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Dans son discours sur le budget, le trésorier nous donne les chif-
fres officiels que voici :
Dépenses totales de l'exercice finissant le 30 juin 1885..$4,056,264 06 Recettes totales .................. ..... 3,603,111 O1
Déficit..........…..... ss. $ 453,153 05
Le trésorier prétend que ce déficit doit être imputé au compte du capital; mais, comme il ne lui reste pas un seul sou disponible de l'emprunt de $3,500,000, il lui faudra bien avoir recours à un nouvel emprunt pour couvrir ce déficit,
Cependant, ces $453,153.05 ne représentent pas tout le déficit de l'exercice 1884-85.
Dans le cours de cet exercice, le trésorier a emprunté $450,000 de la Banque de Montréal et n’en a remboursé que $300,000, ce qui laisse un découvert de $150,000, qu'il faut ajouter au déficit de $453,- 153.05, constaté plus haut. Cela porte à $603,153.05 le total du découvert qui doit être imputé au compte du capital.
Ces $603,153.05 sont la somme que le trésorier a dépensée, en sus et au delà des recettes ordinaires et extraordinaires encaissés dans le cours de l’excrcice en question,
Ce n’est pastont. [Il a laissé en souffrance des réclamations se rattachant aux chemins de fer, des réclamations admises .et pour l’acquittement desquelles la Chambre a voté les crédits nécessaires à la session de 1884, c'est-à-dire $66,147.54. Il a pareillement laissé en souffrance le service de l'amortissement sur la balance de l’emprunt de 1874, soit $30,864.69. IL a pris sur la somme payée à compte du prix de vente du chemin de fer Q. M. O. & O. et placée au fonds d'amortissement, un montant de $150,000. Entin, il a employé les $42,671.84 provenant du fonds d'emprunt municipal et qui sont un remboursement de capital. En réunissant ces divers item, on forme le tableau suivant :
Dépensé sur le capital, montant qu'il faudra couvrir par un
nouvel emprunt............, ss. ssssssss ee $0603,133 05 Réclamations pour chemins de fer laissées en souffrance. 66,147 54 Service d’amortissemenl laissé en souffrance ..... ... 30,864 69 Montant pris sur la somme placée comme amortissement
et provenant du prix de vente du chemin de fer de
Q. M O.& O...........… ss nns 6e den ossaete 200000 00 Montant du capital remboursé sur le fonds d'emprunt
MUNICIPAL see cpooner ess sés esenestesees de : 42,071 84
Entout........,,...... $892,827 12
Voilà ce que notre modeste trésorier appelle rétablir l'équilibre dans les finances de la province !
Le tableau que je viens de donner permet à la Chambre et au pays de juger si j'ai raison de reprocher au trésorier de nous avoir soumis des états qui ne sont pas exacts et ne représentent pas la véritable situation financière de la province!
| D'ailleurs, la situation réelle est bien facile à saisir. Nous avons ÿ dépensé, durant l'exercice 1884-85, $603,133.05 que nous devrons couvrir au moyen d’un nouvel emprunt. Les dépenses courantes ont absorbé un montant de capital remboursé de $192,671.84 et nous avons
laissé en souffrance pour $97,002,13 de réclamations. Les personnes (A qui pourraient avoir des doutes sur l'exactitude de ces chiffres et du
il tableau que je viens de donner, trouveront dans le discours sur le | budget de l'honorable trésorier les renseignements nécessairés pour L. vérifier elles-mêmes l'exactitude de ce que Je viens d'exposer et l’état |
réel des finances de la Province, avec la réserve, toutefois, que le tableau donné plus haut ne renferme pas le total d’une foule de réclamations qui n'avaient pas été acquittées le 30 juin 1885. J'ignore le montant de ves réclamations, car le zouvernement a refusé de nous donner un état des sommes restant dues, à la fin du dernier exercice,
Je crois donc avoir raison d'affirmer que la situation est loin d'être rassurante et favorable; le résumé que je viens d’en faire, le tableau que je viens d'en donner, indiquent assez clairement les dangers de la voie dans laquelle nous sommes engagés ainsi que l’abîme vers lequel cette voie nous conduit. Pour faire face à nos obligations, il va nous falloir recourir de nouveau aux emprunts, augmenter le chiffre des sommes requises pour le service des intérêts, qu'il faut prendre sur nos recettes ordinaires. Or ces recettes sont déjà insuffisantes pour couvrir les dépenses du service public et le seront encore bien plus quand nous aurons à payer, en sus des frais actuels, l'intérêt sur plusieurs millions de nouveaux emprunts, C'est-à-dire que nous continuons comme par le passé à nous endetter de cinq ou six cent
mille piastres par année. Je défie tout homme impartial et compétent Roc d'arriver à une autre conclusion, après avoir fait une étude complète et approfondie de la situation. J'ai donc raison d’accuser le trésorier Mon de tromper odieusement la Chambre et le pays en manipulant les chiffres de façon à leur faire indiquer un équilibre factice dans notre re budget, quand il est de fait que cet équilibre n'existe pas, mais qu’au P. contraire il y a un découvert considérable entre les recettes et les | x dépenses. n T'elle est la vraie situation de la province | ne : Examinons-la encore à un autre point de vue, pour voir si elle M Are s’est améliorée, comme le prétend le trésorier, ) Ad D'après les Comptes Publics, les recettes ordinaires de la province ont été : nn :
Pour l'exercice 1883... cesse sesorseressococe $ 2,828,163 87 À d 6 ( 1884... uso soosesene uses 2,894,147 42 1 se 2, TOO Tasse co sos besese ‘ 2,983,968 89 TA Mor Crédits votés pour 1886.........,......,....., ..... 2,990,545 42 pay
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