VII. FONDATION DE ROME
Tullus Hôstilius, son troisième roi , et par le fa- '^' 5^,* meux combat des Horaces et des Gurîaces, Albe fut vaincue et ruinée : ses citoyens, incorporés à la ville victorieuse , l'agrandirent et la fortifièrent. Romulus avoit pratiqué le premier ce moyen d'augmenter la viUe, où il reçut les Sabins et les autres peuples vaincus. Ils oublioient leur défaite, et devenoient des sujets affectionnés. Rome, en étendant ses conquêtes , régloit sa milice ; et ce fut sous Tullus Hostilius qu eUe commença à apprendre cette beUe discipline qui la rendit dans la suite maîtresse de l'univers. Le royaume d'Egypte, affoibli par ses 84 670 longues divisions, se rétablissoit sous Psamimitique. Ce prince, qui devoit son salut aux Ioniens et aux Cariens, les établit dans l'Egypte, fernaée jusqu'alors aux étrangers. A cette occasion , les Égyptiens entrèrent en commerce avec les Grecs ; et depuis ce temps aussi l'histoire d'Éçypte, jusqucrlà mêlée de fables pompeuses par l'artifice des prêtres, commence, selon Hérodote ', à avoir de la certitude. Cependant les rois d'Assyrie devenoient de plus en plus redoutables à tout l'Orient. Saosduchin, fils d'Asaraddon , qu'on croit être le Nabuchodonosor 97 ^^7 du livre de Judith, défit en bataille rangée Ar- 98 656
Utrod, lib. 11, c. i54-
phaxad, roi des Médes, quel qu'il soit. Si ce nest pas Déjocès lui-même, premier fondateur d'Ecbatanes , ce peut être Phraorte ou Aphraarte, son fils, qui en éleva les murailles. Enflé de sa victoire , le superbe roi d'Assyrie entreprit * de conquérir toute la terre. Dans ce dessein il passa TEuphrate, et ravagea tout jusqu'en Judée. Les Juifs avoient irrité Dieu, et s'étoient abandonnés à l'idolâtrie, à l'exemple de Manassès ; mais ils avoient fait pénitence avec ce prince : Dieu les prit aussi en sa protection. Les conquêtes de Nabuchodonosor et d'Holopheme, son général, furent tout-à-coup arrêtées par la main d'une femme. Déjocès, quoique battu par les Assyriens, laissa son royaume en état de s'accroître sous ses successeurs. Pendant que Phraorte, son fils, et Cyaxare, fils de Phraorte, subjuguoient la Perse, et poussoient leurs conquêtes dans l'Asie mineure jusques aux bords de l'Halys, la Judée vit passer le régne lit 643 détestable d'Amon, fils de Manassès ; et Josias, ii3 641 fils d'Amon, sage dès l'enfance, travailloit à ré-, parer les désordres causés par l'impiété des rois
* Va.1i. Page 43, ligne 26 : qu'on croit... entreprit, etc. Pre^ mière édition : appelé Nabuchodonosor dans le livre de Judith, défit en bataille rangée Arphaxad, roi des Médes. Enflé de ce succès, il entreprit, etc.