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Sa doctrine, son savoir

après (526). Amalasonte, sa fille, et mère d'Atalaric, qui devenait roi par la mort de son aïeul, est empêchée par les Goths de faire instruire le jeune prince comme méritait sa naissance, et, contrainte de l'abandonner aux gens de son âge, elle voit qu'il se perd, sans pouvoir y apporter de remède.

L'année d'après, Justin mourut (527), après avoir associé à l'empire son neveu Justinien, dont le long règne est célèbre par les travaux de Tribonien, compilateur du droit romain, et par les exploits de Bélisaire et de l'eunuque Narsès. Ces deux fameux^ capitaines réprimèrent les Perses (529, 530, etc.), défirent les Ostrogoths (532, 533), et les Vandales (533, 534), rendirent à leur maître l'Afrique, l'Italie et Rome ; mais l'empereur, jaloux de leur gloire, sans vouloir prendre part à leurs travaux, les embarrassait toujours plus qu'il ne leur donnait d'assistance.

Le royaume de France s'augmentait. Après une longue guerre, Childebert et Clotaire, enfants de Clovis, conquirent le royaume de Bourgogne (532), et en même temps immolèrent à leur ambition les enfants mineurs de leur frère Clodomir, dont ils partagèrent entre eux le royaume. Quelque temps après et pendant que Bélisaire attaquait si vivement les Ostrogoths, ce qu'ils avaient dans les Gaules fut abandonné aux Français. La France s'étendait alors de beaucoup au delà du Rhin ; mais les partages des princes, qui faisaient autant de royaumes, l'empêchaient d'être réunie sous une même domination. Ses principales parties furent la Neustrie, c'est-à-dire la France occidentale, et l'Austrasie, c'està-dire la France orientale.

La même année que Rome fut reprise par Narsès (553), Justinien fltteniràConstantinople le cinquième concile*général, qui confirma les précédents et condamna quelques écrits favorables àNestorius. C'est ce qu'on appelait les trois Chapitres, à cause des trois auteurs déjà morts il y avait longtemps, dont il s'agissait alors. On condamna la mémoire et les écrits de Théodore, évêque de Mopsueste, une lettre d'Ibas, évêque d'Edesse, et, parmi les écrits de Théodoret, ceux qu'il avait composés contre saint Cyrille. Les livres d'Origène, qui troublaient tout l'Orient depuis un siècle, furent aussi réprouvés. Ce concile,. commencé avec de mauvais desseins, eut une heureuse conclusion, et fut reçu du Saint-Siège qui s'y était opposé d'abord (555).

Deux ans après le concile, Narsès, qui avait ôté l'Italie aux Goths, la défendit contre les Français, et remporta une pleine victoire sur Bucelin, général des troupes d'Austrjisie. Malgré tous ces avantages, l'Italie ne demeura guère aux empereurs. Sous Justin II, neveu de Justinien, et après la mort de Narsès, le royaume de Lombardie fut fondé par Alboïn (568). Il prit Milan (570) et Pavie (571) ; Rome et Ravenne se sauvèrent à peine de ses mains, et les Lombards firent souffrir aux Romains des maux extrêmes. Rome fut mal secourue par ses empereurs, que les Avares, nation scythique, les Sarrasins, peuple d'Arabie, el les Perses plus que tous les autres, tourmentaient de tous côtés en Orient (574). Justin, qui ne croyait que lui-même et ses passions, fut toujours battu par les Perses et par leur roi Chosroès. Il se troubla de tant de pertes jusqu'à tomber en frénésie. Sa femme Sophie soutint l'empire. Le malheureux prince revint trop tard à son bon sens, et reconnut en mourant la malice de ses flatteurs (579). Après lui, Tibère II, qu'il avait nommé empereur, réprima les ennemis, soulagea les peuples et s'enrichit par ses aumônes (580). Les victoires do Maurice, cappadocien, général de ses armées, firent mourir de dépit le superbe Chosroès (581). Elles furent récompensées de l'empire, que Tibère lui donna en mourant avec sa fille Constantine (583).

En ce temps l'ambitieuse Frédégonde, femme du roi Chilpéric I, mettait toute la France en combustion, et ne cessait d'exciter des guerres cruelles entre les rois français.

Au milieu des malheurs de l'Italie, et pendant que Rome était affligée d'une peste épouvantable, saint Grégoire le Grand fut élevé malgré lui sur le siège de saint Pierre (590). Ce grand pape apaise la peste par ses prières, instruit les empereurs, et tout ensemble leur fait rendre l'obéissance qui leur est due; console l'Afrique, et la fortifie; confirme en Espagne les Visigoths convertis de l'arianisme, et Recarède le Catholique, qui venait de rentrer au sein de l'Église; convertit l'Angleterre, réforme la discipline dans la France, dont il exalte les rois toujours orthodoxes au-dessus de tous les rois de la terre ; fléchit les Lombards, sauve Rome et l'Italie, que les empereurs ne pouvaient aider; réprime l'orgueil naissant des patriarches de Constantinople; éclaire toute l'Église par sa doctrine; gouverne l'Orient et l'Occident arec autant de vigueur que d'humilité, et donne au

monde un parfait modèle du gouvernement ecclésiastique. L'histoire de l'Église n'a rien de plus beau que l'entrée du saint moine Augustin dans le royaume de Kent avec quarante de ses compagnons (597), qui précédés de la croix et de l'image du grand roi Notre-Seigneur Jésus-Christ, faisaient des vœux solennels pour la conversion de l'Angleterre*. Saint Grégoire qui les avait envoyés, les instruisait par des lettres véritablement apostoliques, et apprenait à saint Augustin à trembler parmi les miracles continuels que Dieu faisait par son ministère^. Berthe, princesse de France, attira au christianisme le roi Édilbert, son mari. Les rois de France et la reine Brunehaut protégèrent la nouvelle mission. Les évêques de France entrèrent dans cette bonne œuvre, et ce furent eux qui par l'ordre du pape sacrèrent saint Augustin. Le renfort que saint Grégoire envoya au nouvel évêque (601) produisit de nouveaux fruits, et l'Eglise anglicane prit sa forme (604). L'empereur Maurice, ayant éprouvé la fidélité du saint Pontife, se corrigea par ses avis, et reçut de lui cette louange si digne d'un prince chrétien, que la bouche des hérétiques n'osait s'ouvrir de son temps. Un si pieux empereur fit pourtant une grande faute. Un nombre infini de Romains périrent entre les mains des Barbares, faute d'être rachetés un écu par tête (601). On voit incontinent après les remords du bon empereur; la prière qu'il faità Dieu de le punir en ce monde plutôt qu'en l'autre ; la révolte, de Phocas, qui égorge à ses yeux toute sa famille - (602); Maurice tué le dernier, et ne disant autre chose, parmi tous ses maux, que ce verset du Psalmiste : « Vous êtes juste, ô Seigneur, et tous vos jugements sont droits ^ ». Phocas, élevé à l'empire par une action si détestable, tâcha de gagner les peuples en honorant le Saint-Siège, dont il confirma les privilèges (606). Mais sa sentence était prononcée (610). Héraclius, proclamé empereur par l'armée d'Afrique, marcha contre lui. Alors Phocas éprouva que souvent les débauches nuisent plus aux princes que les cruautés ; et Photin, dont il avait débauché la femme, le livra à Héraclius, qui le fit tuer.

i. Béda, lib. I.

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