SQUELETTE SQUELETTE IBIS DE SACCGARA
PARTIES. d’Ibis de A a, de Thèbes. Courlis. Le plus grand.| Le plus petit. Tête et bec ensemble... ..... De tU 0,210 0,215 Ù === LiEctesenle pisse es. us OT 0,047 0,040 MON Ir SES Les 14 vertebres du col ensemble... 0,192 0,150 pre HN | Ledos......... DA DOME COR O 0 DE 0,080 0,056 pétiee Sn dus Léisacrumse. TOR 0,087 0,070 LL Re eicoccyx Lane era 0,037 0,035 ee — Lefémur: MAMAN Ért 0,073 0,060 RIVER, Dhs Teitibias- mener Enr 0,150 9,112 — 0,095 Peitarse aline AR St ere 0,102 0,090 ee pes Le doigt du MATOS ET Ne sales see 0,097 0,070 Rte hu ie Le sternum.....,..:. A AD A CUS 0,092 0,099 ne Et, lLa:clavicule.…... …....... eu =10;000 0,041 ——— 0,04 HDUMEEUS. See ces Née 0,133 0,106 0,124 —— Pa vant-Drass sem elen 0,153 0,117 0,144 0,114 émane SAer ô 0,125 0,103 —— ——
Où voit par cette table que l'animal de Thèbes étoit plus grand
que notre courlis ; que l’un des ibis de Saccara tenoit le milieu entre celui de Thèbes et notre courlis ; et que l’autre étoit plus petit que ce dernier. On y voit aussi que les différentes parties du corps de libis n’observent point entre elles les mêmes proportions que celles du courlis ; le bec du premier, par exemple, est notablement plus court, quoique toutes les autres parties soient plus longues, etc.
Cependant ces différences de proportion ne vont point au-delà de ce qui peut distinguer des espèces du même genre: les formes et les caractères que l’on peut considérer comme génériques, sont absolument les mêmes.
Il falloit donc chercher le véritable ibis, non plus parmi ces tantalus à haute taille et à bec tranchant, mais parmi les courlis; et notez que par le nom de courtis nous entendons, non pas ce genre artificiel, formé par Latham et Gmelin, de tous les échâssiers à bec courbé en en bas et à tête nue, que leur bec soit arrondi ou tranchant,
CXLVIIT SUR L’IBIS.
mais bien un genre naturel que nous appellerons zwmemus , et qui comprendra tous les échâssiers à becs courbés en en bas, mousses et arrondis, que leur tête soit nue ou revêtue de plumes. C’est le genre courds tel que l’a conçu Buffon (1).
Un coup d'œil sur la collection des oiseaux du cabinet du Roi nous fit reconnoître une espèce qui n’étoit encore ni nommée , ni décrite dans les auteurssystématiques , excepté peut-être M. Latham, et qui, examinée avec soin, se trouva satisfaire à tout ce que les anciens, les monumens et les momies nous indiquent comme caractères de l'ibis.
Nous en donnons ici la figure, pl. IT; c’est un oïseau un peu plus grand que Île courlis; son bec est arqué comme celui du courlis, mais un peu plus court et sensiblement plus gros à proportion, un peu:comprimé à sa base, et marqué de chaque côté d’un sillon qui partant de la narine rêgne jusqu’à l’extrémité, tandis que dans le courlis un sillon semblable s’efface avant d’être arrivé au milieu de la longueur; la couleur de ce bec est plus ou moins noire ; la tête et les deux tiers supérieurs du col sont entièrement dénués de plumes, et la peau en est noire. Le plumage du corps, des ailes et de la queue est blane, à l'exception des bouts des grandes pennes de l'aile qui sont noirs; les quatre dernières pennes secondaires ont les barbes singulièrement longues, eflilées, et retombent par-dessus les bouts des ailes lorsque celles-ci sont pliées; leur couleur est un beau noir avec des reflets violets. Les pieds sont noirs, les jambes sont plus grosses et les doigts notablement plus longs à proportion que ceux du courlis ; les membranes entre les bases des doigts sont aussi plus étendues ; la jambe est entièrement couverte de petites écailles
polygones, ou ce que l’on appelle réticulée, et la base des doigts
(1) Nous avons établi définitivement ce genre dans notre Règne animal, t.1, p. 493, et sl paroît avoir été adopté par les naturalistes.
SUR L’'IBIS. EXLIX même n’a que des écailles semblables, tandis que dans le courlis les deux tiers de la jambe et toute la longueur des doigts sont scutulés, c’est-à-dire garnis d’écailles transversales. Il y a une teinte roussâtre sous l'aile, vers la racine de la cuisse, et aux grandes couvertures antérieures ; mais cette teinte paroit être un caractère individuel ou le résultat d’un accident, car elle ne reparoîït point sur d’autres individus d’ailleurs entièrement semblables.
Ce premier individu venoit de la collection du Stathouder, et on ignoroit son pays natal. Feu M. Desmoulins , aide-naturaliste au Muséum, qui en avoit vu deux autres, assuroit qu'ils venoient du Sénégal : l’un d'eux doit même avoir été rapporté par M. Geoffroy de Villeneuve; mais nousverrons plusbas que Bruce(1)a trouvé cette espèce en Ethiopie où elle se nomme abou hannes (père Jean), et que M. Savigny l’a vue en abondance dans la Basse-Egypte où on l’appelle abou mnengel (père de la faucille). I est probable que les modernes ne prendront pas au pied de la lettre l’assertion des anciens, que l’ibis ne quittoit jamais ce pays sans périr (2).
