‹ Discours sur la Confederation; prononc pendant la dernire session du ParlementChapitre 2 sur 7 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Inopportunité d'un changement constitutionnel.

L'inopportunité d'un changement con-'^titutionnel doit êire purfaiiemeni évicient pour tous ceux qui jettent un regard sur \d pro-périté actuelle du Canadfc', et pour tous ceux qui veulent étudier les progtè" réalisés parle Canada-Uni depuis 1840. L'hon. procureur général Est a dit que " l'uniou avait terminé son œuvre.'' Mais cela est-il bien sûr? Qiand on reg .rde le passé et qu'on le compare au présent, ne devons nous pas être fi^-rs de voir com'')ien nous avons grandi d« puis 1840, et de voir que, depuis 25 ans, nous avons rivalisé de progrès, pro' g ès social et pn grès matériel, avec les Hdlions les plus avancées du monde ?

Depuis vingt-cinq ans, nos progrès en politique ont été sans précédent dans i'hisioire coloniale, et le Canada a dor.né le magnifique exemple de ce que pouvait un gouveinemt^nt respouN sable d ui!» une ijolonie anglaise^ malgré la diversité des races et des religions. En 1840, nous sortions d'une lutte glorieuse dans laquelle, malhen* reusement, plusieurs têtes étaient tombées, d'une lutte entreprise pour obtenir le gouvernement respon«able re% fu«é jusque là, et qui nous était alors accordé comme prix de la lutte. A cette époque, le Bis-Canada s'était levé comme nn seul homme, il avait envoyé en Angleterre des requêtes couvertes de 60,000 signatures, demaadant le gouvernement responsa«

bîe. Dans nos rangs, nous avions alors des hommes qui ne craignaient pas les luttes, des hommes habitués à résisier à l'oppression, des hommes qui avaient grandi en luilant contre une minorité arroganle tendant à dominer la majorité > et ce gont ces hommes forts qui ont fait triompher notre naiionaiité et maintenu les droits du Bas-Canada, en obtenant le gouvernement responsable, en même temps que l'union nous était imposée.

Aujourd'hui, regardons leur œuvre l Est-il vrai de dire que nous avons progressé dans l'ordre social comme dans l'ordre matériel depuis cette époque ? Quiconque étudie ce qu'était le Canada en 1840, et ce qu'il est en 1865, ne peut s'empêchîr de reconnaître que nous avons fait des pro* gfè^ presque sans exemple dans l'histoire de la prospérité de^ pc?upies, que nous avons étendu au loin les défrichements de notre lerritoiie, que notre population s'est accrue, que cette population est heureuse et prospère ; «jn un mot, que nous avon»

progressé matériellement et socialement d'une manière jusque là inconnue sous le système coloniaL

Progrès social sous V Unian^

Voyons, dans l'ordre social, notre législation, et notre système munici* pal d'aboid. En exi»te-t-il quelque part qui soit plus paif^iii, et chaque localité n'a-t-elle pas tous les pouvoirs nécessaires aux améliorations reconnues urgentes ? C'est depuis l'union que nous avons perfectionné ce système, et que nous avons dote nos campHgnes des moyens d'effectuer toutes les améliorations qu'elles peuvent désiier, plus particulièrement dans le système de voierie et la création de nouvelles routes facilitant le transport des produits agricoles aux marchés voisins. (Ecoutez ! écoutez f)

Je n'ai pas besoin d'appuyer sur les progrès que nous avons faits et les reformes qne nous avons réalisées aa

point de vue de la iégiplation . Ce qui avait le pins contribué, depuis la don:iination anglaise, à arrêter nos progrè.-* sous ce rapport, c'était le conseil législatif de Tancienne chambre d'assemblée, et celui que nous avons eu depuis l'union jusqu'en 1856. Depuis cette époque, n'avons-nous pas obtenu l'élection des conseillers législatifs, et les plûs grandes réformes ne doivent-elles pas en être la consé> quence ?

Avec l'union el b gouvernement responsable, n'avo.is-nous pas égaler ment obtenu le droit d'ê're repré^îeinés par des compatriotes Cana:liens-Français dan^ le conseil exécutif, el dc'.

puis n'avon<î»nous pas joui de tous les avantagea d'un système de gouverne-» 1 ment qui nermel au peuple d'exprimer ; ses b-^-sc^ins et même d'ioiposcr ses | vo'ontés ? Voilà des réformes de la plus grande importance, mais nous en avons obtenu d'autres encore. Lors que, en 1840, on nous donna l'union des Canadas, la propriété territoriale dans le Bas Canada était soumise au syslèmo féodal, q li y nvait été intro» duil avec tout ce qu'il avait de blessant pour la dignité de l'homme, avec toutes ses charges et ses vexations pour le censitaire. Sous ce régime, aucune pro|>riété ne pouvait changer de main î*ans être soumise à un droit coûteux sous forme de lod-» et ventes en faveur du seigneur, et à des cens el rentes qui diminuaient considéra»

blement sa valeur. Avec les droits poliliques que nous avait conféré l'union, le régime seigneurial a dû dis« paraître pour faire place à la propriélé libre, telle qu'elle est chez nos voisins el chez toutes les nations civilisées.

C'est aussi depuis l'union que notij* avons consolidé nos lois ; que nous avons créé un système d'enseignement qui fait arriver l'instruction jusque dans les parties les plus reculées de la province. Aujourd'hui, nous avons un système scolaire qui fait honneur au pays, et l'enfant intelligent, mais

déshérité de la fortune, trouve partout les moyens d'obienir une éducation à peu près gratuite. Aujourd'hui , chaque village, chaque concession, possède une mai>oii d'éducation, et iVnfdnt du bûcheron qui habite encors Pé»

plisse forêt peut y trouver les éléments d'unvi instrnciion suffisante pour le

mettre sur la voie des honneur»* et de

a fortune, si ses talents, son travail, et son énergie se prédestinent à jouer un rôle dans la politique, les sciences, les arts, ou le clergé de son pays.

Un fait remarquable, M. le Président, et que ju dois mentionner, cVst que la plupart des hommes marquants que nous avons vu sur le banc judiciaire, le banc des ministres et ju^^que dans la chaise épisco^ale, sont sortis de rhumble loii de chaume de nos campagnes, se sont formés dans nos maisons d'éducation pres^q^e gratuite, à force de talents, de persévérance, d'étude et de travail. Ce sont les bf'soin^ de la gêne, éprouvée au foyer de la famille, qui bien souvent ont créé, chez la p'upart de nos hommes les plas émineuts, un vif désir de se faiie une bsillante position par l'étude et le travail.

Depuis l'union, notre système et nos moyens d'instruction publique oni f'iit d'immenses progrè**. Avant l'anioi, nous n'avions pas d'univerî»ité catholique dans le pays ; les jeunes gens qui se destinaient aux professions libéral» s étaient obligés de faire leurs cours dans les bureaux de leurs palr'.)ns, qui n'étaient pas toujours à la hauteur de la 'âche qu'ils assumaient, ou de s'exiler à grands frais pendant plusieurs années pour aller en Angleterre ou en France gagner leurs diplômes de capacité. Aujourd'hui, nous avons de« universités dans le Bas et dans le Haut-Canada qui rivalisent avec les institutions européennes du même genre, et nous avons aussi une classe déjeunes élèves qui prouveront, dans quinze ou vingt^ans, l'excellence de notre système universiUi-

Te ei des étndej» fartes qu'il généralise aujourd'hui.

