FRAIS DE L'ADMINISTRATION DE LA JUSTICE CRIMINELLE
Quant aux frais d'administration de la justice criminelle, la question est pour le moment en suspens ; mais le gouvernement fédéral nous a promis de la prendre en sa sérieuse considération, et nous aurons plus tard l'occasion d’exprimer nos vues là dessus. 1] me semble que comme question de justice envers avus, le gouvernement fédéral devrait payer les frais encourus pour faire observer ses propres lois
criminelles, ou bien nous accorder compensation pour les dépenses faites dans le passé et que nous faisons encore
chaque année pour cette fin. (Ecoutez! écoutez!) Je manquerais de générosité si je ne déclarais pas publiquement que les membres du Conseil Privé ont reçu la délégation du gouvernement de Québec avec la plus grande courtoisie, entendu l'exposé de nos prétentions avec l'attention la plus assidue, et je dois dire de plus que les membres du Conseil Privé représentant notre province et les députés de Québec au parlement fédéral nous ont aidé de toutes les
manières possible, et au nom de la province j'offre à ces messieurs nos remerciments les plus sincères. Il est vrai que nous avions confiance dans la justice de nos demandes et que nous n’allions ni pour mendier ni pour solliciter des faveurs, mais chacun sait qu'il importait que nous fussions appuyés par les amis de notre province, qui nous ont puissamment aidés et assistés dans notre mission. (Applaudissements)
Avant de terminer cette partie de mes observations, je puis dire que je diffère entièrement d'opinion avec les autorités fédérales au sujet du compte livré des $889,000 qu'elles prétendent dues par la province de Québec au gouvernement du Canada, à la date du 30 juin 1882, pour des montants payés en trop depuis 1867. Je n’ai pas eu le temps d'examiner le compte qui nous a été soumis, étant trop occupé à d’autres affaires ; mais je ne puis pas admettre en principe qu'on nous débite de l'intérêt composé à tous
les six mois et je ne pense pas non plus que les autorités fédérales insisteront sur ce point quand les deux gouvernements feront ensemble la revue de ces comptes.