‹ Discours sur la tolérance [microforme]Chapitre 3 sur 4 · IX · texte numérisé non relu

IX

Mais ici j'entends le prédicant de la!

tolérance tout épouvanté, m'arrêter en disant : La doctrine que vous soutenez | amène pour conséquence que l'Etat.

doit avoir une religion. Sachez-le,

c’est une doctrine surannée que rejette | notre siècle, qui a déjà détruit tant de | Retiens ? l | devoir à remplir: protéger les hom-

préji.gés.

Ah! notre siècle, si cette merveil-| ‘leuse réaction en faveur de la foi ca-|

qui, toute peu nouvelle qu'elle soit, me cause toujours de l’étonnement.

Aiïnsi l’on croit que Dieu est l’auteur de la société, que c’est lui qui a constitué l’autorité temporelle, et cependant que cet autorité n’a aucun hommage à rendre à Dieu, aucune loi

à recevoir de lui, aucun acte à faire

par lequel elle reconnaisse son souverain domaine et qu’elle doit être absolument indifférente à la religion qu'il a révélèe pour le salut des

| hommes. En l’établissant, Dieu Jui a

dit: Je te charge de venger les droits les plus faibles des sujets qui te seront soumis, mais prends garde de rien faire pour la gloire de mon rom, la

| défense de la vérité, et le soutien de

la religion,toute nécessaire qu’elle soit.

etiens le bien : tu as un double

mes et laisser insulter Dieu ; tout acte

a ancbngetntrenaqut, sdh tnt rm ttgnte re

tholique qui s'accomplit de toute part nelle dstinguait pas; s'il ne brillait pas de la gloire que lui ont donnée les grands écrivains religieux qu'il a produits; si, ce qui est tout-àfait opposé à mon attente, les principes des ennemis de la foi devaient prévaloir, il mériterait le nom honteux de siècle des absurdités.

Parmi ses droits à ce titre se trouve au premier rang, la maxime que l’on m'oppose : l'Etat ne doit pas avoir de religion, c'est-à-dire l'Etat doit être

‘athée. Certains apôtres de la tolérance |

n’énoncent pas cette maxime en termes aussi crus, à raison de ménagements qu'ils ont à garder, mais on sait qu'elle est proclamée bien explicitement par les ennemis de l'Eglise en général : et d’ailleurs la tolérance ahgolue ne peut être défendue lo-

iquement qu’en vertu de ce princi-| P

… S'il est soutenu par des hommes qui se disent athées eux-mêmes, je con- “çois la chose, et je n'ai rien à dire.

“Mais s'il est admis par des hommes, ui regarderaient comme une diffa- Mmation d'être soupçonnés d’athéisme et qui même se prétendraient catho- Jiques ; alors je vois là une déraison

que tu ferais en faveur du culte que | j'ai établi pour ma gloire, serait un crime pour toi.

Eh! bien, ces deux propositions :

Dieu est l’auteur de la société civile etelle n’a point à tenir compte de ce qui peut le glorifier; ces deux propositions ainsi unies ne frappent elles pas | l'intelligence comme un accent de délire ?

Maintenant je le demanderai : croit.

on que la tolérance de toutes les erreurs, l'indifférence à l’égard de toutes | les religions, soit un bien réel pour Ia société ? Oui, puisqu'on en fait un principe qu'on défend avec acharnement et que l’on regarde la doctrine contraire comme un anachronisme | dans l’ordre social. Eh! bien, voyons encore ce qui va suivre de cette maxime. Evidemment, elle renferme l'idée que l'erreur n’est point nuisible de soi. Il faut développer ici les conséquences de cette idée lumineuse.

Que le dogme, le culte, la morale enseignés par l'Eglise catholique, soient vrais ou faux, cela n’a aucune importance pour l’ordre temporel (;)

Que le Pape soit le Vicaire du Christ,

comme le croient les catholiques, ou le précurseur de l’antéchrist, ainsi que le disent les protestants : l'influence que, à l’un ou l'autre de ces titres, il peut exercer, ne peut produire ni bien. ni mal à la société civile.

En supposant la vérité du dogme eucharistique, que les hommes adorent Dieu présent sous les symboles sacrés, ou qu'ils foulent impunément les saintes hosties sous les pieds, comme cela vient de s’accomplir en divers endroits ; iln’y a rien là qui puisse attirer sur la terre la faveur ou la colère du ciel ;

Que la polygamie ou le divorce proscrits par la doctrine catholique g'établissent dans la société; celle-ci n'aurait aucune attention à porter à ce fait qui ne saurait en rien modifier son état ;

Que le Polythéisme revienne avec tous les dieux de l'Olympe,notamment Bacchus et Vénus, ou que le Christ réclame l'empire du monde avec sa

croix; peuples, croyez ce que vous voudrez, l'Évangile, le Coran, le code

rehgieux et moral du paganisme, c'est une bagatelle qui ne saurait exciter le souci de votre gouvernement ;

Que les querelles les plus acharnées, produites par les dissentions religieuses aient lieu entre les esprits ; la société civile ne peut avoir à en souffrir ; et elle n’a pas à s'occuper où se trouve la vérité dans ces débats.

