‹ Discours sur l'historie universelleChapitre 66 sur 89 · XI. CONSTANTIN · texte numérisé non relu

XI. CONSTANTIN

fléchit les Lombards; sauve Rome et lltalie, que les emperem*s ne pouvoient aider; réprime Toi^eil naissant des patriarches de Gonstantinople; éclaire toute l'Église par sa doctrine; gouverne l'Orient et rOccid^it avec autant de vigueur que d'humilité; et donne au monde un parfait modèle du gouvernement ecclésiastique.

L'histoire de l'Église n'a rien de plus beau que l'entrée du saint moine Augustin dans le ^97 royaume de Kent avec quarante de ses compagnons, qui, précédés de la croix et de l'image du grand roi notre Seigneur Jésufr-Christ, faisoient des vœux solennels pour la conversion de l'Angleterre '. Saint Grégoire, qui les avoit envoyés, les instruisoitpar des lettres véritablement apostoliques, et apprenoit à saint Augustin i trembler parmi les miracles continuels que Dieu faboit par son ministère ^. Berthe, princesse de France , attira au christianisme le roi Edhilbert , son mari. Les rois de France et la reine Brunehaut protégèrent la nouvelle mission. Les évéques de France entrèrent dans cette bonne œuvre, et ce furent eux qui, par l'ordre du pape, sacrèrent saint Augustin. Le renfort que saint 601

' Beda. Hist. angl. lib, i, cap. a 5. — * Greg. lib. ix, ep, lvui; nune /i6. xi, tW. 4 9 ^- xxviii; fom. il, coL iiiô.

det'c '7^ PREMIÈRE PARTIE. LES ÉPOQUES.

6o4 Gir^oire eBYoya au nouvel évéque prodaifiit de nouveaux fruits; et l'Église auglicwe prit $4 fbnae. L'empereur Maurice, ayant éprouvé I9 fidélité du saint pontife y ae çqrr^ea par ses çtvis, et reçut de kii cette louange, si digne d'mi prioca <^étien, que la bouche des )iéréti<|i^ nos<3^ s ouvrir de son temps. Un si pie«x wipereiu* lin

601 pourtant une grande faute. Un nombre infini de Romaîps périrent entre les Bftaina des Harbares, faute d'être rachetés à un éou par tête. Oq voit , incontinent après, les remords du bon empereur; la prière qu'il fait à Dieu de le j^iar nir en ce monde plutôt qu'an l'autre ; la révolte

^^ de Phocas, qui égo^e à ses yeux toute sa famUle; Maurice, tué le dernier, et ne disant autre chose parmi tous ses maux , que ce verset du Psaljiniste: « Vous êtes juste, ô Seigneur, el « tous vos jugements sont droits ^ ! » Phocas, ^vé à l'empire par une action si détestabW, tâcha de gagner les peuples en faonprant le

606 saint-siége, dont il confirma les privilèges. Maia

610 sa sentence étoit prononcée. Héi^cUus^ pton elamé empereur par l'armée d'Afrique, oaarcha contre lui. Alors Phocas éprouva que souyeat les débaiiches nmsent plus fiux princes que les

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cruautés; et Photin, dont il avoit débauché la femme, le livra à Héradius, cpii le fit tuer.

La France vit un peu après une tragédie kien plus étran^. La reine Brnnehaut, MTrée à Clo^ taire II, fut immolée à Vambîtion de ce prinoe; 614 9SI mémoire fut déchirée ; et sa Yertu , tant Ipuée par le pape saint Grég^oire , a peine encore à se dféfendre.

L'empire cependàBt étoit désolé. Le roi de Perse Chosroès 11 , sous prétexte de v^iger Maurice, avcHt entrepris de perdre Plioeas. Il poussa ses conquêtes sous Héraclius« On vit Fempereur battu , et la vraie croix enlevée par les Infidèles ; 620 à 626 puis, par un retour admirable, Héraclius cinq fois rainqueur ; la Perse pénétrée par les How mains, Chosroèa tué par son fils, et la saiaitc eroix recoiftquise.

Pendant que la puissance des Perses étoit si bien réprimée, hb plus grand mal s'éleva contre l'enipime, et contre toute la chréti^ité. Maho^ met s'érigea en prophète parmi les Sarrasins; ^^^ S hkt chassé de la Mecque par les siens. A sa fiiite commence la fameuse hégire, d'où les MahométâDs comptent leurs années. Le laux prophète donna ses victoires pour toute mar^ que de sa mission. Il soumit en neuf ans toute

dcTc *7* PREMIÈRE PARTIE. LES ÉPOQUES.

TArabie , de ^ ou de force , et jeta les fondements de lempire des califes. 639 A ces maux se joignit Thérésie des Monothé-

lites, qui, par une bizarrerie presque inconcevable, en rec<mnoissant deux natures en notre Seigneur, n'y vouloient reconnoitre qu*une seule volonté. L*hoinme, sdon eux, ny vouloit rien, et il n'y avoit en Jésus-Christ que la seule volonté du Verbe. Ces hérétiques cachoient leur venin sous des paroles ambiguës ; un faux amour de la paix leur fit proposer qu on ne parlât ni 63^ dune ni de deux volontés. Us imposèrent par ces artifices au pape Honorius I, qui entra avec eux dans un dangereux ménagement , et consentit au silence, où le mensonge et la vérité fu- ^^ rent également supprimés. Pour comble de malheur, quelque temps après, l'empereur Héraclius entreprit de décider la question de son autorité, et proposa son ecthèse, ou exposition, favorable aux Monotibélites : mais les artifices des hérétiques furent enfin découverts. Le pape 6io Jean IV condamna Tecthèse. Constant, petit- 64s fils d'Hérachus, soutint Tédit de son aïeid p«r Ho le sien appelé Type. Le saint -siège et le pape Théodore s opposent à cette entreprise ; le pape saint Martin I assemble le concile de Latran , où il anathématise le Type et les che£s des Mo-

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