Eh bien ! en face du progrès que je viens de signaler dans l'ordre socia', est^il vrai de dire que l'union a fail son lemps, quand ellp a crée toutes «es nnerveilles ? Quand nons confîmes plus forts, plus instruit que nous ne l'étions il y a vingt-ans, quand noua avons de nouveaux droits politique?, quand nous possédons librement le sol et que noas avoiis créé un système d'instruction publique comme celui que nous poss-édons, peuï«cn dire que l'union a fait son œuvre et qu'il faut Ja briser? Pour ma p^'t, M. le Prf.

siDENT, je ne suis pa^ prêt à maintenir cette assertion. L'union a été pour nous un grand moyen de progrès, puisqu'elle nous a permis d'obtenir tous ces résultats dans Tordre social.

Progrès matériel sous V Union.

L'hon. procureur-général Est nom dit que la confédération nous prociirera de* avantages matériels plus grands encore, et que c'est là tout ce que nous voulons. Je nie, M. Le prEî»ident, que les intérêts matériels soient la seule préoccupation de la po^ulai* lion française-Canadienne / nous plaçons avant eux la conservation de nos institutions propres. Mais même au point de vue de nos intéiêis matériels, à part les avantages dan-» l'ordre social que nous a conférés l'union, nous avons encore un vaste champ à parcourir dans la voie des progiè.* matériels que nous avons faits depuis 1?4Ô.

saison de navigation, et d'y voir cette forêt de mats qui les remplit ; il suffit de voir partir chaque semaine nos vapeurs transatlantiques, (jui vont porter nos produits sur les marchés les plus éloignés de l'Europe, pour les échanger Ci)ntre les articles d'importation dont nous avons besoin.

Et si nous remontons noire grand fl uve Si. Laurenf, que voyons-nous. ?" Nous rencontrons des canauK qui, par leurs ilimen!»ions, les matériaux dont ils sont construits el leur étendue n'a pas de rivaux dans le monde entier. Je maintiens, M. le Pre-^ident^ qu'en Europe on ne rencontre rien, eu fait de communications artificielles par eau, qui puisse rivali&er avec no* canaux. En Angleterre, par exemple les canaux ne eoiit que de misérables rigoles dont les gamins touchent les deux berges à la fois, du bout des avirons, chaq le fois qu'ils parcourent les canaux en esquif-». Ici, nos canaux traversent toute la province et relient les parties Irfs plus reculées du pa^'s avec les marches etiropéens.

En ellet, un navire de 400 tonneaux peut aujourd'hui partir de Chic^go^ traverser l'océan et oj)érer son déchar gemenl sur 1 s qiiais de Liverpool.

L'union qui nous a donné di? pareils canaux, de pareil? cheuiins de 1er, n'a pas fait son temj)S, n'a pas ter^ miné sou œuvre, comme le prétend le procureur-général Est ; au contrairi'^ ivec; du pareils moyens nous soxJTies en droit d'attendre de l'union de plus grands avantages encore dans l'avenir»

Si nous jetons les yeux sur notre colonisation, nous voyons les forêts reculer devant la hache du défricheur, no"

Pour savoir ce qu'a fait l'union sous 1 1rs territoire décupler les produits, et

ce rapport, il suffi! de regarder notre système de voie*» ferrées^ du Grand Tronc, qui a, tleSamia à la Rivièredu-Loup, décuplé nptre commerce, ouvert à la colonisation nos forêts vierges, et multiplié nos. res^ources dans une proportion incalculable; il suffit encore de regarder nos ports de Québec 01^ de Montréal pendan^t la

notre population devancer l'arpentage de nos terres incultes. Ce que l'union nous a déjf\ donné est certainement énorme ; mais l'avenir qu'elle nous réserve est encore plus grand, si nous savons profiter (les mpy^ns qu'elle rtiet à notre disposition. C'est pour cela que je ne crois pas que l'union a. t^rraiiji^^^p^ œuvrçj et qu'au, çoptjraiïiei

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elle peui encore faire notre pro*«pérît^, et cVst pour^^uoi je veux conserver l'union, rester dans l'allégeance h Sa Tiès-Gracieuse Majesté la Reine d'Angleterre, et ne pas accepter des changenjent* constitutionnels qui ne peuvent que com|>romette notre avenir comme nation. (Ecoutez ! écoulez ! )

On a dit souvent que le Baf.Cana.

était un boulet altaclié aux pieds du /^riul Canada pour le relanlerdans sa marche progressive et justifiait une nouvelle constitution, je nie la jutslice de cette accusation et je prétends qu'il n\v a que le fanatisme Ilaul-Cana dien qui a pu jamais motiver une semblable accusation. Il est VFai que la jace canaiiienne française a été ca* ractéri^ée à Toronto, par un gonverneui 'général, comme " race inférieu* re, " m»is pas un fait m peut ju?tifier cette insulte jetée au Bas-'Canada»

De pins, je suis heureux d'avoir le té* moignage de l'hon. ministre de» fi nances (M. Galt), paur réfuter ces assenions, pour répondre à ces insul* tes, et prouver que la p»ospériié du Canada est due an concours aciil des Canadiens- FrariÇ'iis,^ non seulement dans l'éxécuiif wiais dans l'assemblée légishiive. D^ns une lettre qu'il écrivait de Londres en 18.60 l'hon.

ministre des finance? disait :

" Depuis 1840 jusqu'à ce jour, la mnjorité canadieine-françfiise a été justement représentée dau3 le mniisiére, et c'est avec son puissant concours et son initiative dans chaque mesure, ét le support de ses votes en parlement, que toutes les grandes reformes ont été réalisées."

Eh bien ! s'il est vrai que les membres du gouvernement, depuis 1849, ont pu, par leur initiative et leur concoure, obtenir lu réalisation de cea réformes, pouiquoi veul-orf briser la cofistitntion qui a amené ces progrès et créer un nouvel état de choses qui diminuera nv tre i.ifluence, aujourd'hui si heureuse ? Ah ! c'est que malgré^ notre prospérité ma'.érielle, l'ancienne agression d'une race contre i'aatre, l'ancen était d'antagonisme et de niauvaii vouloir n'ont pas dispara I

Le but que le gouvernement se pro* pose d'atteindre en faisant ces changements, est un vaste et noble bu', j*; Irt reconnais ; c'est la créaiion d'ur> immense empire qui sera une gloire pour nous et pour l'Angleterre. Mais il me semble que ce but ne sera pis le résultat nécessaire d^s moyen*» que l'on prend pour y arriver. (Kcoulez !),

Hisiorique de la représentation bâsé& sur la population.

