DU CINQUIÈME PRINCIPE
Le prix est représenté par las frais de production . sans que le rapport de Voffre à la demande ait tC influence à cet égard.
C'est avec raison que les Ricardiens é(a~ blissent , qu'en prenant une moyenne, le rapport de l'offre à la demande n'a pas d'influence sur les prix, ou du moins que cette influence n'est qu'accidentelle ou passagère. C'est à Piicardo et à ses successeurs que l'on doit la découverte de ce principe, clair dans son énoncé et facile à démontrer. Les frais de production (salaires et profits) règlent le prix. C'est cette somme des frais de production que doit fournir la vente du produit. Si une cause artificielle survient, si on monopole est établi , la demande peut bien , en augmentant, influer sur le prix; mais ce seroit sortir du champ des principes, que d'examiner l'effet d'une telle cause; car elle dépend d'une mesure d'administration. Si le commerce est libre, une cause accidentelle, par exemple, une mauvaise récolte, peut bien momentanément faire croître la demande comparativement à l'offre ; c'est-àdire , que le prix peut dépasser les frais de
( >8' ) production. Mais la concurrence fera paroître au marché ces produits si fort demandés, et bientôt leur prix sera égal aux frais de production. Une cause accidentelle peut bien aussi momentanément faire diminuer la demande comparativement à l'offre , c'est-à-dire que le prix peut bien être accidentellement, par l'effet d'une récolte abondante , au - dessous des frais de production. Mais les capitaux et le travail, au lieu de continuer cet emploi, en saisiront un autre. Le/ produit , qui étoit peu demandé, deviendra rare, et bientôt le prix reprendra sa valeur.
C'est ainsi qu'une double concurrence , celle des producteurs d'un côté , des capitaux et du travail de l'autre , ramèneront toujours, par une moyenne, les prix à la somme des frais indispensables pour produire la marchandise.
La manière ingénieuse , dont les Ricardiens ont fait envisager ce principe , a répandu sur tout le sujet une vive lumière.