sage et le philosophe. En ces deux princes paraissent deux beaux caractères (139 — 161). Le père, toujours en paix, est

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