‹ Discours sur l'origine, les progrès, les objets particuliers, et l'importance de l'économie politique. Contenant l'esquisse d'un cours sur les principes et la théorie de cette scienceChapitre 29 sur 31 · DE LA PREMIÈRE CONSÉQUENCE · texte numérisé non relu

DE LA PREMIÈRE CONSÉQUENCE

JJ abondance des capitaux n'ajjecte pas directement le taux des profits.

II est bien entendu que l'abondance des capitaux a sur les profits une influence nécessaire; mais cette influence n'est, disent les auteurs dont nous éludions le système, qu'une influence indirecte. Les capitaux , en croissant ou décroissant , font varier les salaires ; et les salaires font varier les profits (i). Il est entendu encore que lorsqu'on parle des variations des capitaux , c'est toujours dans leur rapport à la population. Si celle-ci croît ou décroît précisément dans le même rapport que ceux-là, les salaires restent immobiles.

Supposons maintenant que la population croisse plus rapidement , les capitaux de venus insuffisans fourniront imparfaitement aux besoins de la classe ouvrière , qui se

(i) Voyez 2.^ Principe, p. iSg.

( 187 ) contentera du plus modique salaire , et en conséquence on verra croître les profits.

Demandons-nous ici pourquoi le salaire a décru; et nous reconnoîtronsque c'est par la concurrence accrue des ouvriers. Cette marchandise (si l'on nous passe cette expression) est offerte plus que demandée , et son prix ( le salaire ) baisse en conséquence. Voilà donc un cas au moins où le prix (le prix du travail) est régie, d'une manière permanente, par le rapport de l'offre à la demande.

Pourquoi la concurrence, ou le rapport accru de l'offre à la demande, n'auroit-il pas un effet analogue sur les profits, dans le cas où les capitaux croissent plus que la population? En faisant cette question, nous n'oublions pas que les savans économistes, à qui nous l'adressons, répondront, que le produit total (représenté par la somme des salaires et des profits) a une valeur invariable (i), et qu'il suffit que le salaire hausse pour que le profit baisse. Mais, sans revenir sur les modifications proposées ci-dessus rela-

(i)Yoyei Principe subordonné au 2A , p. 160.

C ^^8) tivementà l'invariabilité du produit total (i), ne semble - t - il pas que , si la demande croissante des capitaux fait hausser le prix des ouvriers , c'est-à-dire le salaire, on n'a pas raison d'affirmer que l'ofTre croissante de ces mêmes capitaux ne peut point faire baisser le prix des capitaux , en d'autres termes le profit ?

Il paroît donc assez probable que l'abondance des capitaux a sur les profils une influence indirecte par son action sur les salaires, et en même temps une influence directe par la concurrence des oflVes.

Si ce point de vue est admis , on admettra également une double influence sur les salaires, l'une directe et l'autre indirecte par la variation des profits.

Cette remarque tend , comme on voit , à prévenir l'abus que l'on pourroit faire d'une conséquence admise dans toute sa rigueur ; tandis qu'elle est assujettie à quelque limitation.

Et en résumant les réflexions suggérées par cette conséquence et par les principes

(0 "Voyez les Réjlsxions sur le 2A principe , p. i/S.

d'où e'.le dt'»rive , ort ne peut nier ique le taux des salaires , en un sens général , ne règle le taux des profits ; cela résulte du principe de population. Mais une assertion de cetle nature ne peut point être pressée à l'extrême. Il y a sur les salaires quelque réaction des profits ; et c'est porter trop loin la rigueur de la déduction , que d'établir, sans aucune réserve, que les variations dans l'abondance des capitaux n'ont aucun effet direct sur le taux des profils.

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