Tant que les grandes réformes dont j*ai fait l'histoire otat éiê soumises aux délibérations du parlement canadien,, nous av ons vu les hommes publics^ s'en occuper exclusivement et travail* 1er à leur réalisation ; nous avons vu les partis se ranger pour ou contre ce» grandes questions : l'abolition de la tenure seigneuiiak», l'élection de»

membres du conseil législatif, la construction de nos chf^rnins de f»'r et de nos canaux, etc. Devant ces gran«»

des questions^ il n'y avait pas pl ice pour les me.-quines considéiation»

personnelles et les misérables lutte* » de clocher. Mais aussiiôt que les gtandes réform^îs furent obtenues, îussilôt que tous cea projets furent réalisés, il n'y eût plus de raison d'op» pvl*iti♦^r^ aux g( uvernements sur ce»

sujets j cependant, il fnllail déer de» causes de mécontentement et d'opposilion afin d'arriver au |WUVoir et de satisfaire quelques amibitions person*»

nelles.

C^est alors qu'on s'est adressé aux préjugé* de races et de religicm. On a crié bien haut, dans le Haut« Canada,que la domination des Canadiens- Français, n'était plus supportable et qn'i fallait y mettre fin. On ne regardait plus aux pr(»grès qu'il y avait j encore à réaliser, il semblait qn'il ne j restait plus, pour terminer la tâche, qu'à briser le caractère national «l'une grande partie du Canada, L'on se plaignait de la domination française, de l'influence cléricale et du trop, grand nombre d'institutions religi«vk^

teë en Canada, et q:ièl fat le remède -qne Pon propo:?a pour meHrp fin à tous cej maux qae If Hant-CanacJa •ne pouvait plus tolérer ? L'on importa l'hon. député de Sonth Oxford, {M. Drown), qne Ton fit venir d'Ecosse ici pour jeter le braiulon de discorde Piitte les deux populations et ïes enflMmtTier l'un? contre l'HUtre,

Je cmis que depnis ce temps l'hon.

M BucHANAN a dû plus d'untr fois regretter cette irnpoitalion, qui n'entrait pas dans la ligne régulière de ses opérations commerciy les. Et quand on eût impoité cet homme, qui a été la cause de toutes nos dissensions jusquà ce jour, ley partis s'organisèrent à sa voix comme ils 1© sont encore aujourd'hui* Pour diminuer ou faire disparaître l'influence des Canadiens-français en parlement^ l'hf)n. député de South Oxford jeta fc cri de la représentation bâ<ée sur la population^ qui reçut un écho dans toutes les parties du Haut-Canada.

Ce cri inspiré par le fanalisme fut repous^é par le Bas*Cauada avec l'unaninntéde nos hommes publics. L'hon-»

député de South Oxford trouvant que ce cri de la représentation bâsfe sur la population était un magnifique •cheval de bataille, il s'en servit pour se ft>rnier un parti.

Depuis cette époque, rien ne lui a 'coûté. Il a lancé la calomnie contre tous les hommes et toutes les institutions que vénéraient les habitants du Bap.Canada ; il a attaqué avec fureur tout ce -qui nous était cher com^me Français et comme catholiques. Ce moyen lui a réussi, et on a vu tous les western farmerSy tous les habitants du Canada-Ouest, crier que nous étions tous, ici, f ous la domination cléricale, que la population anglaise et protestante ne devait pas, ne pouvait pas, eiiibir un joug ausi'i inique. Il savait que l'élément anglais était fanatique et ag^e8.«if, et avec ce cri le chef de l'opposition d'alors dans le Haut-Canada réussit à former une phalange tellement forte, que le Bas-

f Canada dut céder une partie du ter* rain qu'il avait conquis dans ses lut* tes d'autrefois.

Je ne crois pas qu'il y ait un seul représentant du B^>-Caiiada qui voulut changer notre constiin'ion actuelle, dans le >ens de celle qu'on nous pro*" po?»e, s'il n'y était foroé par le Haut* Canada. Nous abandonnions donc quelqtie chose de nos libeités et de nos droits dans cette nouvelle lutt« contre l'esprit d'envahissement et de dcnmnation de la race anglaise ? Let houf». memibies qui supportent la me* sure, nous disent qu'ils cèdent quel* que chose de nos dioiis aifici «le sauver ce qu'il en reste du naufrage et de ne pas tout perdre dans un avenir plus ou moins rapproché.

Mais ce cri en faveur de la repré* sentasion basée sur la population était. il au moins sincère de la part de ceux qui >»'en faisaierjt une aime contre nous ? Etait-ce bi^n un remède aux maux dont ils se plaignent ? Non, M. le Président, je ne le crois pas.

C'était tout siiuplement une plateforme électorale pour arriver au pou* voir e1 consommer Penvahis-rmenl de nos droits médité par les chefs du mouvement.

Je n^ai pas besoin de renonveler ici les argument^ apportés comre la de* mande de la représentation d'après la population, dan* plus de quatre-vingts discours prononcés en 1860, lors do la discussion de cette biûlaûte ques* non ; mais je me rappelle cette dis* cussion avec d'autant plus de plaisir qu'alors le parti canadien*français a montré qu'il avait conservé quelque choî*e de l'obstination dans la lutte et de la persévérance daas la défense de ses droits, dont nos pères ont si souvent donné la preuve. A cette époque, l'hon, procureur*général Est (M. Cartier) méritait, parla résis* lance qu'il f-iisaii à cette' demande injuste du Haut.Canada, l'approba* tion de son pays, car avec Péner^ie et la tetiaciié qu'on lui connaît, il s'é* tait noblement constitue le champion

lie nosdro'ts. Pourquoi vienl'il donc awjoi rd'hui proposer un compromis av»^(; ses adversaires d'alors ?

£"1-00 au lîiotrïeiu où les chefï» de lV)p|io^inoa du Haut-Canada avaient en entrant dans le gouvernement Macdonald'Sicottk, renié absolu* nieiH le piinoipe de la représentation bâ^ée àur la population, quM devait abandonner la luite ? E>^t-ce au mo* njet.t où le gouvernement Macdo.nald SicoTTE avait obtenu des écoles sé* parées en faveur des catholiques du IJaut Caoada, que le parii de Phon.

membre de Souih Oxford était à re* douter ? Est ce au moment où la loi vies écoles séparées pour les caiholi ques du Haut'C»nada constituait un îriomjdie qu? n'avait pu remporter 1 bon. proeureur*généra{ pendant tout le terï:3ps qu'il avait été bu pouvoir, que rhon. procureur g-néraî devait cesser la lutte, jeter ses armes et piéiendre, comme Canadien'Fran* çaii-, que nous ne pouvior^s plus tenir eur la brèche, et qu'il fallait f^ir** den concessions au Haut Canada ? E^t-ce que ie gouvernement de M. Sicotte n'avait pas fait de la repré.-^entation bâ-^ée sur U population une question nioite ? Est'ce que tous les membres de ce gouvernement n'étaient pas tenu de l'oppojier ?

Oui, monsieur le Pre<»ident, l'hon.

procureur-général E-t s'est rendu coupable d'une grave faute en renversant ce goinernement par une majorité hostile composée de Canadien!*. Français. C esi à la suite de ce vote que le Haut-Canada a eu le droit de réclamer de nouveau la représentation d'après le nombre, et qu'il faut aujourd'hui lui faire d "s concess-ons.

Pour ma part, monsieur le Pre*!»

