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Dès qu’il fut informé que les réclamations des métis étaient réglées, et qu’il n’obtenaït pas l’argent qu’il voulait avoir du gouvernement, le 5
mars, ilse décida à prendre lestarmes. Voyons ce que dit Charles Nolin sur ce point :
R. L'accusé vint mefaire visite, accompagné de Gabriel Dumont, Iline proposa un plan qu’il avait jeté sur une feuille de papier. Il avait décidé de prendre les armes et d'Induire 14 population à preadre les armes Aussi, et que le premier devoir était de combattre pour la gloire de Dieu, pour l’honneur de la religion et le salut de nos âmes, L’accusé dit qu’il avait neuf noms sur son papier et me demanda le mien. Je lui dis que son plan n'était pas parfait, mais que puisqu'il voulait combattre pour la gloire de Dieu, je pr'poserais un plan plus parfait. Mon plan était d’avoir des prières publiques dans la chapelle catholique pendant neuf jours, de se confoesser et de communier, et ensuite d'agir suivant
notre conscience,
Voilà l’homme qu’on veut faire passer pour un héros et un patriote. Il est évident que tout ce qu’il voulait, c'était d’avoir de l'argent du gouvernement. A la page 97 on voit ce qu’il se proposait de faire avec cet argent, s’il avait pu l’obtenir.
Il dit encore que s’il recevait cet argent, il s’en irait aux Etats-Unis, établirait un jour nal et soulèverai les autres nationalités des Etats-Unis.
Il avait déjà organisé deux soulèvements, et après avoir sacrifié les métis il voulait avoir de l'argent pour aller, disait-il, aux Etats-Unis soulever les autres nationalités et organiser une autre rébellion. Est-il nécessaire de donner une meilleure preuve de la
sagesse du gouvernement, qui n’a pas voulu intervenir dans la sentence pronohcée contre lui ?
Il dit : (Avant que 1’herbe ait attsint cette hauteur dans ce pays, vous verrez des ar. mées étrangères ici). Ildit: Je vais commencer par détruire !e Manitoba, et ensuits je viendrai détruire le Nord-Ouest et m'emparer du Nord Ouest,
Et on prétend que nous aurions dû être cléments envers cet homme, A tous ceux qui ont lu ces témoignages je demande s’il a été clément envers les prisonmiers et les gens qui étaient à sa disposition. A la page 45 on trouve :
11 vint à la porte de la cave et les premiers mots que je l’entendis prononcer furent ceux-ci : ‘‘Asiley, Astley, venez ici, et allez dire à Middleton que s’il massacre—massacre est, je crois, le mot qu’il a employé—nos femmes et nos enfants, nous allons vous massacrer, vous, prisonniers,‘
C’est lui qui disait à ces quelques personnes qu’il avait fait arrêter à cause de leur loyauté à leur pays, parce qu'elles avaient refusé de prendre part à la révolte, qu’il les massacreraient si quelque malheur surveuait à ses gens ; et sans lui ces malheurs ne seraient jamais arrivés.
S'est-il montré bien clément envers McKay, lorsqu'il lui disait ce qui est rapporté à la page 19 du compte-rendu de l'enquête dans le procès de
Riel :
Il Gevint très excité, se leva et dit : Vous ne savez pas ce que nous voulons. C’est du sang du saug ! nous voulons du sang! O’est une guerre d’estermination. ‘ous ceux qui sont contre nous seront chassés du pays. Il y a deux fléaux dans le pays, le gouvernement et la Compagnie de la Baie d'Hunson.
D. Oui?—Rr, Ilge tourna vers moi et dit que j'étais uatraître à son gouvernement, un spéculateur et une canaille, un voleur, et je ne sais quoi encore,
D. Ils'est servi d'expressions violentes à votre adresse ?—R. Oui. Ila fini par dire que c'était du sang qu’il leur fallait et que le premier sang versé serait le mien. Il y avait des petits plats sur la table, et il s'empara d’une cuiller, et dit ; Vous n'avez vas de sang, vous êtes un traître à vos compatriotes. Votre sang est tigé et ie peu qne vous avez sera là dans cinq minutes, me mettant la cuiller près de la figure et me la montrant.
Se montra-t-il clément lorsqu'il comdamna à mort Nolin et Boyer quand ils refusèrent de prendre les armes. A la page 62 on lit :
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“et qu'ils refusaient de prendre les armes.
“D. Quel fut le poupe évènement de la journée d'autant que ous vous rappelez les faits ?—R. 11 donna l’ordre d'aller faire prisonnier William Boyer et Charles Nolin. 4. 0.
* D. Lui avez-vous entendu dire pourquoi ils devaient être faits priconniers ?—R. Parce qu'ils ne voulaient pas prendre les armes.
