X. NAISSANCE DE J. C. l33 ^^^j
soif de son armée , et accompagnée de coups de foudre qui épouvantèrent ses ennemis. Le nom de Foudroyante fut donné ou confirmé à la légion par ce miracle. L'empereur en fut touché , et écrivit au sénat en faveur des chrétiens. A la fin, ses devins lui persuadèrent d attribuer à ses dieux et à ses prières un miracle que les païens ne s avisoient pas seulement de - souhaiter.
D'autres causes suspendoient ou adoucissoient cpielquefois la persécution pour un peu de temps; mais la superstition, vice que Marc-Auréle ne put éviter, la haine publique , et les calomnies qu'on imposoit aux chrétiens , prévaloient bientôt. La fureur des païens se rallumoit, et tout l'empire ruisseloit du sang des martyrs. La doctrine accompagnoit les souffrances.
Sous Sévère, et un peu après, Tertullien, prêtre de Garthage , éclaira l'Église par ses ai 5 écrits, la défendit par im admirable Apologétique , et la quitta enfin aveuglé par une orgueilleuse sévérité , et séduit par les visions du faux prophète Montanus. A peu près dans le même temps , le saint prêtre Clément Alexandrin déterra les antiquités du paganisme , pour le confondre. Origène , fils du saint martyr Léonide , se rendit célèbre par toute l'Église dès sa
deV*C '^^ PREMIÈRE PARTIE. LES ÉPOQUES.
première jeunesse , et enseigna de grandes vérités, qu'il méloit de beaucoup d'erreurs. Le philo^phe AmmonJus fit servir à la religion la philosophie platonicienne, et s'attira le respect même des païens.
Cependant les Valentiniens , les Gnostiques, et d'autres sectes impies , combattoient l'Évangile par de fausses traditions; saint Irénéc'leur oppose la tradition et l'autorité des églises apostoliques, sur-tout de celle de Rome, fondée par les apôtres saint Pierre et saint Paul , et la prmcipale de toutes '. TertuUien fait la même chose*. L'Église n'est ébranlée ni par les hérésies, ni par les schismes, ni par la chute de ses docteurs les plus illustres. La sainteté de ses mcefttrs est si éclatante , qu elle lui attire les louanges de ses ennemis.
Les affaires de lempire se brouiUoient d'une
235 terrible manière. Après la mort d'Alexandre , le
tyran Maximin , qui l'avoit tué , se rendit le
maître, quoique de race gothique. Le sénat Itii
opposa quatre empereurs , qui périrent tous en
236, 237 moins de deux ans. Parmi eux étoient les deux
238 Gordien, père et fils, chéris du peuple romain. Le jeune Gordien, leur fils, quoique dans une
' Iren. adv. Haer. /16. m, cap. 1 , 2, 3. — * De Praesc. aciv. Haer. c. 36 ' .