D^NT, je n'ai jamais été convairicu de la, sincérité de ceux qui employaient le cri de la représentation basée sur la population, car je n'y ai jamais vu qu'un moyen, employé auprès des <ern /armer 5; pour arriver plus sûrement au pouvoir. Est-ce que le principe de la représentation bâsée sur la

population a jamais servi de hk^e a un gouvernement aux idées monarchiques comme celles qui sont émisés par le gouvernement actuel ? ici, l'on veut une confédération sans exemple, non pas une confédération comme celles qui exi>ient dans les pays qui*^ ont adopté cette forme de gouverne. | meui, mai<< une confédération tnonar. • chique. (Ecoulez ! écoutez !) !

On veut conserver quelque chose de la constitution de l'Angleteïre, et cependatjt on dit que la leprésenla- ♦ion bâ'ée sur la population est un principe juste et qu'il faut l^accorder au Haut Canada ! L'hon. procureur»

général Est (M. Cartier) ne se rappelle-t-il pa^* ses a»guments du* 1860^ contre ce principe ? Ne disait-il pas alors, pour faire voir que ce principe n'est ni just * ni reconnu dans la constiîution anglaise, que s'il était appliqué pour le pailemeni anglais, la ville de Londres aurait 30 députés à e!!'^ seule, au lieu de 16, et que l'E* cosse enverrait au parlement beaucoup plus de députés qu'elle n'en en* voie aujourd'hui ? Ne disait-il pas encore que des bourgs-pourris de quel* que centaines d'habiiantâ avaient un représentant et que des comtés qui en contenaient 100^000 n'en avaient pas < davantage? E'ilce que ces arguments si puissants alors n'ont plus la même valeur daujourd'hui 1 Esfce qu'ils ont moins de force depuis l'allianctt:

de l'hon, proçu.eur'géneral avec l'hon* député de Souih Oxford ? Esfce qu**{ ils ne peuvent plus être employée pour sauver notre constitution et nos libertés î Comment se fait'il que le parti qui a si longtemps vécu de son opposition «u principe de la repro* senialion bâ<ée sur la population, disa aujourd'hui que c'est un principe jus»

l'î et qu'il faut le concéder.

J'avoue, monsieur Pre«ident, que je ne comprends pas pourquoi l'on cède aujourd'hui ce qu'on refu* saiv en 18G0. Il est vrai que je n'ai pas l'expérience des hon. députés qui occupent aujourd'hui les banquette»

tninisiérielles, et qu^l vaut peut'êlre mieux plier aujourd'hui que <l'êlr.j brispjtlernain ; mais quand j'étudie le pas^é, que j'examine le pré^^ent et que je songe à l'avenir qu'on nous propose, je ne vois dans le projet de confêdé* ration qu'un remède plus \ioîent que le mal el qui, au lieu de faire dis'pa* raître les difficultés auxquelles on veut remédier, ne pput que produire les plus fâcîheux résultats pour la paix el la pioj-périté de notre pôy .

Je di-'ais donc, M. le Président, que la qut^stion de la représentation bâsée sur la population, qui a été la principale cause du projet de coiifé* dération, avait été écanée du pro* graiVime politique de l'adtninistration Macdonald-Sicotte, et que la majo* riié Ilaul-Canadieiine (l<)nt les chef?*^ pendant toute leur carrièrs politique avaient demcndé si haut cette concfs* sion en faveur du Haut'Canada, avait contracté Rengagement de ne plus soulever dans l'assemblée légiflative cette question brûlante, au mi>ins sous Padrninistration Macdowald Sicotte.

(Ecoutez ! écoulez !) Giâce à la fermeté patriotique des chef<* de cette administration, le Ba!»*Canada^ pen* dani dt ux ans, put vivre en paix et goûter les fiuits d'une tranquillité in* connue depuis 10 ans, et pendant deux sessions la question de la représenta* lion bâsée sur le notnbre ces^a d'è're le sujet des contestations et des dis* eussions fanatiques du HdUf Canada.

(Ecoutez ! écoutez !)

C'est à celte époque que l'hon. dé* pufé de Soulh Oxford demanda h la Chambre un comité chargé de s'en quérir des moyens de régler les difli' culiés sectionuelles, en changeant les bâ-^es de la constitution actuelle.

(Ecoutez ! écoutez I) Eh bien, M. le Président, qu'a-t-ou vu alors ? On a vu cet orateur à la parole brûlante, cet avocat infaiifif^ble et puissant des prétentions du Haut'Canada, contre la section Bas.Canadienne, incapable de trouver plus de quatre hom:

mes pour l'appuyer dans sa demande

injuste d'un changement de constitution, que l'administration du jour est prête à lui concéder. (Ecoutez ! é* »ez.) On a vu ce puissant tribun, hu*. milié et désespéré de ne rien obtenir de la chambre, — et pour ma part, M.

le Président, j'àvoue que sa position me faisiii peine, — demander un con* gé d'absence pour échapper à une défaite humiliante, et tetourner dans ses foyers pleurer sa chute et la perte de son influence basée seulement sur le fanatisme el les projugés. (Ecoutez !

écoutez !)

Plus tard, M. le Président cette chambre a été témoin d'un acte que je ne /eux pas caractériser aujoui* d'hui ; nous avons tu cette administration qui allait eu assez de courage et de fermeté pour bâillonner ceite hydre de la représentation bâsée sûr le nonribrç, renversée par une majorité canadienne'franç^ise. (Ecoutez ! éeoutez !) Oui, M. le Président, ce gouvernement libéral qui avait donné tant de sécurité'à nos institutions èn maintenant inviolablernent la consti* tuiion actuelle, fut renversée par une majorité canadienne'françhise de celte chambre. Je n'ai pas l'intention, quand je pa»le ainsi, de me faire l'accusateur de mes compatriotes, loin j[e là ; mais je veux tracer l'hit^toire par iementaire de notre pays et je n'he* site pas à dire que ce vote a porté ùn coup fatal â notre influence comnfie Cana Jiens'Français, et que la postérité enrégistrjra ce vote, qui , restera dans l'histoire comme une époque fata* le ou nos hommes publics ont sacrifié à Tespiitde parti nos intérêts les plus chers. (Ecoutez ! écoutez!

Je ne crains pas de le dire, M. le président, depuis quinze ans nous n'a vions pas eu à la tête de Tadministra* tion d'hommes plus sincèrement dévoués et plo5 en position de sauvegarder les libértès politiques, les intérêts et les institutions du Bas-Canada. Qn'* avons-nous vu, depuis quinze ans, dans cette chambre? Nous avons vu l'esprit de parti s'adresser aux préjugés et aux

per&onalités les plus blessanlea et ame* ner, comiTie résuliâf, l'ab/iissieme^iit du niveau n^oral de noire represenialion nationale, les hommes les mieux qua' lifiés à faire valoir d^ns cette enceinte les intérêts du peuple, s'tib-tenir dfs luttes él îctorale*, parce que la position de député ne portait plus avec elle la dignité qui en fe««ail unobjetd'am ' bition dans des jours meilleurs. Noua avons vu des hommes émînents et qui avaient travaillé (tans rinlérêt de leurs commettants pendant de longues au* nées, abandonner de dégoût la carrière politique et se retirer dans leurs fuyeis* C'est à cette époque que nous avons vu une majorité canadienne-française voter la défaite d un m^isière dont Iti programme politique onrait plus de garanties pour les intétêts bas'cana* diens que celui d'aucun autre gouvei • nement. (Éc >utez! éeoutez!)î-un e!»pi it de parti à li fois mej>quin cl aveugle devait placer un puccès momentané ou flesMîs des intérêts généraux, et la majorité décréta par son vote no'^re déchéance nationale, (iïcoutrz ! écoiv tez ! Eh bien. M. le Présideni, avec le nouveau gouvernement nous avons vu la question de la représentation bâsée l^ur la population revenir dans la diséiusaion générale de notre législature j •t aujourd'hui, il n'y a pas à se le ca' cher, cette malheureuse concestsion, qui nous met à la merci du Haut Canada,est dev:'nue un fait accompli.

