DEUXIÈME PARTIE
But hostile du projd de OonfédJra' tion.
Le but du projet de confédération,' au point de vue du mini-jère, est la f)rma'ion d'un va^ie euipii e limité par l'océan Pacihqtie d un fôté, par l'océan Ailantiqurt de l'autre^ au sud par' l'Union Américaine et s?'életid^>nt jusqu'au pôle nord, laissant à l'oues^t l'A* mérique RiHse. Certes, ce projet est grandiose, e.st maguifiqua, et est bien fait pour exciier l'arcbi'ion des hom* mes les plus maïquanîs lie l'Afné'ique Britannique du Nord. I/oopos^ilion comprend parfaitement le noble but' des promoteurs de cette confé JéraMo'i que Ton veut établir sur une base monarchique, en opposition à l'Union Américaine bâ^ée sur le principe dé* mocraiique et républicain : mais l'op»
position comprend aussi que cette création d'un empire offre de graves difTicuItés, non seulement parce qu'il' s'élève en opposition à la puissante république voisine, essentie/Iement opposée aux institutions m'narchi.
que, mais parce que les différences de uaiionaiités, de religions ci d'inté. lêis secli(mneU sont autant d^; pierresd'achoppement contre lesqu' l'es vien* drout se heurtt^r les dispositions prin*' cipalesdu projet de confédération. Il ne faut pas croire que l'opposition ne combat ce prbjel que parce qu'elle n'en comprend pas la portée c'est parce qu'elle lecomprend au contraire, et n'y voit que des dispositions qui lui sont hostiles*
Anjourd'hui le Cinada,avec i'éga.
liié sectionnelle, ne forme qu'un J^eul peuple dont les tendances ei les aspi' rations sont communes, mais avec la confédération il n'en sera plus ainsi^*
nous anrons ane minorité, contre une majorité dont les lendanoe*:» agressives sont lonjours manifestée!* chaque f'MS qu'elle a eu la pui!?SHi;oe u nom bre. Si les populalionj» de touten les provmces étaient homogènes, ^i leur?
intérêts, leiuî* idées, leurs croyai ces, leur nationaliiè étaient identiques, nou!* «erions peut-être plus portées à accepter les dispOî*iiions peu judicieuses du projet qui nous esi soupîis mai?, comme tout cela n'est idcmitique nous croyons qu'il y a danger pour nous à les accepter.
Politique agressive de V Angleterre,
Autrefois, la France possédait toute cette partie du continent, et les colons de celte époque cultivateurs, pê* cheurs, chasseurs ou couleurs de bois, parcouraient toutes Pétendue de ces immenses possessions qui avaient nom la Nouveïle-France ; aujour»
d^hui, que lui reste^il d'un territoire dont l'étendue égale celle de l'Europe même Une pauvre petite île située a l'entrée du golfe, un pied à terre pour ses pêcheurs, et quelques arpeaîs de grève sur les côtes de Terreneuve Quand on étudie ce fait, quand on voit la puissance française corn»
plèlement détruite sur ce continent^ n'avons'nous pas le droit de nous montrés sévères dans l'appréciation du projet de constitution qui nous est soumis, et qui n'a d'autre but jre le répète, que de compléter l'qeavre de la destruction de l'influence de la race française en Amérique ? Est. ce que le passé ne nous a pas appris à nous défier de l'avenir ?
Oui, M. le Président, la politique de l'Angleterre a toujours été agressive, a toujôurs eu pour bût notre ahéantiësement comme peuple, et ce projet de confédération n'est que la continuation de l'application de cette politique sur ce cofïtîiient ; son véritable but n'est autre, que l'anéantissement de l'influence française en Canadà.
En rechérchant si los moyens d'ac-
tion employés aujourd'hui fn'oni pa< de précédents dans i'hiî*toire, il e»\ facile de «ronv^r d^'t* rensefgnein<' nts précieux. Il fui un temps aj rès la conquê'e de l'Angleterre par le?» Nor* mands, où la langue française était la langue générale et oflicielle. Pendant qiuatre î*iècles, le fançai?» fui la lïingue Je la nation ; mais plu3 tar i, les* conquérants furent obligés d'adopter la langue des vaincus. En étuiianl l'histoire du parlement anglais, on voit qu'avant l'année 14^5 il n'avait pas été indroduit dan", la législature un seul projict de loi qui ne fut en français. Mais à cette époque utk projet de loi en anglais fut présenté au parlement et vingt-cinq ans plus tard, en 1840, on trouve le dernier acte présenté en français dans le parlement impérial. Apiès cette date, on ne voit plus de trace de la langue française au parlement ; il n'avait fallu»
que ving-einq ans pour la faire dis* paraître entièrement.
Il y a un autre fait historiqtie qiui se rattache à l'existence politique deji peuples, et qu'il est bon de noter. On sait pendant combien de temp-» l'Ecos se et rirlante résistèrent à l'envahisîiement de l'Angleterre. La lutte iui longue et obstinée, mais ces de»x na.
tions durent céder à la poMtiqfue d'envahissement et à la puissance d'assimilation de la natiott anglaise. Vo* yons qdels moyens I ''Angleterre a em- P^loyés pour arriver à son but. L'his* toire impartiale nous le dit comme elle dira aussi quels sont les moyens employés aiijourd'hui pour anéantir notre race sur ce continent. L'histoire inscrit eri lettres d'or, çur ses plus belles pag.fs, les noms des hommes qui ont combattu pour les droits et les libertés des peuples. Mais aussi elb inscrit, sur ses pages les plus sombres, les noms de ceux qui rendent ces libertés et ces droit» pour des titres, des honneurs, du pouvoir ou de l'or. Nous jouissons aujourd'hui d'un gouverhemient respôrt's^able chèrement frchçté, au prix d'un siècle de lutte»
héioïqiips et, avant que de céder un ponce du terrain conqais, nom? devonîi exanniner ce que nous prometleni Ipp changeoieni"» constilulionneLs proj'Més Profitons de l'exennple des P'oplp , qui pleurent amèrement aujourd'hui la peite de leurs droit?» politiques, amenée par des changements conitifutionnels du g»^nre de ceux qui sont aujourd'hui proposas au Bas Canada.
Abolition du Parlement d^Ecosse.
Voici ce que je Ii>» à propos de la réuni(>n de j'Ecossio à TAngleterre, en '1706 :-
" La reînc'Anne exécuta, en 1T06, un projet inutilement tenté par Goillaurne HT, la réunion de PAngieterre et de PKcoss.» en un seul royaume sous la doTiinalion de la Grande-Bretagne. L'indocilité des Ecossais l'antipathie mutuelle des deux peuples, les tiouble» sans cesse renaissants de ces piincipes rendaient le projet foit utile et en Hiême temps multipliaient les obstacles."
Aiuî-i, l'on voit que l'antipathie des , deux races suscitait de riombreux obs tacjes ou projet de l'Angleterre, fit pour faire disparaître ces ob^*l^3cles on prit ex^tement les ^ mêmes moyens adoptés ici pour | réparer la confédération, c'esl-à-dire que l'on nomma une conférence, ou des corumissaires chargés de préparer l'act? de réunion.
Ces commissaires s'entendirent sur la question générale, mais, dit M. Emile
PE BoNNECHOSE :
" Les dissentiments éclatèrent sur la raa^ nièce dont les ilpglais entendaient composer le nouveau parlement des royaumes-unis, et tandis que lu. population de l'Ecosse était le sixième de la population anglaise, ils n'ac. cr rdaient à la représentation de ce royaume dans les communes, que quarante-quaf re membres,' où un treizième de la représentation totale. Seize pairs seulement devaient être choisis par élection dans le corps entier de la pairie écr^ssaise pour siéger dans la chambre des lords en Angleterre. La rigueur de ces dernières clauses, dans lesquelles le peuple écossais . vit une offense excita un mécontentement général : il devait résulter, pour les premiers temos sur-
tout, d'un traité d'union entre les deux peu* pies un froissement d'intérêt irtatériel pré' judiciable à un grand nombre, comme il ar*rive à la suite de toute imporlaute cosnmo' tion politique : les blessures de l'amour» • propre national auraient suffi d'ailleurs pour rendre les Ecossais insensibles aux avantages éîoiornés de ce pacte et de tous les partis, whigs et tory?, jacobistes et William' istes, presbytériens, épiscopaux et camero* nien:ij, s'unirent pour le rejeter."
Ainsi, nous voyons ici un'» f>opaIation pre sque toute entière s'unir pour repousser le projet d'union qu'on veut lui imposer, et ceptîudant, malgré l'opposition presque unanime <le l'Eco^É^e, IMngleterre parvient à imposer celte union par les moyens dont elle' t»'Fiésiîe pas à faire l'emploi.
Les commissaires du gouvernenfïenl fu-^ rent en butte aux insultes de la populations qui brisa les maisons de plusieurs officiers de l'Etat partisans de l'union, tandis qu'elle portait aux nues le duc de Hamilton; le plus illustre entre les opposants. Les ducs de Queeiîsbeyry et d'Argyle, les comtes de Montrose, de Stair de Roxburr et de Marchmont essayèrent en vain d'opposer la raison à l'explosion du sentiment patriotique et de fureur nationale, et ce que les meilleurs arguments ne purent obtenir la corruption le fit. Une partie de l'or promis par les commissaires anglais, comme dédommagement des charges nouvelles qui allaient peser sur le royaume voisin, fut ré* partie entre leurs collègues écossais et plusieurs membres influents du parlement siégeant à Edingburg : des lors, tous les obstacles furent aplanis ; le traité d'union que la majorité du peuple écossais considérait comme un suicide, et que n'eussent point sanctionné les homme& les plus purs et les plus irréproch.ables, obtmt l'assentiment ti'une majorité vénale : ce pacte fameux, enfin, réputé uuapprobe pour l'Ecosse, où elle voyait l'immolatiou de ses intérêts et de sa gloire, fut signé le 1er mai 1V07, et fut considéré comme une grande victoirje par l'Angleterre tout enivrée, déjà du suc* c*îs de ses armes snr le continent."
Voilà, M. le Président, un exemple frappant de la manière dont la politique de l'Angleterre sait triom^ pher <ies résistances les mieux ïiioti-
vées, même contre la vo'onté unanime (l'ufiy race. On voit l'EcoSi»e considérer l'union avec l'Angleterre comme un suicide, ei cependant l'ui)it»n trouve une majorité en î^a faveur dans le parlenient d'Edimbourg. Je n'ai pas besoin, M. ie Président, de corn:nenter ces faits plus longuement, ils pai'ent assez éloqiiemment par eux-mêmes. (Ecoulez ! écoutez !)
'est devenu gênant pour l'Angleterre , il faut, ponr s'en rendie maître, des soins infinis de corruption, e'i dépit desquels on rencontre encore ch^^Z lui des résistances > l'occasion est favorable pour le supprimer : en conséquence, le gouvernement anglais résOMt de l'abolir. A cette nouvelle, la pauvre Irlande s'agite un ius'ant, comme un corps qui vient d'être privé de vie, se rémue encore squs le fer qui le mutile et. le déchire. Sur trente deuX comités ; vingtet un réclament énergiquement contre la
Ahohtioïi du, parlement ci'/Wande. | destruction du parlement Irlandais. C
Il y a un autre fait dans l'histoire •politique de l'Angleterre qu'il es! bon de rappeler à cette chambre ; c'est l'a boliiion du parlement de Dublin.
L'hon. ministre de PAgriculiure (M.
McGee) nous a dit, dan* ce langage fleuri qni caractérise les enfants de son pays, que lui-même avdit combattu, i'orsqu'il n'avait encoreque vingt ans à peine, pour soustraire son pays à la tyrannie de l'Angleterre, et que n'ayant pu réussir dans sa noble eotrepri se, il avait préféré s'exiler sur cette terre d'Amérique plutôt que d'être chaque jour témoin des malheurs et des souffrances de sa palrse. Et, cependant, que fait-il aujourd'hui ? Il veut, avec l'appui d'une majorité hos tile, imposer au Bas-Canada, sa patrie d'adoption, une union qui lui ré* pugne, et renouveller ici le système d'oppression qu'il a pleuré en Irlande.
(Ecoutez ! écoutez !)
Voici les Rîoyens dont on s'est servi pour imposer à l'Irlande cette union qui devait amener l'e^jode en masse de sa population.
" Quant à l'Irlande, la lutte fut plus Ion* gue ; mais l'Angleterre finit aus^i par triom* pher. Après la crise de 1798, dit M. Gustave de Besuraont, l'Angleterre, tenant sous sa main l'Irlande rebelle et vaincue, l'a ciialié sans réserve et sans pitié. Vin^t ans auparavant, l'Irlande était rentrée en possession de ses libertés politiques ; l'Angleterre conserve un souvenir amer de ses succès' de l'Irlande, ei elle va profiter de l'abaissement de celle'ci pour la replacer sous son joug absol j. Le parlement d'Jilande, depuis qu'il a recouvré son indépendances,
parlement, auquel on est obligé de demander un ai'te de suicide, le refuse et mainlieni par son vote son existence constitutionnelle.
"Indigné de la servilité q^'on ose deman* der au corps dont il fait partie, Grattan re« pojss'i avtc véhémence le projet minisié. (ériei. Mais toutes ces résistai) ces .seront vaines. La seule qui, en définitive, élève un obstacle sérieax aux vues de l'Anojleterre est celle du parlement irlandais, qui ne veut pas voter s on anécntissemeni . Eh bien .'jusqu'alors, on avait acheté ses actes on va cette fois acheter sa viftort. La corrup* tion est aussitôt pratiq' ée sur une vas.e c chelle; des places, des pensions, desftvtours ds touie sorte, des pairies, des somOîtis d'argent sont prodigi.ées,et les mêmes hou;, mes qui, en 1799, avaient repoussé le prCjei d'union, l'adoptent le 26 mai IsOO, à une n ajorité de cent dix'huit voix contre soixante treize qui étaient ou pensionnaire? de l'Etat ou fonctionnaires publics. Ainsi s'accomplit, imposé par la violence, aidé par ia corrup. tion l'acte destructif du parlement irlandais, non sans soulever en Irlande tout ce qu'il y restait de passions nationales et sentiments patriotiques.
M. le Président, quand on a pour apprécier la politique de l'Angleterre des actes comme ceux-là, il est juste que ceux qui n'ont pas les mêmes raisons que les hon. députés qui siègetit sur les banquettes ministérielles, pour désirer des changements constitution nels, aient au moins l'occasion d'étu dier attentivement tous les détails de la mesure qu'on nous propose.
Pour ma part, je suis satisfait de la constitution actuelle, et prêt à la dé» fendre contre tout ennemi qui voudrai! attaquer noire territoire. Mais je doj« le dire, «i on change cette cons
t iation malgré la Toloaté du ppnpl«, oi) ne rronvera plut» c:hfZ IfS» Canadiens Fiançais cet élan qui les a Jou jour* di!<iingn^, pa»" le pass^'é, ef qui leur H peirniî* uc vaincre (!ps ennemis dix fois plus nombreux. (Ecoutez! écoûtez ! )
Antagonisme dtt la France et de VAn gleterre.
L'Antpgonisme des deux races anp^Iaise et française, que j'ai signalé en Europe, seinblai» n'avoir pas de raifon d'être en Amérique, cependant la luîie s'esi continuée dans le nouveau monde aprè* avoir commencé sur l'ancien coatinent. Aujourd'hui encore, cette Iutt« se continue et malgré <es proteeithiions d'amitié sincère échangées entre Paris el Londres, nous voyons toujours la France et PAngleîfrre frice à face, l'epée au poing, ayant l'une pour l'autre le respect que la crainte peut seule leur inspirer. Et ces î'entimenis de riva- Jité et d'antagonisme qui ont toujours existé, et qui existent encore aujourd'hui entie les deux races, séteindraicnt chez leurs descendants cana.
diens pour nous fondre en une seule nation ? Mais c'est là .l'impossible / Quoique vous fassiez, les mêmeS: sentiments existeront toujours, lis sont blâmables peut.être, mais ils existent, et font dans la nature même des deux peuples. Il y a dans U langue, dans la religion, dans les institutions^ dans les habitudes d'un pe'uple autant d'obstacles à l'union avec un autre peuple dont la langue, la religion, les institutions et les habitudeâ i-ont ditFé' rentes des siennes. Ef pense t»ôn que ces sentiments de rivalité, et ces rai^ sons d'éloignement disparaîtront a<^ec.
l'adoption do projet de coiifétléirâtîoû que l^on nous propose ?
