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répandre la semence de la religion, de la vertu, et de l’abnégation.
« Les Canadiens des Elats-Unis sont loin d'être heureux ; leur éloignement de la terre natale est pour eux un véritable exil; mais ce sont surtout les Canadiennes qui souffrent de cel ennui causé par la privation des lieux toujours chéris où s’est écoulée leur enfance. des associations de leur jeune âge, des influences de la famille et du pays. Les dames canadiennes sont sans exception de véritables patrioles et partout depuis le Penobscot jusqu'à la Wallamette, lorsque seront lus au foyer de la famille les récits de la grande fête que nous célébrois, à la mention d'un nom familier ou d'une localité fraîche encore à leur mémoire, ces dignes filles du Canada seront émues jusqu'aux larmes.
« Cette classe de notre population comprend un nombre considérable d'habiles ouvriers et de cultivateurs à l'aise, beaucoup sont propriétaires dans les villes et dans les campagnes qui les environnent. Les chefs de familles en général n'ont acquis qu'une connaissance imparfaite de la langue anglaise, et en conséquence n’exercent que peu ou point d'influence dans les affaires publiques et dans la société. Leurs enfants n'ont pas d'éducation française, et l'éducation anglaise qu’ils possèdent est trop bornée pour leur être d'aucune utilité appréciable ; ils sont bons ciloyens, voisins paisibles, et comme ils n'ont pas d'autre ambition que de faire vivre leur famille convenablement par uu travail manuel ardu et persévérant, ils ne sont en butte à aucun antagonisme de la part des classes dirigeantes.
«Les Canadiens de la troisième classe, c'est-à-dire ceux qui ont émigré dans le cours des vingl*dernières années, sont encore Canadiens jusqu’au fond de leurs âmes. Ainsi que je l'ai déjà dit, ils sont groupés principalement dans les Etats de la Nouvelle-Angleterre, dans le Maine, le New-Hampshire, le Vermont, le Connecticut, le Massachusett et le Rhode Island. Ils ont des avantages que les autres n’ont pas, ou n'ont obtenu que depuis ; ainsi, ils ont des curés de leur origine, des églises à eux dans lesquelles la langue française seule a droit de se faire entendre, des écoles de paroisses, des couvents, leurs sociétés nationales, littéraires et de bienfaisance, leurs journaux, plus un certain nombre d'hommes de professions et de gens instruils établis parmi eux. Avec ces avantages, ils de-