CLII SUR L’IBIS
» ibis. Et il avoit dit de ceux-ci : ils sont de la taille du crex , de » couleur entièrement di et ont les pieds semblables à ceux de la » grue, et le bec crochu.
Combien de voyageurs ne font pas aujourd'hui de si bonnes dés criptions des oiseaux qu'ils observent, que celle qu'Hérodote avoit faite de libis?
Comment a-t-on pu appliquer cette description à un oiseau qui n’a de nu que la face, et qui l’a rouge, à un oiseau qui a le croupion blanc et non recouvert au moins comme le nôtre par les plumes noires des ailes.
Cependant ce dernier caractère étoit essentiel à l’ibis : Plutarque dit ( de Iside et Osiride) qu'on trouvoit dans la manière dont le blanc étoit tranché avec le noir dans le plumage de cet oiseau, une figure du croissant de la lune. C’est en effet par la réunion du noir des dernières plumes des ailes avec celui des deux bouts d’ailes que se forme, dans le blanc, une grande échancrure demi-circulaire qui donne à ce blanc la pour d’un croissant.
Il est plus diflicile d'expliquer ce qu’il a voulu dire en avançant que les pieds de libis forment, avec son bec, un triangle équilatéral. Mais on conçoit l’assertion d'Elien, que, lorsqu'il retire sa tête et son cou dans ses plumes, il représente un peu la figure d’un cœur (1). Il étoit à cause de cela l’emblème du cœur humain selon Horus Apoll., c. 35.
D’après ce qu'Hérodote dit de la nudité de la gorge, et des plumes qui couvroient le dessus du cou, il paroit avoir eu sous les ÿeux un individu d'âge moyen, mais il n’en est pas moins certain que les Égyptiens connoissoient aussi très-bienlesindividus à cou entièrement nu. On en voit de tels représentés d’après des sculptures en bronze dans le recueil d’antiquités égyptiennes, de Caylus (tome I, pl. X, 1. 4, et tome V, pl. XI, no. 1). Cette dernière figure est mème
(Gi) ÆElian., hb. X, cap. XXIX.
SUR L'IBIS. CLUY tellement semblable à notre oiseau de la pl. IE, que l’on diroit qu’elle a été faite d’après lui.
Les peintures d’Herculanum ne laissent non plus aucune espèce de doute; les tableaux nos. 138 et 140 de l'édition de David, et tome IT, p. 315, no. 59, et page 32r, n°. Go de l'édition originale, qui représentent des cérémonies égyptiennes, montrent plusieurs ibis marchant sur le parvis des temples ; ils sont parfaitement semblables à l'oiseau que nous avons indiqué : on y reconnoit surtout la noirceur caractéristique de la tête et du cou, et on voit aisément par la proportion de leur figure avec les personnages du tableau, que ce devoit être un oiseau d’un demi mêtre tout au plus, et non pas d’un mètre ou à peu près comme le tantalus ibis.
La mosaïque de Palestrine présente aussi dans sa partie moyenne plusieurs ibis perchés sur des bätimens ; ils ne diffèrent en rien de ceux des peintures d'Herculanum. ù
Une sardoine du cabinet de D. Mead, copiée par Shaw, app. tab. V, et représentant un ibis, semble être une miniature de l'oiseau que nous décrivons.
Une médaille d'Adrien, en grand bronze, représentée dans le Muséum de Farnèse, tome VE, pl. X X VIE, fig. 6, et une autre du même empereur, en argent, représentée tome IIF, pl VI, fig. 9, nous donnent des figures de l’ibis, qui malgré leur petitesse ressemblent assez à notre oiseau.
Quant aux figures d’ibis sculptées sur la plinthe de la statue du Nil, au Belvédère et sur sa copie au jardin des Tuileries, elles ne sont pas assez terminées pour servir de preuves ; mais parmi les hiéroglyphes dont l'Institut d'Égypte a fait prendre des empreintes sur les lieux, il en est plusieurs qui représentent notre oiseau sans équivoque. Nous donnons (pl. IF, fig. 1 ) une de ces empreintes que M. Geoffroy a bien voulu nous communiquer.
Nous insistons particulièrement sur cette dernière figure, attendu.
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