(Ecoutez! J'ai dit, il y a uu instant, M. ie Président, que Thon, député de South Oxford n'avait pu obtenir le co* mité qu'il demandait sous l'administratio!! McDiinald Sicotte, administra* tion essentiellement libérale. (Ëcou« tez !) Si l'on réfère aux journaux de la chambre de cellè époque, que trou* ve'l'on ? A peine l'administration, qui lui avait • uccédé eûl'elle pris possession d^'s bancs de la trésorerie que l'hon. M. Brown revenait devant la chambre demander de nouveau un comité ; et cette fois avec plus de suc pè».

J'eus l'honneur de présenter un

amendement à la motion, mais cet amendement fut repou-?sé, et parmi les noms qui figurent dans cette malheureuse division, on remarque ceux du ministre des travanx publics, du secrétaire provincial et du procureurgénéral Eï*l. M. le Présideîît, c'est là un fait extrêmement significatif et dont il faut prendre note sous les circotislances actuelles. Quarid je pressai cette rxiotion devan: la chambre, je maintins qu'il fallait prendre l'offensive et non garder la défensive, comme nous l'avions fait jusqu'alors ; qu'il fallait nous unir comme un ^eul homme pour obtenir que l'on i femelle eu vigueur le proviso do la 2Qme, clause de l'acte d'union, q\ [ nous avait été honteusement enlevé en 1856, au moment où nous obtenions le conseil législatif électif. (Kcoutez, écoute?!) b^h bien ! sur cette question qui était parfaitement motivée, on a vu ces mêmes ministres voter pour rejeter cet amendement qui re* vendiq'Vdit un droit sacré pour les Canadiens-Français. Ce vote n'im- |)liquaii-il pas chez ceux qui (aidaient celle lâch^ concession, qu'ils étaient préis à céder encore dans les rliangerT)enis c{)nsiitutionneIs proposés. Oui, M. le président, je n'hésite |"is à le dire, dès cet instant le H lUt-Ca' nada comprit que nos chtfs jus* que \^ inébranlables allaient cé* der le terrain conquis. Auss«i, lors* que M. Brown soumit à la chambre sa proposition, tous les députés anglais s'unirent dans une majorité écrasante, et il l'emporta vigoureusement malgré la totalité des députés Canadiens français qui voîèreni ions contm cette proposition, à l'exception du député de Rouville (Mr Poulin), qui eût le triste courage d<î commettre cet p.cîe inqualifi ible, (Ecoutez, écoulez !)

Il n'est pas besoin de rappeler ici les conséquences de ce vote, car elles sont connues aujoijrd'hui de tout le pays», et l'hoo. député de South Ox^ ; f »)d Un-mêrne tiotts dji dans celtç}

^hanabre qne la confédération avait pris naissance clan^J son comité conslilutionnel ; que la gwninatio i de Cb comité avaii été le ^rgwiet pas fait dans la voie q«ii meaajt sûrement au but vers leq tel il avait toujo^r?» lendu pendant toute sa.^«rrière poliiique et que -le projet de confédération, maintenant soumis, était une ample lécomnense p(;ur ses efforts constents et une justifioation complète des priii cipes qu^ii avait sotltéRus dans la lutte du Haut contre le Bas-Canada.

{Ecoutez, écoutez !)

Plus tard, M. le Président, le gouvernement Taché-Macdonald tombait sur une question de finances et, dans l'impossibilité de se maintenir sans le î^ecours de l'opposition, ee même gcuvernemenl appelai» dans «on cabinet l'homme le plus hostile iaux intéiêtts Bas-i inadiens, et avec lequel de tout temps il avait été dans un anlagcnisme sany exemple De cetlî alliain e naquit, le projet de confédération qui nous est soumis aujourd'hui, et qni concède le ptin cipe de la reprégenl||lon bâsée sur ia population.

Augmentation dv, la proportion d'accroissement du Bas- Canada,

Le parti Bas^Canadien devait-il faire .cette grave concession au Haut-Cana- .da ? Je suis piêl è établir par des chiffres que celte qu : lion portait avec elle sa propre soluii. a, et ceux qui ont voté en faveur de ra concession ne sont nullement justifiables à quelque point de vue qn'on se place. L'aveflir nous garantissait que cette demande n'aurait plus sa raison d'êlie à une époque fort rapproché.

Quand on axamine la question de la population respective de*» deux Canadas, on remarque, tout d'abord, que celle du Haut Canada est en grande partie anglaise et protestante ; et, en regardant au dernier recensement, pu voit que l'immigration dans celte aectior) est entrée pour une proportion îrès considérable dans raugmeatation

annuelle. De 90 000 âm-s quVlIe était pendant la seule année de 1847 l'immigtation est graduellement torn^ bée à 10,000 en 1660.

Mais il y a utt autre fait important qu'il est bon de noter : c'e?t que le Bas Canada, qui n'augmenta ii que U ntemant d'abord, p{*rce qu'il était gêné dan^ son développement matériel el moral par les institutions poiiiiq lea sous lesquelles il était gouverne, parce qu'il n'avait pas de rherniris de colonisation dans hcs forêts, voyait en% core s^ s robustes enfduts émigrer aux Etats-Unis pour y Irouver du pain et ia liberté. L'augîncntation de la population du Bas Canada était f-iible et lente alors ; mais à mesure que les chemins de fer on» été construit.-, que des rouies ont été pratiqirées, on l'a vu angî lenier en popuUlion |><>^pqae dan la mêma proporiicm que s'opérait 1 i diminution dans la proportion d'a« oroissoment annuel du Haut- Ca da.

J ? prétends encore, M. le p'ési.îpnt, que le recensemejt de 1861 n'est pas une base sur If^quelle m puisse se fonder pour apprécier exactement 1^ chiffre de population des deux seciionj ; c^i\t ce recensement n'est qu'un tissu tl'trreur'* graves et qui démontrent l'inexactitude de l'ensemble. Ainsi, quanddhy voit qn'à Trois Rivières il n'y a pas une seule église catholique ; qu'à Hamilton it n'y en a qu'une seule î qu'en 1861 il n'a été construit que tKj's vaisseaux dans le Bas- Canada, quand on sait qu'à Québîîc sï-ul il s'en est construit j)hjs de soixante, l'on peut affif Trier en toute sûreté que de ^semblables inexactitudes ont dii se répéter dans les chiffres de la population des deux peclions.