D. A:t-il dit quelque chose indiquant qu’ils avaient fayorisé le mou- Yement jusque-là ?—R. Oui, parce qu'ils avâäient pris part au mouvement
[Re
D. Nolin fut-il mis. en accusation ?— À. Je ne puis rien dire touchantson prôcès, mais j'ai entendu Riel dire qu’il devrait être fusillé, et
es hommes devraient le fusiller. pd Le Lis D. Voué ävez compris que Nolin et Boyer devraient être fusillés?— R. Oui, tous deux, ,, 4 ae di.
D. Et cela parce qu'ils ne voulaient pas se joindre à la prise d'armes? —R. Parce qu’ils ne voulaient pas prendre les armes.” | a J'ai été charmé l’autre soir, et je crois que lé pays doit se féliciter de ce que le chef de l'opposition pour la province de Québec, se soit exprimé aussi loyalement qu'il l'a fait en cette occasion. Tf a dit que la loyauté tory était très intéressée, et que lorsque lord Elgin sanctionna le bill de l'indemnité, les tories devinrent déloyaux et signèrent un appel en faveur de l'annexion aux Etats-Unis. L’honorable député a oublié, sans doute, de mentionner le fait que ce même manifeste qui, je l’admets, était signé ar quelques conservateurs, était Aussi signé par des hommes tels que l'honorable A. À. Dorion, feu M. Doutre, M. Papineau, M. Laflamme, M. Holton, et autres chefs du parti libéral dans la province fe Québec. Il se peut que ceux qui n'auraient pas Connu ces détails, aur...ent pu Croire d’après les paroles de l'honorable député, que ce manifeste n avait été signé que par des conservateurs et que pas un seul chef libéral n'aurait consenti à y apposer sonnom. STE Mais lhongrablé député sait que ce manifeste n’a pas été signé par sir George Cartier, le chef du parti libéral-conservateur dans la province
de Québec. En parlant de sir Ceorge Cartier, l'honorable député a été
très éloquent et a exprimé beaucoup d’admiration pour cet homme d'Etat regretté ; mais, M. l’Orateur, lorsque, malheureusement pour le pays, sir George Cartier fut enlevé à ses amis et à cette carrière utile, que nous conservateurs ne pourrons jamais oublier, et que nous nous rappelons tous les jours avec bonheur, a-t-on oublié que même alors, la presse libérale l’a attaqué brutalement, bien qu'elle le réclame presque aujoura’hui comme un des chefs de son parti. î 5
Il faut que l'honorable député ait oublié la manière dont les libéraux dans cette Chambre et dans tout le pays l’ont attaqué durant sa vie, bien qu'ils tentent maintenant de faire son éloge, comme l’honorable député l’autre soir. RS Le
Si sir George Cartier était encore au milieu de nous, je dis et Je crois qu'il aurait agi comme nous l'avons fait, sur cette question Riel. Pendant sa vie ne fut-il pas traité exactement comme nous sommes traités aujourd'hui? N’a-t-on pas dit qu'il était vendu aux orangistes ? N'a-t.on pas dit qu’il avait vendu la province de Québec à sir J ohn A. Macdonald et aux protestants d'Ontario ? N’a-t-on pas dit qu’il avait vendu sa province à l'influence anglaise ?
Mais il aimait assez son pays pour ne pas attacher plus d'importance qu'il n’en fallait à ces insultes, qui étaient lancées contre lui comme -elles sont lancées aujourd’hui contre nous. Sir George Carter a fait son
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de oir, et même après sa mort sa mémoire n’a pas été respectée par les hbéraux. :
Dans l’histoire de feu M. Letellier,écrite par un député de l’opposition, l'honorable député de l'Islet [M. Casgrain|, la mémoire de sir George Cartier est outragée ; et lorsque le député de Québec-Est [M. Laurier] parlait de lui en termes si élogieux et si éloquents je ne pouvais m'empêcher de penser à la triste page que j'ai lue dans le livre dont je viens de parler. En autant que je suis concerné personnellement, et je crois pouvoir dire la même chose de mes collègues, au milieu des plus grandes difficultés, et dans les circonstances les plus pénibles nous avons fait ce que nous avons cru être notre devoir ; et je crois que ce que nous avons fait, sir George Cartier, dont le motto, qui est aussi le motto du parti conservateur : “franc et sans dol,” l'aurait fait dans les mêmes circonstances.
Je dois m’extuser auprès de vous et de la Chambre, monsieur l’Orateur, d’avoir été si long et si peu châtié dans mes remarques ; mais les questions que j'ai traitées, je croyais devoir les soumettre à la Chambre et jai essayé de le faire de la manière la plus sincère possible.
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