PRÉLIMINAIRE. XVII
trelacent en rochers, en récifs, et, s’élevant jusqu’à fleur d’eau , ferment l'entrée des ports , tendent des piéges terribles aux navigateurs. La mer, jetant des sables et du limon sur le haut de ces écueils, en élève quelquefois la surface au-dessus de son propre niveau, et en forme des îles qu’une riche végétation vient bientôt vivifier (1).
Il est possible aussi que, dans quelques endroits, les animaux à coquillages laissent en mourant leurs dépouilles pierreuses, et que, liées par des vases plus ou moins concrètes, ou par d’autres cimens, elles forment des dépôts étendus, ou des espèces de bancs coquilliers; mais nous n'avons aucune preuve que la mer puisse aujourd’hui incruster ces coquilles d’une pâte aussi compacte que les marbres , que les grès , ni même que le calcaire grossier dont nous voyons les coquilles de nos couches enveloppées. Encore moins trouvons-nous qu’elle précipite nulle part de ces couches plus solides, plus siliceuses qui ont précédé la formation des bancs coquilliers.
Enfin toutes ces causes réunies ne releveroient pas une seule couche , ne produiroiïent pas le moindre monticule, ne changeroient pas d’une quantité appréciable le niveau de la mer.
On a bien soutenu que la mer éprouve une diminution générale , et que l’on en a fait l'observation dans quelques lieux des bords de la Baltique; mais quelle que soit la cause de cette apparence, il est certain qu’on n'a rien observé de semblable surnos côtes, et qu'iln’y a point d’abaissement général des eaux. Les plus anciens ports de mer ont encore leurs quais, et tous leurs ouvrages à la même hauteur au-dessus du niveau de la mer, qu'à l’époque de leur construction.
On a bien supposé aussi des mouvemens généraux de la mer d’orient en occident, ou en d’autres directions ; mais on n’a pu nulle part en estimer les effets avec quelque précision.
L'action des volcans est plus bornée, plus locale encore que
(1) Voyez les Observations faites dans la mer du Sud, par R. Forster.
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Incrustations,
Volcans.