VII. FONDATION DE ROME. ^S
ses prédécesseurs. Rome, qui avoit pour roi An- *"*** eus Martius, domptoit quelques Latins sous sa conduite, et continuant à se faire des citoyens de ses ennemis, elle les renfermoit dans ses murailles. Ceux de Veies, déjà affoiblis par Romulus, firent de nouvelles pertes. Ancus poussa 128 6a6 ses conquêtes jusqu'à la mer voisine, et bâtit la ville d'Ostie à Tembouchure du Tibre. En ce temps, le royaume de Babylone fut envahi par Nabopolassar. Ce traître , cpie Chinaladan , au^ trement Sarac, avoit fait général de ses armées contre Cyaxarç, roi des Médes, se joignit avec Astyage, fils de Cyaxare, prit Chinaladan dans ;Ninive, détruisit cette grande ville si long-temps maîtresse de TOrient, et se mit sur le trône de son maître. Sous un prince si ambitieux,. Babylone s'enorgueillit. La Judée , dont l'impiété croissoit sans mesure, avoit tout à craindre. Le saint roi Josias suspendit pour un peu de temps, » 3o 624 par son humilité profonde, le châtiment que son peuple avoit mérité ; mais le mal s'augmenta sous ses enfants. Nabuchodonosor II, plus ter '44 ^«o rible que son père Nabopolassar^ lui succéda. 147 ^^7 Ce prince , nourri dans l'orgueil , et toujours exercé à la guerre , fit des conquêtes prodigieuses en Orient et en Occident ; et Babylone xnenaçoit toute la terre de la mettre en servi-
^°* dîr 4^ PREBflÈRE PARTIE. LES ÉPOQUES.
tude. Ses menaces eurent bientôt leur effet à l'égard du peuple de Dieu. Jérusalem fut abandonnée à ce superbe vainqueur, qui la prit par trois fois : la première , au commencement de son régne, et à la quatrième année du règne de JoaLim , d'où commencent les soixante-dix ans de la captivité de Babylone, marqués par le
i55 599 prophète Jérémie ' ; la seconde, sous Jéchonias
i56 598 ou Joacbin, fils de Joakim; et la dernière, sous Sédécias, où la ville fut renversée de fond en comble , le temple réduit en cendre , et le roi mené captif à Babylone, avec Saraïa, souve* rain pontife , et la meilleure partie du peuple. Les plus illustres de ces captifs furent les pro** phétes Ézéchiel et Daniel. On compte aussi parmi eux les trois jeunes hommes que Naburchodonosor ne put forcer à adorer sa statue, ni les consumer par les flammes. La Grèce étoit florissante , et ses sept Sages se rendoient illus» très. Quelque temps devant la dernière désola*
160 594 tion de Jérusalem, Solon, l'un de ces sept Sages, donnoit des lois aux Athéniens , et établissoit
176 578 la liberté sur la justice : les Phocéens d'Ionie menoient à Marseille lem* première colonie.
Tarquin l'Ancien , roi de Rome , après avoir subjugué une partie de la Toscane, et orné la
' Jerem. XXV. 11, la. xxix. 10.
VII, FONDATION DE ROME. 4? ^de de"*
ville de Rome par des ouvrages magaificpies ,
acheva son régne. De son temps, les Gaulois;
conduits par Bellovèse , occupèrent dans Tlta-
lié tous les environs du Pô , pendant que Sego^ 188 566
vèse, son frère, mena bien avant dans la Ger»-
manie un autre essaim de la nation. Servius
Tullitis, successeur de Tarquin, établit le cens,
ou le dénombrement des citoyens distribués en
certaines classes , par où cette grande ville se
trouva réglée comme une famille particulière.
Nabuchodonosor embellissoit Baby loue, qui s'é-
toit enrichie des dépouilles de Jérusalem et de
rOrient. Elle n'en jouit pas long-temps. Ce roi ,
-qui l'avoit ornée avec tant de magnificence, vit
en mourant la perte prochaine de cette superbe
ville '. Son fils Évilmérodac, que ses débauches ^9^ ^62
rendoient odieux, ne dura guère, et fut tué
par Nériglissor, son beau-frère, qui usurpa le 194 56o
royaume. Pisistrate usurpa aussi dans Athènes
Fautorité souveraine, qu'il sut conserver trente
ans durant, parmi beaucoup de vicissitudes, et
qu'il laissa même à ses enfants. Nériglissor ne
put souffrir la puissance des Médes qui s'agran-
dissoient en Orient , et leur déclara la guerre.
Pendant qu'Astyage, fils de Cyaxare I, se pré-
paroit à la résistance, il mourut, et laissa cette
Jbvd. apud Euseb. Praep. Ev. lib. ix, cap. ^i.
^ dt°' 4^ PREMÈRE PARTIE. LES ÉPOQUES.
Rome. j. c. g^g|.|.ç ^ soutciiir à Gyaxare II , son fils , appelé par Daniel Darius le Mède. Celui-ci nomma
195 559 pour général de son armée Cyrus, fils de Maadane, sa sœur, et de Cambyse, roi de Perie, sujet à Tempire des Médes. La réputation de Cyrus qui s*étoit signalé en diverses guen*es, sous Astyage, son grand-père, réunit la plupart des rois d'Orient sous les étendards de Cyaxare.
206 548 II prit dans sa ville capitale Crésus, roi de Ly* die, et jouit de ses richesses immensçs : il dompta
a 1 1 543 les autres alliés des rois de Babylone,' eiét&adk sa domination non seulement sur la Syrie, mais encore bien avant dans TAsie mineure. Enfin il
316 538 marcha contre Babylone : il la prit, et la soumit à Cyaxare, son oncle, qui, n'étant pas moins touché de sa fidélité que de ses exploits, lui donna sa fille unique et son héritière en miH riage. Dans le régne de Cyaxare, Daniel, déjà
217 537 honoré , sous les régnes précédents , de plusieurs célestes visions où il vit passer devant lui en ft* gures si manifestes tant de rois et tant d'enoh pires, apprit, par une nouvelle révélation, ces septante fameuses semaines où les temps du Christ et la destinée du peuple juif sont expliqués. C'étoient des semaines d'années, si bien jqu'elles contenoient quatre cent quatre-vingtdix ans ; et cette manière de compter étoit oi>