Oui. sur tous les points les plus importants pour les hommes, les plus propres à déterminer leur conduite ; que l'erreur ou que la vérité domine dans la société, cela ne saurait avoir aucune suite fâcheuse pour celle-ci et si toutefois des difficultés en résultent, le glaive de l’autorité politique rarmènerait facilement l’ordre.

Qu'on le sache donc: l'indépendance politique en matière de religion, la tolérance de toutes les erreurs dans l'ordre spirituel, la non-interveation absolue entre Dieu et le diable se disputant les esprits et les cœurs, voilà la perfection de l’ordre politique, voilà le grand principe de la civilisation mo-

derne, voilà ce q'1 doit être à jamais sa gloire.

Qu'ai je entendu? Ah! ici ce n’est pas l'accent du délire causé par une fièvre ordinaire ; c’est celui d’une terrible aberration produite par l'usage fréquent du funeste breuvage des doctrines empoisonnées et irritantes du siècle ; c'est à son paroxysme, le “ delirium tremens ” des esprits, délire qui trouble celui en qui il se voit,et que doit faire trembler la société où il si :

manifeste, à cause des conséquences fatales qui en résulteraient, s’1l devenait commun. La démence dégénère souvent en furie. Des terribles violences sociales ont été et peuvent être encore la suite des maladies intellectuelles.

Je sais ce que l’on tenterait de ré- { pondre à ces considérations. Un gouvernement, dirait-on,peut nes’occuper ( nullement des doctrines religieuses et ( toutefois réprimer des immoralités À flagrantes. Îl y a dans la société des £ idées générales sur le juste et l’injuste, le bien etle mal ; elles suffisent avec la ?

puissance du glaive au maintien de l’ordre civil.

Je réponds: ces idées ne suffisent 1 pas ; les faits montrent l'immoralité envahissant les mœurs privées et publiques à un point qui effraie pour l’avenir. D'ailleurs cesidées morales que # la société conserve sont le fruit de l’enseignement religieux qui l’a dominée 0 jusqu’à ce jour. Un homme qui rejet-!

te la foi en subit longtemps encore l’im-\ pression dans sa conscience ; de même ?

la société peut conserver quelque!

temps encore certains principes de mo-1 rale qui, sans qu’elle s’en doute, sont un reste de la foi qui l’avait fortement € imprégnée de ses doctrines. Mais lais-u sez croire que la religion est indiffé-?

rente au bien de la société ; laissez se £ développer sans aucune entrave les} doctrines anti-chrétiennes et vous verrez si la morale se maintiendra long-!l temps ; si la distinction du juste et de # l'injuste, de l'honnête et du déshon-l nête reposera toujours sur des principes admis de tous; vous verrez qu'il n’y aura plus d’autres mobiles pour

les hommes si opposés e deviendra

efiusion du sang une longue et affr

euse anarchie.

Comment les partisans de la tolé- Tance répondraient.ils à ces considé.

rations ? Comme tous les défenseurs des mauvaises causes, ils ne discutent guères les raisons qu’on leur oppose ; Mais incapables de défendre logiquement leurs principes, ils tranportent la question dans la région des faits à l'égard desquels ils font entendre de furibondes déclamations.

Ecoutez : l'intolérance, elle est la Cause de toutes ces guerres religieuses q 1 ont déchiré une grande partie de | Europe pendant deux siècles. Sur elle tombe la responsabilité des fleuves

le sang qui ont coulé en divers pays tde ces atrocités de tout genre dont e récit fait frémir ; c’est un principe Jui doit être en exécration à l’humailté.

Ma réponse sera courte et facile.

d'abord j'observerai que si la diversiédes religions a été réellement la ause de guerres déplorables, cepeà- ‘ant dés intérêts politiques se sont Oüvent mêlés à ces guerres, et les nf considérablement prolongées, et Wainsi l’effusion du sang dans ces ngs combats ne doit pas être toute ttfibuée, il s’en faut de beaucoup, à n@ cause religielse.

Mais j'aiune autre réponse à don- 6L: Savez-vous ce que vous faites, 1ésSieurs les partisans de la toléran- Eh nous rappelant la longueur et 8 excès des guerres qui se sont éle- 38 entre les partis animés de croyan- 8 religieuses opposées ? Vous parlez ‘Aire votre cause : vous apportez la üve la plus péremptoire que la ance religieuse est un mal digne | Souverainement déploré, et (u8 rendez hommage à la raison de

Eglise catholique qui l' ans cesse.

a combattue

gion catholiq sellement pratiquée, 0 premiers prédicants leur faisant craindre la justice, alors cétte serait pas répandue ; formé de parti anti-catholique, assez fort pour prendre les armes et troubler la société, Voyez l'Italie et l’'Espagne ; ces pays ont été préservés des guerres religieuses, Parceque selon les principes de l'Eglise, on y a étouffé l'hérésie naissante, Où les flots de Sang ont-ils coulé ? dans les Etats où [les souverains ont eux-mêmes introduit le Protestantisme ou n'ont opposé aucune résistance à son invasion, Bientôt ces nations se sont divisées en deux camps ennemis ; la guerre était inévitable.

