‹ Discours sur l'histoire universelleChapitre 50 sur 339 · yfllia, parce que le nom dp famille d'Adrien était JEUus · texte numérisé non relu

yfllia, parce que le nom dp famille d'Adrien était JEUus

toujours prêt dans le besoin à faire la guerre; le fils est toujours en guerre, toujours prêt à donner la paix à ses ennemis et à l'empire. Son père Antonin lui avait appris qu'il valait mieux sauver un seul citoyen que de défaire raille ennemis. Les Parthes (162) et les Marcomans (^69) éprouvèrent la valeur de Marc-Aurèle ; les derniers étaient des Germains que cet empereur achevait de dompter quand il mourut. Par la vertu des deux Antonins, ce nom devint les délices des Romains.

La gloire d'un si beau nom ne fut effacée ni par la mollesse de Lucius Vérus, frère de Marc-Aurèle et son collègue dans l'empire, ni par les brutalités de Commode, son fils et son successeur (180). Celui-ci, indigné d'avoir un tel père, en oublia les enseignements et les exemples. Le sénat et les peuples le détestèrent; ses plus assidus courtisans et sa maîtresse le firent mourir (192). Son successeur Pertinax, vigoureux défenseur de la discipline militaire, se vit immolé (193) à la fureur des soldats licencieux, qui l'avaient un peu auparavant élevé malgré lui à la souveraine puissance.

L'empire, mis à l'encan par l'armée, trouva un acheteur. Le jurisconsulte Didius Julianus hasarda ce hardi marché : il lui en coûta la vie ; Sévère Africain le fit mourir, vengea Pertinax, passa de l'Orient en Occident, triompha en Syrie (194, 195), en Gaule (197) et dans la Grande-Bretagne (207- 209). Rapide conquérant, il égala César par ses victoires; mais il n'imita pas sa clémence. Il ne put mettre la paix parmi ses enfants (208). Bassien ou Caracalla, son fils aîné, faux imitateur d'Alexandre, aussitôt après la mort de son père (211) tua son frère Géta, empereur comme lui, dans le sein de Julie, leur mère commune (212), passa sa vie dans la cruauté et dans le carnage et s'attira à lui-même une mort tragique. Sévère lui avait gagné le coeur des soldats et des peuples, en lui donnant le nom d'Antonin ; mais il n'en sut pas soutenir la gloire (218). Le syrien Héliogabale, ou plutôt Alagabale, son fils, ou du moins réputé pour tel, quoique le nom d'Antonin lui eût donné d'abord le cœur des soldats et la victoire sur Macrin, devint aussitôt après par ses infamies l'horreur du genre humain, et se perdit lui-même. Alexandre Sévère, fils de Mamée, son parent et son successeur (222), vécut trop peu pour le bien du monde. Il se plaignait d'avoir plus de peine à contenir ses soldats qu'à vaincre ses ennemis. Sa mère, qui le gouvernait, fut cause

de sa perte (235), comme elle l'avait été de sa gloire. Sous lui Arlaxerxès Persien tua son maître Artaban, dernier roi des Parthes, et rétablit l'empire des Perses en Orient (233).

En ces temps l'Église encore naissante remplissait toute la terre *, et non seulement l'Orient, où elle avait commencé, c'est-à-dire la Palestine, la Syrie, l'Egypte, l'Asie Mineure et la Grèce ; mais encore dans l'Occident, outre l'Italie, les diverses nations des Gaules, toutes les provinces d'Espagne, l'Afrique, la Germanie, la Grande-Bretagne dans les endroits impénétrables aux armes romaines; et encore, hors de l'empire, l'Arménie, la Perse, les Indes, les peuples les plus barbares, les Sarraates, les Daces, les Scythes, les Maures, les Gétuliens, et jusqu'aux îles les plus inconnues. Le sang de ses martyrs la.rendait féconde. Sous Trajan, saint Ignace, évêque d'Antioche, fut exposé aux bêtes farouches (107). Marc-Aurèlc, malheureusement prévenu des calomnies dont on chargeait le christianisme, fit mourir saint Justin le philosophe et l'apologiste de la religion chrétienne (163), Saint Polycarpe, évêque de Smyrne, disciple de saint Jean, à l'âge de quatre-vingts ans, fut condamné au feu sous le même prince (167). Les saints martyrs de Lyon et de Vienne endurèrent des supplices inouïs (177), à l'exemple de saint Photin 2 leur évêque, âgé de quatre-vingt-dix ans. L'église gallicane^ remplit tout l'univers de sa gloire. Saint Irénée, disciple de saint Polycarpe et successeur de saint Photin, imita son prédécesseur, et mourut martyr sous Sévère avec un grand nombre de fidèles de son église (202).

Quelquefois la persécution se ralentissait. Dans une extrême disette d'eau que Marc-Aurèle souffrit en Germanie, une légion chrétienne obtint une pluie capable d'étancher la soif de son armée, et accompagnée de coups de foudre qui épouvantèrent ses ennemis (174). Le nom de Foudroyante fut donné ou confirmé à la légion par ce miracle. L'empereur en fut touché, et écrivit au sénat en faveur des chrétiens. A la fin ses devins lui persuadèrent d'attribuer à ses dieux et à ses prières un miracle que les païens ne s'avisaient pas seulement de souhaiter. D'autres causes suspen-

i. Tertull., adv. Jud., c. vn; Apolog., c. xxxvii.

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