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dire, les lègles de l'Église. On croyait que la foi ne changeait jamais , et qu'encore que la discipline pût recevoir divers changements, selon les temps et selon les lieux, il fallait tendre, autant qu'on pouvait, à une parfaite imitation de l'antiquité. Au reste, les papes n'assistèrent que par leurs légats aux premiers conciles généraux; mais ils en approuvèrent expressément la doctrine, et il n'y eut dans l'Eglise qu'une seule foi.
Constanlin et Trène firent religieusement exécuter les décrets du septième concile (an 787); mais le reste de leur conduite ne se soutint pas. I.e jeune prince, à qui sa mère lit épousiT une femme qu'il n'aimait point, s'enij)ortait à des amours déshonnétes; et, las d'obéir à une mère si impélieuse, il tachait de l'éloigner des affaires, où elle se maintenait malgré lui.
Alphonse le Chaste régnait en Espagne (an 793). La continence pei'pétuelle que garda ce prince lui mérita ce beau titre, et le rendit digne d'affranchir l'Espagne de l'infâme ti'ibut de cent filles que son oncle Mauregat avait accordé aux Maures. Soixante et dix mille de ces infidèles tués dans une bataille, avec Mugaït leur général, firent voir la valeur (lAlphonse. Constantin tâchait aussi de se signaler contre les Bulgares : mais les succès ne répondaient pas à son attente. 11 détruisit à la fin tout le pouvoir d'Irène; et, incaj)able de se gouverner lui-même autant que de souffrir l'empire d'autrui, il répudia sa femme Marie, poui* épouser Théodote, qui étaità elle (an 795). Sa mère irritée fomenta les troubles que causa un si grand scandale (an 796). Constantin péiit par ses artifices. Elle gagna le peuple en modérant les impôts, et mit dans ses intérêts les moines avec le clergé par une piété apparente. Enfin elle fut reconnue seule impératrice. Les Romains méprisèrent ce gouvernement, et se tournèrent à Charlemagne, qui subjuguait les Saxons, réprimait les Sarrasins, détruisait les hérésies, protégeait les papes, attirait au christianisme les natioas infidèles, réta-
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i)lissail les sciences cl latlisci[)liiie ecclésiastique, assemblail (le fameux conciles où sa profonde doctrine était admirée, et faisait ressentir non-seulement à la France et à T Italie, mais encore à T Espagne, à T Angleterre, à la Germanie et paitout, les effets de sa piété et de sa justice.
DOtZIOlE ËPOOl E.
Enfin l'an 800 de notre Seigneur, ce grand protecteur (\o Home et de Tltalie, ou pour mieux dire de toute TEglise et de toute la chrétienté, élu empereur par les Romains sans (]u'il y pensât, et couronné par le pape Léon III, qui avait porté le peuple romain à ce choix, devint le fondateur du nouvel enipire et de la grandeur temporelle du Saint-Siège.
Voilà, ^lonseigneur, les douze époques que j'ai suivies dans cet abrégé. J'ai attaché à chacune d'elles les faits principaux qui en dépendent. Vous pouvez maintenant, sans beaucoup de peine , disj^oser , selon l'ordre des temps , les grands événements de l'histoire ancienne, et les ranger pour ainsi dire chacun sous son étendard.
Je n'ai pas oublié, dans cet abrégé, cette célèbre division que font les chronologistes de la durée du nionde en sept Ages. Le commencement de chaque i\2^(^ nous sert d'époque: si j'y en me!e quelques autres, c'est alin que les choses soiiMit plus distinctes, et que l'ordre des temps se développe devant vous avec moins de confusion.
Quand je vous parle de Toidre des temps, je ne prétends pas, Monseigneur, que vous vous chargiez scrupuleusement de toutes les dates ; encore moins que vous entriez dans toutes les disputes des chionologistes, où le plus souvent il ne s'agit que de peu d'années. La chronologie conteutieus^, qui s'arrête «^ciupuleusement à ces uiinulies, a son usage
sans iloule, mais elle n'est pas \olre objet, et sert peu à éclairer l'esprit d'un grand prince. Je n'ai point voulu raffiner sur cette discussion des temps; et, painii les calculs déjà faits, j'ai suivi celui qui m'a paru le plus vraisemblabie, sans m'engager à le garantir.
Que dans la supputation qu'on fait des années, depuis le t(Miips de la création jusqu'à Abraham, il faille suivre les Septante, qui font le monde plus vieux, ou l'hébreu, qui le fait plus jeune de plusieurs siècles, encore que l'autorité de l'original hébreu semble devoir l'emporter, c'est une chose si indilTérente en elle-même, que l'Église, qui a suivi avec saint Jérôme la supputation de l'hébreu dans notre Vulgate, a laissé celle des Septante dans son Martyrologe. En elîét, qu'importe à l'histoire de diminuer ou de multiplier des siècles vides, oij, aussi bien, Ton n'a rien à raconter? N'est-ce pas assez que les temps oi^i les dates sont importantes aient des caractères fixes, et que la distribution en soit appuyée sur des fondements certains? Et quand même dans ces temps il y aurait de la dispute pour quelques années, ce ne serait presque jamais un embarras. Par exemple, qu'il faille mettre de quelques années plus tôt ou plus tard, ou la fondation de Rome, ou la naissance de Jésus-Christ : vous avez pu reconnaître que cette diversité ne fait rien à la suite des histoires, ni à l'accomplissement des conseils de Dieu. Vous devez éviter les anachronismes qui brouillent Tordre des affaires, et laisser disputer des autres entre les savants.
Je ne veux non plus charger votre mémoire du compte des olympiades, quoique les Grecs, qui s'en servent, les rendent nécessaires à fixer les temps. Il faut savoir ce que c'est, afin d'y avoir recours dans le besoin : mais , au reste, il suffira devons attacher aux dates que je vous propose comme les plus simples et les plus suivies, qui sont celles du monde jusqu'à Rome, celles de Romejusqu'à Jésus-Christ, et celles de .lésus-Christ dans toute la suite.
Mais le M'ai dessein de cet abrégé n'est pas de vous ex-
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})lif|uer roixlrc des (einj)?, quoiqu'il soit ahsolunuMit ik'cossaire pour lier toutes les histoires, el en montrer le rapport. Je vous ai dit, Monseigneur, que mon principal objet est de vous faire considérer, dans Tordre des temps, la suite du peuple de Dieu et celle des grands empires.
Ces deux choses roulent ensemble dans ce grand m. uvement des siècles, où elles ont pour ainsi dire un même cours: mais il est besoin, pour les bien entendre, de les détacher quelquefois Tune de l'autre, et de considérer tout ce qui convient a chacune d'elles.