L'erreur qui se sent faibl | discussion, voit que la force cessaire pour se soutenir ou s’im poser ; aussi partout elle a eu recours à la violence. Elle devait provoquer une résistance armée. Dans l'irritation où se trouvaient les partis opposés, des excès ont été Commis, incomparablement moins toutefois chez les Cathoques que chez leurs adversaires. Avec le temps les esprits ont pu se calmer ; on à Compris qu’il y avait intérêt commun à vivre en paix : par la nature même des choses les guerres religieuses ont du s'apaiser. Cependant presque partout où l’hétérodoxie domine, les catholiques souffrent encore plus l Jourd’hui une violation | de leurs droits. Eh! bien, encore une

fois, supposez qu'au 16e siècle alors que le Cathohcisme dominait toute l'Europe, la Russsie et la Turquie exceptées, les divers Etats eussent fait leur devoir, l'hérésie efit été extirpée ; elle n'aurait pas produit ces longues et terribles guerres dônt on a parlé.

Honte à la doctrine qui prêche la liberté de l'erreur ; elle est digne de mépris, pareque, aux yeux de Ja rai-

n'eut arrêté les de l'erreur, en les rigueurs de

erreur ne se il ne se serait pas

e pour la lui est né-

me nage mms.

son. elle est une absurdité ; elle est

digne d’indignation, parcequ'elle ne | est-e

l'épouvantabie

se montre qu'avec n qu'elle a fait

tache du sang humai verser.

Mais en parlant-de l'Espagne, pré- servée des guerres de religion, j'ai provoqué un cri qui reten en accents frénétiques : l'Inquisition, ses horreurs épauvantables ; voilà ce qui rendra à jamais la doctrine oppo sée à la tolérance incapable d'être acceptée par l'humanité.

Je vais répondre avec Calme, très brièvement, et je me flatte, d'une ma:

est celui

nière à faire voir que ce cri se laisse abuser, l'E-

d'une ignorance qui ou d’une haine insensée contre glise. | M

L'Inquisition, je la trouve justifiable en principe. Oui, une institution qui a pour but de découvrir l'erreur, et de prendre les moyens de l'empêcher de se produire, de perverlir les esprits et de troubler la société, une institution semblable est bonne de soi; elle est

louable ; cela découle de toute la doc-|

trine que j'ai établie.

Maintenant, l'Inquisition d'Espagne a pu ètre, à certaines époques, un instrument politique plutôt que religieux ; alors elle a été détournée de sa fin ; mais les fautes qu'elle a commises ne retombent pas sur l'Eglise dont elle ne servait pas la cause, du moins exclusivement

L'Inquisition a réellement eu des rigueurs excessives el a commis des injustices. Sous ce rapport, je la blâme énergiquement ; et cette censure, je ne la prononce qu Papes q damné quiont p cation à jugées en Espagne; incliné au parti de qui, qu’on retienne jamais prononcé l'exécution peine capitale pour religieux. :

les procédés de ce tribunal ;

tità mes oreilles |

‘avec plusieurs ui ont à diverses reprises Con-

ermis une très fréquente évola cour de Rome des causes |a opéré; e qui ont toujours | plus ou mo l'indulgence, et | reprocher, bien ce trait, n’ont | sur les hommes d’une | coupables, et non sur un délit purement | été bien

Maintenant, l’Inquisition d’Espagne :

lle coupable de tous les procédé:

jiniques, des sentences injustes, de: actes cruels dont on l’accuse ? je dis 'hardiment: Non. Elle ne peut êtr l'excusée en tout, je viens de le dire mais elle a été horriblement calom niée, n’est guère d'ennemi de l'In quisition ‘qui ne prenne les accusa .

tions qu'il formule contre, elle dan:

| l'histoire que Lorente a faite de © tribunal. Or savez-vous ce qu’étai cet homme? Un prêtre indigne, ur.

traître à sa patrie, un ennemi déclar des libertés nationales, un historie:

| dont l'esprit est animé de la haine 124 | plus violente contre l'autorité ecclés:

| astique, dont les récits sont remplis à ; | faussetés et de contradictions. Ilava été chargé par Joseph Bonaparte l'usurpateur de son pays, dont | avan embrassé la cause, du soin de archives de l’Inquisition! Eh! bicï il a fait brûler la plupart des actes à ce tribunal. Je le demande, quell.

confiance peut-on reposer dans un hi, torien qui se prétend le seul instrui parcequ'il a la facilité de feuilleter le documents originaux sur lesquels :

fonde son histoire, et qui détrui livre aux flammes ces mêmes doc ! ments ?

Je termine ce sujet en disant qu ne faut pas oublier que, selon le m du Comte de Maistre, il y à eu € vertu de l'Inquisition, plus de pa, | plus de bonheur en Espagne que dar | toutes les autres contrées de l’Euror 4 Ceci ne justifie pas l’Inquisition dM lactes sévères ou injustes quel !

aurait commis ; mais il faut l’avout ] lorsqu'un coupable a fait tant de bie 4

on doit avoir pour lui de l'ind'é

gence. Or le bien qu'a fait l'Inq I sition, la gloire en doit revenit £ l'Eglise, qui l'a établie, préciséme

le but de l’effet salutaire el t le mal, dans la mesh ins grande qu'on peut!à doit retomber uniquemëk qui s’en sont rentk

l'Eglise qué loin de l'approuver. À à quoi se réduit ce fait #

dans

Voilà à

» l’Inquisition d’Espagne, tant de fois rappelé par les partisans de la tolérance ; C’esi encore une arme qu'on peut retourner contre eux.