On sait que, dan»; le Ha?it Canadag le chiffre de la population réelle a été considérablement surfait. Tous leurt journaux n^ disaient-ils pa^^qu'il Jaîlait que le fecensemeni- de Î861 indiquât, en fjveur du Haut Canada, une très<»

lorte population de plus qu3 dans le Bas f Aussi, le résultat a-t-il constaté

one majorhé de; pfèf de 3OO,Q00 âmes | •n «a faveur. On a tellement augmenté le nombre de^ vivants et diminué celui des ncdris^ que le nombre des epfanti yivan:s, au-d^s<«oiis d'un an, sa trouve être de d,QOO de plus que celui de toutes les naissances de Pannée. (Ecoulez î écoutez !) Je veux bien admettre que le climat du Haut»

Canada eoit irè;? »alubre ettiès favorable au déve loppement des enfuntg, au dessous d'un an ; mais encore ppwt on difficilement s'expliquer, qu'il n'en meurt pas quelques un eu douze mois et qu'il puisse y en avoir, en une seule année, 8000 de plus, au dessous d'un an, qu'il n'en est né pendant les douze mois écoulés. (Ecoutez î et ri« res ) Quand je vois de pareils résul* tats deins nwre recensemenl officiel, je suip forcé de croire qu'ail est inexact et qu'il peut être tout au»si erroné sous tous les rap)3ortâ de la pcpalation générale.

Mais si on a surfait la poptilation dans le recensement du Ha^ut-Oanada^ dans le B^is-Canada au contraire^ on l'a diminuée considérablement. Ici, ncs cultivateurs ont toujours eu peur du recensement, parce qu'ils soupçonnent qu'il est faii dans le seul but d'asseoir quelques taxes ou de faire quelque levée d'hommes pour la défende du pays. Sons ces c^constan ces, je crois que h différence dans la chiflVe de la population du Haut et du Bas* (Canada n'est pas au^si bien établie qu'on veut là faire croire» Je maintiens qu'elle est moindfe en réalité qu'elle n'est en apparence, et que les chiffres du recensement ne sont pas suffisamont exacts pqjar que l'on puisse les prendre pour base d'une demande de changements constitutionnels aussi graves.

Mais si l'on étudie l'accroissement de la population canadienne-frincai* se, l'on verra que les Canadiens français ont augmenté jusqu'au chiffre de 1,700,000, s'étant décuplés deux fois et demi de 1760 à 1860, ce qui équivaut a une augmentation de SAO

pour cent par année, ou au double-ment de la population en ^1 ans, ou à 25 fois leur no^i^ljre en cent ans. De*^ puis 1760,rav;|^niientation aété de S.60^ pour cent par a|i dans le Ba^^-Canada^ Voilà des chiff*fes qui prouvent que l'augmentation ,q^turelle de la population dans le Ëas^Canada. est plus forte que partout ailleurs. Dans le iraut-Canada,'*,la moyenne des naissauces a été de 3 40 pour cent par an^ et dans le liAp-panada, elle a été de 4.10 pour cent, ce qui égaïe une augmentation relative de 20 par cent plus considérable dans le Bas que dans le 11 lut -Canada. Si l'on fait un calcul de la progression de l'accroissement de la population françfïise dans le Bas-Canada, de 1784 à 1851, l'on arrive aux résultats suiranls : —

c. par année.

Ds 1784 à 1831, l'augm«ntation a été égale à

De 1831 à 1844, elle a été égale à 3,20

De 1844 à 1851 do do 4,25

Maii< l'augmentation de population qui en serait résultée a été diminuée par l'émigration au x-Ëtats Unis. Les difficultés de<a^tions ont chassé nos jeunes gens à reiranger pendant de longues années, e). c'est là pourquoi cette augmenîalion considérable ne pafaît p^B dans les recensernents aussi jforte qu'elle l'a été en réalité. Ainsi, le chiffre des émigrés Canadiens- Français' aux Etats Unis en 1814, s'élevait à S4,000 ; de 1844 à 1850^l'émigration s'est élevée à 30.000^ ce qui, en Î850, élève à (J4,600 le chiffre de nos compatriotes passés à l'étîSnger.

^vec une pareille émigration, il est évident que notre population ne pouvait augmenter rapidement , mais aujourd'hui, bijureusement, le mouve^ ment de notre population se fait en sens contraire. Un grand nombre de familles nous sont déjà revenues, tandis que beaucoup d'autres n'attendent qu'une occasion favorable pour revenir au pays qu'elles auraient dû ne jamais quitter. La population cana* dienne«franç;aise aux Etats Unis e»t

^'iicorp très considéiahl'', comm'^ on |,pnt jp^Votr p ir les chittVe s s ni vanL« ; I'EPhi dirV<-rmoiil c-mc!e 14.000 Canudiens'FiTinç 'is ; celui «le N'^Wtoik, 20,000; l'Ohio^-i \,\ Pensylvanie, 6 000 ; le Miehigan, 30,000 ; Illinois, 20,000 Wisconsiii, 12,000 ; t'I^idiaiiH,5 000; le Mir.esota, 15.000; s^ns comnl' r qu'il y a emunt- à p *n piè."* 35,000 de nos jeiities i^fM!*! emô lé." dans l'yrir.ée des Etats-Uni*.

Ce qui a en lini en Caaad » a aussi PU lien en Aeedie, ou l>t populaiioti frafiçiise a augmenté d'une inaniè re vraiment étonnant'». C*"ite angmental ion a été, de 1707 à 1737, dan" une proportion de 6 pour cent par «n; en 30 ans, elle él^it (juinluplée, Ele a cciiilinné à v^'accroître à peu près <J^n«« la même |)io,)ortion jî.*q'»Vn t755, l'époque mémorable (i^. la déportation des Acadiens. De 1755, à f855, les Acadiens ont dcouj)lé par eux rnêmef, et anjourd'h i la population française aeadienne dans les pro vinces maritimes et dans le Maine, se répartit comme suit : —

Terreneuve.. 15,000

Cîip liretoo,. 16,000

Ile du Prince-Edouard,. . 15,000

Noiivelle-Fcosse, 22,000

Noiiveau-BfiinswicK. ... 25,000 Maine, 5,000

Ce qui forme un total de 98,000

i)iminu!ion de là froporthn d'accroissemait du Haut Canada.

Voyon* maintenant, M. le Président, qu'elle eisi l'augmentation atuiu elle du Ilaut-Canada. Coité con-.idération est importante, car elle tend à prouver qine datjs dix ans le chiffre des populations du Haut et du Ba«î- Canada seront égaler, et par ccn^é quenl que les changements coi.s'itu tionneU motivés par la question de la représentation basé^ sur leur nombre h'ont pas de raison d'être :

Én 1830, cette augmentation a été de

10 p. c. an,

En 1832, elle a été de 8. 7T"

En 1852, do do , 5.62 "

Ka 1861, do do * 4.35 «" il

En 1865, sera probablement 3.00

Ce qui équivaut à dire qu'en trente ans, la ptoponi* n de cette augmentation a diminué de^ plus de 50 pour c^nt, et (;'e.>t avec la diminution de l'iminigration que c'eï-t protliiii cette dirr.inùiion dans l'aoorpis^euient annuel. Les chilFr 's^suivan's, qui donnen le nombre d'immigrants girivés drini le Hant-Canada depuis 1829,1e prouvent abondamment ; —

Années Immigration.

iSer.. 19,923. .

