X. NAISSANCE DE J. C- 187 j^^j
infidélité; et après lui avoir laissé achever sa vie dans un pénible esclavage , ils Fécorchèrent pour faire servir sa peau déchirée de monument à leur victoire. Gallien , son fils et son collègue , ^^i acheva de tout perdre par sa mollesse. Trente tyrans partagèrent lempire.
Odénat , roi de Palmyre , ville ancienne , dont 264 Salomon est le fondateur, fiit le plus illustre de tous ; il sauva les provinces d'Orient des mains des Barbares, et s'y fit reconnoître. Sa fenune Zénobie marchoit avec lui à la tête des armées, qu'elle conunanda seule après sa mort, et se rendit célèbre par toute la terre, pour avoir joint la chasteté avec la beauté , et le savoir avec la valeur. Claudius II , et Aurélien après lui , ré- ^^^ tablirent les affaires de 1 empire. Pendant qu'ils 270 abattoient les Goths avec les Germains, par des victoires signalées, Zénobie conservoit à ses enfants les conquêtes de leur père. Cette princesse penchoit au judaïsme. Pour l'attirer, Paul de Samosate , évêque d'Antioche , homme vain et inquiet , enseigna son opinion judaïque sur la personne de Jésus- Christ , qu'il ne faisoit qu'un pur homme '. Après une longue dissimu-
' Eiiseb. Hist. eccl. lib. vu, c. 17, etseq. Athan. de Synod. n. 26, 43 ; font. i,p. 789, 757, etc, Theodor, Hœr. Fab. (16. u,, c. 8. Niceph. lib,Yi^ c. 22-
dc^"*C '^^ PREMIÈRE PARTIE. LES ÉPOQUES.
lation d'une si nouvelle doctrine, il lut convaincu et condamné au concile d'Antioche. La
373 reine Zénobic soutint la guerre contre Aur^en,
374 qui ne dédaigna pas de triompher d'une femme si célèbre. Parmi de perpétuels combats , il sut faire garder aux gens de guerre la discipline romaine, et montra qu'en suivant les anciens ordres et Tancienne frugalité, on pôuvoit ftdré agir de grandes armées au-dedans et au-dehors, sans être à charge à Tehipire.
Les Francs commençoient alors à se faire craindre '. C'étoit une ligue de peuples germains, qui habitoient le long du Rhin. Leur nom montre qu'ils étoient unis par Tamour de la hberté. Aurélien les avoit battus étant particulier, et les tint en crainte étant empereur. Un tel prince se fit haïr par ses actions sanguinaires. Sa colère trop redoutée lui causa la 275 mort. Ceux qui se croyoient en péril le prévinrent , et son secrétaire menacé se mit à la tété de la conjuration. L'armée, qui le vit 'périr par la conspiration de tant de chefs, irefiisa d'élire un empereur, de peur de mettre sur le ti^e un des assassins d' Aurélien ; et Te sénat , rétabli dans son ancien droit , élut Tacite. Ce nouveau
' Hist. Aug. Jurel, c. 7. Flor. c. 2. Prob. c. 11,12. Fïrm. etc. c. i3.