‹ Discours sur l'historie universelleChapitre 31 sur 89 · VIII. LES JUIFS RÉTABUS · texte numérisé non relu

VIII. LES JUIFS RÉTABUS

Artaban, son capitaine des gardes % soit que ce ^°"* perfide youlût occuper le trône de son maître, ou qu'il craignit les rigueurs d'un prince dont il n avoit pas exécuté assez promptement les ordres cruels. Artaxerxe à la Longue-main , son fils, commença son régne, et reçut, peu de temps après, une lettre de Thémistocle, qui, 281 473 proscrit par ses citoyens, lui offroit ses services contre les Grecs, fl sut estimer, autant qu'il devoit^ un capitaine si renommé, et lui fit un grand établissement, malgré la jalousie des satrapes. Ce roi magnanime protégea le peuple 387 467 juif "" ; et dans sa vingtième année , que ses suites rendent mémorable, il permit à Néhémias de 3oo 454 rétablir Jérusalem avec ses murailles^. Ce dé- , cret d'Artaxerxe diffère de celui de Cyrus, en ce que celui de Cyrus regardoit le temple, et celui-ci est fait pour la ville. A ce décret, prévu par Daniel, et Arqué dans sa prophétie^, les quatre cent quatre-vingt-dix ans de ses semaines commoicent. Cette importante date a de solides fondements. Le banni^ement de Thémistocle est placé, daus la Chronique d'Eusébe,

' Arist. Polit, lib. v, cap. 1 o.

' /. Esd. VII, VIII. -— ^ /. £V. I. I. Vf. 3. //. Esd. n. i, 2 ^un. IX. 25.

de dcv.

Rome. J. C.

de* dcv 7^ PREMÈRE PARTIE. LES ÉPOQUES.

à la dernière année de la soixante^eizième olympiade, qui revient à Tan 280 de Rome. Les autres chronolo^stes le mettent un peu au-dessous : la différence est petite , et les circonstances du temps assurent la date d'Eusébe. EOes se tirent de Thucydide, historien très exact; et ce grave auteur, contemporain presque, aussi bien que concitoyen de Thémistocle , lui fait écrire sa lettre au conunencement du règne d'Artaxerxe '. Cornélius Nepos, auteur ancien et judicieux autant qu'élégant, ne veut pas qaon doute de cette date après lautorité de Thucydide ' : raisonnement d autant plus solide, qu W autre auteur plus ancien encore que Thucydide s'accorde avec lui. C'est Charon de Lampsaque , cité par Plutarque^: et Plutarque ajoute luimême que les Annales, c'est-à-dire celles de Perse, sont conformes à ces deux auteurs. Dne les suit pourtant pas, mais ifti'en dit aucune raison; et les historiens qui commencent huit ou neuf ans plus tard le régne d'Artaxerxe , ne sont ni du temps, ni d'une si grande autorité. Il paroît donc indubitable qu'il en faut placer le commencement vers Ja fin de la soixante-seizième olympiade , et approchant de l'année 280

' Thucyd. lih, i. — ' Corn. Nep. in Thcmist. c. 9. — ' Plut, in Themist.

Vlir. LES JUIFS BÉTABUS. 7 1 ^^^ ^d»

' de d«v.

de Borne, par où la vingtième année de ce *^'"* ^^ prince doit arriver vers la fin de la quatre-vingtunième olympiade, et environ l'an 3oo de Rome. Au reste , ceux qui rejettent plus ba$ le commencernent d'Artaxerxe , poup concilier les auteurs, sont réduits à conjectura* que son père lavoit du moins associé au royaume quaad Thémis-^ tocle écrivit sa lettre ; et, eo quelque façon que ce soit , notre date est assurée. Ce fondement étant posé, le reste du compte est aisé à faire, et la suite le rendra sensible. Après le décret d'Artaxerxe, les Juifs travaillèrent à rétablir leur ville et ses muraifles, comme Daniel lavoit prédit '. Néhémias conduisit l'ouvrage avec beaucoup dé prudence etde fermeté, au milieu de la résistance des Samaritains , des Arabes , et des Ammonites. / Le peuple fit un effort, et Eliasib, souverain pontife, l'anima par son exemple. Cependant les nouveaux magistrats qu'on avoit donnés au peuple romain augmentoient les divisions de la ville; et Rome , formée sous des rois , mânquoit des lois nécessaires à la bonne constitution d'une république. La réputation de la Grèce, plus célèbre encore par son gouvernement que par ses victoires, excita les Romains à se régler sur son exemple. Ainsi ils envoyèrent des députés pour 3oa 45a

* Pan. IX. aS.

^. ^V 72 ttlEMIÈaB l'AlTIE. I.E8 ÉP0QUË5.

Borne. J. c. yg^^hcrcher les lois des viUes 4e GFece^ et sui^ t^ut celles d'Athèaes , plus coof ormes à 1 état de

303 451 leur république. Sur ce mcMiéley dix magistrats

absolus^ qu OD créa rannee d après^ sousle ooiv de deceiDvii^, rédîgèreat les lois des douze ta*-

304 45o blés, qui sont le fondement du droit romain.

Le peuple^ ravi de Téquîté avec laquelle ik iea composèreot, lear laissa empiéter le pouvoir suprême, dont ils usèrent tyranpiquemant. II se fit alors de ^ands mouvements par linteniT 3of^ 449 péranoe d'Appius Claudius, un des décemvirs, et par le meurtre de Virante, ^pie son père aima mieux tuer de sa propre m^ que de la laisser abandonnée à la passion d'Appius. Le sang, de cette seconde Lucrèce réveilla le peurpie romain, et les décemvirs furent dbassés.

Pendant que les lois romaines se formaient sous les décemvîrs, Esdras, docteur de la loi, et Nébémias, gouverneur du peuple de Dieu nouvellement rétabli dans la Judée., réformoient les abus, et fai^oi^it observer la loi de Moïse, qu'ils observoient les premiers ^ Un des principaux articles de leur réformation fut d obUger tout le peupdie, et principalement les prêtres., à quitter les femmes étrangères qu'ils avoient épousées 0onti*e la défense de la loi. Esdras mit en ordre

', /. Esdr. IX, X. //. Esdr. xiii. Deut. xxiii. 3.

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