XXIV DISCOURS
n'est pas d'en critiquer les auteurs : au contraire nous reconnoissons que ces idées ont généralement été conçues par des hommes d'esprit et de science, qui n’ignoroient point les faits, dont plusieurs même avoient voyagé long-temps dans l'intention de les examiner.
D'où peut donc venir une pareille opposition dans les solutions d'hommes qui partent des mêmes principes pour résoudre le même problème ?
Ne seroit-ce point que les conditions du problème n’ont jamais été toutes prises en considération ; ce qui l’a fait rester, jusqu’à ce jour, indéterminé, et susceptible de plusieurs solutions, toutes également bonnes quand on fait abstraction de telle ou telle condition ; toutes également mauvaises, quand une nouvelle condition vient à se faire connoître, ouque l'attention se reporte vers quelque condition connue, mais négligée ?
Pour quitter ce langage mathématique, nous dirons que presque tous les auteurs de ces systèmes, n'ayant eu égard qu’à certaines difficultés qui les frappoient plus que d’autres, se sont attachés à résoudre celles-là d’une manière plus ou moins probable, et en ont laissé de côté d'aussi nombreuses, d'aussi importantes. Tel n’a vu, par exemple, que la difficulté de faire changer le niveau des mers; tel autre, que celle de faire dissoudre toutes les substances terrestres dans un seul et même liquide ; tel autre enfin, que celle de faire vivre sous la zône glaciale des animaux qu’il croyoit de la zône torride. Epuisant sur ces questions les forces de leur esprit, ils croyoient avoir tout fait en imaginant un moyen quelconque d'y répondre: il y a plus, en négligeant ainsi tous les autres phénomènes, ils ne songeoient pas même toujours à déterminer avec précision la mesure et les limites de ceux qu'ils cherchoient à expliquer.
Cela est vrai surtout pour les terrains secondaires , qui forment cependant la partie la plus importante et la plus difficile du problème. On ne s’est presque jamais occupé de fixer avec soin les su-