‹ Discours sur l'histoire universelleChapitre 84 sur 339 · Ibid., XXI · texte numérisé non relu

Ibid., XXI

à coup Dieu lui commanda de l'immoler*. A quelles épreuves la foi est-elle exposée ? Abraham mena Isaac à la montagne que Dieu lui avait montrée, et il allait sacrifier ce fils en qui seul Dieu lui promettait de le rendre père et de son peuple et du Messie. Isaac présentait le sein à l'épée que son père tenait touteprête à frapper. Dieu, conlentdel'obéissance du père et du fils n'en demande pas davantage. Après que ces deux grands hommes ont donné au monde une image si vive et si belle de l'oblation volontaire de Jésus-Christ, et qu'ils ont goûté en esprit les amertumes de sa croix, ils sont jugés vraiment dignes d'être ses ancêtres. La fidélité d'Abraham fait que Dieu lui confirme toutes ses promesses*, et bénit de nouveau non seulement sa famille, mais encore par sa famille toutes les nations de l'univers.

En efîet, il continua sa protection à Isaac, son fils, et à Jacob, son petit-fils. Ils furent ses imitateurs, attachés comme lui à la croyance ancienne, à l'ancienne manière de vie qui était la vie pastorale, à l'ancien gouvernement du genre humain où chaque père de famille était prince dans sa maison. Ainsi, dans les changements qui s'introduisaient tous les jours parmi les hommes, la sainte antiquité revivait dans la religion et dans la conduite d'Abraham et de ses enfants.

Aussi Dieu réitéra-t-il à Isaac et à Jacob les mêmes promesses qu'il avait faites à Abraham^, et, comme il s'était appelé le Dieu d'Abraham, il prit encore le nom de Dieu d'Isaac et de Dieu de Jacob.

Sous sa protection ces trois grands hommes commencèrent à demeurer dans la terre de Chanaan, mais comme des étrangers, et sans y posséder « un pied de terre *>, jusqu'à ce que la famine attira Jacob en Egypte, où ses enfants 'multipliés devinrent bientôt un grand peuple comme Dieu l'avait promis.

Au reste, quoique ce peuple que Dieu faisait naître dans son alliance dût s'étendre par la génération, et qu« la bénédiction dût suivre le sang, ce graud Dieu ne laissa pas d'y marquer l'élection de sa grâce. Car, après avoir choisi

i.Gen., ïxii.

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