NÉCESSITÉ DES RETRANCHEMENTS
Maintenant, je désire faire bien comprendre à la Chambre que tout en ayant reçu du gouvernement fédéral une aide qui nous appartenait, nous ne devons pas à cause de cela supposer que ce surcroit de revenu nous libère de lu nécessité de retrancher et d'économiser dans nos dépenses de toutes les manières possible. En effet, M. l'Orateur, ce surcroît de revenus ne s'élève pas à la moitié du chiffre normal des déficits qme nous avons eus depuis plusieurs années etil nous faut aussi pourvoir à notre forte dette fondée et à d’autres dettes, il nous faut aussi pourvoir chaque année au fonds d'amortissement, puis nous avons fait les choses sur un pied trop large, trop dispendieux, et la nécessité d'éco-
nomiser n'existe pas moins maintenant qu'elle existait auparavant, sauf cette différence importante qu’en pratiquant une stricte économie, nous pouvons espérer faire face à nos engagements sans imposer de nouvelles taxes au peuple, ce qu'autrement nous n’aurions pas pu faire, (Ecoutez! écoutez!) M. l'Orateur, si l’aide que nous avons reçue a pour effet de nous porter à croire que nous pouvons continuer à dépenser comme auparavant sans retrancher ni économiser à l'avenir, il eût été mieux pour la province de ne pas recevoir un dollar du gouvernement fédéral, car dans ce cas il nous serait impossible d'éviter la taxe directe qui était imminente, et alors le peuple serait forcé de prendre l'affaire en nains et de ne confier le pouvoir qu’à des hommes qui poseraient le principe, et insisteraient pour le mettre en pratique, de maintenir les dépenses à un chiffre égal à celui du revenu. J’ai entendu des gens dire: “ Eh bien, avec un si fort montant venant d'Ottawa—estimant toujours ce montant à un chiflre plus élevé qu'il ne l’est en réalité —il u'y aura pas besoin de diminuer les dépenses ; nous pouvons continuer, comme avant, à dépenser à droite et à gauche ; nous pouvons continuer les crédits ordinaires, etc. etc” Mais ces gens oublient ou ignorent le fait qu'après avoir retranché du montant additionnel que nous allons recevoir d'Ottawa le surcroit d'intérêt que nous aurons à payer l'an prochain sur une partie du dernier emprunt, il ne restera pas assez pour couvrir la moitié des déficits que nous avons eus depuis un bon nombre d'années, c’est-à-dire que pour faire joindre les deux bouts il nous faudra, après avoir payé le surcroît d'intérêts que je viens de mentionner, retrancher sur les dépenses ordinaires au moins la moitié du montant de nos déficits ordinaires. Tout de même il n’est que juste de dire que l’aide additionnelle que nous accorde le gouvernement fédéral, bien que ce ne soit qu'une affaire de justice et d'équité à notre égard, est et sera d'un grand avantage pour nous en ce qu’elle nous
permettra, si nous faisons les efforts voulus pour maintenir nos dépenses à un chiffre raisonnable, d’administrer les affaires du pays sans imposer de nouvelles charges au peuple, de façon à nuire à l'avancement du pays ou à la prospérité individuelle des citoyens. (Applaudissements)
J'espère avoir clairement démontré aux honorables députés la nécessité qu’il y a d'économiser et de retrancher dans toutes les branches du service public. Je sais que ce n’est pas un sujet agréable à traiter; mais il faut bien le traiter, dans les circonstances où nous nous trouvons, et de la sage ligne de conduite que nous adopterons à cet égard dépend la prospérité de la province, et je sais que l’immense majorité du peuple attend avec anxiété l’action du souvernement et de la Chambre relativement à la ligne de conduite qui peut être adoptée. (Ecuutez ! écoutez!)