El 1854, iious n'avions \yà^ de che mi 11 s de f t comme ceux que nou' possédons aujourd'hui, et par consé> quent l'i migrai ion Européenne, qui se <iirigeait vers les Etats-Unis, ne passait pHs ppr ie Canada, comme elle le fait «njourd'hui pour les Etats deJ'Oufs'. En 1854, l'inm^igration était de 53,000, et tous ceux qui arrivaient en Canada s'y fix^ieni invaria* blement, m.aisenl864, eetle immigration esMombée a 19,000, dont il ne reste pa*plus de la uioifié dans le pays ; le reste se dirige vers les Etats de i'Qiie t. Ainsi, l'on peu! dire que rimudgration, qui était de plus'de 53, 000 â'ues PU 1854, est tombée en dix ans à 8,000 î-euleiuenl pour le Haut- Canada, tandis que dans le Bus-Cana* da nous avons augmenté, parnbire ac-

croIss^nriAnt naturel, dtns la proportion 2.20 pour ceiit 3 60 poar cent (Jurant U iTièm« période.

El c'est jiislempni au moment où noire population augmente dans celte proportion que l'eu vfeui ucoord-T an Hant Cftnada la r^piést^ntafion l)â*ée sur Ih popnlrition ! Pourquoi ne pa;* résister cncorr» ? On nous dit que si nous attendons plui> tArd ta disproportion ;*era jIuh grande ; je maintiens en m'appuynit sur ces calculs et sur d'atJlif.* cofisitiérnliotis, que j'Hurai bientôt IMionneor de soumettre à celle chambre, que iioùs ne pouvons qvie g«»giier à attendre, put que h\ pro lortion de noire acoroissemeni augnien»

te et que l'iino^igration diminue. En trer.ie qns, d • 1829 à 18G0, il nous est anlvé 942,735 émigrant ,qtii se s-oni presque ioo>é'ab!is dans le Huil-Canadj. De plus, il y a un autre f^it que je dé-ire friiie r^ s^ortir : cVsi que Pémigraiion iilaiidni^p, qui s'éiait él*» vée, eu Î851, à 22,381, a diminué dans l« s iix Jinneiîs >uivanies, a 376 en 1861, ei 1'»mi î«ait qoe c'e^l (telle d poilHiio'i en tnassM des enfitits (J* la Veite P>in qui a fait la popuialion du Haut Çanada ce qu'el.e est aujourd'hui.

Du reste, il ne sagii que de consul ter le rt ceii^ein«^ni pour conclure tie suite qtih la dittDreuce de proportion dans l'HUgmenlaiion de h popula'ion respective dns deux seclious n'est due qn'à l'uriivéede ce millioti d'irnmigrants dans le pays. Si on étudie la proportion des i»ais-»ances, ou de l'accroissement 'jalurel, on verra que le B is-Cfina lu s'e>l accru dans utie pro/#ortion plus rapide que cclh^ du Haul,4îl quMi y M piu^ de nai-isances propuiiiouut Ih iTient dans noire section. A mesure que C'.'s causes f.i jli.

ces d'à

ogm. nVfKioa diminuent dans

le Haui-C uiada, nou-* avot«s donc ceriitud'^ <l- léi-iblir l'équilibre entre le* deux p »puUiions.

Epuisttmmtd s terres dis'ponibUs

du HdvU Canada, il y a oiii >re ntio auitc cause qu;

doit contiibuer à rétablir celle éqnili* bre, et je la trouve dans »»u rapporlr olfieiel écrit p^r Phon. Secréf»tre.

l>ioNincial actuel, (M. McOoroALL), l'rrsf|u'il et»il commis-aire des terre* de la couronne, La cause ck U co- Innisatioiï a attiré, depuis qnel(|ues annéesyl'attention toute spéciale de ikOtre clergé et dC"» meilU urs doyens du pays,dn iwntyeni q«i'ofi s'est apeiçu que l'augmentation rapide de 1* population «lu Ifaul Canada, ami^'ierail biei\lôl des changements constituiionnelsy ayant p>ourbui la représenidtion bâsée sur la population et ses cons^'quences désastreuses pour la mit) riié. Depuis ce!l*» époque, de nouv l -^s rouies d'3 colonisation ont été ouvertes au «urplus de la population (i î* ancien* comié-» ei nos jeunes gens, au leu de s'expatrier, s'eiiicîncent d^in.-^ la loiêi pour la défricher et multiplier ainsi la f o r c e d e T é I é m e n t f r a n ça i * .

La cause de la d tniMUiion de l'accfoirsemenl dan le HdUî. Canada, dont j'^ veux parler^ se tr»»iiv^î d ms le f iil imprr'ani que les meiilei res terres disponibles sont à peu piès épni* sées. Je ne veux pas <liie q i'«-lles on» pptdu leur i'-rtililé, mais qu'elles sont à peu piè; toutes occupées. Il y a pas besom d'autre preuve à mon avrtucé que le rapport de l'h')n, mini-ire des terres en 1862, doiU je ciier^i le paragîa|;he qui suit :

" L'on remarquera q'iie la q-nnîiié to. (aie des terres vc.iflues, e» 1862, est nioin* (lie que celle vendue en IS^^I, de 252, 471 acres. La diminulion équivjiiit m en. I viron 38^ pour cent. Ce fait e>t .-igiiificai tif et niéri'e qn'on Cil rediejrhe la cau^d* Ou peu» pMltribiier,je crois,aux perturbation» romtnerriales al monétaires qui. résultenl de 11 gueire civile dans pMVs voisin, à l'influence de la guerre q'»i -lécoiirsoe l'im» mig'-atiou en Amèriq^ue/ l't a la diini.julion des ressources des aciieteurs du p:»js, à raison de la récolte g.éiiéralHin« nl ni «uvaise lie 1862. L'on peut encore iniM»tion!M;r une autre qui, au poimt d«r vue offi.ti» !, e.t plur importante qu'aucuoR de ctile> <i, parce ijje son influence n'e.^^t pts seulement acci* Uentelle ou passagèse. £t celle cau^e ».st

^iie la quantité de lerr*s réellement bonne { .^ui se trouvent aujourd^h ii sur le inarehè ■est y malgré Its arp»^ntH,cs récent*, h-air «oup moindre qu'elle rj'éfait nuirffuist, et dt' nioue rapideirvetit. Les naureaux arpentages faits dans le Haut'Canridii durant le^ ci»q j ilernièrei années n'ont pai ajouté moins» de S,80S, 172 acres au tableau de» tcrK**" du dé» partemenr. Dans le Bas-Canuda, l'accrois* sèment <'u mil la mê<ne pério le a été de 1, 938,168 «I «es. Cependant, iî e^t doureux qu'il j ait h jourd'hui une ausâ* grande qua:!' lité de tt nfS, de premièéC qualit é, à lu <li«<« (position itu ilépai (einent, qu'il jr eu avait eu •1857. Lfs terres du cleigé, d^^s écoles hî de la coui tciie de la Péninssule Occidentale, 'les plu* pré i»*uses sou:^ le rapport de U qualité ec df la situation, de tou'es Itrs ienes incultes «i»* la pioïiuce, sont pte^que luut«>s vendue*», ; s quelques lot& qui restent aoui géneriileii(«^iit d'«':ie qualité inférieure. Ler» nouveaux cantons î-it«ié^ entre Oulaouai" et le lie Iluroii contieui.ent beaucoup de bonne te' r»*, in.iis ils sont réparés des can- j tons élab i^ bordent 1^ Si. Lmireul et ' la lire nord du l ie Ouiario par une cejtilU' | re rocb usâ et aride qui varie en ia»g»"ur| de dix à vinf^l milles qui pr ésente des l obstafie* £é>i»'ux à l'éîabli s^m^nt dts vo Ions. Ort p:us, les bonnes tenes de ce* nouveaux cauions sont en petite^} éf endue>, éparses ç» et' là, et séparée* le« uues des autres p.*» dtts crê es loch a es, de marais et des lacs, Mui résident diilitil^ la cousit U4:ij«»ii de cbtiMÎî's, H\ inlenompeal la contiui'ité de l'élabusstfiuent : Ces circousfarc« s «lé • favorrkbK s oui induit les mcïilleui s colon** du Haut-CÎ'»uada à eb»*rcher des ter- es, apparienan* a*ix ) ai licul ei«', de ineilleurt' qualité et mien { sifuf e»', quoique le prix el Us cûn* diîions de vente soienî plus élf'Vés et incirs faciles q le jto»;r terres de la couronne.'