Je conclus cette partie de ma thèse |

“en disant : Toute doctrine pernicieuse “est une conspiration contre l’ordre.

Si vous l’arrêtez à l’origine, vous ne

frappez plus ou moins sévèrement que |

quelques individus ; c’est l'exercice ordinaire de la justice. Si vous la lais- .sez s'organiser, se développer, c’est la guerre. Eh! bien, il vaut mieux prévenir la guerre qn’avoir à la soutenir.

Or c’est précisément l'effet de la doctrine catholique sur le point en question.

. Jusqu'à présent, j'ai exposé l’enseian de l'Eglise sur la tolérance dans le sens absolu ; j'ai dit ce que deait être la société dans son état normal ; mais il ne suit nullement des principes que j'ai exposés que la tolérance de fait ne soit pas permise en certains: temps et en certains lieux, et ce que je vais dire sur ce sujet, doit faire tomber toutes les déclamations sur le fanatisme et l’imprudence de l'Eglise.

- : Dans un certain nombre d'Etats, une grande partie des sujets profes- Sent des religions fausses. Etablies d pui un temps plus ou moins long, | a les-ci sont en possession de la libert6 Malgré ce que les erreurs qu’elles - prêchent peuvent avoir de pernicieux, Comme elles se rattachent en général aux doctrines révélées sur des points plus ou moins nombreux, les ensei- &nements de la morale divine ne sont pas tous perdus pour elles, et ce ju’elles en ont conservé aide au mainen de la société. De plus, le temps a éndu beaucoup moins hostiles les bports entre leurs partisans et les mbres de l'Eglise catholique. Eh!

fen, dans un tel état de choses la Berté des cultes peut et même doit e admise ; car elle est un bien re- En effet, la proscription de cette

liberté serait d'abord chose impossible | chez les gouvernements non-catholi.

| ques ; chez ceux-ci, la liberté des cultes est toute en faveur de l'Eglise,

ui ne saurait avoir rien de mieux à aire que d'en profiter. Dans les gouvernements Où la foi domine et où cependant des sectes hétérodoxes ont des partisans plus ou moins nombreux, la répression serait nécessairement odieuse ; elle violerait des droits civils acquis depuis longtemps ; elle amè.

nerait les plus grands troubles, et cer.

tainement elle ne ferait qu'augmenter l'opposition des dissidents à 1 us :

elle changerait en une haine violente, des dispositions qui n’ont point un caractère d’hostilité prononcée ; elle retarderait ou empêcherait des conversions que la paix permet d'opérer.

D'ailleurs, ce serait un appel à la persécution contre les catholiques dans les pays où ceux-ci sont les plus faibles. Puisqu’il en est ainsi, il ne saurait s'agir de faire cesser la liberté des cultes là où elle est établie. Sans doute elle est nuisible au salut des âmes; mais enfin, vu l'état actuel de certaines sociétés, la tentative de mettre en action le principe contraire serait un plus grand mal. Donc, il n’a pas à être appliqué.

Voici comment se résume notre doctrine sur ce point : considérée du point de vue absolu, la liberté des cultes est un mal, parcequ'’elle favorise l’erreur et cause la perte des âmes ; elle doit être condamnée si elle est posée comme un principe abstrait, réclamée comme un droit naturel à l'homme. Aujourd’hui comme autrefois, il serait à désirer que la société ne reconnût que la seule religion véritable. Mais comme l’état des esprits ne permet pas qu'on touche à la liberté des cultes en certains pays, sans détriment pour la société et pour l'Eglise elle-même, il.

est permis de la tolérer, de la défendre et d'en jurer l'observation dans les constitutions qui en font une loi fondamentale, et cela en vertu du principe que la tolérance d’un ordre de choses où le mal est à craindre sous un rapport, est permise, si elle est un

bienFplus grand, considérée sous point de vue différent.

Or, savez-vous qui autorise à présenter cette explication des doctrines de l’Encyclique? C’est l’auteur de l'Encyclique lui-même. Y a-t-il un interprète plus compétent de la loi que le législateur? Eh! bien, Pie IX a écrit à l’éloquent Evêque d'Orléans pour lui déclarer qu’il avait donné au document pontifical son véritable

un |

sens. Or, tout I monde sait que Mgr.

Dupanloup a précisément donné l’ex- |

plication que je viens d'offrir.