Pour ma part, je voudrais vpir en Canada les deux nalionai^tés iivali- •er de progrès dans les traveaux uti*^ les de la , paix. Celte rivalité^ non pas,dan|,4ç,8 J|itlc9.corpÉ(,à çarp>, mais
I dan«» la louable ambition de réaliser la plus grande prospérité pommune, d^arriver aux plus liaulrs sphère.«* de îa science el aux plus profonds secrets d»'!* arts, donnerait, à noire pays, une puissance égale à la résultante des force réunies de la France el de l'Angleterre, employées jusqu'à ce jour à pousser le monde vers hs* prodiges ré ali-éa par ce dix-neuvième siècle.
Avec l'égalité du nombre et de la représentation 'sectionnelle, le« deux nationalités ne peuvent se heurter Tune coniîe l'autre ; mai^ avec la confédération, comiTie nous serons dans une très graiidre minorité dans le parlement général, qui a tous les pouvoirs importants de la législation, nous aurons à lutter constamment {)Our la défense et la conservation de nos droits et de nos libertés politiques.
Sous l'union, les Canadiens Fran çais sont divisés dan^ cette chambre en deux camps «>pposés, parce qu'ils n'ont rien à craindre pour leurs inté* rêts nationaux ; maiit avec la confédération, i^comme nous n'aurons que 48 membres français contre 146 dans la législature fédérale, il faudra que ces députés marchent comme un seul homme et le fait seul de cette union des Cànadiens^Français en une pha* lâDg^ serrée, Jfera que l'élément an glais s'unira de son côté pour la briser et la vaincre. C'est parce que je crains ces luttes que je ne puis approuver une constitution qui ne garantit pas ^nos droits politiques, el dont le fonctionnement amènera né^ cessairemènl des conséquences désas* treuses pour notre race. (Ecôutezî écoutez !)
Esprit d^ftnvahissement:de ^ VAû^le, • y terre en Àmériqu^i
La lutte nationalités, qui s'est trop longtemps; faite en Europe, sem'.
blait ne pas avoir de raison d'être eti: Atnériqtiei II sembléii • quMl y a- Vaît sul'eéiçontinent assec «J'espace et ààpreig (J'à^ehir ponir pcfcmtltre ^ fout
9e monde, à lon>» l; s orincipes el à tou , l'espoir de faire un riche butin et par ses préju-
'\f8 les iiationalilé:*, d*y vivre en paix 8008 se coudoyer et ^ans i^e heurter, li tteaiblait q»i«* ceux 'qui avaient Ami- ^ré d<î Pancien monde, devaient avoir :à cœur de former sur ce continent de t)ui8««inte!< n«Jti ms, gatis y apporter 4ei haines» religieuses et nationales qui avaient divisé et ensanglanté l'Euro* pe pendant si longtemps. Et, ce|îen- •dant, qu'avon!*-n )iis vu ici ?
Nous avons vu la France qui, la première, avait lancé les preiniers aipôtrcs du christianisme dans les vastes solitudes de l'Amérique du nord, ^a Fra-ice qui la première avait planté âon noble drapeau sur l'Ile de Mon ^réal et les hauteurs de Québec, nous «vons vu la F rance pprdre jusqu'aux dernier pouce du terrain qu'elle avait tïotiqui^ i»ur ce con liftent et ne laisser à 968 enfants aband'onnés en Canada •qu'un avenir de luttes et de combats «contre l'e!»prit d'envahissement de sa puissante rivale, (fîconlea ! écoutez /
Dès le oori2méiKîement de la domination française eti Amérique, nous avons va se reproduire ici les luttes qui divisfeiient le continent Européen.
•On détruisait les bourgs et les Villages comme s'il n'y avait paf» eu assez d'espace -dans ce nouveau monde pour les quelques poignées d'hommes -venus pour l'habi'er. Les premièces scèties de cette guerre inqualifiable se sont passées en Acadie dès 1615.
Voiéi ce cjuè je trouve dans Garneau à ce sujet^î
" LA Siii^BATic'tiommeaça en 161^,,.. sur rire çauche 'de la rivière Pénobisco^, (?) un établissement qu'il nomina St. Sàutéiih TdUt alla bien d'abord, ret l'on se fiaittait déjà d'un succès iMiidelà de toute espérance,, lorsqu^in orage inattendu vikt fondre sur \h colonie et l'étouffbrda^ft son bèrçeàu: L'A^^l^terré reélamait le pays Jîusqu^au 45(5 dégré fle , latitude àepten*trionale, c'est-à-diré tout le continent en remontant au nordj/usquedan^ le cœur Ae l'A'^ cadie. . . La. France, »u contraijce, prétendai,^ descendre Vers le sud jusqu'au 40e 4egré.: Il résul,taît de ce conflit qti^, tandis que La sadssayb se ttôpAt da ns- leS' limites dé la Noàidlë^ ! Fraoccr,; i': Sk Saiireuir, ies Anglais le d mi^n t ' fort Avant ^r,le,rterFibirft, i Poijr soutenir leur
.de: la . Virgi^,
ni*, téso^ût iX%\W le déloger, a^uijlônjné. ^ar
gés contre les catholiques, qui avaient été cause de la peine de Pontrincourt."
Ainsi, dèî» 1612, c'est a-dire deux ou trois ans seuleinfnt après la fondation de Québec, on voit déjà les luîtes de leligions et de races commencer leur Œuvre d'exclusivii-me j»ur noire continent, et nous» aurons* encore â faiie ces luttes, quelque désagréables qu'elles soient. Je continue ; —
" Il parut tout à coup devant St. Sauveur aviBc un vaisseau de 14 canons, et jeta la terreur parmi les habitants sans défense qui 1*» prirent d'abord pour un corsaire. Le P. Gilbert DU Trbt voulut en vam opposer quelque résistance, il fut tué et l'établissement livré au pillage. Tout fut pris ou s'accagé, Argali. lui>-même donnant 1*» premier exemple. Pour légitimer cet acte de piraterie, car c'en était un, il déroba la commission de la Saussayb et fit semblant de le regarder, lai et les siens, comme des gens sans aveu. Peu à peu cependant 11 parut' se radoucir, et proposa à ceux qui'avaient des m^étiers de le suivre à Jamestown, d'où après avoir trd,vaillé un an, ils srraientrendus à leur patrie. Une douzaine accep rèrent cette offre. Les autres, avec La Sadssayb et le P. Masse, préférèrent se risquer sur une frêle embarcation pour atteindre la Hève, où ils trouvèrent un bâtiment de St. Malo qui les transporta en France."
" Ceux qui s'étaient fiés à la'parole d'Ar- Gall, furent bien surpris, en arrivait à Jamestown, de s«> voir Jeter en prison et traiter comme pirates, ils reclamèrent vainement l'éxé cution du .traité cocclu avec lui,, ils furent condamnés à mort. Argall, qui u'arait pas son- Çfé que la «oustraction de la commission de La Saussaje finirait d'iine manière aussi grave, ne crut pas devoir pousser la dissimulation plus loin, remit cette commission au gouverneur, le chevalier Thomas Date, et avoua tout. Ce document tel les renseignements puisés dans le cours dé l'affaire, engagèrent le gouvernement de la Virginie à chasser les Français de tous les points qu'ils occupaient au sud de la ligne 45e. Une escaire de trois vaisieaux fut mise sou,s les crdes du même Argall pour aller exécuter cette résolution
La flotte commença par ruiner tout ce qui restait de l'ancienne habitation de Ste. Croiï/^p vPinge^inçe inutile, puisqu'elle était abandonné|9,;j depuis plusieurs années, et cingla vers Port " ;Iloyaroù elle ne trOtfva pètsoniie, tout le mbiï- ■ de étant aux champs à deux lieues de là et, en moins dç deuf heures, .toutes les!,ia^8A^^ furent rédaîtts én cendre avec le ifort.*'
Eh bieaî M. le Présiijlent, cette. , scène de dévastation j^t de vaxi^dalisna.*;^; : sur notre cotitinenl,^ qui, compl^i^^^ ^\dmi à peitje l.QpÔ:t]|lanc8,fd^ cl^, ;de,q Itoiis ief évéi)en[|ejnls,,^ul,,Qnt / >u i lU^i .
H^lepiiid celle époque jusqu'à la conxiiîète du Canada par les anglais- Il y a dans co fait ia conoboration du principe qoi'veut que la nation la plur* forle ojyprime la plus faible, •à moins que jle.s circoaNtauces spéciales pro' lègeni Tune contre Tuuire. Il y a ici la preuve que rét,alilé seclionelle ga' raniie par le .'^ys'lème de gouverhemenl que nous pos^'édons», a pu seule
France pour les protéger, on lésa vus déportés, comme» des nègres sur la côte d'Afrique, par la philantropique Angleterre- C'est Ifi un fait historique important qu'il ne faut pas oublier, '21 dorJ.il est bon de mettre les détails sous les yeux de notre |)opulntioi), au moment ou l'élément anglais pour, suit avec une ténacité digue d'ua« c.'iuse plus noble., une politique agre».
permettre en Cau (la aux diff.^reiiles si v^< et envahi??ï*anie, cachée sous le
nationalités de vivre paisiblement l'une près de l'autre et de travailler | avec succès à ia pro'*r^érité Cv)mmune* Ecoutez ! écoutez ! Mais la lutte «om* mencée en 1613 entre la France et l'Angleietre devint plus meurtrière aprè^ un siècle et demi d^occu.paiion; elle se répandit sur toute la frontière de la Nonvelle France. A l'instigation de la lac? rivale^ l^*s trib.ues snuva* ges se ruèrent sur tous les établissements français du pays ; une guerre acfharnée ^e poursuivit sans relâche dans le but ^eul de chasser les Fran' çais de ce continent. Nous savons au" aujourd'hui quel a été le résultat de celte lutte. On nous dit que nous n'a* vons pas à nous plaindre da système de gouvernement que nous avons aujourd'hui, c'est vrai mais si nous avens ce gouvernemeni.c'est parce que depuis la conquête les débris de la nation française restés au pays ont vaillammement lutté pour l'obtenir.
Sans la révolution américaine, nous aurions eu aussi notre large part de souffrance et d'humiliations comme celles que l'on a fait subir aux Acadiens. Le traitement que l'Angleterre leur a fait subir est un exemple de ce qui aurait pu nous arriver, sans noire nombre et plus lard sans notre Toisi.
nage de la république américaine.
Déportation des Acadiens Il existait en Acadie un noyau de Fran çais qui vivaient paisibles et heureux, et qui s'étaient soumis à !a domina* tien anglaise sans murmurer et cependant, parce qu'ils étaient faibles
projet de confédération qui nous est soumis.
L'hon. député de Lanark Sud (M.
Morris ) nous disait, Pau're jour, que nous devions remercier l'Angleterre et lui êire très reconnaissants du sysiè* me de gouvernement que nous avions reçu d'elle. Mais à qui le doifon, ce système? E*«fce à la libéralité de l'An» gleterre ? N'av(ms nous pas obtenu nos droits politiques qu'eu moment où elle nepouvait plus sûrement nous les reluficr ? Non î M. le Président, nous ne devons de reconnaissance et de reraercîments qu'à nos compatriotes qui, de tout temps oui vaillamment combattu pour les obtenir* Quand nous voyous des colonies fran.
^aise>* qui gémissent encoie aujour* d'hui sous le réginie colonial anglais et qui se plaignent à l'Europa-,, des traitements qu'on leur fait subir^ nous di vons conclure que nous n^ devons rien à l'Angleterre, mais au contraire que nous devons tout à ceux qui, après un siècle de luttes, nous ont obstenu'les réformes gouvernement taies dont nous jouissons, ^fin que notre populatii n sache à quoi s'en tenir sur cette libéralité qn'on nou8 vante si souvent, permettez* moi, M.
le Président, de citer ici quelques pa* ge« de l'his'oire du peuple acadien.
" La guerre de 1774 commença ses infortunes ; celle de sept ans consomma sa ruine totale. Depuis quelque temps, les agents anglais agissaient avec la plus gran» de rigueur ; les tribunaux par des violations flagrantes de la loi, par des dénis sjatémali*ques de justice, étaient devenus pour les
1 »i & V« V/U J \Mf3 J V %M A-WM * ' I
et quMl n'avedent plus le bras de la pauvres habitants un objet à la fois de ter
reur et de hiine. Le moindre employé voulait que sa volonté fût obéie. " Si vous ne fournissez pas de bois à me? troupe", di' sait uu capi'aine Murray, je démolirai vos maisoDS pour en faire du feu." " Si vous ne Voulez pas prêter le serm^ent de fédolité «joutait le gouverneur Hopson, je vais faûe pointer mes canons sur vos villages. " Rien ne peuvait engager ces hommes hono* rables à faire un acte qui^ répug^nait à leur conscience, el que, dans l'opinion de bien des gens,- l'Angleterre n'avait pas même le droit d'exiger. " Les Acadiens, observe Hailburlon, n'étaient par des sujets britanniques, pui>qu'^ils n'avaient point prê'é le serment de fidélité, et ils ne pouvaient être conséqueminent regardés comme des rebel* (es ; ils ne devaient pas être non plus cousi* dérés comme prisonniers de guerre, ni en* envoyés en jPrance, puisque depuis près d'un demi'siècle. on leur laissait leurs posses* sions à la gimple condition de demeurer neu* Ires. " Mais beaucou p d'intrignnts et d'à* venturies voyaient leurs belles fermes avec envie ; quels beaux héritages / e' , par con* séquent, qnel appât. Il ne lui fu> pa« diffici* le de trouver des raisons politiques pour justifier l'expulsion des Acadiens. La très grande majorité n'avait fait aucun acte pour pr>rter atteinte à la neutralité ; mais, dans la grande catastrophe qui se préparait, l'innocent devait être enveloppé avec le coupable Pas un habitant n'avait mérité grâce. Leur sort fut décidé dans le conseil du gouverneur Lawrence, auquel assistèrent les amiraux Boscawen et ^ osryn,^ dont les flottes croisaient sur les c6tes. Il fut résolu de disperser dans les colonies anglaises ce qui restait de ce peuble infortuné; et, afin que person« ne ne put échapper, le secret le plus profond fut ordonné jusqn'au moment fixé pour l'enlèvement, qui devait avoir Ficu le même jour et à la même heure sur tous les points de l'Acadie à la foi. On décida aussi, pour rendre le succès plus complet, de réunir les habitants dans les principales localités. Des proclamations, dressées avec une perfide habileté, I«'s invitèrent à s'assembler dans certains endroits sous les peines les plus rigoureuses. Quatre cent dix'huit chefs de famille, se fiant sur la foi britannique, se réunirent ainsi le 5 [septambre dans l'église de Grand-Pré. Le colonel Winslow s'y rendit avec un grand appareil. j, , .
