‹ Discours sur l'histoire universelleChapitre 99 sur 339 · Deut., XXXI · texte numérisé non relu

Deut., XXXI

2. Voir, pour cette question, les travaux de M. Ero. Benan sur le Livre d-j Jcb.

plus noires pensées que l'esprit malin puisse suggérer, sait non seulement conserver une confiance invincible, mais encore s'élever par ses propres maux à la plus haute contemplation, et reconnaître dans les peines qu'elle endure, avec le néant de l'homme, le suprême empire de Dieu et sa sagesse infinie ? Voilà ce qu'enseigne le livre de Job^. Pour garder le caractère du temps, on voit la foi du saint homme couronnée par des prospérités temporelles ; maiscependan; le peuple de Dieu apprend à connaître quelle est la vertu des souffrances, et à goûter la grâce qui devait un jour être attachée à la croix.

Moïse l'avait goûtée lorsqu'il préféra les souffrances et l'ignominie qu'il fallait subir avec son peuple aux délices et à l'abondance de la maison du roi d'Egypte^. Dès lors Dieu lui fit goûter les opprobres de Jésus-Christ. Il les goûta encore davantage dans sa fuite précipitée et dans son exil de quarante ans. Mais il avala jusqu'au fond le calice de Jésus- Christ^, lorsque, choisi pour sauver ce peuple, il lui en fallut supporter les révoltes continuelles, où sa vie était eii péril*. Il apprit ce qu'il en coûte à sauver les enfants do Dieu, et fit voir de loin ce qu'une plus haute délivrance devait un jour coûter au Sauveur du monde.

Ce grand homme n'eut pas même la consolation d'entrer dans la Terre promise : il la vit seulement du haut d'une montagne, et n'eut point de honte d'écrire qu'il en était exclu par une incrédulité^ qui, toute légère qu'elle paraissait, mérita d'être châtiée si sévèrement dans un homme dont la grâce était si éminente. Moïse servit d'exemple à la sévère jalousie de Dieu et au jugement qu'il exerce avec une si terrible exactitude sur ceux que ses dons obligent à une fidélité plus parfaite.

Mais un plus haut mystère nous est montré dans l'exclusion de Moïse. Ce sage législateur, qui ne fait par tant de merveilles que de conduire les enfants de Dieu dans le voisinage de leur terre, nous sert lui-même de preuve que « sa

i.Jol)., xin,15; XIV, 14,15; XVI, 21 ; XJK, 26, etc.

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