Il est un homme dont le nom est

cher aux catholiques, car il est leur modèle par la vivacité de sa foi et

l’ardeur de son zèle, et leur gloire par l'admirable talent qu'il a mis au secours de l’église, je veux dire, M. de Montalembert. Les partisans de la tolérance absolue lui font l’injure de le compter parmi ceux qui sont Gpposés aux doctrines catholiques sur ce

int. Eh! bien, M. de Montalempert a dit en termes formels, dans son fivre « des intérêts catholiques au 19e siècle, » : « Si on pouvait supprimer la liberté de l'erreur et du mal. ce serait un devoir. Mais l'expérience prouve que dans notre société moderne, on n’en peut venir à bout sans étouffer également la liberté du bien. La liberté de conscience tourne aujourd'hui au profit de la religion. Sans

nes, il a dit que pour remplir son devoir de catholique, il soumettait toutes ses expressions et toutes ses opinions à l'autorité infaillible de l'Eglise. Puissent ceux qui s'appuient de son autorité en faveur de la tolé-

| rance exprimer aussi franchement et

aussi nettement leur foi de catholiques !

On cite un ou deux Evêques dont les paroles ne semblent point d'accord avec la doctrine proclamée par l'Encyclique. On pourrait répondre qu'ils ont fait ce qu’on appelle un argument «ad hominem.» Dans le but de réclamer la liberté pour l'Eglise qu'ils voyaient opprimée, ils ont pris pour base de leurs réclamations les principes admis par ceux auxquelsils s'adressaient, comme faisant partie du droit public reconnu. Si l’on n’admet pas cette explication, cela m'importe peu ; car je dirai tout simplement: ces Evêques se sont trompés. C’est avant l'Encyclique récente qu'ils ont écrit:

et quoique la doctrine de l'Eglise n’ait

jamais varié sur ce point, pas plus que

sur les autres; elle a été cependant affirmée plus explicitementque jamais :

pe le Souverain Pontife actuel dans :

e document que je viens de rappeler. :

Il est du dernier ridicule de vouloir opposer les opinions de quelques Evé- 1 ques à une déclaration doctrinale du « Chef de l'Eglise, à laquelle a adhéré « tout le corps de l’Episcopat. Japon ces derniers mots, pour ceux, s’il s’en ] trouve encore parmi les catholiques. 4

doute il serait insensé de la procla- | qui ne seraient pas sortisde l’ornière t

mer dans les pays où elle n'existe pas; | du Gallicanisme.

mais là où ce principe existe, où il a été une fois inscrit dans les lois, gardez vous de l’effacer, car il y devient la sauvegarde de la loi et le boulevard de l’église. »

On a reproché à l’éloquent défenseur des droits de l'Eglise, dont je viens de citer les paroles, d’avoir exagéré la nécessité de la tolérance comme besoin de l’époque. Quoiqu'il en soit, il a déclaré à plusieurs reprises qu’il n’a jamais entendu faire de la tolérance un principe absolu, et à la fin de son célèbre discours à Mali-

Quant à ceux qui croient que l’enseignement de l’Encyelique peut être pré:

judiciable dans notre pays, je les en. & gage à se rassurer ; Je n'ai nul dou': £ que si l’on demandait au Pape si nou À pouvons servir un gouvernement qu; tolère toutes les religions et dont le: & lois ne sont pas toutes empreintes de B l'esprit catholique, le Saint-Père répon 8 drait : Sans doute, mes enfants, je re. Al grette qu’il n’y ait pas dans votre pay:

qu’un seul ROUEN dont je fusse l'u4 nique pasteur ; l’état de votre société:

n'est pas celui qui correspond au pla

de la Providence ; mais remerciez le apprise. Quelles paroles pleines des Ciel de la liberté qu’il vous a donnée ; plus durs reproches, des qualifications chérissez-la comme la gardienne de es plus humiliantes, le Sauveur n’avotre religion. Sans jamais prendre t-il pas adressées aux Scribes et aux une part directe à aucun acte contrai- | Pharisiens qui s'opposaient à sou enre aux principes de votre foi, servez | seignement ? N'a-t-il pas fait un de- “votre gouvernement dans toutes les! voir de regarder celui qui n’écoute charges qu’il vous confiera ; respectez | pas l'Eglise comme un payen et un les droits de tous ; vivez dans la paix | publicain ?

et la charité avec vos compatriotes de| St. Paul dit aux Thessaloniciens : quelque religion qu'ils soient, et tâ-|Si qu’elqu'un n’a point d’egard à ce chez surtout, par votre concorde et | que je vous écris, notez-le, et n'ayez votre union, de vous conserver dans |point de commerce avec lui, afin cette position qui maintienne chez | qu’il rougisse de sa conduite. [? Thess vous la foi dans une vigueur et 3.14]

une liberté que je ne lui vois guère,| Il recommande aux Romains de se au même degré, chez les autres peu-| séparer de ceux qui excitent des disples qui sont de mon domaine spiri- | putes et des scandales contre la doctuel. trine qu’ils ont apprise. [Rom. 16. 17.]

St. Jean, l’Apôtre de la charité, dit en termes formels: Si quelqu'un vient à vous avec une autre doctrine que celle-ci, ne le recevez pas chez vous, ne le saluez même pas, car le saluer, c’est prendre part à sa malice [2 Ep : 10.11.

L'Eglise, animée de l'esprit da Christ et de ses Apôtres, a porté souvent la punition terrible de l’excommunication par laquelle elle retranche de sa société ceux qui contredisent ses enseignements ou qui scandalisent les fidèles.