Là il leur montra la commission qu'il te* nait du gonvemeur, et leur dit qu'ils avaient
été assemblés poiir entendre la décision finale du roi à leur égard. Il leur déclara que quoique ce fût pour lui un devoir bien pénible à remplir, il devait, en obéissnnce à ses ordres, les informer ''que leurs tenes et leurs bestianx d»^ (outes sortes étaient confisqués au profit de la couronne avec tous les autres effets;, excepté leur linge, et qu'ils allaier.t être ♦^ux'même déport « s hors de la province." Aucun motif ne fut donné de cette décision, et il n'en pouvait être donné aucun. En pleine civilisation et eu temps de calme politique et religieux une pareille spoliation n'était point qualifiable et élevait, comme l'usui ier, dissimuler son for* fait par le silence. Un corps de troupes, qui s'était tenu caché jusque là, sortit de sa retraite et cerna l'église : las habitants, s»ir* pris et sans armes, ne firent aucune résis' tance. Les soldats rassemblèrent les femmes et les enfants ; 1023 hommes, femmes et enfants, se trouvèrent réunis au Grand- Pré seulement. Leurs bestiaiix consistaient en 1269 bœuf, 1557 vaches, 6007 veaux, 493 cheveaux, 3690 moutons, 4197 cochons. Quelques Acadiens s'étant échappés dans les bois, on dévasta le pays pour les empêcher de subsister. Dans les Mines l'on brûla 2T6 granges, 155 autres petits bâtiments, onze moulins et nue église. Ceux qui avaient rendus les plus grands services au gouvernement, comme le vieux notaire LeBlanc, qui mourut à Philadelphie, de chagrin et de misère en cherchant ses fils dispersés dans les provinces anglaises, ne furent pas mieux traités que ceux qui avaient favorisé les français. On ne fit aucujie distinction. Il fut permis aux hommes de J'une comme de l'autre catégorie, et c'est le seul adoucissement qu'on leur permit avant de s'emhar* quer, de visiter, dix par dix, leurs fa.-nilles, et de contempler pour la dernière fois ces champs naguères si calmes et si heureux qui les avaient vus naître et qu'ils ne devaient plus revoir. Le 10 fut fixé pour l'embar quement. Une résignation calme avait succédé à leur premier désespoir. Mais lorsqu'il faillaii dire un dernier adieu à leur pays pour aller vivre dispersés au milieu d'une population étrangère de langue, de coutume, de mœurs et de religion, le cou* rage abondonna ces malheureux, qui se H' vrèrent à la plus profonde douleur. En violation de la promesse qui leur avait été fai* te, et, par un rafinement de barbarie sans exemple, les mêmes familles furent séparées
et ilispèrsées sur différet»!s vaisseauJi, Pour les embarquer, on rangea les prissonni^rs sur six (Je front, les jeunes gens en tête. Ceux* ci ayent refusé de marcher, réclamant l'exé* culion de la promesse d'être embarqués avec leurs parents, on leur répondit en faisant avancer contre eux les soldats la ba» yonnette roisé. Le cbemîn de la chapelle du Crand'Pré à la rivière (xaspareaux avait un mille de longueur ; il était bordé des deux côtés de femmes et dVnfants qui, à genoux et fondant en larmes, les encoura* geaient en leur adressant leurs bénédictions. Celle lugubre procession défila lentement en priant et en chantant des hymneo. Les chefs de famille marchaient après les jeunes gens. Enfin, la procession atteignit le rira» ge. Les hommes furent mis sur d«s vais; seaux, les femmes et les enfants sur d'autres, pêle-mêle, sans qu'on prit le moindre soin pour leur commodité. Des gouvernements ont commis des actes da cruauté dans un mouvement de colère irréfléchie ; mais ils avaient été provoqués, irrités par dés agressions et des attaques répétés ; i\ n'y à pas d'exemple dans les temps modernes de châ' timent infligé sur un peuple paisible et inof* fen«!if avec an tant de calcul, de barbarie et de sang-froid, que celui dont il est ici ques» tion;
** Tous les autres établissements des Aca* diens présentèrent, lé même jour ét à la même heure, le même spectacle de désolation. Les Vaisseaux, chargés de leurs nombreuses victimes, firent voile pour les différentes provinces où i\s devaient les disperser. Ils les semèrent sur le rivage depuis Boston jusqu'à la Caroline, sans protection, les aban donnant à la charité du pays où ils pou* Taient se trouver. Pendant de lôngs jours après leur départ, on vit leurs bestiaux s'as* se iibier autour des rui!:es de leurs habita* tions, ét les chiens passer les nuits à pleùrer par de longs hurlements l'abseoce de leurs maîtres. Heureux entore dans leur douleur, ils ignoraient jusqu'à quel excès i'ava* rice et l'ambition peuvent porter les hom* mes."
i Eh bien / M :1e Président, voici des faits qu'il est impartant de se rappeler. Voici un«<îolon le irançaise située à quelques cent lieues du Ga*', dada, qui e»t dépoftée en niasse i et dont les débris «^mt revenus long»
femps aprèîT siir le tn^tne lefritoire.'
Bien pins, c'est «Vf'c l^*b deficendaiits d'uiie partie (le ce:* exilés» qu\)n nous proposa aujourd'h-ui fioii» «fiir. Il y a quelques FéiOia R peine je passais parmi ces popi Imion-*, et qunnd je voyais le" inagnifiqu' s propriétés dont on les avuit dépouillés **i brutalement ponr les donnera leur* boureaux,. je me rappellais malgré moi leur na* vrante histoire, et cette vue, je <}ois l diff^^n'éiait pas fiaile ponr me ffeiire ao cepter le projet de confédération sansle bien étudier da»n» tous ses détails" Je le repèle, M. Ib Président, ce sont là des faits, qu'il ne Ijut pas oublier. (^Rires et chucholtemenlfl à droite- ) A voir la manière diont certain» menbres de celle chambre accueillent le récit de ces pages les p'u» sombres do rHfs-toûe de la Nouvel le* FraiMsey M. le Président, on croirait vraiment que le» faits que jje cite n'ont jamais existé et qu'il* n'ont pas leur ensei* gnement pour l'avenir. Au reste Cela ne n>' étonne pas de leur part, do moment qii'ils ne- peuvent apprôûvev un projet de con&titùtiori qui contient une chuse pai l«q(Uelle le gouverne»
ment impérial poivrra même chan ger notre nom de canadiens pour nous donner celui qui Ipi plaira,.
Il faut que les souvenirs de. nos luîtes ne soient pas bien //vivaces dans leur mémoire et que - l'amour de leuf nationaiité ait de bien faibljs racines dans leur cœur |>our qn'ils consentent à perdre, avec le nom du (/anada, la gloire d'un passé héroïque (Ecottlez ? écoulez ! ) Avec la cdtifédéràtton, le Canada né sera pliis un p*»ys ayant son individualité propre, son histoire et ses mœurs distincts, mais il sera un état de la copfédéia^ jjon dontb nom général fera disparaître les nom» paiticuliers: des province s dont e l\ e se ra eqm posée. Voyez les états dé l'union Américaine, 1 <5 itom d es El ats U h i s fa i t d i spa rat t r e célor <lè^ Etats particuHers; de même pour le Canada le nlom de là confédération sera le seul sou# lequel kious aeromé eoniius à rétrtttigef. Pour tnoi,
je suis fi*»r de notre histoire et de mo c no n de Canadien, et je veux les cou server. Je ne suis pas de ceux qui peuvent entendre sans intérêts Je récit des luîtes héroïques de la race française en Amérique, ainsi que peu le faire Phon. député de Rouville (M.
Poulin); pour moi, les confédérations de nationalité, de famille, de Tangage et de race doivent être les plus chères d'un peuple, bien qu'elles paraissent n'ivoir aucune importance ou aucun intérêt aux yeux de Phon. dé* puté. (Ecoulez ! écoutez !
Six heures sonnent et la chambre s'ajourne à 7J heures, p. m.
A la reprise de la séance, M. Perrault continue : —
Conquête de la Nouvelle France ^
M. le Président, — Au moment oh j'interrompais mes remarques à l'ajournement de six heures, j'en étais à montrer l'esprit d'antagonisme et de lutte qui avait régné sur le continent américiin jusqu'en 1755. L'hon a vu l'J.cadie en proie aux attaques des habitants de la nouvellle-Angleterre et, en dernier lieu, on a vu la population dispersée sur les côtes inhospitalières de ce continent, bordées par l'Atlantique. La Nouvelle France avait donc perdu la plus grande partie de son territoire en Amérique. La guerre de sept ans avançait à pas de géant, et tous les jours l'élément fiançais était restreint dans des limites plus étroites, -iprèa de longues luttes où des poignées d'hommes combattirent contre des armées dix fois plus nombreuses, lorsuq'ils étaient sani pain, sans munitions et presque sans espoir, la bataille des plaines d'Abraham vint porter le dernier coup à la puissance française en Amérique L'année suivante, la bataille de Ste.
Foye, qui eût lieu le 28 avril 1760, forçait bientôt les Canadiens à capituler, bien qu'ils eussent été vainqueurs dans cette bataille, et que les Anglais eussent été obligés de fuire derrière les murs de Québec.
Dans le traité de capitulation, l'Angleterre garantissait aux Canadiens^ Français le libre exercice de leur culte, la conservation de leurs institutions, l'usage de leur langue et le maintien de leurs lois. Après cette lutte sur le champ d'honneur, qui attira aux Canadiens-Français le plus magnifique éloge de leur gouverneur, nous allons les voir aux prises dans une nouvelle lutte, lutte politique plus glorieuse encore que celle qui avait précédé la ce sion du Canada à l'Angleterre.
Mais permettez moi, M. le Président, de citer d'abord l'éloge que faisait des Canadiens le gouverneur Vaudreuil, dans une lettre qu'il écrivait aux mi nistres de Louis XIV Avec ce beau et vaste pays la France perd 70,- 000 âmes, dont l'espèce est d'autant plus rare que jamais peuple n'a été aussi docile, aussi. brave et aussi at* taché à son prince."
Ces qualités qui distinguaient les Canadiens-Français à celte époque existent encore dans le cœur de la population d'aujourd'hui. Aujourd'hui encore ils sont loyaux, braves et me narchiques, ils aiment les institutions stables, les garanties de paix que donne un grand pouvoir et les luttes qu'ils ont eu à faire sous la domination anglaise ont été la meilleure preuve de leur loyauté. Quand on étudie l'histoire de nos luttes depuis la cession du Canada, on voit que nos hommes pu* blics ont toujours été attachés à la couronne de l'Angleterre, jusqu'au moment où ils ont été forcés par l'ar^ bitraire et l'injustice du gouvernement impérial, à recourir aux armes pour obtenir que nos droits politiques et nos libertés fassent respectés, et B'e«t ainsi qu'eu 1837 nous avons conquis le gouvernement Iresponsable.
(Ecoutez \ écoulez î
Mais, afin de faire voir quel a tou* jours été l'esprit d'agression et d'en*» vahissement de la population anglaise, en Amérique, je vais iaire l'historique des luttes que nous avons eu à subir depuis un siècle, pour arriver
enfin à la constiiution actuelle?, que je veux conserver, mHi«* que nos minisues veulent détruire pour y substituer le projet de confédération. Nous verrons dans cet hit«torique que nous ne devons aucune reconnaissanc^e à l'Angleierre pour les» réformes politiques que nouci n'avons obtenues qui* giâce au patriotisme inébranlable de nos grands hommes, qui ont vaillarnent luiié avec inielligence, énergie et persévérance, pour la défense constante de nos droits. On verra aussi que s'ils ont obtenu le système de gouvernement et les libertés politiques pour lesquels ils combattaient, c'est parce que nous avions pour voisins les états de l'Union Américaine, qu'à côté du mal »e trouvait le remède. On verra que chaque fois que l'Angleterre a eu besoin de nous, pour défendre sa puis-
n'est qu'un nouvel engin monté par nos adver-oaires naturels pour mieux anéantir l'influence de la ra(!e française e n Amtrique ; influence, pour la con"*ervaiioa de laquelle il nous a fallu combattre à chaque pa* depuis l'époque de la domination anglaise en Canada. (Ecoulez ! écoulez /
Lutte politique sous la domination anglaise.
La première lutte politique entre l'élément français et l'élément anglais dans le pays, a eu lieu quelques années seulement après que le traité de capitulation eût été signé. Le général qui commandait alors en Cana»
da établit un système de gouverne* ment militaire. Ce système pouvait avoir sa raison d'être après une guer* re aussi longue et aussi meurtrière
sance, elle nous a fait des concessions ; que celle que l'on venait de traverser ; mais qu'une fois le danger passé, le 1 elle avait laissé tant d'animo^ités le fanatisme colonial a toujours essayé, I gitimes dans le cœur des vainqueurs de reprendre ces concessions et d'ané- 1 et des vaincus ! Toutefois, le traité de aniir l'influence el les libertés de la ( capitulation portait que les Canadiens
seraient sujets du roi, " el, comn me tels, ils avaient droit à un gouver^ nemenl représentatif, ijafoi des irai* tés fut rlonc brisée dès les premiers jours de 1^ domination anglaise en Canada et, comme j'aurai l'honneur de le démontrer à celte chambre, ce n'était là que le premier anneau de celle longue chaîne d > es arbitraires que aous avons eu à sabir depuis cette époque. Voici, M. le Président, le premier acte agressif que je me per mettrai de citer à l'appui de mon* avancé :
" Le général Murray, suivant ses instructions, forma uu nouveau conseil, accumulant le pouvoir exécutif législatif, et judiciaire, et com posé des lieutenants-gouverneurs de Montréal et des Trois^Rivières, du jnge-en-chef, de l'inspecteur des douanes et de huit personnes influentes. On ne prit qu'un seul homme obscur du pays pour faire nombre."
C'était là le premier acte dont ou eût à se plaindre : — "On proposa de prendre possession de l'évéché de Québec avec ses propriétés el; de les donner à l'évêque de Londres, de n'accorder aux catholiques qu'une tolérance limitée, d'exiger d'eux le serment de fidélité, et de les déclarer incapar*
race française en CaJiada. Chaque page de l'histoire parlementaire de notre pays en off're de nouvelles preu^ ves.
Mais nous avions alors des hommes, qui savaient lutter pour une noble cause el qui ne craignaient pas les dangers de la lutte. J'espère, M. le Président, que nous avons encore de ces hommes sans peur et sans reproche dans le Bas-Canada. J'espère que les ministres actuels sont sincères au moment où ils abandonnent les garanties de la constilulion actuelle. S'ils peuvent arriver à un heureux résultat avec leur projet de confédération, je serai le premier à les en féliciter et la postérité les remerciera d'avoir eu la hardiesse de proposer un aussi vaste projet. Mais je dois le dire, il y a des hommes au*si intelligents, aussi dévoués aux plus chers iniérêls de notre pays, que les hon. membres as sis sur les bancs du ministère, qui sont convaincus que ce projet, loin d'être un remède aux diflicullés actuelles
bles, comme catholiques, de posséder des chdrge>- publiques. Lajiistice était administrée par des hommes ignorant les lois Ju paj-s et dans une langue inconnue aux Canadiens."
Il n'y a pas ber-oin de faire de longs commefllaires sur la manière touî à f-iii injusie dont on Iraiia ainsi les Canadiens, i>ur \\ vioiaiiv)n flagrante des conditions du traité de capitula»
lion de Montréal. Mais on verra bientôt que la crainte d'un danger piochain a pu i^eu\e nous obtenir des libertés politiques, car a celte époqu*^ l'élénient français pouvait aiainienir la puissance anglaise en Amérique ;
" Les partisans anglais s'itssemblèrent à Québec eu octobre 1773, pour rédiger une adresse dans le but d'obtenir une chambre d'as semblée."
El voici ce que le gouvernement impérial lep: * 'j ondit par l'intermédaire d'an de ses ministres •
" As to an assembly of protestants only, T f»ee no objection to tbe establishment of one, but the danger of disobliging tbe catholics of the province, who are so muci ^niperior in uumber.".(#)
Voilà la seule considération qui^a pu empêcher la réalisatioi\ de la proj)osil!on faite, en 1773, d'établir une chambre d'assemblée canadienne com posée de protestants seulement, et pouttan», SUT une population de 80, 000 âmes, 500 familles seulement étaient alors anglaises et protestantes.
Quelle plus grande injusiice pouvaitoa nous faire ? Mais l'élément anglais fit encore d'autres propositions au gouvernement impérial :
Six suggestions différentes furent faites relativement à la nouvelle forme du gouvernement que l'on voulait introduire : 1 — L'on demandait d'établir une chambre d'assemblée composée exclusivement de protestants, tel que l'entendaient les Anglai - par la proclamation royale du mois d'octobre 1763. 2 ° —Une assemblée composée également de catholiques «t de protestants. 3*^ — Une assemblée cemposée presqu'entièrement de protestants avec un nombre limité de callioliques. 4® — De dèlé guer au gouverneur et à son conseil un pouvoir suffisant pour lier la province, en augmentant le nombre des membres qui seraient tous protestants ; ou, 5 ° — vProtestants et catholi-
(*) " Quant à l'établissement d'une assemblée de protestants seulement, je ne vois aucune objection, si ce n'est fe danger de déplaire aux catholiques de la province, qui sont si Supérieurs en nombre."
ques ; 6 ° — Ou encore de proteslants avec un nombre restreint et limité de catholiques."
Ainsi, des la première ten'aiive faite pour donner au Canada français une orgmisalion politique, non s voyons l'exclusivisme le plus éhonré former labâ^e des propositions suggé.
réei*. Il y avait à peine trois mille colons Anglais, contre 75,000 Français, et déjà on nous refusait d'être leprésentés daas le co^iseil du gouverneur, pour y exposer les besoins du pays et veiller à la défense de uo^ droits.
Le baroD de l'échiquier (MAzère?) fit un projet de loi par lequel il suggérait d'élever à trente-un le nombre des membres da conseil, que celui-ci tût indépendant du gouverneur au lieu d'être sujet à suspension, que le "quorum" fûf fixé à dix-sept ; de plus, qa'il n' eût point le pouvoir d'imposer de taxes, |u'il fût crée pour sept ans, et composé que de protestants — dispositions calculées pour écarter des affaires et des emplois l'élément français et catholiq«e. "
Toujours l'exclusion des catholi.
ques et par couï'équeut de l'élémeiil français ! Mais qu'arrivâ t il ? Est ce que les français restèrent apathiques en face du danger qui les rnénaçail ?
