ADDITIONS
FAITES PAR l'auteur DANS LA SECONDS ÉDITION.
i*. 21 , /. 8. Jprès le mot civilisation.
Lisez en note '. «L'histoire est aujourd'hui, )) pour ainsi dire , un vaste musée , où Ton » peut étudier la nature hntnaine sous toutes ses » formes. C'est à cette source féconde que les » législateurs, les hommes d'état , et plus encore )) les philosophes , occupés des sciences morales et » politiques , peuvent puiser les connoissances » qu'il leur importe le plus d'acquérir. Dans l'ul lie » et belle variété des gouvernemens et des instiUi- » lions ; à travers cette multitude d'usages , de )> rites et de coutumes fantastiques qui ont p»é- » valu chez les nations en divers temps et en di- » vers lieux , ils discerneront des vérités fon- » damentales et qui en embrassent beaucoup 3) d'autres dans leur enceinte 5 ils découvriront » nettement ces principes dorainans et sacrés qui » maintiennent et protègent la société humaine , 0) ces principes reconnus et respectés (avec peu » d'exceptions, ou avec des exceptions de peu d'ini-
Disc, s. IWorr. j^ilit. 10
» porfarice) par loutes les nations de la terre, » et unironnëment enseignées ( avec moins d'ex- » ceplions encore ) par utie suite d'hommes sages, » depuis ja prcniièrc .'uirore de la philosophie jiis- )) qu'au moment où nous sommes, n Ce passage est extrait de rélcf|uenl discours de Sir James Ma«-kinto>sh sur la loi de la nature et des nations , p. 27. (2.° édit.)
P. 54 , /. i 3c Jprès ces mots, liberté parfaite.
^Joutez : «Qu'on maintienne, dit Quesnay dans » une de se£ m <xiines générales, l'entière Ube-lé » du coitiiiKTce 5 car la police du commerce inté- » rieur et extérieur la plus sûre , la plus exacte, » la plus profitable à la nation et à l'état, consiste « dans la pleine liberté de la concurrence. » ( Physiocx'atie , i.e part., p. 119.)
P, 58, /. I. Jprès ces mots, la matière déjà existante.
En noie : Ce sujet a été traité habilement par M.'f Ueslutt Tracy. « Non - seulement , dit-il , » nous ne créons jamais rien , mais il nous est » iDÔtue iaipossible de concevoir ce que c'est que )> créer , ou anéantir , si nous entendons rigou- » veijsemeïil par ces mots : faire quelque chose » de rien , ou rcdaire quelque chose à rien ; car » nous n'avons jamais vu un être quelconque sortir » du néant ni y rentrer. De là cet axiome admis » par toute i'auliquilé : rien ne vient de rien et ne
fi peut redevenir rien. Que tairons- nous donc pav » noire travail, par noire action sur tous les cires » qui nous eulourent ? Jamais r'n^ii qu'oprier » dans ces élres des cJiangemens déforme ou de » lieu , (jul les approprient à noire usage , qui » les rendent utiles à ta satisfaction de nos be^ )) soins. Voilà ce que nous devons entendre par » produire; c'est donner aux choses une utilité » qu'elles u'avoîenl pas. Quel que soit noire trace vaii , s'il nen résulte point d'utilité y il est iufruc- )) tueux^ s'il en résulte, il est productif.»
Ce passage est extrait du Traité d'Idéologie de M/ Deslutt Tracy (Tooj. 4, p. .162). Le 4/ volume de cet ouvrage est presqu'eu eut ie}' consacré à l'éconotnii' politique, et fait un des nitilleur.s traiîés sur celte science qui ail paru en France. Ce voluiue a été publié, à part en iSaS, format in-13 , sous le titre de Traité d'économie politique.
P. 60, /. i5. Après ces mots^ moins productive que les autres.
En note: « Il est assez singulier que ceMe qualité » de la terre , qui auroit dii êU'e regardée comme » un désavantage, si on la comparoit aux t<utres » agens naturels qui favorisent le manufacturier, » ail été considérée au contraire commère (jui lui i) dotmoit une prééminence marquée. Si i'uir, l'eau, » réla>licilé de la vapeur et la presbion de l'at- ») mosphère pouvoienl avoir des qualités variables;
» si Ton pouvoit se les approprier, et que chacune » de ces qualilés) n'exisiât qu'en qualité médiocre, » tous cesagens donneroientun profit, selon qu'on )> tireroil successivement parti de leurs qualités. )> A chaque emploi d'une qualité inférieure , la )) valeur des produits ^ dans la fabrication desquels » elle enlreroit , hausseroit, parce que des quanli- » lés égales de travail industriel donneroient moins » de produits. L'homme Iravailleroit plus de son » corps , la nature feroit moins , et la terre ne joui- » roit plus d'une prééminence fondée sur son pou- )) voir borné.» ( Rîcardo, Principes de r économie politique et de V impôt , vol. i , pag. 86, de la traduction.)
P, "l ,1. 19. Après ces mots /ç^\ii\q\i*SM\.rQ marchandise.