L'’excommunication, c’est l’Index porté contre les personnes ; elle se justifie par les mèmes principes que la prohibition des mauvais livres. Ainsi on doit traiter avec l’indignation et la sévérité qu'ils méritent les ennemis acharnés de l'Eglise catholique qui cherchent à enlever aux fidèles la foi à ses dogmes, ou à faire perdre leres.

pect et la confiance qui lui sont dus.

Rappelez-vous ce trait de St. Polycarpe : L’hérésiarque Marcion se présente à lui et lui dit : Me connaissez-vous ?

Il répond : Je reconrais en toi le premier-né du diable.

Il faut faire comprendre à ceux qui attaquent ce qu’on a de plus cher au monde, que l’on sent l’injure que l’on reçoit d'eux. La justice et la politesse sociale ne doivent pas sans doute leur être refusées ; mais avoir avec eux des

J'ai traité de la tolérance en la considérant comme un principe absolu; j'ai fait voir comment elle devait ou ne devait pas être mise en pratique selon les divers états de la société, Il reste encore un point de vue impor-

tant de la question qu'il ne faut pas négliger; c’est la tolérance envers les individus.

Les Catholiques doivent-ils être dans - un état habituel d’hostilité à l'égard | de ceux qui ne partagent pasieur foi, ; Qu doivent-ils les traiter avec une : grande bienveillance, et leur est-il 1 Érmis d’avoir des rapports intimes , ävec eux ? La question est toute prae tique, etelle ne sera pas regardée comme manquant d'actualité.

L Pour faire justice des calomnies . dont l'Eglise, sous le nom de sacerdo- . talisme ou de parti clérical, a été - Pobjet sur ce point, il faut encore K« faire une distinction essentielle.

n + S'agit-il des prédicants de l'erreur, ; ta HD Es « ennemis de l'Eglise déclarés ou hyj Bocritement déguisés, qui attaquent ses enseignements, ses institutions, e8on chef, son sacerdoce, qui, en un «Mot, sont animés d'un esprit d’hosti- Hté marqué à son égard ? Eh ! bien, & conduite à tenir avec ces hommes Sésus-Christ et les Apôtres nons l’ont

rapports d'intimité, leur donner des témoignages particuliers de considér:.

tion ; ce n'est pas être animé du se )timent que j'appellerais l’honnenr catholique ; j'excepte les cas où l'on espèrerait une conversion.

oilà quant à ceux qui sont les ennemis acharnés de l'Eglise ; mais une conduite tout-à-fait différente est à tenir envers ceux, qui sans être animés de cette hostiüité déclarée, ne partagent pas notre foi.

A l'égard de ceux ci, il faut toute la charité, la doucer.. la mansuétude recommandées par l’ivangile, les Pères et tous les Saints de l'Eglise. Mais je dois le dire, je repousse comme une calomnie, tout reproche fait aux aux catholiques en général demanquer à cette tolérance, qui est vraiment en ce cas la charité. Et j'ajouterai avec énergie : Nous, catholiques canadiens, prêtres et laïques, nous n'avons jamais manqué, dans nos relations privées ou publiques, de la plus rigoureuse justice, de la plus grande ésvelllance. envers ceux qui, étran gers à nous par la religion et l’origine, sont cependant nos frères, nos Concitoyens, puisqu'ils habitent la même patrie, vivent sous les mêmes lois, et doivent travailler de concert avec nous à la prospérité du pays. Sous ce rapport, notre tolérance est une gloire pour nous, que nous devons défendre contre ceux qui veulent nous la ra.

viT.

Cette tolérance doit-elle s'appliquer aussi aux assoeiations qui peuvent être formées entre les catholiques et ceux qui ne le sont pas ? J’aborde hardiment la question.

Dans un pays comme le nôtre, où deux sociétés différentes d’origine, de langue, de religion sont mêlées, on conçoit qu’à raison d'intérêts communs, certaines associations peuvent se former entre les membres de ces sociétés dans un but de commerce, sploreuon industrielle, d'économie à

d'e politique, de recherches scientifiques.

CE

Mais figurez-vous une association ayant pour fin le développement intellectuel pér des études philosophiques, sociales, historiques, littéraires ; si l'on veut traiter une question tant soit peu importante, il faut nécessairemeut toucher à une des 80 propositions condamnées par l’'Encyclique; elles embrassent tout ce qui fait l’objet des plus ardentes discussions de notre siècle. Vous trouverez la religion se présentant à toutes les investigations de la science dans l’ordrefmétaphysique, moral et social, et venant poser là un de ces dogmes en disant : prenez garde d'y porter atteinte.

Direz-vous : il y aura entente pour ne pas toucher aux questions religieuses. Ah! c’est que vous ne savez pas jnsqu’où vont les attributions de la foi dans le domaine intellectuel. Si vous voulez vous mettre tout-à-fait en dehors de sa sphère, alors vous renfermez l’activité de votre esprit dans un cercle d’une bien étroite circonférence.