Non ! à cette nouvelle, ils signèrent des pétitions, et ils obtinrent de l'Anglelerre la justice qu'on leur refusait ici : —
" Nos malheureux ancêtres, néanmoins, ne restèrent point oisifs devant les menpces et les injustices de leurs adversaires ; la colonie possédait des hommes capables de juger et de prévoir les événements ; des lequêtes furent faites, et l'on signa dans le mois de décembre 1773, une pétition qui s'exprimait en ces termes :
"Dans l'année 1764, Votre Majesté daigna faire cesser le gouvernement militaire dans cette colonie pour y introduire le gouvernement civil. Et, dès l'époque de ce changement, nous commençâmes à nous apercevoir des inconvénients qui re^uîiaient des lois br* tanuiques qui nous étaient jusqu'alors inconnues. Nos anciens citoyens, qui avaient réglé sans frais nos difficultés, furent remerciés. Cette milice, qui so faisait une gloire de porter ce beau nom sous votre empire, fut supprimée. On nous accorda à la vérité le droit d'être jurés, mais en même temps on nous fit éprouver qu'il y avait des obstacles pour nous à la possession des emplois. On parla d'introduirg lea lois J^d' Angleterre, infiniment sages et miles pour la mère-^patrie, mais qui ne pourraient s'allier avec nos coutumes sans renverser nos fortunes et détruire entièrement nos possessions ^
" Daignez, illustre et généreux monarque, dissiper ces craintes en nous accordant nos anciennes lois, privilèges et coutumes, avec les limites du Canada telles qu'elles étaient ciderant* Daignez répandre également vos bontés sur tous vos sujets sans distinction.... et nous accorder en ccmmun, avec les autres, les droits et privilèges de citoyens anglais , alors nous serons toujours prêts à les sacrifier pour la gjloire de notre prince et le bien de notre patrie."
Et c'est toujours le sentiment de la population française en A.mérique .
elle a toujours été loyale envers le pouvoir du moment qu'elle en a obtenue la protection à laquelle elle avait droit. Dans les circonstances dificiles où se trouvait l'Angleterre, les demandes des Canadien?, ayant été accueillies favorablement, servirent de bâse à l'acte de 1774.
LHnvasion américaine de 1775 motite seule le gouvernement en Canada.
En effet, les circonstances étaient difficiles. La politique de lamère-pa« trie avait aliéné ses sujets de la Nouvelle-Angleterre. L'idée de taxer les colonies pour subvenir aux besoins du trésor impérial avait soulevé une profonde indignation de ce côté de l'Atlentique. Et c'est cette politique coloniale, mal conseillée, qui a fait perdre à l'Angleterre ses co* lonies américaines. Instruite par cette révolte, l'Angleterre, comprit qu'elle devait accorder des libertés politiques plus grandes à ses colons Français du Canada. Ils ne voulaient pas se soustraire à la domination anglaise. Ils voulaient au contraire rester sous son drapeau, car ils crai* gnaient d'être entraînés dans la république voisine, dont on ne prévoyait pas alors la grandeur future. Poussée par la crainte de perdre ce qu'il lui restait en Amériqne, l'Angleterre dut se prêter aux concessions que lui demandait le Canada, au moment ou la guerre de l'indépendance exigeait le concours de l'élément français ;
" Quand, dit Garneau, oa appréhenda la gruerre avec les colonies anglaises d'Amérique, on sut taire les préjugés pour se rendre favorables tes Canadiens ea leurs aecordaat Tacte
de 1774' connu sous le nom " d'Acte de Québec " Cette loi impériale établissant un conseil législatif chargé, avec le gouverneur, de faire des lois, nous garantissait de nouveau le libre exercice de notre religion, maintenait nos lois et nos coutumes, et d ispensait les catholiques, pour devenir membres du conseil, de prêter le serment contre leur religion."
Voilà ce que nous mérita la guerre de l'indépendance des Etats-Unis.
L'Angleterre vit qu'en mécontentant les Canadiens, c'en était fait (^e «a puissance en Jlmérique, et c'est alors seulement qu'elle concéda au Canada français P'^Acte de Québec," qui était un acheminement vers de plus grandes libertés.
L'hon. procureur-général du Bas' Canada nous a lu, l'autre jour, plusieurs passages de notre hjstoire pour rious prouver que les bras des Cana*. diens^Français avaient seuls empêché l'anéantissement de la domination anglaise sur ce continent. Mais il n'a pas tiré toutes les conclusions auxquelles il aurait pu arriver des prémisses qu'il avait posées et des faits qu'il avait cités; Il aurait dû nous dire si, en face de ces services vaillamment rendus, il est juste que l'élément anglais, s'appuyant sur son nombre, nous impose aujourd'hui la représentation bâsée sur la population, dut-il, par cette mesure agressive, ébranler notre loyauté pour l'AngIe« terre en créant un système dejgouvernement qui nous répugne et dans lequel l'élément français perdra sa juste part d'influence dans l'administra»
tion des affaires de notre pays.
C'est à cette époque qu'une adres»
SA fut envoyée aux Canadiens par le congrès américain, leur demandant de s'unir à lui dans la révolte contre la métropole :
"Saisissez, disait le congrès, saissîsez l'occasion que la Providence elle-même vous présente : si vous agissez de façon à conserver votre liberté, vous serez effectivement libres."
M. le Président, tout le monde sait la réponse que firent les Canadiens à cet appel. Des armées envahirent notre territoire et prirent possession d'une partie du pays; Québec seul tenait encore, giâce à une garnison en
partie Canadienne-Française qui la (J/»fendait. Et, si nous soninies encore aujourd'hui abriiés sous les plis du drapeau brifanique, c'e^t aux Cana i dien.«-Français qu'on le doit, et ce sont eux que l'Angleterre doit remercier. Mais si l'on veut maintenant nous imposer un système politique dont le seul but est de nous noyer dans une majorité hostile, nous devons en remercier les Anglais à qui nos pères ont, en 1775, conservé ce pays.
Après la défaite des Américains «levant Québec, le congîès ne se découragea pas; un «econd manifeste fut envoyé en Canada, promenant de nouveaux renforts ; des hommes éminents vinrent dans le pays : Franklin, Chase, Carroll, sollicitèrent en vain les Canadiens de se joindre à eux.
Le Dr. Carroll, mort en 1815, évêque de Baltimore, fut envoyé auprès du clergé canai^en sans plus de suc rès, et l'on dut enfin renoncer à tout espoir de s'emparer de cette importante colonie. Ces faits devaient nécessairement éclairer Topinion publi* que, et l'Angleterre comprit qu'il valait mieux pour elle satisfaire aux justes demandes du peuple canadien, afin de pouvoir compter sur lui aux jours du danger et s'en servir '^omme d'un rempart contre les Etats-Unis».
C'est alors qu'on nous accorda une constitution plus libérale; celle de 1791:—
" PiTT, éclairé par les anciennes fautes de l'Angleterre dans l'administration des Etats- Unis, et par le grand exemple de son pere, Lord Chatham présenta à la chambre des communes un projet de loi tendant a octroyer au Canada une nouvelle constitution consacrant le principle électif, Jet divisant la colonie en deux provinces distinctes, le haut et le Bas-Canada.
Le bill, après quelques amendements, dont l'un fut dê porter la réprésentation de tren^ te à cinquante membre», passa sans division dans les deux Chambres. Le célèbre homme d'état Burke, en ^donnant son assentiment au bill, disait : " Essayer d'unir des peuples qui diffèrent de langue, de lois, de mœurs, c'est ^tres-absurde. C'est semer des germes de discorde, chose indubitablement fatale à l'établis sèment d'un gouvernement. Que leur constitution soit prise dans la nature de l'homme, la
seule base solide de tout gouvernement." Le chef non moins célèbre du parti wihg, Fox, opposé à la division des provinces, se pronon^ ça pour obtenir an conseil législatif électif en Canada. Avec une colonie comme celle-là, observait cette orateur, susceptible de progrès il est important qu'elle n'ait rien à envier à ses voisins. Le Canada doit rester attaché à la Grande-Bretagne par le choix de ses habitants^ il sera impossible de le conserver autrement. Mais, pour cela, il faut que les habitants sentent que leur situation n'est pas pire que celle des américains."
Celte constitution de 1791 fut une grande concession faite au Ba>'Cana'' da. Il avait enfin une ch«^mbre élective, où le peuple put exprimer ses opinions et porter ses vœux jusqu'au pied du trône. Aussi vit'on de suite une génération d'hommes éminpnt>j, dont l'histoire conservera ho* iiorablemenl les noms bénis, repré»
senter les intérêts qui leur étaient confié?, avec une habileté étonnante et un succès peu commun.
Les élections furent fixées pour le mois de juillet, et la réunion des chambres pour le mois de décembre. Sur 50 membres, 16 anglais furent élus, malgré l'opposition constante que ces derniers avaient montrée aux intérêts canadiens-français.
Ainsi dès k première chambre élec tive, et malgré toute Popposition que le parti français rencontrait de la part du parti anglais, nous voyons seize députes anglais élus en grande partie par les votes de nos nationaux. Noua avons entendu, il y a quelques jours dans cette chambre, des mem*, bres du Haut «Canada faire l'éloge de notre libéralité et avouer que ja»
mais le fanatisme national ou reli* gieux n'étaient venus de notre part.
Cela est vrai; nous sommes essenti* ellpment libéraux et tolérants, et il sufl&t, pour en avoir la preuve la plus frappante de compter le nombre des députés de cette chambre qui, bien que de religion et de race difierentes des nôtres, représentent cependant des comtés en grande partie ou ex* clusivement français et catholiques.
C'est là un motif d'orgueil pour nous ! Malheureusement, nous ne sommes pass payés de retour, et nous ne ren*
•controns pis la même libéralité chez la population anj^laise. Partoal où.
elle es! en m-'^joiiié, elle nous ferme la porte des honneurs et <ies emplois.
Elle nous exclut partout où elle est assez puissante pour le faiie. Dès le premier parlement du Bas* Canada, les Anglais, bien que dans une insi gnifianle minorité, s'efforcent de pros* crire l'usage de la langue française, ei de ce jour commencent entre les deux races Jes mêmes luttes que celles dont nous sommes aujourd'hui les témoins. L'on nous diî que les temps sont changés : c'est vrai ; mais si leurs tentatives d'oppression sont moins hardies, si elles se cachent sous des dehors mieux faits pour nous tromper, c'est seulement parce que nous soirimes plus nombreux aujour* d'hni que nous ne l'étions alors, et (jue l'on craint d'avantage le voisinage de l'union arr|éricaine, où plus que jamais il serait facile à notre population de trouver un remède énergique aux (uaux d'^nt elle aurait à se plaindre.
Tentative exclusion de la langue française Mais voyons maintenant, M. le Président, ce qui se pa*sa à l'ouvertu-e de !a première chambre d'assen?blée : je cite un auteur qui a toujours appuyé le parti de l'hon. procureur-
Une discussion très vive et très anitr)ée s'éleva des deux partis opposées, et cette demande si raisonnable fut considérée com. me une espèce de révolte contre la métropole. L'on taxa les membres français d'msubordination ; l'on sembla raéconnaitre les motifs qui les faisaient agir, l'on chercha de même à les intimider ; mais ce fut en vain les arguments inébranlables sur lesquels s'ap payaient les dèpuiés Canadiens, leurs paroles pleines de dignité comma leur éloquence, finirent par triompher des attaques de leurs fanatiques adversaires."
Ainsi, l'élément fiançais demande la rédaction des procédés de la cham bre dans sa langue, mais on voit l'élément anglais s'y opposer de toutes ses forces. On regardait cela comme une révolte contre la méirooole î C'et-t à n'y pas croire. Voilà une assemblée législative presque exclusivement française, et dèî* la première séance, les quelques députés anglais qui la composent, après avoir voulu impo ser à la très grande majorité un président de leur origine, refusent ensuite, au neuf dixièmes de la population du pays le droit inprescriptible de sa languecomme langue officielle. Mais ils comptaient sans la fermeté iné-^ braniable dont les anciens Canadiens ont donné si souvant la preuve dans la défense de leurs droits, et je ne saurais donner aux bon. députés de celte chambre une plus haute opinion des sentiments élévés de ces
gênerai Est . grands patriotes des anciens jours " Le parlement s'ouvrit le 17 décembre ' ° , : , r -..^
dans le palais épiscopal occupé par le gouvernement depuis la conquête. Il fallut choisir un président, et M- J. Panet fut pro* posé. C'est alors que l'on vit les membres anglais renouveler leurs tentatives pour ob* tenir la suprématie et mépriser les intérêts de ceux par qui ils avaient été élus.
Sans la momdre délicatesse en dé()it de leur minorité ils proposèrent en opposition à M.Panet. MM. Grant Mcgill et Jordan.
L'élection de M. Panet fut emportée par une minorité de 28 contre 18 ; deux canadiens ayant vote contre lui. La haine que le parti anglais portait au nom canadien, se manifesta davantage lorsqu'une proposition fut faite pour rédiger les procédés deja chambre dans les deux langues.
qu'en citant les remarques faites par un des députés, M. de Lotbinière, pendant cette discussion :
La seconde raisoa, qai est d'assinyi* 1er et d'attacher plus proroptemtnt les Canadiens à la mère patrie, devrait faire^ passer par dessus toutes espèces de considéra» tions, si nous n'étions pas certains de la fidélité du peuple de cette province ; mais rendons justice à sa conduite de tous les temps, et surtout rappelons -nous l'année ItTS. Ces canadiens qui ne parlent que français, ont montré leur attachement à leur souverain de la manière la moins équi* voque* Ils ont aidé à défendre cette pro* vince. Cette ville, ces murailles, cette chambre même où j'ai l'honneur de
faire entendre m \ voix, ont été en partie sauvées par leur zèle et par leur courage. On les a vus se joiiidre aux fidèles sujets (îe sa majesté et repousser les attaques que des geos qui parlaient bien bon anglais fai. saient sur cetre ville. Ce n'est donc pas, M le Président' l'uniformité du langage qui rend les peuples plus fidèles ni plus unis entre eux. Pour nous en convaincre, voyons la France en ce .îioment, et jetons les yeux sur tous les royaumes de l'Europe.
Non, je le répète encore, ce n'est point l'uniformité du langage qui maintient cî assure la fidélité d'un peuple ; c'est la eertitijde de ton bonheur actuel ,et le nôtre »-i> m parfaitement convaincu- Il sait qu'il est sous un gouvernement juste et libéral ; il sait enfin qu'il ne pourrait que perdre beaucoup dans un changement ou une ré, volution, et il sera toujours prêt à s'y op. poser avec vigueur et courage
M. DUFRE3NE ( (le Moncalm) — M, le PRESIDENT, si l'hon* député de Richelieu vent bien me permettre de i'inlerrompre un instant, je lui poserai une sintiple question, Je*voudrais savoir de Pho. député quelle est la différence entre un député qui lit son dis* cours, et celui qui lit Thisfoire du Canada devant cette chambre >
M. PERRAULT — Je répondrai à Thon, député de Montcalm que le discours que nous a lu Phon.
député de Morvimorency, l'autre soir, était écrit depuis la première jusqu'à la dernière ligne II nous a lu. non-seulemer.t les passages de l'histoire ou les citatic ns ^qu'il faisait des discours des autres rnenbres de cette chambre, mais encore pes propres remarques sur ces extraits.
Mai, je ne lis ici que des citations d'auteurs qui sont autant de pièces justificatives sur les quelles j'appuie mon argumentation. Si je ne les lisais pas, on pourrait croire que je ne fais qu'evprimer mes opinions propres, tandis qu'elles sont celles d'un ami du gouvernement actuel. Bien que je partage entièiement toutes les idées et toutes les opinions que je cite, cependant je na veux pas me les appro^ prier comme miennes, mais j'en yeux
laisser tout le mérite et la responsabilité à leur auteur.
M. DuFBESNE de (Montcalm) — La seule différence que je puisse décon* vrir entre l'hon. député de Montmo^ .rency ef l'hon, député de Rich^^lieu, c'esi que le premier lisait son œuvre propre, et que l'autre se rend coupable de plagiat. (Ecoutez ! et rires.)
