X. NAISSANCE DE J. C. l35 j^^j
extrême jeunesse , montra une sagesse consommée , défendit à peine contre les Perses Tem- ^42 pire affoibli par tant de divisions. Il avoit repris sm* eux beaucoup de places importantes. Mais Philippe, arabe, tua un si bon prince; et de peur d'être accablé par deux empereurs , que 244 le sénat élût l'un après l'autre, il fit une paix 245 honteuse avec Sapor, roi de Perse. C'est le pre* tuier des Romains qui ait abandonné, par traité, ijiielcpés terres de l'empire. On dit qu'il embrassa là Religion chrétienne dans un temps où, tout-à-coup, il parut meilleur; et il est vrai qu'i fut favorable aux chrétiens. En haine de cet empereur, Déce, qui le tua, renouvela là per- 249 sécution avec plus de violence que jamais '.
L'Éghse s'étendit de tous côtés, principalement dans lés Graules*, et l'empire pei*dit bientôt Déce , qui le défendoit Vigoureusemeilt. Galhis et Volusîen passèrent bièù vite ; Émilien ne 25 1 fit que paroître; la souveraine puissance fut 264 donnée à Valérien , et ce vénérable vieillard y monta par toutes les dignités. Il ne fut cruel qu'auî^ chrétiens. Sous lui , le pape saint ÉtienVie, aS; et saint Cyprien, évêque dé Carthage, malgré 2 58 toutes leurs disputes qui n'avoient point rompu 256
' Euseb. Hist. ceci. lib. vi, cap. 39. — ' Gre^. Tur. Hist. Franc, lib. i, c. 28.
^^»V l36 PREMIÈRE PARTIE. LES ÉPOQUES.
la commuDion , reçurent tous deux la même couroime. L'erreur de saint Cyprien, qui rejetoit le baptême donné par les hérétiques, ne nuisit ni • à lui ni à l'Église. La tradition du saint Si^e se soutint, par sa propre force, contre les spécieux raisonnements et contre Fautorité d'un si grand homme , encore que d'autres grands hommes défendissent la même doctrine. Une autre aS; dispute fit plus de mal. Sabellius confondit ensemble les trois Personnes divines ^ et ne connut en Dieu qu'une seule personne sous trois noms. Cette nouveauté étonna l'Église; et saint Denis, a59 évêque d'Alexandrie, découvrit au pape saint Sixte II les erreurs de cet hérésiarque '. Ce saint pape suivit de près au martyre saint Etienne , son prédécesseur; il eut la tête tranchée, et laissa un plus grand combat à soutenir à son diacre saint Laurent.
C'est alors qu'on voit commencer l'inonda- ?58 à 260 tion des Barbares. Les Bourguignons et d'autres peuples Germains, les Goths, autrefois appelés les Gétes , et d'autres peuples qui habitoient vers le Pont-Euxin et au«delà du D£mid)e, entrèrent dans l'Europe ; l'Orient fiit envahi par les Scythes asiatiques et par les Perses. Ceux-ci défirent Valérien , qu'ils prirent ensuite par luie
' ^uscb. Hist. ceci /16. VII, c. 6.