‹ Discours sur le budget [microform]Chapitre 3 sur 9 · NU LT OR A OP PP AE PR SR RO PRE MAC STE NA PO ET PE · texte numérisé non relu

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perdre la confiance de ses amis politiques, qui font, encore aujour-

d'hui, les plus £rands éloges du talent qu’il possède de faire des &po-

sés financiers aussi avantugeusx pour son parti qu'ils sont désastreux our l'honneur et les véritables intérêts du pays. Pourquoi, d'aileurs, s'occuperait-il de l'opinion publique, lui qui sait si bien qu'il eut compter quand même sur le concours de la majorité de cette bambre ?

Ab! M. l'Orateur, le jour n’est probablement pas éloigné où il lui faudra descendre de ce piédestal que lui fournit le concours d’une majorité aveuglée par l'esprit de parti et où il trône depuis depuis tant d'années! Le jour n’est peut-être pas éloigné où cette majorité, ouvrant enfin les yeux sur l’abîme creusé par l'honorable Trésorier, secouera les liens de parti qui lui font voir la situation sous une fausse lamière et, faisant céder la voix des intérêts de partià celle de la conscience et du salut commun, demandera un compte sévère à L l10mme qu'elle reconnaîtra enfin comme l’auteur du mal qui apparaitra alors dans toute son énormité, Ce jour-là sera le. jour de la rétribution pu l'honoruble Trésorier; son œuvre néfaste sera appr'ciée, il sera lui-même jugé suivant son mérite; on lui rejrochera av. : autant de sévérité que de raison «avoir manqué de franchise et de loyauté envers la Chambre comme envers le pays et dans ce moment de coléic suprême, ainsi :; il arrive au nautonnier qui conduit le navire sur les écueils, l'opinion publique arracheru à l'honorable Trésorier ce titre de sauveur de nos finances qu’il affectionne tant et dont il a si gravement abusé depuis une douzaine d'années.

La situation financière ne s’est pas amélioriée

Quand on compare la peinture que le trésorier faisait en 1884 de la position financière de la province avec celle qu’il nous en a faite vendredi dernier, on se demande naturellement quelles sont les causes magiques qui ont pu produire un changement si extraordinaire dans l’état de nos finances. Ceux qui connaissent l'honorable Trésorier et sa singulière manière d'agir se font !e raisonnement suivant: en 1884, après deux années d'absence du bureau du trésor, croyant sa responsabilité entièrement dégagée et ayant tout intérêt à dire la vérité, pour montrer que son prédécesseur avait tout gâté et que lui allait tout remettre daus l’ordre, il représentait réellement la situation telle qu'elle était ; aujourd’hui, au contraire, qu’il nous parle des opérations dont il est responsable, guidé par cette fatuité dont il est <outumier, il voudrait faire croire à la Chambre et au pays que grâce à sa sagesse, à son habileté comme financier, il a réussi à conjurer la tempêce qu’il nous annonçait il y a deux ans, àrétablir l'équilibre dans les finances de la L province, et pour donner vraisemblance à cette conclusion contraire

aux faits, il nous représente faussement la situation.

À Que s'est-il donc passé depuis deux ans, M. l'O’ateur, pour opérer

: un changement aussi merveilleux dans notre position financière, pour à transformer en surplus les déficits énormes que notre bilan accusait

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chaque année? Il est bien vrai que le gouvernement fédéral nous a accordé un subside additionnel de $8247,200 par année et ce subside, je l'avoue, forme un appoint considérable dans notre budget; mais il ne suflit pas à couvrir le déficit, qui est encore considérable,

Il est vrai que le trésorier prétend avoir rétabli l'équilibre dans le : budget, que les recettes ordinaires ont excédé de $24,950 les dépenses

ordinaires. Mais cette prétention ne détruit pas les faits, non plus que le tour de goblet sur lequelelle est appuyée n'empêche de voir la vérité. Pour établir un équilibre apparent entre les recettes et les dépenses, le trésorier s'est approprié $42,671.84 provenant du fouds d'emprunt municipal, qu'il a fait entrer dans les recettes ordinaires. Or, cette somme est un remboursement de capital et certainement pas un revenu fixe et unnuel. D'un autre côté, il a laissé en souffrance une foule de réclamations se rattachant aux chemins de fer et pour lesquelles les crédits avaient été votés, puis il à employé à d’autres fins le montant de ces crédits, s'élevant à $66,147.54, Il a omis le service de l’amortissement sur la balance de l'emprunt de 1874, soit $30,854 et il a payé durant l'année $872,068.,41 de mandats émis durant l'exercice de 1884. I! faut déduire de l’encaisse le montant de ces mandats, qui n’apparaissent ni dans les dépenses ordinaires ni dans les dépenses extraordipaires, Récapitulons ces chiffres ‘ voyons ce qu'il advient du prétendu surplus de notre brave trésori * Fonds d'emprunt mu cipal.............,....... 8 42,671 84 Fonds d'amortissement non versé.,........s....e 30,854 00 Réclamations laissées en souffrance........,... 66,147 54 Manduts émis en 1884.,........, ..ssocssssoss.s 12,068 41

Moins les réclamations pour chemins de fer que l’on ne peut pas cousidérer comme dépense ordinaire....... 66,147 54

Déficit..…........,....... $145,594 25

Ainsi, en prenant l'état même que nous a donné le trésorier, on trouve que les dépenses ordinaires ont excédé les recettes ordinaires de $145,994.25, c'est-à-dire qu'il y a dans le budget des dépenses et des recettes ordinaires un déficit de $145,594.25.

Ces chiffres, pourtant, ne comprennent pas une foule d’autres obligations laissées en souffrance, dans le but d'établir un équilibre apparent entre les recettes et les dépenses ordinaires,

IL y a donc, comme je viens de l'indiquer, un déficit réel dans les opérations ordinaires et je crois avoir démontré que le prétendu surplus du Trésorier n’est que le fruit d’une manipulation de chiffres qui ne supporte pas l'examen, même en prenant les chitfres fournis par le trésorier lui-même,

Quant au véritable résultat des opérations de l'exercice 1884.85, c'est-à-dire la situation réelle de nos finances, le tableau suivant l’indique clairement,

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