M. Perrault — Tout le monde sait M. le Président, que Thon, député de Monicahn n'a pas à craindre la même accusation, pour l'excellente raison que ses écrits où ses discours ne se trouvent nulle part. Au moment de l'inierrupiion bien iiioff^nsive du député de Montcalm, je citais M.
le Président un passage du discours de M Lotbinière, au sujet de l'opposition faite à la publication en français des procédés de la chambre d'as.-^emblée en 1791, pour démontrer l'esprit d'enclusivisme de l'élément anglais^ dès le commencement de notre système parlementaire, malgré sa minorité insignifiante à cette époque.
Mais cette tentative hardie échoua, et l'amendement proposé pour proscrire la langue française fut repoussé par les deux tiers* de l'assemblée.
Définitivement il fut résolu que les procédés de la chambre seraient dans les deux langues, et que l'anglais ou le français seraient le texte des actes législatifs, selon que ceux-ci auraient rapport aux lois anglaises ou françai ses.
O'A voit donc l'opposi'ion à l'élément français se tnanif^^ster dès le commencement de notre système par' lemenlaire en ce pays, par le refus de la langue française connme langue officielle. Mais grâce à notre résistan' ce opiniâtie, Pusage de cette langue a toujours été un de nos privilé* gas, privilège qui a été maintenu dans toute son intégrité jusque dans le projet de confédération qu'on nous propose. Sans le courage et l'énergie des hommes de C(^s temps d'épreuve, l'élément français aurait perdue de?
son terrain et diminué d'importance, | jusqu'à 3e qu'enfin il eut été assimité par l'élément anglais.
Rifvs du gouvernement responsable et de 11 votation des subsides, ,
Déjà à cette époque nos hommeg publics voulaient le gouvernement responsable, et nouï verro js que la lutte qu'ils ont faite pendant un demi siècle pour l'obtenir a été sana résul» fat marquant, jusqu*à ce qu'en 1837, ila aient du recourir à k révolte ; et c'ect depuis celte sombre date do notre histoire que nous avons la constitution actuelle elle gouvernement responsable.
Aujourd'hui qu3 nous avons obtenu nos droitâ politiques \e& plus s\crés au prix d'un siècle de persécutions, au prix du sang verséîsur le champ d'bon neur et sur l'échafaud, dev»)n».nous l'abandonner pour accepter une nouvelle constitution dont le but évident est de faire disparaître notre influen ce comme race dans ce pays î Depuis quinze ans la majorité freinçaii»
n'a-t-elle pas loujourjs imposé sa volonté dans l'exécutif et dans la lét,i8* iature, grâce à l'égalité sectionnelle dans la représentation l Pourquoi abandonner les avantage» de la constitution actuelle pour un projet de confédération, dans laquelle nous serons dans une minorité pleine de dangers pour nous et pour nos inslj* tutions ?
La responsabilité prise par la section française du ministère en réunissant l'unanimité du Haut. Canada avec la minorité anglaise du Bas-Canada, est énorme. Et aujourd'hui, alors même ju'il voudrait se retirer de la lutte en voyant les dangers de l'avenir, elle ne le pourrait pas ; elle serait emportée ppr le torrent de Pélé' ment anglais.
C'e^t pour montrer le3 dangers de l'avenir, M. le Président, queje fai* ici l'historique des luttes du passé.
Les circonstances qui les ont motivées
exiitent encore et amènent les même»
tentatives d'agression, je dois le dire, afin d'arrêter mes compatriotes, s'il en esi temps encore, sur le bord de l'abh me vers lequel ils se laissent entraîner*
Le Canadien discuta vivement dès 1806 la question du gouveinernent respons4ble et prit à cœur les intérêt* de ses <*.ompatriotes. On cria à la violence, à la trahison, et on le sup» prima. Mais, dit l'historien Garneau :
Nous avons parcouru attentivement, par page, le journal en question jusqu'à sa saisie par l'autorité, et nous avons trouvé à côté d'nne réclamation de droits parfaitement constitutiennels l'expression constante dit la loyàuté et de l'attachement les pins illimi*^ tés à la monarchie anglaise."
L'importante question de la votation des subsides était aussi le sujet des débats les plus violents. M. Bédard insistait sur ce droit împrescrip* tible de toute assemblée législative «ous la couronne d'Angleterre. Mai»
il était constamment refusé par la minorité anglaise de la chambre et par la métropole. Amenée avec pluî* de force par M. Bèdard, la chambre sé prononça par une forte majorité en faveur de la votation des subsides par les représentants du peuple. Dans la division qui se fit, nous voyons l'élément anglais d'un côté et l'élément français de l'autre.
Je vous le demande, M, le Président, qtje sont les droits d'un sujet anglais si on lui enlève celui de vo« ter les subsides ; s'il n'a pas le contrôle des deniers prélevés eur le peu* pie pour ^administration des affaires de l'état > si oh lui arràche ainsi le plus important des privilèges garantis par le gouvernement constitutionnel 1 Celte grande injustice va t-elle être consommée? Va-t on refuser aux mandataires de peuple le plus précieux de ses droit» ? Oui, M. l'O* rateur, on ne reculera pas devant cette infamie. Nos patriotes les plus éminenîs, ceux dont la voix éloquente revendiquait dans toutes les occar sions nos immunités menacées, seront
d'abord accusés de frubison pour avoir formulé One pareille demande pui» déienus pendant quatorze mois d iuî» les î»ombres cachots d'une pri fon, au mépris des articles de la ca pitulaiion ()ui nous garantissait les droits ei les immunités de sujets an glais.
Celle proposition de voter nos dépenses publiques qui nous parait au jourd'hui si simple, souleva alors dans tout le pays une tempête violente qui ne se calma jamais entièrement qu'à l'anéantissement de la constifu :ion aior^ existante. Kn dépit de la rage et de la calomnie, la proposition de M. Bédardfut acceptée, et voici la division db la chambre : —
poua : MM, Durocher, G. L. Papineau, Lek, Borgis, Meunier, Taschereau, Viger, Drapeau, Bernier, St. Julien, Hébert, Ducloa, Robitaille, Huot, Caron, C. Panef, Ls. Roi, Blanchet, Debartzcli et Beauchamp,— ^21.
Centre MM. McCord, Bowen, Mure, Bell, Denechau, Jones de Bedford, Blackwood, Gu gj ftt Ross Cuthbert.— 9.
Un seul nom anglais, celui de M Lee, figure parmi la phalange canadienne-française, mais en revanche nous voyons un nom canadien-français voter cette négation inqualifiable d'un droit que nous devions si chèrement payer. Je ne désire pas fdire do commentaires sur cette divi* sion, M. le Président, mais je ne pois m'empêcher de remaïquer qu'il démontre que toujours nous ayons eu à lutter contre les empiétements et l'antagonisme de l'élément anglais en Canada.
Cependant oh lie cessa pas de de* mander la votation des subsides tant qu'on ne l'eut pas obtenue, et il est re marquable q^ue durant tout le temps où les Canadiens-français ont été en majorité dans notre pays, l'Jngleter»
re nous a systématiquement refusé nos demandes les plus justes et le contrôle de l'administration générale.
Bien plus, les actes les plus arbitrai' res nous ont été imposés par la mé* tropole, parfaitement aidée au reste par le fanatisme colonial anglais, qui ne perdait pas une occasion d'appli-
I quer à notre préjudice son exclusivis- [ me bïi'tï connu. Mais du moment que ses nationaux remportèrent sur nous par leur nombre et que l'élément anglais prévalut dans la chambre d'as* semblée au moyeu de Punion de 1840 l'Angleterre nous octroya tous les droits politiques que nous lui demandions en vain depuis un siècle, car elle savait parfaiteT[ient que ces droits seraient contrôlés et au besoin utilisés contre nous par une majorité leprésentative esseniiellement hostile.
Mai?, grâce au patriotisme de nos hommes d'alors, nous réussîmes à dé* jouer les projets du gouvernement britannique. Jusqu'à l'union, ces hommes ont eu à lutter constamment, et avec un héroïsme digne de la cause qu'ils servaient, contre l'autocratie anglaise liguée contre nos compatriotes. Nous, leurs descendants, nous somme» prêts à recommencer la même lutte avec la même énergie pour maintenir nos droits chèrement conquis, et garder l'héritage que nous avons reçu et que nous voulons trans" mettre intact aux enfants do sol.
(Ecoutez ! écoutez .')
Arresttations des députés du peuple et Suppression des journaux.
Voyons maintenant ce qu'étaient la liberté de la presse et la liberté du sujet à cette sombre époque de noire histoire parlementaire. Le Canadiet^ ayant osé demander le gouvernement responsable, et M. Bédard ayant obtenu en chambre une majorité de 21 contre 9 en favenr de la votation des subsides, le conseil exécutif voulut à tout prix nuire à l'influence du Cana* dien et paralyser les efforts des chefs canadiens. Il scrutinale Canadien pour cheicher matière à accusation, et sur la déposition de deux personnes, on fit saisir, par une escouade de soldats, l'imprimerie, qui fut transportée dan»
les voûtes du greffe, et emprisonner M. Bédard sous l'accusation de me.
nées traîtresses (reasonaô/c practices,)
El line pareille tyrannie était motivée | sur le fait que ces marlyîs politiques j avaient eu le courage de demander pour le Canada la votaiions des t«ub* ajdes ! Le Canadien rendait compte \ (le cette anrt)ce incarcération dans le paragraphe qui suit :
Là ne se borna point la conduite infâ me (lu conseil. Ce dernier, dans le but de frapper d'épo:uvante le grand parti national, fit emprisonner !.'M. Laforce, Papineau Cde Ch.imbl/), Corbeil, Taschereau et Blanchet,
Ain!»i, M. Président, à celte épo que, on jeiait un représentant du peuple en prison pour avoir demandé la réddiiion d'un droit acquis et, pour comble de tyrannie, on je laissait pourrir dans son cachot, pendant qua lorze mois, et on lui refusait un procès devant les tribunaux quand il pouvait 91 facilement réfuter et prouver qu^^il avait agi constiiutionnellement !
Je ne puis passpf c»Mte page de notre histoire parlementaire sans la citer :
Cependant, les chefs que l'on avait eu la bassesse d'emprisonner ne tléchirenl point (levant l'orage, M. Bedard, du fond de son cachot, brava la fureur des ennemis de son pays, sa grande âme resta calme et impassible, son cœur nfe désespéra point. Fier de sès droits, et confiant dans la justice de sa cause, en vain demanda-l'il à ses persécuteurs la justification de sa conduite ; les oreilles de ses géôliers restèrent sourdes à sa demande, et refusant la liberté qu'on voulait lui accorder, il insista même pour qu'on lui fit son procès.
Les nouvelles élections ne changèrent point la représentation nationale. Le 'gouverneur, dans son discours, ne fit aucune al* lusion aux mesures rigoureusefs qu'il avait pris relativement à M. Bedard et à ses compagnons,, et la session se passa sans l'élargissement du noble prisonnier. Ce ne fut qu'api-ès treize mois de captivité et après avoir contracié une maladie mortelle, que ce grand citoyen laissa la prison pour aller réjoindre une famille chérie, dénuée de tout te qui dut ses moyens d'existence à l'honorable générosité des citoyens de Québec."
Malgré ces injustices criantes, M.
Bédardnese plaignit point ; il trou* vaii que ce n'était pas acheter trop
cher les libertés du peuple, et quéquelques mpir de prison n'étaient rien à côté des grandes lib»^rtés pour les»
quelles il luttait et sonffrai». Ecou* tons les nobles paroles que pronon»
cait devant ses électeurs ce grand p'V trit.ie rendu à la liberté : •
" Le passé ne doit pas nous décourager ni diminuer notre admiration pour notre constitution. Toute autre forme de gouvernement serait sujette aux mêmes inconl'énients et à de bien plus grands encore; ce que celle-ci a de particulier, c'est qu'elle fournit les moyens d'y remédier," Plus loin il ajoutait : Il faut, d'ailleurs, acheter de si, grands avantages par quelques sacrifices."
Tel était le langage de ce grand patriote ; pas un mot d'amertume, de plainte ou de récrimination, raais de, la noblesse dans l'expression, et une ponviction sincère des avantages de la constitution. Oh! qu'il y a loin de ces temps de dévouement et de cou' ra^e civique auv jours égoïstes et froids d'aujourd'hui, où l'mtérêt est partout pi le patriotisme nulle part!
Voilà, M. le Président, une page de notre histoire qui mérite d'être lue et que nos législateurs devraient consul»
ter plus souvent. Ils y trouveriaienl un exemple de patrioiistne bien digne d'ê tre suivi. Il fait bon de contempler et d'étudier ses grandes lutins ^e notre passé, de voir In victoirë couronner les efforts de ces nobles patriotes, vie* loire chèrement gagnée et dont nous avons conservé jusqu'à nos jours les fruits pVécieux. (Ecoutez ! écoutez !)
Mais la guerre de 1812 éclata ; ej l'Angleterre, qui ne nous a accordé de libertés et cje privilèges que lorsqu'r elle a eu besoin de nous pour sa dé fens-e sur ce continent, changef^ de tactique. Elle craignait pour sa suprématie sur las provinces britanniques, et de ce moment elle jugea prudent de gagner notre concours pour (à lutté qui se préparait, en plaçant d'abord M. Bédard sur le baric judiciaire.
Elle comprenait qu"'en effet elle ne pouvait rien contre les Etats-Unis sans l'aide de l'élément français-cahadien, et le gouvernement impéiià!
;pensail ainsi rpconquérir Pjnfluence les services de la race qu'il avait îyrannisét*. C'est ainsi que l'homme qu'elle avait jeié dans ses cachots et qu'elle avaii accusé de trahison, devint juge de la première cour du pays.
Toujours* de la bassesse pour se gagner des adhésions^ telle était la tactique du g( uvernement à cette époque. Jl pensait qu'en plaçant ainsi l'homme qui avait été l'un des plus vaillants défenseurs des droits de noire nationalité, il s'attacherait les en • fanis du sol» et il ne se trompa pas. En pren&nt ce moyen, M. le PresiD'KNT, le gouvernement impérial avait bien compris le caractère de la nation qu*il voulait ainsi gagner à sa canse ; cÉrilfant l'avouer, et c'est l'Jeut-'éUe- noire malheur^ l'élément 1 français est aiiiâi fuit, que bien souvent il ouèlie trop vite les persécu* . lions dont il a, été victime et qui devraient réveiller en lui un juste ressentiment au souvenir du passé. Trop confiants dans la sinôérité bienveillante de nos adversaires, nous sommes toujours pris par surprise à chaque nouvelle tentative d'agression. Et aujourd'hui même quelques années de prospérité nous aveuglent et nous font voir u II avenir brillant là où il n'y a que l'anéantissement de notre inflnen* ce comme race décrété dans le pro* jet de confédération qu'on veut imposer au peuple. (Ecp^ntez.)
Concessions dues a V invasion de 1862.
Mais l'armée américaine menaçait nos frontières, il faillail songer à la défense. Dana le but de prévenir toute agression, le gouverneur assembla deux fois les chambres en 1812, et des mesures furent prises pour armer la milice et voter les sommes nécessaires afin d'organiser la défense de la province. Sir George Provost, à l'ouverture du parlement en 1813. félicita la nation sur son courage et son énergie, et les délibérations furent moins orage uses qne d'ordinaire : on
vota de nouveaux subï^ides pour là guerre, et le gouverneur et les chambres restèrent en bonne intelligetioe pendant la session.
A celte héroïque époque de nôtre histoire, on voit encore nos compatriotes canadiens, à qui on a /ail fait de nouvelles concession"», obéir à la voix de leurs chefs, courir à la frontière et repousser l'invasion. Mais en 1812 comme en 1775, le dévouement et le pairïoiisme de non nationaux devaient êtje bientôt oubliés. Le moiuent du danger était à peine passé, que ceux qui, J,u prix de leur sang, avaient sauvé la puissance de l'Angleterre en Amérique, furent de nouveau en but anxaitaques incessantes de l'oligarchie anglaise, comme je le démontrerai dans un instant. M. Garneau peint à grands traits la condtiite de noà compatriotes à cette époque critique de noire histoire :
" Une seconde fois, dit-il, le Canada fut conservé a l'Angleterre par ceux même que l'on avait à coeur de faire disparailre ; par leur bravoure, la colonie fut préservét: des malheurs inévitables d'une guérre acharnée. Pour un moment, la haine que l'on portait au nom canadien avait été étouffée . le bu.* reau colonial, sentant la difficulté de la position, avait imùosé silence aux cris fanati- <^ués de ses valets d'outre-mer ; mais une fois ie danger passé et le Canada sauvé, les anciennes antipathies devaient renaitre, la guerre à nos institutions et à nos lois recom mencer, l'ingratitude faire place à la reconnaissance dans le coear des enfants d'Albion."