Votre association n'aura pour effet que de l’abaisser au lieu de l’élever et de le développer. Il faut le dire, le répéter sans cesse : la foi a le contrôle à exercer sur la philosophie, la science sociale, l’histoire, la littérature, sur tous les ordres des connaissances humaines, du moins quant aux principes qui les régissent. Nier cette doctrine c'est faire preuve d’une faiblesse intellectuelle, incapable de comprendre l'unité du plan divin dans les lois imposées à l'esprit humain.

Je sais que la maxime opposée est proclamée par nos adversaires, mais Je sais aussi que c’est à elle qu'est dûe la Révolution avec tous ses désordres, qui sont la honte de l'humanité.

Combattons la, nous, amis de la raison et de l’ordre, avec persévérance et avec énergie et nous nous applau dirons de notre triomphe.

Eh ! bien, c’est parceque la foi doit faire sentir son influence partout, que l'Eglise n'aime pas les associations dont on lui ferme la porte, et où l’on fraternise avec ceux qui nereconnaissent pas son autorité. Elle craint ces à

rapports dans l'ordre intellectuel com- | rance philosophique. Celle-ci, libre me pouvant soustraire des fidèles à | d'agir, s’est mise à l'œuvre, et sur l’éson empire. Tout homme est pour |chafaud en permanence, la hache du les autres un foyer de lumières ou | bourreau a abattu les têtes des rois, d'erreur, de grâce qui porte au bien, | des nobles, des prêtres, des hommes ‘ou de séduction qui entraine au mal. | religieux et honnètes ; puis, ces hom- “Soyez en rapport avec un esprit oppo- | mes qui porta:ent sur leur drapean— sé à votre foi; avant longtemps d’une | « liberté, tolérance » après qu'ils ont manière plus ou moins directe, vous eu mis à mort des milliers de ceux aurez à discuter une question qui qu'ils appelaient leurs ennemis, ils se touche à la religion. Alors il faudra | sont égorgés les uns les autres. La rompre ou abdiquer lâchement vos! Révolution, fille de la tolérance, a convictions catholiques. Je conclus : | souillé la terre des plus grandes hor- Aimez-vous la vérité? ne vous asso- | reurs qu'ait vues le soleil, ciez qu'à ceux qui y croient et qui} Voyons l'Italie: Cavour, emprun. l’'aiment comme vous; autrement vo-| tant une parole célèbre dont il falsifie tre expérience, comme celle de tant |le sens, dit: l'Eglise libre dans l'Etat d’autres, confirmera la vérité du texte | libre ; et les Evèques, et les prêtres sacré: « Qui aime le danger finit par | sont mis en prison, les religieux et les y périr. religieuses chassés de leurs monastères, les biens de l'Eglise confisqués, et quiconque ose émettre des opinions contraires à ceux qui ont proclamé la tolérance est désigné aux poignards dès assassins.

Cette comédie tragique de la toléus l'Espagne vient de la renouveer.

Je dois maintenant présenter une

observation qui appelle la réflexion la lus sérieuse. En admettant toutes es excepuons individuelles que l’on voudra, j'énonce comme l'expression :

d’un fait général que les partisans de Messie urs, Si Jamais les adversaires la tolérance sont les plus intolérants des | des doctrines catholiques dominent hommes. Partout où il ont triomphé, | dans notre pays.ils feront comme leurs ils ont été atrocement persécuteurs. | pères de 93 et leurs frères que nous Îls ne demandent pour eux la liberté | VOyons agir. Assurément les parti. au’afin de l’interdire aux autres. sans de la tolérance protesteront con- Voyez Luther. Il secoue le joug de|tre cette accusation ; je leur repon- Eglise comme une tyrannie: il se |drai: je ne vous fais pas l'injure, à fait l'apôtre de la liberté d'examen et| Vous personnellement, de croire que de parole en matière de religion. Et| Vous en viendriez à ces violences ; les bientôt sur tous les points de l'Europe | Principes et la charité catholique vous où ses sectateurs dominent, le sang | dominent à votre insu ; mais excitez des catholiques coule. le mépris et l'indignation contre l’E- L’Angleterre déclamait contre le glise; élevez la génération qui va lespotisme de Rome : elle vantait son | SUIVre dans l’aversion pour le prètre ibéralisme ; mais elle défendait en | et l’histoire dira le fruit de vos doctrimême temps la pratique du culte ca-| nes; la haine anti-sacerdotale ne se tholique sous peine de mort. satisfait que dans l’effusion du sang.

. Entendez au dernier siècle les dé- Clamations de Voltaire, de Rousseau, X VIT.

de Diderot en faveur de la tolérance :

Pun de ceux que je viens de nommer! Savez-vous la raison de tout cela ? ‘appelait le temps où le dernier des | Je la dirai devant un auditoire cathoprêtres serait étranglé avec les boy-|lique, qui a cette intelligence des choaux du dernier des rois. Ce temps est | ses que donne la foi. C’est dans l’orbientôt venu aux ordres de la tolé-' dre surnaturel qu'il faut chercher la

oo

raison des phénomènes moraux qui!dra. C’est la science pratique du bien

s’accomplissent dans la société.

