XI. CONSTANTIN. l
Toi le reçut en France avec respect, et voulut être sacré et couronné de sa main. En même 7^4 temps, il passa les Alpes, délivra Rome et Fexarcat de Ravenne, et réduisit Alstophe, roi des Lombards, à une paix équitable. Cependant Tempereur faisoit la guerre aux images. Pour s'appuyer de Tautorité ecclésiastique, il assembla un nombreux concile à Gonstantinople. On n y vit pourtant point paroitre , selon la coutume , ni les légats du saint Siège, ni les évêques ou les légats des autres sièges patriarcaux '. Dans ce concile, non seulement on condamna comme idolâtrie tout Thonneur rendu aux images en mémoire des originaux , mais encore on y condamna la sculpture et la peinture comme des arts détestables^. C'étoit lopinion des Sarrasins, dont on disoit que Léon avoit suivi les conseils quand il renversa les images. Il ne parut pourtant rien contre les reliques. Le concile de Copronyme ne défendit pas de les honorer, et' il frappa d'anathème ceux qui refusoient dV voir recours aux prières de la sainte Vierge et des saints^. Les catholiques, persécutés pour rhonneur qu'ils rendoient aux images, répon-^
* Conc. Nie. II y act. vi , tom. vu Concil. cùL*.3g5. — • Ibid. Defin. Pseudo-syn. C, P. eoL 458, 5o6. — * Ibid. Pseudo-syn,, . C. P, Can, iz et ii : col. 5a3, S27.
deJ.C.
t84 PREMIÈRE PARTIE. LES ÉPOQUES.
Soient à Tempereur qu'ils aimoient mieux eiw durer toute sorte d extrémi^s que de ne pas honorer Jésus -Christ jusque dam son oupJsntq.
755 Cependant Pépin repassa les Alpeç ^ et châtia
rinftdéle Astolphe qui refusoil; d e:(écttter le triité de paix. L'Église romaine ne reçut jamais un plus heau don qîie cdui quç lui fit alors eè pieux prince. Il lui donna les viUes re€oiW|uises sur les Lombards, et se moqua de Coprouyme qui les redétnandoit > lui qiii n'avoit pu les dé* fendre. Depuis ce temps, le$ ena4>ereurs fureat peu reconnus dans Ro^ie; ils y deyinreut mé^ prisables par leur foiUesse ^ et odieux par leurs erreurs. Pépin y fut regardé ctuume protectemr du peuple romain et de l'Église roauttne. Cette qualité devint comme héréditaire à sa omiseA et aux rois de France.
77a Qharlêmagne, fils de Peptn, la sïQutinl ayee
autant de courage que de piété. Le pape Adrùsa eut recours à lui contre Didier, roi des Lombarde, qui avoit pris plusieurs villes, et nateha-r
77^ çoit toute ritaUe. Charlemagpe passa lesiUpes.
774 Tout fléchit ; Didier fut livré ; les rois kimbard% «onesmis de Rome et des papes , forent dj^uits; Çharlemagne se fit couronner roi dltalie, et prit le titre de roi des François et (les Lombards. En même temps, il exerça dans Roiçke même
XI, CONSTANTIN. l85 ^^^*ç.
Vautorké sbuveraine, en qualité de patrice, et confirma au ^nt Siège les donations du roi sou père. L§s empereurs avoiént peiue à résista ^ux Bulgares, et soutenoient vainement contre Cbarla»agne les Lombards dépossédés.
lia querelle des images duroit toujours. Léoti IV, fils de Ciopronyme^ s^mblott d'abord s être adouci; mais il renouvelé la persécution aussitôt qu'il se crut le maître. Il mourut bientôt. Son fils Constaûtin , âgé de di^ ans , lui succéda , 7^» et régna sous la tutelle dé Vimpératrice Irène, sa mère. Alors les choses commencèrent à chan* ger 4e face. Paul ^ patriarche de Constantinople, 784 diéclara, sur la fin de sa vie„ qu'il avoit combattu lest images cimtre sa conscience, et se rétira dam un mo&astère, où il déplora, en pré^ sence de Timpératrice, le mialbeur de l'Église de Gotistantitiople , séparée des quatre sièges p^triarcau^l, et lui proposa la célébration d'un concile universel comme Tunique remède d'un si grand mal. T^raise, son successeur, soutint, que la question nWoit pas été jugée dans Tordre,, pgfceqUQii AVoit commencé par ufte drdottom^e de Teimpcireiir, qu'un concile , tenu ei^rtre les fourmes ^ avoit suivie; au lieu qUeni miltîère de religion^ c'est au eoncile à commo^ cer, et aux empereurs à appuyer le jugement
de l*Église. Fondé sur cette raison , il n'accepta le patriarcat qu'à condition qu on tiendroit le 7^7 concile universel; il fut commencé à Constantinople , et continué à Nicée. Le pape y envoya ses légats; le concile des iconoclastes fut condamné; ils sont détestés conune gens qui, à lexemple des Sarrasins, accusoient les chrétiens d'idolâtrie. On décida que les images seroient honorées en mémoire et pour l'amour des originaux ; ce qui s'appelle, dans le concile, culte relatifs adoration et salutation honoraire^ quon oppose au culte suprême^ et à [adoration de latrie y ou d^'entière sujétion^ que le concile réserve à Dieu seul '. Outre les légats du saint Siège , et la présence du patriarche de Clonstantinople, il y parut des légats des autres sièges patriarcaux opprimés alors par les infidèles. Quelques uns leur ont contesté leur mission; mais ce qui n est pas contesté , c'est que , loin de les désavouer, tous ces sièges ont accepté le concile sans qu'il y paroisse de contradiction ; et il a été reçu par toute l'Église.
LesFrançois, environnés d'idolâtres ou de nouveaux chrétiens dont ils craignoient de brouiller les idées , et d'ailleurs embarrassés du terme équivoque d'adoration , hésitèrent long-temps,
' Conc. Nie, Il y act. vu » tom. vu Conc. c©/. 555.