Cette assertion seroit d’ailleurs aussi contraire au tantalus ibis qu'à notre courlis ; car les individus qu'on en a en Europe, viennent du Sénégal. C’est de là que M. Geoffroy de Villeneuve a rapporté celui du Muséum d'histoire naturelle ; il est même beaucoup plus rare en Égypte que notre courlis, puisque depuis Perrault, personne ne dit l'y avoir vu ou l’en avoir recu.
- Un individu sans teinte fauve , mais d’ailleurs entièrement pareil au premier, a été rapporté par M. de Labillardière, de son voyage dans l’'Australasie, fait avec M. d’Entrecasteaux.
Nous avons appris ensuite que dans la jeunesse ces sortes de numé-
nius ont la tête et le cou garnis de plumes dans la partie qui doit devenir
(1) Bruce, loc. cit. ; et Savigny, Mém. sur l'Ibis, p. 12.
(2) ÆElian., Uib. 1}, cap. XXX VIT.
RE SUR L’IBTS.
nue avec l’âge, et que les scapulaires y sont moins eflilées et d’un noir plus pâle et plus terne. C’est dans cet état qu’il nous en a été rapporté un de l’Australasie par feu Péron, qui ne diffère d’ailleurs du nôtre et de celui de M. de Labillardière que par quelques traits noirs aux pennes bâtardes et aux premières grandes couvertures, et où toute la tête et le haut du cou sont garnis de pennes noirûtres. C’est aussi un individu d'âge peu avancé que M. Savigny a rapporté d'Egypte et représenté pl. [ de son 7ném. sur l’ibis et dans le grand owprage sur l'Égypte, oiseaux pl. VIT. Les plumes de la tête et du derrière du cou y sont plutôt grises que noires, celles du devant du cou sont blanches. Enfin la figure de Bruce (atlas, pl XX XV ) est également faite sur un jeune individu observé en Abyssinie, et à peu près pareil à celui de M. Savigny.
Nous en avons recu de Pondichéry par M. Leschenault un individu semblable à celui de Péron, mais où la tête seulement et un peu de la nuque sont garnis de plumes noirâtres; tout le reste est couvert de plumes blanches. Mais il n’en est pas moins certain que tous ces oiseaux ont la tête et le cou nus quand ils sont adultes.
Feu Macé a envoyé du Bengale au Muséum plusieurs individus d’une espèce très-voisine de celle-ci qui a le bec un peu plus long et moins arqué, dont la première penne seulement a un peu de noir aux deux bords de sa pointe, et dont les pennes secondaires sont aussi un peu eflilées et légèrement teintes de noirâtre.
Il paroïît d’après M. Savigny, p. 25, que M. Le Vaillant en a observé encore une qui a de même les pennes secondaires eflilées, mais dont le cou garde toujours ses plumes et dont la face est de couleur rouge.
Le même Macé nous a aussi adressé un #artalus très-semblable à celui que les naturalistes ont regardé comme l'ibis, mais dont les petites couvertures des ailes et une large bande au bas de la poi-
trine, sont noires et maillées de blanc. Les dernières pennes secon-
SUR L’'IBIS. CLI daires sont allongées et teintes de rose. On sait que dans le /antalus this des naturalistes les petites couvertures des ailes sont maillées de lilas, et que le dessous du corps est tout blanc. = Nous donnons ici une table des parties de quelques uns de ces quatre animaux qu'on peut mesurer exactement dans des individus empaillés ; qu’on les compare avec celles des squelettes d’ibis mo-
mifiés, et l’on jugera s’il étoit possible de croire un seul instant que
ces momies vinssent des tantalus.
Tantalus| 7 [Numenius| Numenius Nume- | Nume- | ]Vumeantalus : é E Fe Ibis ; à Vumenius j , Ê PARTIES Ibis et Ibis, TINIEE nius nius nius Lel Inde, |s10n nous Le LA gs He des natu- k le véritable mesuré par , | de Labil- de de Les- DU CORPS. j tree ibis des à P de Macé: à w ralistes, [40 MCE! ciens. |M.Savigny lardière.| Péron. |chenault,
rem hne | te. | a | ons |
Longueur du bec
de sa commissure
fa sa pointé... ..l'"0,210: | 0,365 | 0,126 |: 0,154 0,148 | 0,165 | 0,131 :| 0,132 Longueur de la | partie nue de la
jambe: .:...: ..| 0,130 | 0,150 | o,041 0,086 | 0,055 | 0,940 | 0,034 | 0,044 Longueur du tarse| 0,190 | 0,250 0,085 0,097 0,095 | 0,054 | 0,080 | 0,093 Longueur du doigt
du milieu.......| 0,105 | o,115 | 0,080 0,092 0,088 | 0,086 | 0,078 | 0,086
- Maintenant parcourons les livres des anciens et leurs monumens ; comparons ce qu'ils ont dit de l’ibis, ou les images qu'ils en ont tracées, avec l'oiseau que nous venons de décrire, nous verrons toutes les difficultés s'évanouir et tous les témoignages s’accorder avec le meilleur de tous, qui est le corps même de l'oiseau conservé dans la momie.
« Les ibis les plus communs, dit Hérodote, Euterp., n°. 36, ont » la tête et le devant du cou nus, le plumage blanc, excepté sur » la tête, sur la nuque, aux bouts des ailes et du croupion qui sont
» noirs Cr). Leur bec et leurs pieds ressemblent à ceux des autres
Ÿ \ \ 4 mn e ,
(1) ann Tu 2tDa ray » nai T0 despay TATHY. Acvx #lepoïce, TÀ AY LEDuAGS, PA) æÜytves aal
” / mn 3 0 :
ŒHPUY T&Y rÎipuyoy , Lai rryals CETER Feu Larcher, Herod. : trad. fre IE, P- 327 a bien fait sentir la différence de ces mots, #%#, la nuque, et dis ou déps, la gorge.