Il était évident qu'on n'avait ainsi usé de ménagements que parce que les circonstances ne permettaient pas de mécontenter une partie importante de la population qui pouvait seule sauver le pays. l'Angleterre n'a ja.
mais été libérale qu'en face du dan* ger. Aujourd'hui, c'est la même même œuvre qu'elle poursuit en travaillant à laire disparaître notre naiionaité dans le projet de confédération qui nous est soumis ; mais elle trouve pour aider dans cette tâche un élément de force qui lui manquait alors ; l'ap^
pui d^une majorité canadienne^Françaiae ! (Ecoutez !) L'année suivante eut lieu la glorieuse bataille de Chateauguay. Dans celle journée mémorable, une poignée de braves, cornmandés par De Salaberry, affronta un ennemi plus de trente fois supérieur en nombre, arrêta la marche envahis*»
gante de Pennemi,el par son dévotiemenl et sa bravoure conserva ces riches provinces à la couronne d'Anglererre.
Eh /bien, M. le Président, ce qu2 les Canadiens -Français ont fai^ dans la guerre de 1812, ils sont encore prêts à le faire sous la constitution teU le qu'elle est. C'est parce qu'ils sentaient qu'ils avaient à défendre quelque chose de plus cher qu'une confédération, qui ne sauraient pas mieux sauvegarder leurs intérêts que leurs institutions, leur langue, leurs lois et leur nationalité, qu'ils ne regar* daient pas au nombre de l'ennemi et qu'ils combattaient vaillamment un contre dix. Et aujourd'hui encore, pour défendre la constitution telle qu elle est, avec les droits et privilèges qu'elle nous garantit, les Canadiens n'hésiteront pas un seul instant à tout sacrifier pour la sauvegarde du précieux dépôt qui nous est confié.
Certes, M. le Président, il n'est pas besoin de remonter bien haut dans notre histoire pour en trouver une preuve récente. On Svi rappelle com* ment en 1862, lors de l'affaire du Trent, quand une rupture avec nos voisin» semblait éminente, les Canadiens-Français ont couru aux armes avec celte entrain et cet élan irrésistible des héros de la Nouvelle-France Ce n'est pas, M. le Président, que le Canadien désire la lutte ; mais il ai^ me à se retremper sur les champs de bataille, et ei la génération actuelle était appelée à repousser l'ennemi, elle saurait montrer au monde entier que son sang n'a point dégénéré, et qu'elle est digne, sous tous les rapports, de ses héroïques ancêtres, (Ecoutez !)
Première tentative de Confédération.
Après la guerre de 1812, qui avait mis les posse»!*ions anglaises sur ce conlinîni dans nn si grand péril, \eê mêmes teniativ»» d'agriission fureut renouvellées sans retard, tant il est vrai que le danger seul pouvait les suspendre. Ijes troupes ayant pris leursquartiers d'hiver, le gouverneur, Sir G. Prévost, descendit à Québec pour ouvrir le parlement, et les dissensions entre la branche populaire et le conseil légisilatif ne tardèrent point à se ranimer peu à peu. Stuart ramèna sur le tapis la question des règles de pratique, et formula contre le juge Sewell les accu^tations les plus graves, telle que celle d^avoir voulu imposer ces règles de pratique sans l'autorité du parlement ; de l'avoir fait destituer de sa plaçe de sollici* leur général pour y, siqbstituer son frère, Et. Sewell ; d'avoir violer la liberté de la presse, en fiiisant saisir sans motif plausible le Canadien, et la liberté de la chambre, en faisant emprisonner plusieurs de ses membres.
Ces accusations, dont quelquesunes étaient véritables, furent trans* mises eh Angleterre ; mais Stuart n'ayant pu allôr les soutenir, Sewell se lava de ces accusations. Il en fat ain* si du juge Monck, accusé en même temps de diverses malversations, et comme l'observe M. F. X. Garneau, le juge Sèwèll ne crut pas mieux se venger des accusations portées contre lui qu'en proposant au Prince Régent l'union de toutes les provinces britanniques, et de noyer parla la natîonnalilé française.
Voilà, M. le Président, dans quelle circonstance fut proposé pour la prerniêre fois le projet de cbnfédêra* tion ; et il faut le dire, avec la re* conmmendatioh de M. Sewell, il doit é Veiller bien des craintes de la part de nos députés vrairhent français. En effet, par qui ce mot de confédération est^il prononcé ? Par tin homme qui
\ violé la liberté de la presse et la ii* )erié fin parleruenl I! par un homme lui rêvait depoia de longues années 'anéanii!»apment de la nationalité "îanadienne-lrançaise î Plus tard, iprès la révolution de 1837, lord Dur ham ne trouvait pas d'organisation politique mieux faite pour nous perdre ^ue la confédération. Et aujourd'hui, nos compatriotes au pouvoir subissent — que dî« je ? ils proposent 'îèii peuple ce projet d'anéanti*isetnent Vffoidement calculé pour nous perdre, ^"^^ qui nous perdra. M. le Président, fi, en dehors de celte chambre, l'opi»
fflion publique neproleste pas par tous les moyens constitutionnels contre le suicide politique de la race française Canada !
^- A la prorogation du parlement en '•''ÏBU, le président, L. J. Papineau, adressa les paroles suivantes au gou* <yerneur, SirCieorge Prévost : —
Les événements de la dernière gyerre ' •Ont resserré les tiens <quî unissent ensemble .4a Grandé-Bretagnc et le Caoada. Ces provinces lui ont été «oaservées dans dés circonstances. extrè»i>ecnent difficiles. '*
Ces paroles inédlent à plus d'un *.||lr€ d'être méditée?, et j'appelle l'at f.1ention des hon. députés de celte ichambre sur ce 4)as8age remarquar ble :
' h Lorsque la guerre a édàié continue M. Papineau, cé pa^ était sans troupes et sans argent, et Votre tElKcellence, en tête d'un peuple en qui disait^on l'habitvde de |»lus .d'un demi-siécle de repos avait 4^truit tout esprit militaire. Au'dessus de te^'pi'éjugés, v^us avez su trouver dans le dévouement de ce peuple brave et fidèle, •quoiqu'injustement calomnié, des ressources po«s déjouer les projets de conquête d'un ennemi Dori»breux eit plein de confiance <iafls 9es propres forces. Le sang des enfants ^du Canada a eoulé, mêlé à ceM 4es bra* î ,f^a envoyés pour les déf&ndre . Les preu* .,,ve9 multipliées de la puissante protection , ,;0« i'ji.ngleterrc et l'inviolable Mélilé de \de ses cGÎloos, sont devenues pour ceux*ci de noufcau a titres en vertu desquels ils pré féiideiit conserver lè libre exercice de tous les av&ntàgei que leur assurent la constitu* ' -.tioo éV les Ibtis. "
Ce président de l'assemblée lt^gij*laiive à vingî'six an**, qui a lutté avec tant d'héroïsme pour l'obtention de nos droits politiques, est le même qui, a une des dernières séances de cette chambre, a été ignominieusement IrHÎp.é devant cette chambre par le dé* puté de Montmorency el par l'hon.
procureur^général Esl (M. Cartier,) ce nom, qui est vénéré par la nation toute entière comme celui de son libéra* leur, a été jeté comme une insulte à la figure des hon. députés de cette chambre qui s'honorent de l'avoir pour chef et qui continuent aujburd'hui sor» œuvre de protection pour no»
droits politiques, contre les sourdes menées d'une majorité hostile.
Mai«», M. le Président, ce vieillard qui a blanchi au service de son pay* est à l'abri des insinuations menieu* ses qui n'arrivent pas plus à sa calme retraite, qu'aux cœurs des amis sin* cèies de notre pays. La, ce grand pa* triote des mauvais jours, après avoir fait sa lâche, jouit en paix el avec or* gueil de l'estime de ceux qu'il a su défendre de sa voix puissante, aux époques néfaste* de notre histoire poliiiquo. Contre un pareil homme, l'injure grossiè>'e, le«« calomnies éhontees retombent de tout leur poids contre ceux qtii sont asssez lâche» pour s'attaquer à une de nos plu& belles gloires tïatiônales !
Le nom de l'hon. L. J. Papineau est entouré d'une auréole brillante qne les calomnies haineuses ne réussiront iamais à ternir. Sa mémoire est à Pabri de leurs atteintes envieu* ses, car elle est sous la garde du peu* pie, qu'il a arraché à roppressîôn sys* teniaiique dolôniiàle dont je fais l'histoire.
Eri vérité, M. le président, il ffiut qii'iirie cause sbît bien près d'être perdue pour que l'hdn, procuretir*gé* riéràl Est ait retours à dé pareils mo» yens pour la sauver. Il faut que le procureur-général Est ait bien peu confiance dans sa ctiuse pour Soulever les préjugés de âes partisan^, en trai-
lianl dans la boue une des plu.4 gran- *let» figar<»s (le notre lemps / (Ecoulez •Ecoulez !.)
Un pareil langage dans la bouche du piocureur-genéral est d'autant plus coupable*, qu'il a été lui-nnême un des révoliéa de 1837-38 el un des plus zélés partisans du grand patriote qu'il insulte aujourd'hui. N'a-l-il pas lui-rnênfie volé en faveur des 92 résolutions, ce monunrieni impérissa- "ble de nos droit» ? . .\t<^
Oui, M* le Président, c'est cet homme dont la lêle fut mise à prix, cet homiTn» qui fut obligé de fuir sa patrie et de demander à nos voisins le droit tt^asile qu'il refuse aujourd'hui aux "révoltés du S^ud, c'est celte homme qui, devenu le procureur-général de Son Excellence, a l'audace a'appeler ce grand homme ** \e bonhomme Papineau ! " et l'oDposition d^ns celle chambre la queue du bonhomme Papinean ! ! "
M. le président, je n'h'^site pas à je dire^ des expressions cemme celleslà font indignes de cette chambre et indignes delà position du procureur général, qui a eu ie triste courage de les lai«?ser toi»ber de ses lèvres. (E' «outez ! écoutez 1^ Ces expressions sont tout au p^lus dignes des carrefours el il -faut en vérité que le niveau de ■cette chambre ail bien baissé pour qu'on ose ainsi soiiiller cette enceinte .11 faut qu'elle ait f)erdu tout sentiment de dignité pour avoir permis au procureur-général de traîner ainsi sur notre parquet ie nom d'un homme vénère par tous les Canadiens vraiment français.
Qu'on tie se fasse pas illusion, les opinions et les idées qui tendent au bonheur de* peuples, de même que les hommes qui les soutiennent et luttent par leur défensé, sont toujours audessus des atteintes des calomniateurs des envieux. Quel peut donc être le but du député de Montmorency et du procureur-général en s'aitaquant au nom de Thon. M Papineau ? Leur but d'abord de jeier Ou discrédit sur
I l'opposition qui le représetite, et eii.
■ suite de se grandir eux-mêmes en ramenant à leur niveau ces géants de notre histoire, auprès desquels ils ne sont que des piymées. '■ '.>■.-.
Car il y a deux manières d'être grand, la première con^iîi'e à irendre à son pays d3s services êminenià et à se distinguer par une supériorité re* connue. Mais comme le procureur* général et le député de Montmorency n'ont ni l'étoffe ni la supériorité qui font les grands hommes^ ils adoptent la seconde manière d'être grands.
Elle consiste à rapetisser et à ,brir<er tous ceux qui sont supérieurs. C'est ainsi qu'ils espèrent grandir en s'élevanl sur les débris des réputations, perdues par leurs calomnies envieuses et leurs attaques incsssantes. \[s dé»
molissent haidime,nt sans s'arrêter devant les noms qui personnifieai tou* le une époque de notre histoire, el si une grandre hgure se dresse dan* no* tre passé comrnj une statue de la Gloire^ de suite leurs mains sactilè^e»
la mutilent et, restés seuls débouts sur ses tronçons épacs, il* comtem plentavec orgueil tous ceux qui, tom* bés sous les coups de leur vandalîs* me, gisent à leurs peidsi Tel est, M.
le Président, le motif qui expliqué le.<t efforts faits pour abaisser ainsi unéde nos plus belles gloires nationales. (Un membre • Très bien ! et cris de : E. eoutez î écoutez \
Le conseil législatil est Pinsitu' ment du gouvernement impéri(U§
Mais nous nê sommes pas encore arrivés à la ûn de nos luttes. A rouverlure du parlement en ISlG^an mei* sage fui communiqué à la chambre,-^ l'informant que les accusations ptofé* rees contre les juges Sewell et Monk avaient été repoussées. L'amertume des paroles de ce message blessa vi' vement l'assemblée, qui se proposait de répondre, lorsqu'eût lieu la dissolution du parlement pour prévenir la manifestation de ces plaintes. Et
quelle était la no9i»i.)r> prise par le ^onvernemeni impérial an sujet de ces difficultés ? iNous trouvons dans la lettre qu'envoy>< lord Baihnrst, en réponse an gouverneur Sherbrooke, qui lui faisail part de la fnuase voie suivie par h bureau colonial en op primant ainsi notre race : —
"Jusqu'ici le gouvernement a trouvé dans toujtes les occasions ordigeiy^s, une ressource constante dans la, fermeté et les dispositiona du conseil législatif, et il n'y a aucune raison de douter qu'il ne contin-r.e tant qu'il pourra à contrecarrer les mesures les plus injudicieuses et les .jlus violentes de l'assemblée."
En effef^ c'était des mesures bien peu judicieuses ni bien violentes que celles (1^^ la chambre d'assemblée d'u* lors ; elle demandait que le peuple fût une voix dans la disposition des deniers qu'on prélevait sur lui ! et voilà pourquoi le conseil Pégislatif conlrecarraii touie"? les mesures de* mandées par le peuple. Jô continue à citer : ' ,/
Il est donc désirable pour toute sortes de raisons que voua profitiez de son assistance pour réprimer les actes de cette assemolée que vous trouvère^ sujets à objections, au lieu de mettre votre autorité ou cell3 du (fouvernenr.ent en opposition immédiate à celle de lu chambre, et ainsi de lui donner un prétexte pour refuser à la courouue les subsides nécessaires pour le service de la çolonie.''
Oui. M. le président, le conseil lé^ gislatif nommé ^ vie a toujours éié la pierre d'achoppeir^enf dans la réalisation de toutes les r^-formes deinen.
dées par les Canadiens-Français. La chambre élective a toujours rencontré, de sa part, une opposion systématique à toutes les mesures demandées par le peuple, opposition qu'il lui éiaiî impossible de renverser. Ce n'est qu'en 1856 que nous réassissions, après cin* quante ans de luîtes constantes, à in* îroduire le principe électif dans la chambre haute. Aujourd'ui, malgré les enseignements d'un passé malheu* reax. écrit en caractères de sang, on veut revenir à l'ancien système, on veut lâchement abandonner un privilège, un droit politique qui nous a coûté tant de luttes et tant de malheurs.
Oui, M. le Président, tel est le pro-
jet du gouvernement ïfctuel ; il veut que dans la confédération le con?*eil[ législatif soit nommé h vie comme aux mauvais jours de notre histoire.
Mais heuieusemept que le peuple e^t là, qui sait parfaitement ce que lui vaudrait ces nominations à vie. il safl que la grande majorité de cés hommes, ainsi nominéspar un gon« vernemeni général numériquement hostile à notre racH,serait toujours prêle à rejeter les mesures les plus fa» vorable?à nos intérêts comme nation.
Lie conseil légfislatif, sot>s la confédération, sera ce qu'il était aux jours d'oppression lorsque lord Bathurst, donnant les instructions du gouverne ment impérial au gouverneur <Sherbrooke, lui disait i Ayez soin de vouî* servir du conseil législatif pour contrecHrrer les mesures de la chambre élective. '^
C'est celri } en s*abriip derrière un conseil composé de créatures norn* mées à vie, puis tout en vantant bien, haut la libéralité du régime colonial de l'Angleterre, on tire l**s ficelles et on fait jouer à ces horrimes le rô.le. d'oppres^^eur8.
Et c'est {a bsolument la même orga* nisation politique qui nous esi proposée dans le projet de confédération.
Avec le conseil législatif nommé à, vie, nous aurons des hommes qui, dans leur morgue aristocratique, seront toujours prêts à nier au peuple les mesures dont il aura besoins ; si ces mesures louchent à quelque privilège des classes aristocratiques, qu'elles que soient les instances des dépu* tés envoyés à la chambre élective, nous ferons dans l'impossibilité cons* titutionnelle d'obtenir ces mesures.
