‹ Discours sur la théorie de la terreChapitre 11 sur 86 · XVIIE DISCOURS · texte numérisé non relu

XVIIE DISCOURS

toutes celles dont nous venons de parler. Quoique nous n’ayons au-

cune idée nette des moyens par lesquels la nature entretient à de si grandes profondeurs ces violens foyers, nous jugeons clairement par leurs effets des changemens qu’ils peuventavoir produits à la surface du globe. Lorsqu'un volcan se déclare, après quelques secousses , quelques tremblemens de terre, il se fait une ouverture. Des pierres, des cendres sont lancées au loin ; des laves sont vomies ; leur partie la plus fluide s’écoule en longues trainées; celle qui l’est moins s’arrète aux bords de l'ouverture, en élève le contour, y forme un cône terminé par un cratère. Ainsi les volcans accumulent sur la surface, après les avoir modifiées , des matières auparavant ensevelies dans la profondeur ; ils forment des montagnes; ils en ont couvert autrefois quelques parties de nos continens ; ils ont fait naître subitement des îles au milieu des mers; mais c’étoit toujours de laves que ces montagnes , ces iles étoient composées ; tous leurs matériaux avoient subi l’action du feu. Les volcans ne soulèvent donc ni ne culbutent les couches que traverse leur soupirail ; et ils n’ont point contribué à l'élévation des grandes montagnes non volcaniques.

Ainsi, nous le répétons, c’est en vain que Fon cherche, dans les forces qui agissent maintenant à la surface de la terre, des causes suffisantes pour produire les révolutions et les catastrophes dont son enveloppe nous montre lestraces; et, si lon veut recourir aux forces extérieures constantes connues jusqu’à présent, l'on n’y trouve pas plus de ressources. |

Causes astro- Le pôle de la terre se meut dans un cercle autour du pôle de nomiques cons- l’échiptique : son axe s'incline plus ou moins sur le plan de cette même He écliptique; maisces deux mouvemens, dont les causes sont aujourd’hui

appréciées, ne passent point certaines limites, et ces limites sont trop étroites pour les effets que nous avons reconnus. D'ailleurs ces mouvemens, d'une lenteur excessive, ne peuvent expliquer des cata-

strophes qui nécessairement ont du être subites.

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