LA CAUSE DES EMBARRAS
Il est à peine nécessaire de déclarer à la Chambre que ce sont les fortes dépenses encourues pour la construction des chemins de fer qui sont la cause des difficultés que nous éprouvons temporairement dans nos finances et que presque toutes les parties de la province ont largement bénéficié de ces dépenses. Toute notre dette fondée, dette dont les intérêts et le fonds d'amortissement obèrent tant le trésor chaque année, a été contractée pour des fins de chemins de fer. On me permettra de constater en même temps que nous avons dépensé avec extravagance pour les autres branches du service public, et qu'en vue de nos fortes dépenses pour les chemins de fer, nous aurions dû réduire les autres dépenses, au lieu que nous les ayons maintenues au dessus du montant que justifiait notre revenu annuel,
+2 mt Br à.
Je dois admettre que j'ai épronvé beaucoup d'embarras pour trouver les meilleurs moyens à adopter pour faire correspendre le montant de la dépense avec celui du revenu, et dans l'application des moyens que je propose d'employer pour atteindre ce but, j'espère que j'aurai le concours des honvrables membres des deux côtés de la Chambre, bien convaincu que s’il existe quelque divergence d'opinions quant aux moyens à employer pour arriver à ce résultat désiré, ce résultat est si important, si nécessaire à la prospérité de la province, prospérité à laquelle nous sommes tous intéressés, que tous se joindront à moi pour trouver et appliquer les moyens propres à mettre nos finances dans une condition normale et solide. (Applaudissements) Pour en arriver là, il me semble qu'il faut ou augmenter notre revenu annuel d’une manière très considérable, de façon à pouvoir faire face à une dépense aussi forte que celle des années passées, ou bien réduire sensiblement le montant de nos dépenses, si nous ne trouvons à notre disposition aucun moyen convenable d'augmenter nos revenus.