XXXIV DISCOURS
entendu parler qu’à la fin du dix-septième siècle. C’étoit le même animal dont on avoit des relations fabuleuses sous le nom de catoblepas ou de catablepon (1).
Le sanglier d'Ethiopie d'Agatharchides, qui avoit des cornes, étoit bien notre sanglier d’Éthiopie d'aujourd'hui, dont les énormes défenses méritent presque autant le nom de cornes que les défenses de l'éléphant (2).
Le bubale, le nagor sont décrits par Pline (3); la gazelle, par Élien (4); l’oryx, par Oppien (5); l’axis l’étoit dès le temps de Ctésias (6); l’algazel et la corine sont parfaitement représentés sur les monumens Égyptiens (7).
Elien décrit fort bien le yak, ou bos-grunniens, sous le nom de bœuf dont la queue sert à faire des chasse-mouches (8).
Le bufle n’a pas été domestique chez les anciens ; mais le bœuf des Indes, dont parle Élien (9), et qui avoit des cornes assez grandes pour : tenir trois amphores, étoit bien la variété du bufle, appelée arm.
Les anciens ont connu les bœufs sans cornes (ro), les bœufs d’Afrique, dont les cornes attachées seulement à la peau se remuoient avec elle (11); les bœufs des Indes, aussi rapides à la course que des chevaux (12); ceux qui ne surpassent pas un bouc en grandeur (13) ;
G@) Voyez Pline, lib. VIT, cap. XXXIT ; et surtout Ælien, lib. VIT, cap. V. (2) AElian., anim., V, 27.
(3) Pline, Ub. VIT, cap. XV, et hib. XT, cap. XXXWVII.
(4) ÆElian., anim., XIV, 14.
(5) Opp., Cyneg., I, v. 445 etsuiv.
(6) Pline, Gb. VIT, cap. XXI.
(7) Voyezle grand ourage sur l'Égypte : Antiq., IV, pl. XLIX et pl. LXVI. (8) ÆElian. , anim., XV, 14.
(o) Jdem, II, 34.
(10) Idem, 1, 53.
{1) 1dem, II, 20.
(12) Idem, XN, 24.
(x3) Idem, ibid.
PRÉLIMINAIRE. | XXXV les moutons à large queue(1}; ceux des Indes, grands comme des ‘ânes (2).
Toutes mêlées de fables que sont les indications données par les anciens sur l’aurochs, sur le renne, et sur l'élan, elles prouvent toujours qu'ils en avoient quelque connoïssance; mais que cette connaissance, fondée sur le rapport de peuples grossiers, n’avoit point encore été soumise à une critique judicieuse.
L’ours blanc a été vu même en Egypte sous les Ptolomée (3).
Les lions, les panthères, étoient communs à Rome dans les jeux : on les y voyoit par centaines ; on y a vu même quelques tigres ; l’'hyène rayée, le crocodile du Nil y ont paru. Il y a dans les mosaïques antiques, conservées à Rome, d’excellens portraits des plus rares de ces espèces ; on voit entre autres l'hyène rayée, parfaitement représentée dans un morceau conservé au Muséum du Vatican ; et, pendant que j'étois à Rome (en 1809), on découvrit, dans un jardin du côté de l'arc de Galien ,un pavé en mosaïque de pierres naturelles assorties à la manière de Florence, représentant quatre tigres de Bengale supérieurement rendus.
Le Muséum du Vatican possède un crocodile en basalte, d’une exactitude presque parfaite (4). On ne peut guère douter que l’Arppotigre ne füt le zèbre, qui ne vient cependant que des parties méridionales de l'Afrique (5).
Il seroit facile de montrer que presque toutes les espèces un peu remarquables de singes ont été assez distinctement indiquées par les
(1) ÆElian., anim. IT, 3.
(2) Idem, IV, 32.
-(3) Athénée , lib. V.
(4) Il n’y a d’erreur qu’un ongle de trop au pied de derrière. Auguste en avoit montré trente-six. Dion, hb. LV.
(5) Caracalla en tua un dans le cirque. Dion b. LXXVII Cont. Gisb. Cuperi de
Eleph. in nummis obvüs. ex, Il, cap. VII.