‹ Discours sur l'historie universelleChapitre 33 sur 89 · VIII. LES JUIFS RÉTABLIS. 76 ^^* ^J · texte numérisé non relu

VIII. LES JUIFS RÉTABLIS. 76 ^^* ^J

l'Écriture sainte parmi les Juifs qu'en caractères chaldaïques.

J'ai dit que TÉcriture* ne se trouve parmi les Juifs qu'en ces caractères. Mais on a trouvé de nos jours, entre les mains des Samaritains, un Pentateuque en anciens caractères hébraïques , tels qu'on les voit dans les médailles et dans tous les monuments des siècles passés. Ce Pentateuque ne diffère en rien de celui des Juifs, si ce n'est qu'il y a un endroit falsifié en faveur du culte public , que les Samaritains soutenoient que Dieu avoit établi sur la montagne de Garizîm, près de Samarie, comme les Juifs soutenoient que c'étoit dans Jérusalem. Il y a encore quelques différences , mais légères. Il est constant que les anciens Pères, et entre autres Eusébe et saint Jérôme , ont vu cet ancien Pentateuque samaritain; et qu'on trouve, dans celui

* Var. J*ai dit que rÉcriture, etc. ^jusque page 79 , lig, 20 . nous le voyons. Addition nouvelle. Dans les éditions antérieures à celle de Versailles, 1 819, on lit seulement:., qn^en caractères chaldaïques : mais les Samaritains retinrenitooiours l'ancienne manière, de Técrire. Leurs descendants ont persévéré dans cet usage jusqu'à nos jours, et nous ont par ce moyen conservé le Pentateuque, qu'on appelle Samaritain, en anciens caractères hébraïques, tels qu'on les trouve dans les médailles, et dans tous les monuments des siècles passés.

làn d^ 7^ PREMIÈRE PARTIE. LES ÉPOQUES.

"^^ * * ' que nous avons , tous les caractères de celui dont ils ont parlé.

Pour entendre parfaitement les antiquités du peuple de Dieu, il faut ici en peu de mots faire rhistoire des Samaritains et de leur Pentateaque. Il faut pour cela se souvenir qu'après Sa- ^039 975 lomon, et en punition de ses excès, sous Roboam son fils, Jéroboam sépara dix tribus du royaume de Juda, et forma le royaume dlsraël, 9^4 dont la capitale fut Samarie.

Ce royaume, ainsi séparé, ne sacrifia plus dans le temple de Jérusalem , et rejeta toutes les Écritures faites depuis David et Salomon, sans se soucier non plus des ordonnances de ces deux rois, dont Tun avoit préparé le temple, et Tautre lavoit construit et dédié.

Rome fut fondée Fax» du monde 325o ; et trente-trois ans après, c est-à-dire l'an du monde 3283 , les dix tribus schismatiques furent transportées à Ninive , et dispersées parmi les Gentils.

Ans SQ^s Asaraddon, roi d'Assyrie, les Cutbéens

de •' ^

Rome. furent envoyés pour habiter Samarie ' . G'étoîent

77 677 jgg peuples d'Assyrie, qui furent depuis appe*

lés Samaritains. Ceux-ci joignirent le culte de

Dieu avec celui des idoles, et obtinrent d'Asa^x

» IF. Beg, XVII. 24. /. Esdr. iv. 2.

vin. LES JUIFS RÉTABUS. 77 ^e* de°v

raddon un prêtre israélite qui leur apprit le ser- °"**'* ^' ^' vice du dieu du pays , c'est-à-dire les observances de la loi de Moïse. Mais leur prêtre ne leur donna que les livres de Moïse dont les dix tribus révoltées avoient conservé la vénération, sans y joindre d'autres livres saints , pour les raisons que Ton vient de voir.

Ces peuples ainsi instraits ont toujours per^ sisté dans la haine que les dix tribus avoient contre les Juifs ; et lorscpie Cyrus permit aui Juifs de rétablirle temple dé Jérusalem, les Sa* 219 535 xnaritains traversèrent autant qu'ils purent leur dessein % en faisant semblant néanmoins d y vouloir prendre part, soùs prétexte qu'ils ado* roient le Dieu d'Israël, quoiqu'ils en joignissent le culte avec celui de leurs fausses divinités.

Ils persistèrent toujours à traverser les desseins des Juifs lorsqu'ils rebâtissoient leur ville sous la conduite de Néhémias; et les deux nations furent toujours ennemies.

On voit icf la raison pourquoi ils ne changèrent pas avec les Juifs les caractères hébreux en caractères chaldaïques. Us n'avoient garde d'imiter les Juifs, non plus qu'Esdras leur grand docteur, puisqu'ils les avoient en exécration: c'est pourquoi leur Pentateuque se trouve écrit

' I. Esdr. IV. 2 , 3.

de* diTv. 7^ PBEMIÈRE PARTIE. LES ÉPOQUES.

' en anciens caractères hébraïques, ainsi qu'il a été dit.

4^1 333 Alexandre leur permit de bâtir le temple de Garizim. Manassès, frère de Jaddus, souverain pontife des Juifs, qui embrassa le schisme des Samaritains, obtint la permission de bâtir ce temple; et c'est apparenuuent sous lui qu'ils commencèrent à quitter le culte des faux dieux, ne différant d'avec les Juifs qu'en ce qu'ils le vouloient servir, non point dans Jérusalem, conune Dieu l'avoit ordonné, mais sur le mont Garizim.

On voit ici la raison pourquoi ils ont falsifié, dans leur Pentateuque, l'endroit où il est parlé de la montagne de Garizim, dans le dessein de montrer que cette montagne étoit bénite de Dieu et consacrée à son culte , et non pas Jéru?salem.

La haine entre les deux peuples subsista toujours : les Samaritains soutenoient que leur temple de Garizim devôit être préHérf à celui de Jérusalem. La contestation fut émue devant Ptolomée Philométor, roi d'Egypte. Les Juifs, qui avoient pour eux la succession et la tradition manifeste, gagnèrent leur cause par un jugement solennel '.

' Jos. Antr lib. xiii, cap. 6, al. 3.

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