Dans la seconde édition l'auteur donne sur ce sujet quelques nouveaux développemens, que nous replacerons ici :
Il faut se souvenir que la seule existence d'une demande, quelque instante qu'elle soit, ne peut être par elle-même un encouragement à la production. Four que la demande soit efficace , il faut dans celui qui la fait non-seulement la volonté y mais le pouvoir , d'acheter ce qu'il désire de posséder ; en d'autres termes, il faut qu'il soit eu état d'offrir un équivalent, il n'y a jamais eu et il n'est pas dans la nature qu'il y ait jamais aucune limite
( i49) au désir de posséder les produits de l'industrie. « Les trésors de Crésus , l'empire d<\s Perses ne suffisent jamais à nos désirs » (i). C'est le pouvoir de rendre nos désirs elficaccs , c'est-à-dire , de fournir des produits en échange de ceux que l'oa Teut obtenir , qui est requis ici , et qui seul donne à la demande de la réalité. Il suit de là que plus ce pouvoir croîtra , c'est-à-dire, plus chaque individu croîtra en industrie productive, plus aussi chaque individu aura de facilité à offrir des équivalents pour les produits d'aulrui , plus le marché croîtra en étendue.
Il est donc clair qu'une surcharge de produit ne peut pas être l'effet d'un excès dans la production ; mais qu'elle est toujours la conséquence d'une fausse application de la puissance pruduclive, c'est-à-dire qu'elle arrive lorsque les marchandises produites sont peu accommodées aux goûts de ceux avec qui nous espérions les éclianger et ne sont pas de celles que nous pouvons consommer nous-mêmes. Si, faisant attention à ces deux conditions importantes, nous ne produisons que ce qui peut être vendu à d'autres, ou employé à notre propre usage , nous pouvons augmenter mille et mille fois la production , et en somme n'avoir pas plus excès de produits que si nous l'avions diminuée dans la même proportion. De faux calculs
(i) a Nec Crœsi fortuna unquam , nec Persica régna » Sufficient animo,r>
( '5o ) et la fureur des spéculai ions peut occasionnellement pousser les capitaux dans (Ips canaux où ils n'auroient jamais dû se porler ; mais si \p gouvernement ne se mêle pas d'indemniser ceux: qui sont viclimes de leur imprévoyance , ceux-ci, consultan I leur propre itilérêt, verront bientôt qu'il leur convient d'abandonner les affaires ruineu.«es qu'ils avoit'nl entreprises; ils corrigeront ainsi, mieux que tout reîuède artificiel, la distribution vicieuse des capitaux, et rétabliront l'équilibre qui doit existt-r naturellement entre le prix et le coût de production. La consommation non - productive n'est donc pas nécessaire pv>nr prévenir la sui'abondaiice du marché. Soutenir qu'elle conljibue de queltju'aulre manière à accruîlie la richt^sse nationale , c'e-st dire qu'on augmente la richesse eu jetant au feu ce dont tlle se compose;
P. 81,/. 20. ^près ces mots, pour ]es produire.
En noie. Sir William Pelty avoil déjà établi en 1667 , que la valeur des marchandises est toujours réglée par la quantité du travail requis pour les produite. «Si un homme, pour tiier de terre » au Pérou , et apporter à Londres, une once d'arr> geot, met le même temps que pour produire un » boisseau de blé , l'un de ces produits est K' prix » iîaiurel de l'autre ; or, si par quelque nouvelle » mine , ou par plus de facilité à exploiter les an- » cienneSj ce même homme peut se procurer deux.
» onces d'argent aupsi facilement qu'il s'en pro- » curoil auparavant une, le blé sera aussi hou » marchéà dix sliellings le boisseau, qu'il l'ek.il au- » paravant à ciuq , toutes choses d ailleurs t'g^U-s. » {^ Treallse of taxes and contributions ^eà. 1679, p. 3i.)
Celle proposition est remarquable ; mais on doit reconuoîlre la même différence enlr't Ile et les recherches analytiques de Ricardo , qu'entre les conjectures de Pylhagjresurle vrai système du monde et les théorèmes de Newton.
P. 123, /. g. Après ces mots^ et de services réciproques.
Uauteur cite le morceau suivant de Rollln, (Hist. anc. T. V. p. 609 ).
« On peut dire , sans crainte d'être soupçonné » d'exagération , que le commerce est le plus so- )) lide fondement de la société civile et le lien » le plus nécessaire pour unir enlr'eux tous les » hommes de quelque pays et de quelque con- » dition qu'ils soient. Par son moyen le monde î) entier semble ne former qu'une seule ville et » qu'une seule famille. Il y fait régner de toutes )) parts une abondance universelle. Les richesses » d'une nation deviennen! celles de ttius los autres » peuples. Nulle contrée n'est stérile ou du moins » ne se sent de sa stérilité. Tous ses besoins lui sont » apportés à point nomme du bout de l'univers.
)) et chaque rëgion est élonnéede se trouver chargée
» de fruits étrangers, que son propre fonds ne pou-
» voit lui fournir, et enrichie de mille commodités
» qui lui étoient inconnues, et qui cependant fout
& toute la douceur de la vie. »