‹ Discours sur l'historie universelleChapitre 32 sur 89 · VIII. LES JUIFS RÉTABU · texte numérisé non relu

VIII. LES JUIFS RÉTABU

les livres saints, dont il fit une exacte révkion, et ramassa les anciens ménioires du peuple de Dieu pour en composer les deux livres des Pa-r ralipomàaes ou Chroniques, auxquelles il ajouta rbiatoîre de son temps, qui fut achevée par Néhémias. C'est par leurs livres que se termine cette longue histoire que Moïse avoit commencée, et que les auteurs suivants continuèrent sans interruption jusqu'au rétablissement de Je* rusalem. Le reste de l'histoire sainte n'est pas écrit dans la même suite. Pendant qu Esdras et Néhétnias f aisoient la dernière partie de ce grand ouvrage, Hérodote, que les auteurs jn-ofanes appellent le père de l'hiatoire, commençoit à écrire. Ainsi les derniera auteurs de l'histoire sainte se rencontrent avec le premier auteur de^ l'histoire grecque; et quand elle commence, celle du peuple de Dieu , à la prendre seulement depuis AJïraham, enfermoit déjà quinze siècles. Hérodote n'avoit garde de parler des Juife dans, l'histoire qu'il nous a laissée; et les Grec$ n'avoient besoin d'être jinformés que des peuple» que la guerre , le commerce, ou un grand éclat, leur faisoit connoître. La Judée, qui commençoit à peine à se relever de sa ruine , n'attiroit pas les regards. Ce fut dans des temps si malheureux que la langue hébraïque commença à

de deT

nome. J. C.

Ans An. y^ PREMIÈRE PARTIE. LES ÉPOQUES.

se mêler de langage chaldaïque, qui étoit celui de Babylone durant le temps que le peuple y fat capt^; mais elle étoit encore entendue, du temps d'Esdras, de la plus grande partie du peaple, comme il paroit par la lecture qu'il fit faire des livres de la loi « hautement et intelligiblement en n présence de tout le peuple, hommes et femmes u en grand nombre, et de tous ceux qui pou- <* voient entendre; et tout le monde entendoit «< pendant la lecture '. >* Depuis ce temps peû-àpeu elle cessa d'être vulgaire*. Durant la captivité, et ensuite par le commerce qu'il fallut avoir avec les Chaldéens, les Juifs apprirent la langue chaldaïque, assez approchante de la leur, et qui avoit presque le même génie. Cette raison leur fit changer l'ancienne figure des lettres hébraïques, et ils écrivirent Thébreu avec les lettres des Chaldéens, plus usitées parmi eux, et plus aisées à former. Ce changement fut aisé entre deux langues voisines dont les lettres étoient de même valeur, et ne différoient que dans la figure. Depuis ce t^nps on ne trouve

« //. Esdr. yin. 3, 6, 8.

* Vab. Au lieu de, page 78, lig. 27 : la langue hébraïque commença... d*étre vulgaire, la pi'emière édition porte seutement: la langue hébraïque cessa d'être vul^ire.

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