La tolérance, c’est-à-dire la libert:

d'agir sans contrôle, a été prèchée pour la première fois au paradis terrestre. Elle s'est exprimée alors en ces termes: Vous serez comme des dieux sachant le bien et le mal; vous n'aurez point de répression à crain-

/ dre, vous ne mourrez point, « nequa:!

/Nquam moriemini ; » ainsi, vous direz, . vous ferez ce que vous voudrez.

Eh! bien, la prédication de la tolérance, dans le sens abst.u, n’est qu’une répétition de cette parole, si tristement célèbre pour nous, répétition

suggérée, sans qu'on s’en doute, par

celui l’a dite la première fois.

Et le but de cette inspiration satanique dont on retrouve l'expression

mais aujourd'hui plus explicitement que jamais, c’est la négation de Dieu.

Voulez-v us connaître le terme de la tolérancede toutes les idées, de r’affranchissement de toute autorité religieuse, de la lecture de tous les livres et les journaux qu’on ne permet pas à « l'Index » de proscrire ? écoutez ces paroles prononcées à Paris le 15 Janvier dernier, dans une de ces réunions des hommes du peuple, tenue à la salle du Vieux-Chène : «Guerre aux Dieux partout où nous les retrouverons, au ciel et sur la terre.» Et un autre membre de cette assemblée, une de ces filles d'Eve qui réclament aujourd’'hui tous les droits, a ajouté :

« Nous sommes des Dieux etnous n’en voulons pas d’autres que Jus.»

Il faut dire que tous ceux qui décla rent ainsi la guerre à Dieu, la déclarent aux Jésuites, aux prêtres, aux hommes religieux, contre lesquels des cris furieux ont été proférés dans ces mêmes réunions.

Cela se conçoit: le parti de la tolé rauce doit vouloir détruire le prètre, sinon dans sa personne, du moins dans son influence ; car le prêtre, il rappelle Dieu qui établit la loi mettant un frein aux passions.

Or, la tolérance, c’est la liberté de parler, d'écrire, de faire ce qu’on vou-

let du mal; c’est la main portée sur

tous les fruits défendus.

L’Apôtre St Paul nous a dit: Ne vous faites pas illusion, les mauvaises paroles corrompent les bonnes mœurs:

«Nolite seduci; corrompunt mores bonos colloquia mala [!. Cor. 15]|»

La liberté des mauvaises doctrines ; c'est la licence donnée à toutes les convoitises. C’est, il faut le dire, c’est

| la liberté des bêtes des champs, la vie

purement animale dans la société.

Ainsi, l’abrutissement, voilà le terme inévitable de la tolérance de toutes

les doctrines. Et j'ajouterai que l’his- :

toire, et l’histoire contemporaine surtout, ne dément pas cette assertion.

| Partout où l’irreligion triomphe, il y ; | \ LOU | a dégradation de l'esprit et du cœur ; à toutes les époques de l'humanité, |

l'intelligence s’obscurcit ; elle ne sait plus saisir la vérité ; elle se nourrit d’absurdités dont l'expression est une triste révélation de l’abaissement des facultés intellectuelles ; chez ces hommes dont la foi n’élève et ne dirige plus la pensée, la raison s’en va : on ne trouve plus de force logique, d’intelligence capable de comprendre une théorie élevée, et les idées qu’ils émettent forcent pour les qualifier justement, d'employer un mot trivia!, mais quise trouve ici à sa place et qui exprime ce que je veux dire, ces idées sont des bêtises.

Et quel affaiblissement de mœurs, quelle dégradation du cœur se trouve chez cette partie de la société qui a secoué le joug de la religion, sans lequel il n’y a pas de morale !

Ici, je ne ferai que traduire le texte sacré : «Homo cum in honore esset, non intellexit ; comparatus est jumentis insipientibus et factus est similis.

Ps. 48.

«L'homme appelé à l'honneur dela «filiation divine que la foi doit lui «donner, perd l'intelligence, et il de-

«vient semblable aux animaux privés

« de raison. »

Voyez comme tout se lie et s’en-'$ chaine dans la théorie du mal, comme @ dans celle du bien. Savez-vous quelle $ est aujourd’hui, sur l’origine du genre

he et be bent haut bout me 13

humain, la doctrine de ces hommes qui sont du nombre de ceux dont parle le Psalmiste ? c’est que l'homme vient du singe, et n’est qu’un animal perfectionné.

« Lisez la brochure de Mgr. Dupan-

Toup intitulée : « les alarmes de l’épis-

Copat, » et vous y verrez diverses cita

tions indiquant que cette monstruosi- |

té est adoptée assez généralement par ceux qui ne croient pas à la révélation Dans une thèse soutenue le 30 Décembre 1867 devant la faculté de médecine de Paris, il est dit textuellement que les temps sont déjà venus peut-être, où cette manière d'être v’on appelle la vertu ne sera plus que de la REACTION.

Rien de plus logique ! l’homme vient de la bète, il doit vivre comme la bête. La liberté des brutes, c’est la conséquence voulue par ceux qui se prétendent issus des brutes.

. La religion a un principe amenant une autre conséquence. Elle dit:

Vhomme vient de Dieu, il doit ressembler à Dieu par la sainteté de sa vie, pour mériter de retourner à Dieu.

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