De plus, ces conseillers à vie, dont la majorité sera hostile, feront tout pour I plaire au pouvoir qui les aura nommés et au gouvernement impérial qui, de tout temps, a su largement lécom* penser ses créatures. Voilà, M. le.
Président, les dangers qui nous attendent si nous retournons à l'ancien sys»
t^me des nominations à vie proposé.
par le gouvfrnpiTtfnt dans le projet do eoafedération. (bxonlez î écoutez !).
Mais le!» première» iti^truciions don nées par lord Balhiirst au gouverneur Sherbrooke n'étaient pas suffisam* menl eiipliciles, paraîl'il ; car peu de temps aprè* il lui transmit celles qui suivent ; " Je vous recommande foi* temenl de veiller à ce que la chambre d'assemblée ne dispose pas des de* niers publies sans le consentement du conseil législatif " violent ainsi sans ecmp^ule Pesserjce même de la sons* titution, dans un but évident de fanatisme national. En effet, c'est un prin c.ipe de la constitution anglaise que la chambre p3pulaire, qui réprésente l'opinion du peuple, a seule le droit de voter les subsides pour Tadminisiration du gouvernement, et que les deniers prélevés à cette fin sur le peu* pie ne doivent être dépensés qu'avec le consentement de cette chambre et pas auirenient."
Eh ! bien, M. le Président, que voyons-nous ici ? Nou»< voyons le gou* vernement impérial recommander ex* pressement au réprésentant de Sa Majesté en Canada de ne pas souffrir que les subsides «oient votés ^^ans le consentement du conseil législatif, nommé à vie par la couronne, et dont les efforts constants étaient de résis* ter aitx justes demandes des Cana* diens'Françals. Cette question des éubsides, qui a été la cause principa* le de tous le9 troubles qui ont boule, versé notre société avant et depuis cette époque, ne devait pas rester là.
Nous avions alors des hommes qui ne cédaient pas devant la résistance / Aussi les voit'on, ces nobles champions de nos droits et de nos libertés, revenir tous les ans avec la même de mande, ne jjc rebutant devant aucun retuS} et luttant j'usqu'à ce qu'enfin on leur eût accordé ce qu'ils deman* daient aussi légitimement.
En janvier 1819 s'oùvrirent les chambres, et la première question qui souleva des débats très vifs fut enco* re celle des finances. La discussion
s'éle/a pour savoir »[ la chambre bas* ne^ qui avait déjà obtenu le vote an;, ] nuel de-» î^ubsides, pouvait de plus ob', tenir une lis»e civile en détail et voter séparément chique objet. La ma* jorité le voulait, afin de s'a>«surer de l'intég^rité des» officiera publics, et le. nir en échec les membres du conseil exécutif, sur lesquels elle n'avait au* cun contrôle. D'autres s'y opp itèrent avec force cotnmé étant principe^ nouveau et violant les droits de tat couronne. Un coiuité à cette effet Ât fapporl de réduire les dépendes biefi trop considér.ibles pour le revonu, et demanda la suppression des pension^ comme étant sujettes à beaucoup, d'à* bus. Prenant un millieu entre les deux*, extrêmes, qaelques>uns voulurent vo* ' ter les subsides par chapitres, ou en sommes rondes pour chaque départe* ment. Mai* les pactisants du vote en détail l'emportèrent, le bill fut'^ passé, envoyé au cons^eil, qui, coni*' me on s'y att^-ndait, le rejeta, ei mo^ liva le rejet dann les termes suivanls e! :
"Que le mod'e adopté pour l'octrot de la ïisy'^" te cirile était inconstitutionnel^ sang exenipl*^-' comportait une riolation directe à des draits' •• et des prérogatires de la couronne : que w le bill derenait loi, il donnerait aux communes non seulemen t le privilège de toter les subside-, mais aussi de prescrire à la coui-onne le nombre et la qualité de ses serviteurs en en réglant et en récompensant leurs services comme elle je gagerait convenable, ce qui les mettraiidans l'indépendance des électeurs et pourrait leur faire rejeter l'autorité de la couronna que, ; leur serment de fidélité les ^obligeait de souteuir. » '
Ainsi, M. le Président, le conse^it'^ nommé à vie rejetait cette mesure es* sentiellement juste : la votation, iteni par item, des subsides par la chant*^ ' bre basse ; c'est*à«dire la distribo^^^ tion des deniers prélevés sur le péiiV'l pie, et il allait même jusqu'à dire que cette mesure était incotiBUitd* tionnelle. Comprend on, aujourd'hui, qu'il pût pousser le servi lisnié aussi loin/
Taniative d^union dtsdéux Canadas sans appel au peuple
A cette époque, la population du
Maut-Canada avait augmenté dans une porportioii coiisidérable, et !e Bas Canada compîaii une population aii^ glaise H^isez noînbreuse pour motiver un projet d'union des deux Canadas pous un même gouvernement, et en 18231a propO!»iliou en fut faite a PAngleterre. C'est donc à cette époque de trouble, d^agitation et de rivalité entre les chambrer que se trama en Angleterre un complot pour anéantir d'un seul coup la nationalité canadien ne-françaisfe. Les guerres avaient fàit ajourner le projet de l'union des provinces, car on avait eu» besoin du secours du peuple Canadien. La paix étant établie, on résolut de faire passer la mesure, et un bill à cet effet ifui présenté dans le parlement impé^ rial à l'insu de ceux dont on décidait le sort, sans les consulter car on les savait ooposés à cet acte oppressif.
Oui, sans consulter le Bas- Canada, on voulait lui imposer une constitution dans laquelb il avait moins de représentants que le Haut- Canada ; de plus, on mettait à sa charge la dette de l'autre province, qui était con- «idérable, et on proscrivait la langue dans le parlement. Grâce à une heureuse opposition qui se format dans le parlement impérial, malgré toutes les intrigues et les démarches de nos en«.
nemis, le bill fut rejeté à sa seconde lecture. Alors, comme aujourd'hui, ceux qui voulaient notre perte cri aient bien haut qu'il fallait presser la passation de ce bill avant que h peuple ne pût protester, de même aujour d'hui ceux qui veulent nous imposer la confédération, malgré les pétitions qui s'opposent au projet, nous disent qu'il faut accepter cette nouvelle cens liiulion sans retard et avant que le peuple en connaisse les monstrueux détails. Je vous supplia de passer ce bill immédiatement ,disait M Wilmot ; si vous attendez à l'an prochain vous recevrez tant de pétitiorts pour protester contre la mesure qu'il sera Ibrt difficile de l'adopter ; quelqu'inutiie qu'elle puisse être à ceux qui s'y^ ,
opposen! par ignorance ou préjugé.
D'ailleurs, elle est indispensable pour faire disparaître les difficcbés qui ex*» isf.int en're l'éxeciitif et l'assemblée."
Lorsque la nouvelle de ces tentatives injuste», mais heureusement vaines», parvint en Canada, elle y causa la pliis vive agitation, et le peuple canadien tout entier fut indigné d'une conduite semblable. Des assem^ blées nombreuses se tinrent à Mon tréal et à Québec dans le but de protester contre le bill,et des pétiiionf au gouvernement anglais se eojvrirent de 60,000 signatures. A celte époque, comiTie aujourd'hui, on voulait passer ce projet d'union sans consul ter le peuple, et le parlement imoérial soumettait à sa législature un* projet contre lequel 60,000 Canadiens- Français protestèrent-
Je n'hésite pas à le dire, M. le Président, le projet de confédération' qu'on veut aujourd'hui imposer au peuple ne sera pas rejeté par 60,000^ signatures canadiennes-françaises seu lement, mais par 600,000. Oui, le réveil vient de se faire dans notre population et, dan« cette protestation en masse, nous ne resterons pas en arrière de ceux qui? ont réclamé avant nous chaque fois- qu'on a voulu leur imposer d'injustes prétentions. Comme eux nous enverrons en Angleterre des milliers de signatures pour plaider contre la constitution dont nous ne voulons pa?», et si, après cela, on ne nous fait pas justice, eh bien I fiaè justitia ruai coelum, nous aurons employé tous les moyens constitution*nels ; la re?ponsabilité des conséquent ces de ce déni de justice retombera sur la tête de ceux qui auront travaillé à amener un pareil état de choses.
L'hon. Denis Benjamin Viger, l'un; des plus valeureux champions de noa droits, disait à propos de l'introduelion de ce projet d'union dan-t le parlement impérial, sans consulter le peuple :
C'est après plus de soixante ans de paix et (le bonheur, quand la génération qui vit
la conquête est dans le tombeau, quand il lesi.te à peine des témoins de cet événe, ment, au militîu \le la géuéralioa actuellequand 1,* souvenir comme le sentiment en est éteint dans le coeur des Cunadiens* quand enfin, il n'y a piu3 dans cette province que des hommes ncs sujets britanniques, et jouissant de leurs droits à ce titre, qu'oit a pu former le projet t-'e nous traiter, je ne dirai pas comme un peuple conquis, a qui le droit public des nations civilisées ntj permet plus d'arracher ses établissements et ses lois plus que ses propriétés, mais-bien comme ces peun!:s sauvage?, a qui les lumiè res et Icg ans ainsi que les principes et les devoirs de^ia vie civile sont inconnus."
En f'fî'eî, M. le Président, ces expressions ne j*ont pas trop forled pour (jualifier la conduite du gouverneirittiit impérial à cette époqi-e. Il faillait du sang à St. Dénis et à wSt. Charles, et que les têtes tonribassent sur l'échafHud pour obtenir justice. Alors seulement et lorsqu'on vit que le peuple n'hésitait pas à sacrifier ses plus no* bles enfants pt ur acheter sa liberté el ses droits politiques, on nous donna le gouvernement responsable que nous avons aujourd'hui et que nous prétendons garder !
Nouvelles luttes parlementaires,
A l'ouverture de la session suivanîe on s'attendait à la répétition des débuts sur les finances ; mais le gous verneur ayant, séparé dans les estimés la liste civile des autres dépenses, les subsides lurent votés. C'est ainsi que chaque fois qu'on a persisté dans la lutte on a obtenu ce qu'on demandait, et je me demande pourquoi nos hommes politiques, qui ont lutté depuis l'union pour !a conservation de la constitution, telle qu'elle estj avec un si grand succès, cedent-ils aujourd'hui aux prétentions du Haut'Cana* da Maintenons donc la constitution actuelle, qui offre la plus grande gomme d'avantages pour les Canadiens- Français /
qOn avait cru pendant quelque temps ue la question (Jes finances était par-
friilemenl réglée, main au retour de Dalhousie, elle fut soulevée de nouveau plus menaçante que jamais, el les subsides furent refusés (1827.) Le gouvernei/r, dos le ieudemain, prorogea les chambres, en insultant à \n dignité de.< communes et en félicitant le conseil législatif. Cette acte tyran nique causa une surexcitation chezle peuple. La presse tonna contre le pouvoir et, pour faire voir l'exaspéra* li()!i dan.^ lequel on avait jeté les esprits, je citerai un extrait d'un journal de ce femps'Ià ;
" Canadiens ! on travaille à vous forger des chaînes ; il semble que l'on vei:ille vous anéantir ou vous gouverner avec un sceptre de fer. Vos libertés sont envahies, TOs^. droits violés, vos privilèges abolis, vos réclamations méprisées, votre existence politique menacée d'une ruine totale.... Voici que le temps est arrivé de déployer vos ressources, démo itrer votre énergie et de convaincre la mère-patrie et la horde qui, depuis un demi-siècle, vous tyrannise dans vos propres foyers, que si vous êtes sujets, vous n'êtes pas esclaves. "
Leb élections furent favorables ai3 parti populaire, A la réunion du par iement, i\L Papineau fut choisi comme orateur, mais le gouverneur refusa de sanctionner ce choix, et dit à la chambre d'assemblée d'en élire un autre. Devant une pareille conduite, que devait faire la chambre d'assenif , blée ? Devait-elle plier? Non / M. le Présidenî, n )us avions à cette époque dans notre chambre d'assennblée des homiues qui ne reculaient pas devant leur devoir et devant la responsabilité de leur juste opposition. Sur motion de M. Cuvillier, il fut résolu que le choix du président devait être fait librement et indépendamment du gouverneur • que M. Papineau avait été choisi, que la loi n'exigeait pas d'approbation, et qu'elle était, comme la présentation, une simple formalité d'usage. M. Papineau ayant été reconduit au fauteuil, le gouverneur ne voulut point approuver oe choix, et le soir même le parlement était dissout»
Ainsi M. le PréaidenI, ce parle-
inen* n'exî««ta qu'une jonriiée. parce que son piér'ideni, dans son indépendarce, n'élail pas homme à se plier aux pxigeances d'un pouvoir mal conseillé En vériié, si ee sont Jà les libertés qne nous devons au syslème colonial, je n'ai pas besoin d'insister sur leur valeur dérisoire. Le peuple comprit la posilion qu'on voulait lui faire el piii les moyens de repousser ces nouvelles leniatives d'agression, j It'agitation ne fit que s'accroîlre ;des | assemblées publiques se firent dans j les villes et les campagnes, les dis- i cours se ressentirent du trouble où étaient plongés les esprits ; on alla même jusqu'à sévir conire la presse; et pour la seconde fois fut arrêté M Waller, l'éditeur du Spectateur, de Montréal. Des adresses, couvertes de plus de 80,000 signatures, furent envoyées en Angleterre et portées par MM. Neilson, Cuvillier el D, B. Viger. M. Gale port i celle du parti oli» garchique. Une grande assemblée des comptés de Verclières. Chambly, Rouville et St. Hy? cifuiie, se tint à St. Charles, où l'on protesta énergi* quemeni contre l'ordre de choses exilant, et on alla jusqu'à dire que l'on devait s'attendre aux conséquences qui pounaient résulter d'!>ne violaîion aussi manifeste des droits les plus sacrés du peuple canadien.
Si, M. le président, le peuple du Bas-Canada dut à cette époque traverser l'océan pour faire entendre voix et obtenir justice du gouvernement britannique ; s'il fallut que nos chrfi rîllf^sseni déposer au pied du troue de Sa Majesté la protestation de 80,000 Canadiens Français qui aux mauvais jours de noire histoire, avaient su sacrifier leurs vies pour maintenirla souveraineté britannique sur ce continent ; aujourd'hui encore, au moment où on veut nous imposer une nouvelle constitution, que nous n'avons jamais demandée el que le peuple du Bas-Canada condamne éner* giquement, le même moyen de pro îeslation nous est laissé, et le gouvcr-
I nement peut compter que nous saurons être aussi fermes dans la d^fen* se de nos droiis et de nos libertés politiques que l'ont été les députés d'une autre époque. Notre protestation, s'ils est possible, sera plus énergique encore contre le projet de conté" dératioa qu'on veut nous imposaer.
La chambre s'assembla en 1831, et le gourerDCur, dans le cours de la session, lui transmit la réponse|de l'Angleterre relative* ment à la question des subsides. Le gouvernement impérial abandonnait aux députés le contrôle sur lé revenu, à l'exception du re** venu casuel et territorial, consistant dans les biens des jésuites, les postes du roi. les droits du quint, les lods et ventes, les terres et boiç, etc., pour une liste civile de £19, 000 votée pour la vie du roi."
En 1881, on accordait ainsi la vo* tation par item d'une partie seule* ment des subsides. Cette restriction ne fu' pas acceptée par ceux qui représentaient le peuple dans la chambre d'assemblée !
La révolution de 1837 dùmieau Cana' da la votatlon des subsides et h ^ow vernement respo7isable.
Un pareil état de choses ne pouvait se prolonger sans amener une ct>lli«»
sioi^, et les événements de 1837 vinrent justifier les appréhensions de ceux qui n'avaient cessé d'avertir le gouvernement qu'il était impossible que le peuple souffrit plus longtemps une aussi affreuse négan'on de ses droits, et qu'il y avai^ .'r '^ger imminent de lasser sa patience. Les événements se succédèrent, et le clergé de cette époque comme aujourd'hui fut opposé à foute démonstration éner gique. Monseigneur Lar!igue, dé Montréal, publiait un mandement dans lequel il disait : "*^Qui oserait' dire que dans oe pays la totalité des citoyens véut la destruction de sou gouvernement."
