PRÉLIMINAIRE. CXXXVII
mon nom, est devenu presque en entier celui de mon ami, par les soins infinis qu'il a donnés, depuis la conception de notre premier plan et depuis nos voyages, à l'examen approfondi des objets et à la rédaction du tout. Je l'ai placé, avec le consentement de M. Brongniart, dans la deuxième partigde cet ouvrage, dans celle où je traite des ossemens de nos environs. Quoique relatif en apparence à un pays assez borné, il donne de nombreux résultats applicables à toute la géologie, et sous ce rapport il peut être considéré comme une partie intégrante du présent discours en même temps qu'il est à coup sûr l’un des plus beaux ornemens de mon livre.
On y voit l’histoire des changemens les plus récens arrivés dans un bassin particulier , et il nous conduit jusqu’à la craie, dont l'étendue sur le globe est infiniment plus considérable que celle des matériaux du bassin de Paris. La craie, que lon croyoit si moderne, se trouve ainsi bien reculée dans les siècles de l’avant-dernier âge. Il seroit important maintenant d'examiner les autres bassins que peut enfermer la craie, et en général toutes les couches qu’elle supporte, afin de les comparer à celles des environs de Paris. La craie elle-même offre peut-être quelques successions d'êtres organisés. Elle est embrassée et supportée par le calcaire compacte qui occupe la plus grande partie de la France et de l'Allemagne, et dont les fossiles diffèrent infiniment de tous ceux de notre bassin; mais en le suivant depuis la craie jusqu'au calcaire presque sans coquilles des crètes centrales du Jura, ou jusque sur les aggrégats des pentes du Hartz, des Vosges et de la Forèt-Noire, n'y trouveroit-on pas encore bien des variations? Les gryphites, les cornes d'Ammon, les entroques dont il fourmille, ne sont-ils point repartis par genres, ou au moins par espèces ?
Ce calcaire compacte n’est point partout recouvert de craie; sans
cet intermédiaire il enveloppe en plusieurs lieux des bassins, ou sup-