‹ Discours sur l'historie universelleChapitre 9 sur 89 · DEUXIÈME ÉPOQUE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME ÉPOQUE

Noé,ou le Déluge, Deuxième âg^e du monde.

Près du déluge se rangent le décroissement de i656 2348 la vie humaine; le changement dans le vivre, et 1657 ^347 une nouvelle nourriture substituée aux fruits de la terre; quelques préceptes donnés à Noé de vive voix seulement; la confusion des langues 1757 2247 arrivée à la tour de Babel, premier monument de lorgueil et de la foiblesse des hommes ; le partage des trois enfants de Noé, et la première distribution des terres.

La mémoire de ces trois premiers auteurs des nations et des peuples s'est conservée parmi les honmies. Japhet, qui a peuplé la plus grande partie de l'Occident, y est demeuré célèbre sous le nom fameux dlapet. Cham et son fils Ghanaan n'ont pas été moins connus parmi les Égyptiens et les Phéniciens; et la mémoire de Sem a toujours duré dans le peuple hébreu, qui en est sorti.

Un peu après ce premier partage du genre humain , Nemrod, homme farouche, devient par

du dc°* '^ PREMIÈRE PARTIE. LES ÉPOQUES.

mon e. j. c. ^^^ humeuf violente le premier des conquérants; et telle est Torigine des conquêtes. Il établit son royaume à Babylone ', au même lieu où la tour avoit été conunencée, et déjà élevée fort haut ; mais non pas autant que le souhaitoit la vanité humaine. Environ dans le même temps Ninive fiit bâtie, et quelques anciens royaumes établis. Ilsétoient petits dans ces premiers temps; et on trouve dans la seule Egypte quatre dynasties ou principauté, celle de Thébes , celle de Thin, celle de Memphis, et celle de Tanîs : c'étoit la capitale de la Basse-Egypte. On peut aussi rapporter à ce temps le conunencement des lois et de la police des Égyptiens ; celui de leurs pyramides qui durent encore, et celui des observations astronomiques, tant de ces peuples

1771 2233 que des Chaldéens. Aussi voit-on remonter jusqu'à ce temps, et pas plus haut, les observations que les Chaldéens , c'est-à-dire sans contestation , les premiers observateurs des astres , donnèrent dans Babylone à Callisthène pour Âristote ^.

Tout commence : il n'y à point d'histoire ancienne où il ne paroisse, non seulement dan^^

' Gen, X, 8, 9i 10, 11.

* Porphyr» apud SimpL in Ub, ii Aristot. de Gœlo.

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