Jf" « toi- q l'il y a dans ce rappoil offirVinl un fiii nè" itiiporiant pour k» Bas C inavla, t'I qu'il es? ho.idf rons* tuler fivani de ilécidef ^i nous devon** changer la constitution a<îiu» lit».

Qnaad Ij population rrang;nentt' phîs "jeti.s I)! m^^ni ])ar l'imtiMgiaiion da?K* -f* f\ ui Canfîda, et qu'elle tint^- TUt'iiU" j lii^ rapidement duu8 le Bit*- Canadii p rsDii accroisisement naturel, quami 1' tiiigr >iion de no;* roinj)a»ri oîes aux E ats Uni? a cp»»î»é quand l»'s ineîlieu;es le les du lluiît'Canadi corn

menoe à peine à s'ouvrir, je ne vois pa^ p uuquoi ncus nous hâterions tant d'aboudonuei la luite qrie nous &von« faite »vec tant de swccè» jus»

qîi'u'i pour act ord^r, «uns raison, la r»p'é>:Hn 1.5 lion hâst>e sur la population, En Voici à ce sujet ce qi*f dis'ait, dant inéine rappoit, l'hou, secrétaire prb* vincial aco *l; ses roi as '•oalirtnent nmf lileiïïeni mon avava é :

D.m*' le l?.iS' Canada, les t<»rres veo.

dur !♦ ei{ 18G2 ont atteint im chiffre d'un pen pii*s donbid de la quantité fendue dans le Ilrini'Canada, les découvertes de ruines •le cuivre et autres dans les canloos de l'FZ^i, et l'ouverture l'e meilleurs voies de cotuiiiuiMCHtion, ont cau»é une afil lence de population con'-id'^i ab'e dan*» celte partta (IB lias'Cannda ; — et une augmentation eof re^'poiMlHute <lans la demande de leires publi* ques di«p</|llble^• Les iiouveaui arpeulagei fjii's sur le veinant sud drs hduteuis qui bol d»'iii le St. Laurent, e»»îre Monliéal et Q ébec, Ont développé une quantité très COIS lé»able d' bonurs terre», qui sont ra* pideineul pii^ea*"

Voici la con»éqnencs de ce f.iif signalé i^ar le rotnini'»*aiie des terre.»» de la eouroiine d*' celle é})oqne : cV.-t que »i |««ï» ieMe.Mpub!iq"e!S ne xe v»Midentqu'à d^.-- rolMn", «tu moiii-^ nt q«»e l'on établit (pie la quantité de lerieg v«-^du^'S dans le Î^asi-Ctnaila e-t double de celles ven lu» » daiiH i^* H'.nt-Ca nadii, j -? i»ui8 rn droii de eouelurc cjne l'été» ^ue défi ieh«'e esi égalerneui dinbit-, A comnie conHi'qiieuee n'^-ee-saiie que la po» p ilation <ioii au«m»'nrer dans la rnô» me. proportion. De là je cort'luî^ que la qnH^lion d^ la repiéseniaiion l»â-ée sur la oopnlaiioa tend chaque jour à «e résoudie dVile luonie. AaHi, voici Uf» hoiTune q'»e l'o'» ne peut ceriaine'« • •1 nt pas eeeuser de pari la lité ponr le Uas.C*uada, et di>iit ou ne conieslera pas les lîotiu \i"i^*anc»i3 approfondies, qui dé lare olFuti» linneiit que nous augmeiHons (buis une b«Mueoupp!rt8 grainle piopo: lion que le Haut Canada.

Eî c'e-t au moment où nous t-om iney sur ie j oitit nous m^intenif

sur la brèohe, que nous allons céder îe ) terrain ei abanilouner la Imte! Nos jeu ne? g'»n8 ('migraient aux bJal.s«Uni«, il y a qmdq^ues années, parce que nous n'avions pas de chemins <Ie, colonisation pour leur ouvrir les ft)reis du Bas- Canada, comme nous en avons aujourd'hui* Kl pontquoi n'en avions-nous pas't ' t*arceque, * ju< ju'à tout demi èrenVenr, le minisière des terres de la couronne de mêtne que celui de Tagriculiure et de i'iiiimigraiion, ont toujours éié Confiés aux membres Haut-Canadiens dti l'adminiotraiion.

Le Haut Canada comprenait i'impo«tance «le ces ('épariements pour le développement matériel de sa sec'ion du pay .,, Aussi toutes les améliorations »e lai^aienl-elles dans l'Oues*!, et toute rimmiijraiion était-elle dirigée die ce jCÔié., Anjou rd'hui, que Pou sVst aperçu das résultats de cette politique habilement tramée, la partie B^j?-Canadi^nae du ministère s'oecnpt; d'a^ vanlage de la colouiïiaiion de nos terres inculte!», et nous voyons le clergé, de même que tous les hommes politi ques et influenis, seconder seselforls.

Nous ayons des sociéiés de colonisation partout, et le résultat de leur ira^ vai', c'est que les terres pub'iquss son' prises et occupée^ à- mesure qu'on les arpen*e, que les colons devancent même liés souvent les routes que io gouvernement fjit ouvrir à travers la forêt. Ces faits sont asspz impo'tanîs pour méiiier noire sérieuse considéra* tion, d'autant plus que le rnpport de i'hon. eecréidire provincial appuie sur tous les points les faiis que je si» gnale

Les f'irailles cinidiennes, aujour* d'hui aux Etats-Unis, sont heureuses de reve,nir j)armi nous pour dévrlop* per le^ rjessouroes de notre tierritoire, et si le gouvernement, au lieu de faire' des changements- conislilution* nels., établissait un vas>tfe ^sterne de colonisation, aiiiiait ici nos compa* triolesdes Ë'Bts de l'iinion américaine ainsi qu'une imrnigraiion européenne congénère, nous n'aurions pas

1 besoin de nous occuper des ( hange* menis politiques qu'on proposf», et*'* dont le but évident Cî^t Pan^anlis^ie** fTienl de noire influence en .Amérique^ Ecv)UteZ !

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