Sans doute, M. le Président, personne ne le voulait, mais la minorité de cette époque, comme la minorité d'aujourd'hui, se plaignait des injus^
lices (îont elle soufTrait, et ellt» avait conire elle le clergé. La minorité d'alors coinbatfaii pour les libertés politiques du peuple comnne elle le fait aujourd'hui, et avait contre elle toutes les autorités établies. Il y a dans ce rapprochenaeiit un fait dont nous de* vons prendre noie.
Aujourd'hui, le gouvernement noue jette à tout instant celte insulte a la figure : Vous ne représentez rien ici ; l'opinion publique est contre vous." Eh bien î M. le Président, j'aimerais beaucoup savoir de i'hon.
procureur*général du ^Bas-C&nada si lui et son bon. collègue, le prerinier ministre, avaient pour eux la majori-»
lé du peuple et le clergé bas-canadien, alors qu'en 1837 ils protestaient énergiquement contre les injustices faites à leurs compatriotes. Non ! M.
le Président, à celte époque ils faisaient partie de la petite phalange qui alla jusqu'à lever l'étendard de la ré- , voile dan» les plaines de St. Dénis et de St. Charles. Les temps sont bien changés, n'est-ce pas ? -Aujourd'hui, cesr mêmes hommes, les révolutionnaires (Pautrefois, lont l'impossible .
pour refuser au peuple le droit de se prononcer pour ou contre les changements constitutionnels qu'on veut lui imposer. Un pareil oubli de Teur „ passé est réellement déplorable.
M. le Président, je ne désire pas, pour de graves raisons, insister sur ce qui s'est passé en 1837. En 1838, restait à faire le procès de ceux qui se trouvaient impliqués dans les troubles.
Lord Durham se trouva dans une si- i tuation embarrassante, car il est toujours difficile pour un gouvernement ' de faire des procès politiques; souvent il y perd sa force et sa popularité.
Pour obvier aux difficultés du mo- < rnent, le gouverneur résolut d'adopter i une grande mesure. Le jour du cou- i ronnement de la reine Victoria, il pro i clama une amnistie général, et accor- « da le pardon aux Canadiens, à Pex* ( cepiion des vingt-quatre, des plus dé* ] voués du parti révolutionnaire. |i
Il est as«ez impoiiar i, M. le Présl-.
dent, de savoir qtiets éiaienl les vingtquatre hardis révolutlounairifs contre lesquels le gouvernement britannique sévi.^sait aussi sévèrement, et contre lesquels le clergé s'était si fortement prononcé ; ces hommes étaient MM.
Wolfred Nelson, R. S. M. Rouchette, Bonaveniuie Viger, S^iméon Marchessault, H. A. Gauvin, T. H. Godin, Rod, Des Rivières, L. H. Masson, Louis J. Papineau, CH. Côte, Julien'Gagnon, Robert Nelson, E. B.
O. Callagham, Ed. Et. ^Rodier, T. S.
Brown, Ludger Duvernay, Et. Char»
tier, Ptre, G. El. Cartier, J. Ryan, fils, Ls. Perrault, P. L. Demaray, J.
F. Davignon et Ls. Gauthier." Ainsi, M-, le Président, parmi ces hommes sanguinaires, je trouve l'hon. Procureur-Général du Bas'Canada (M»
Cartier.) (Ecoutez ! écoutez !
Loin de moi la pensée de lai Teprocher sa conduite à cette époque, je l'ai toujours regardée comme cet-îe d'un patriote et d'un ami sincère de son pays. D'ailleurs, cette bon. dé* puté noua a déclaré, dans plusieurs occasions, qu'il ne regrettait pas le« luttes qu**il avait autrefois soutenues pour revendiquer les libertés politr ques de son pays^ et je comprends parfaitement qu'il persiste dans ces sentiments, car il est aujourd'hui acquis à Phistoire que tous ceux qui ont pris part à ces luttes ont noblement joué leur vie pour prix de leurs convictions, et la minorité d'aloTâ comme la minorité actuelle ne pouvait attendre que des mécomptes de son opposition au pouvoir. 11 ne m'appartient pas de décider jusqu'à quel point ce mouvement insurrectionnel était motivé par les circonstances déplorables de cette époque ; mais j'ai l'entière conviction que ceux qui y ont présidé étaient mus par un Sentiment patriotique et un généreux désir d'obtenir pour lèurs compatriotes les libertés politiques qu'on leur refusait. Ils ont donc amplement ttiérité de leur pays pour les sacrifices qu*il lui ont faits, et le pay«
.a su les reconnaître.
Voyez plutôt, M. le Président, les hommes qui, il y a vingt ans, se trou* vaienî dans une minorité révolutionnaire, bravaient le clergé, et levaient Pétendard de la révohe contre la 'Grande-Bretagne, sont aujourd'hui dans la majorité, appuyés par la puissante influence de PA ngi(?terre el du dergé dont \\s ont l'entière confiance, tlls ont leurs petites entrées à Windsor, occupent les charges les plus lucratives, les plus élevées de notre pays, et sont décorés même des titres dont Sa Majesté sait récompenser ses plus loyaux sujets. La mino* rilé aujourd'hui, pas plus qu'en 1837, ne veut avoir recours au moyens que donne la révolution, après avoir épuisé ceux que donne la constitution, mais elle a Piniime conviction que, •dans vingt ans, quand le peuple aura ^pu apprécier ce qu'elle fait aujourd'hui pour lui, il éprouvera pour l'opyposilion qui «e dévoue, un sentiment de reconnaissance doat le résultat sera de lui donner son entière confi* aince, après la lui avoir refusé aux jours de l'épreuve.
Oui, M. le Président, de même que la minorité en 1827 est la majorité aujourd'hui, de même la minorité actuelle sera la majorité dans un avenir plus ou moins prochain.
Je ne veux pas, M. le Président, suivre jusque sur l'échafaud les vicli- ^mes de cette époque malheureuse de notre histoire. Elles ont payé de leur tête leur dévouement à la cause de leur pays, et s'il est besoin de sang •et de dévouement pour mériter à un peuple ses droits d'existence, les leurs sont rà pour dire que le Canada^Fran- «çais a largement et noblement sacri^é ses plus nobles enfants au génie de la Liberté ! (Ecoutez ! écoulez I ) Msiis avant de terminer cette hislorir que de nos luîtes, depuis la conquête jusqu'aux événements malheureux de 1837-38, il est important de consta* ter que c'est à nôtre résistance hé*
roïque dans le parlenaent et à main armée sous le champ d*honneur que nous devons les libertés politiqu«»s que nous garantit la constitution ac'u* elle.
Je ne veux pas laisser cette aperça du système colonial de l'Angleterre, en Canada, sans détruire la fausse impression que ce système colonial s'est sensiblement amélioré, grâce a la libéralité des vues politiques des hommes d'Etat de la Grande-Bretagne :; que les luttes que nous avons faites étaient dues aux idées d'une autre époque et, qu'aujourd'hui, toutes les'libertés dont nous jouissons s'éten dent à toutes les colonies anglaises, auxquelles le régime colonial actuel garantit les avantages et les bienfaits du gouvernement responsable. Je crois, M. le Président, pouvoir détruire facilement ces arguments érronés, et, pour cela, je n'ai qu'à con sulter le régime colonial de l'Angleterre à l'Ile Maurice.
Le régime colonial de TAngltterreà .Vile de France^
Cette coloniel française, qui n'est pas aussi ancienne que la notre et qui est devenu la conquête de l'Angleterre, est tombée sous le joug de la Gran de-Brelagne en 1810. Depuis sa con* quête, on en a changé le nom en celui d'Ile Maurice. EUe renferme une population presque toute française, mais malheureusement pour ses droits politiques elle n'a pas, comme nous, l'avaniage de demeurer dans le voisinage immédiat d'une grande républi* que comme celle dés Eiats Uiiis, ser* vànt pour ainsi dire de garantie à la protection de ses libertés. L'Ile de 'France, grâce à son isolement, est justement dans des circonstances qui nous permettent de juger ce que va»
lent les prétendues libertées, du système colonial, lorsqu'il n'a rien à craindre de la faiblesse des solons ou de l'intervention d'un voisin puissant en faveur des opprimés.
Ainsi, M. Le pié^iJei)!, voilà une *l^iagnifi(iue occasion, de juger si le système colonial, appliqué euus ces 'circoirslanccs», a ce caracière de libé* ralii(') qu'on lui aliribue. Eh bien !
'je rogre\!e de Je dire, on voii ici, corn* me nous l'avons vu en Canada, la même politique agr(^8sive et tyranni* que que neus avon-* eu à combattre pendant tout un siècle. Le système colonial a motivé ici un profond mécontentement fil je val? énumérer les griefs dont on s'y plaint, grief.^ qui ne ^ont que trop fond/^8
'Quand VlUi Maurice a été cédée à l'Angleterre, on a stipulé, comme on l'avait fait pour le Canada, que la po* puiation française de Tîle retiendrait Piîsage de sa langue, ses inelilutions religieuses ainsi que ses lois qui l'a* valent régie jusque là : trois libertés d'un grand prix pour les descendants de la vieille France ! Eh bien î M. le président, nous allons voirmaintenanl si PAngleterre a respecté ces trois clauses du traité.
Je tiejis en mains une correspon* dance dont ia date n'est pas plus an* cienne que le 6 mai 1862 ; elle r»sl écrite par un côlon français de l'ile Maurice, et fait un exposé du système colonial qui régit ses compatriotes.
Avant de lire cette correspondance, je dois d'abord dire que la population de celte île est de deux cent mille âmes : cetle population est adminis* irée par un conseil exécutif et un conseil législatif, nommé à vie, de 18 membres, dont 8 sont des fonctionnaires publics nommés et payés par le gouvernement de la coloniè, les dix autres sont presque tous d'origine anglaise. Ainsi, l'élément français dans le conseil législatif de l'île Maurice est dans la proportion de 1 contre 5 environ, bien que la popula* tion soit presqu'entièrement française.
M. le rédacteur de ^économiste Fran
çais.
Vous promettez aux anciennes colonies françaises aide et protection dans vos colonnes ; il eitdonc naturel T[ue, confiant en cet-,
te promesse, je vienne mettre sous les yeux de vos lecteurs et dévoiler à un public in% telligent, à des juges impartiaux, les actes d'un gouvernement qui, depuis 1810, exerce sur nbus le despotisme le plus absolu, voilé sous le grand nom de liberté. En effet, monsieur, nous avons la liberté de la presse, maison ne l'éeoute pas. Vaines sont lesréclamations ; le ' goicverriemenl " se bouche les oreilles et nous laissé crier." Ensui* té il nous dit que nous n^aurons jamais une administration plus sage, plus paternelle, plus libérale. — "Que v»uIez*vous de plus q'ie la liberté de penser et d'écrire 1 " de* mande-l-il.
Ce que nous voulons, c'est que cette liberté de la presse nous soit utile à quel* que chose ; c'est que le gouvernement écôiite les organes de l'opinion publique ; c'est qu'il ne gaspille pas nos fonds, malgré lés protestations de la presse.
" Cette demande était, en effet, parfaitement juste, puisque sur les cinq journaux publiés dans l'Ile Maurice, quatre étaient français ; mais la seule f<îuille anglaise de l'Ile avait toujours raison contre les quatre feuilles fran çaises.
" C'est qu'il fasse observer les lois telles qu'elles ont été faites et également pour chucun j c'est que, entre autres lois, celle, sur II quarantaine soit fidèlement observée, et qu'on ne fasse pas d'exceptions pour les navires de guerre de Sa Majesté britannique ou pour ceux qui portent des troupes ; c'est qu'on apporte plus d'attention aux communications avec les navires arrivant de l'Inde ; c'est qu'on nous mette à l'abri des épidémies qui viennent décimer notre population ; c'est qu'on empêche le choléra de devenir endémique dans le pays, afia de con server la population française et créole de Maurice ; c'est que l'on fasse une conquê' te sur les causes qui ont pu nous donner le choléra ; c'est qu'on revise les lois insuffisantes ; c'est qu'on garde nos réserves chez nous, au lieu de les prêter à la métropole ou à ""d'autres colonies ; c'est qu'on respècte notre traité de capitulation ; c'est qu'on ne cherche pas â introduire ici des lois anglaises, quand il est convenu que les codes français seuls doivent nous ré^ir ; c'est qu'on nous rende l'usage de la langue française qui nous a été ravi au mépris de la foi jurée ; c'est qu'on ne fasse d'injustices criantes en fa v€ur des Anglais et au détriment des créoles j c'est que ces derniers
soient appelés aux différents emplois, et qu'on ne les donne pas à des protégés incapables ; c'est encore le conseille législatif; îelf' governmenty etc, etc, Voilà ce que nous voulons /
" Vous voyez qne nous voulons beaucoup de choses ! Mais n'est-ce pais que toutes ces choses sont ju^es^et raisonnables ?
" Passons maintenant à l'énumèration de quelques unes, et suivant l'ordre chronologique, commençons par lu langue française. " L'acte de capitulation, signé en IslO par les représentants de la France et de l'An* gleterre, contenait les clauses suivantes que uo\is, peuple conquis, nous imposions à nos vainqueurs : "
lo. Le respect de notre religion ;
2o. Le maintien de nos. lois ;
3o. La. garantie de nous laisser parler français.
Eh bien ! de ces trois principales clauses inscrites en grosses lettres dans notre acte de capitulation, acceptées et promises sous la foi du serment, signées et approuvées par l'Angleterre, l'une a déjà été violée ; on travaille à en saper une autre / Répu* diant tout scrupule, le gouvernement an* glais nous a d'abord ravi l'usage de la langue française devant les hautes cours de justice. Nous avons réclamé ; mais on est resté sourd à nos réclamations.
" Ce premier pas fait, jusqu'où n'ira* t on pas dans ce grand œuvre de destruction de tout ce qui nous vient de la France ?
•* Sur la demande de quelques Anglais, ou s'occupe déjà de faire un remaniement dans nos codes, et, quand la population entière s'adresse à la métropole poyr obtenir la révocation d'un ordre qui rend les affaires impossibles «ans l'intervention très coûteuse d'hommes de loi et de traducteurs et qui, do plus, blssse profondément les coeuis créoles, on lui dit de se faire! Quand elle demande à grands cris la révision des lois insuffisantes qui facilitent la prorogation de miasmes méphitiques, on ne l'entend pas ! Quant elle réclame une enquête sur les circonstauces qui ont pu introduire chpz elle la cruelle épidémie qui, depuis plus de quatre mois, porte la mort dans ses rangs, on lui dit qu'elle. .«e crée des chimères ! En même temps, et comme pour éloigné l'esprit public de cette idée, on a l'air de re mettre sur le tapi^ une question déjà résolue ef votée celle des chemins de fer ! f " Autre grief^— lorsque l'épidémie régne
c hez nous que notre municipalité a besoin, d'argent pour les soins à donner à la classe pauvre, le gouvernement n'en a pas à prê' ter, parce que les réserves financières de lu colonie se prêtent au Cap, à l'Inde, à Çey lan, à la métropole tnême, "
Aint^i, M, le Présitir-nî, l'Ile Maurice qui, aux terme-î^ de t^on trai'.é de capitulation,' devait conserver luaage de S'a langue, de «es iostilutions particulières et de ses loit^, se voit bientôt enlever l'usage de sa langue ; ses lois sont changées et ses institutions sont opprimées. C'est là, M. le Président, Tespèce de liberté dont une colonie française peut jouir sous le régintîe colonial de l'Angleterre, lorsque celte colonie est faible et qu'elle ne se trouve pas, comme le Canekda^ dans le voisinage d'une république puissante, comme celle des Etats- Uuis.
Je crois, M. le Président, avoir démontré amplement quel a éié de tout temps l'esprit d'antagonisme des deux races anglaise et française sur les.
deux continents, et quel' a été l'esprit d'agression de l'élément anglais contre notre population depuis l'origine de la colonie jusqu'à à nos jours ; nous avons vu le fanatisme colonial s'attaquer à nos institutions, à notre langue, à nos lois, et notre anéantissement comme race être le but évident de ses constants efforts. Aujourd'hui, pouvons-nous croire qu'il en est autre* ment, et cette unanimité de Pélémenl anglais en faveur de la confédération ne doifelle pas nous effrayer ; sous ces dehors de conciliation, n'y a*t*il pas notre perte f
Oui, M. le Président, consultons l'histoire de notre pays avant d'opé' rer un changement aussi radical dans notre eonslilution ; rappelons-nous avec terreur ces luttes et cet antagonisme qui ont prévalu dans le passé, et efforçons'nous de ji^ger sûrement des résultats nécessaires d'un chan* gement constitutionnel aussi grave que celui qui nous est propoeé- Ecoutez ! écoutez !