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l'Echiquier avait été obligé, en temps de paix, de rétablir la taxe sur le revenu et les lourds impôts de guerre. Je croyais que les consolidés anglais étaient tombés de 113, ou environ,qu’ils étaient avant la guerre, à 88, depuis quelques mois, la cote la plus basse que ces valeurs de premier ordre aient atteinte depuis 50 ans.
L'honorable député nous a aussi parlé de l'Allemagne. Je m’imaginais que ce pays, depuis deux ou trois ans, subissait une forte crise commerciale, dont il commenco seulement à se relever péniblement. Il a fait allusion aussi aux Etats-Unis. Depuis quelque temps les commerçants et les industriels canadiens nous prêchent continuellement que les Etats-Unis sont à la veille d’une crise et nous demandent de prendre nos précautions pour protéger le Canada contre les effets de cette crise. Ils auraient pu ajouter que la grande fédération australienne souffre depuis longtemps d’une sécheresse prolongée et d’autres calamités.
Comme l’Anpleterre, l’Allemagne, les Etats-Unis et l'Australie sont de beaucoup nos meilleurs clients—puisque sur un commerce global de $460,000,000 nous faisons pour $420,000,000 d’affaires avec eux—je considère que mon honorable ami a été mal inspiré en di-sant que tous les pays avec lesquels nous sommes en relations commerciales sont prospères. Pendant que tous ces grands pays traversaient des crises sérieuses et se débattaient au milieu de graves embarras, le Canada, et le Canada, seul, continuait à prospérer.
La Commission du Tar.:
L'honorable député s’est permis une digression pour critiquer la proposition du ministre des Finances tendent à nommer une commission d'étude au sujet du tarif. L’honorable député me paraît avoir mal saisi la proposition de mon honorable collègue. Ce que ce dernier a voulu dire—et il me pa-raït s’être exprimé bien clairement — n'était pas de déléguer à d’autres les attributions et les pouvoirs du gouver-
nement, mais de choisir parmi les ministres, comme il y a quelques années, un certain nombre de ‘comriissaires, qui visiteront les différentes parties du pays et en étudieront les conditions économiques. Peut-être l’honorable député n'est-il pas très au courant de l’histoire économique au Canada depuis vingt-huit ans. Sans cela, il aurait peut-être su que le reproche qu’il fait à mon collègue s'adresse avec plus de force encore aux ministros de 1878- 79, qui, à leur arrivée au pouvoir, au lieu de préparer eux-mêmes un tarif, ont payé des j>ommissaires pendant plusieurs mois à Ottawa, pour préparer un tarif quo le ministre des Finances s’est contenté de signer. Un autre fait que mon honorable ami ignore peut-être, c’est que cette commission qui était supposée être nommée par le gouvernement, l'était, en réalité, par un comité d’industriels, et ce comité, dans une circonstance du moins, paya à un de ses représentants dans la commission des appointements beaucoup plus élevés que ceux qu'il recevait du gouvernement.
Ilÿ a dans le discours de mon honorable ami, un autre point sur luquel jo Partage sa manière de voir. Je ne voudrais pas censeiller aux Canadiens de compter #ur la ctinuation indéfinio de cette ere de :=spérité remarquable dont nous jouiss + depuis quelques années, Tous au Canada ont été en état de constater -w’en règle cénérale, les cycles de bos années s it suivis de cycles de ms années, Personne ne sait miæ que les années maigres # “2:%—x années grasses. J’ajou jue je n’ai jamais prétendu que tarif était l’unique facteur de la pr-nérité nationale.
Un pays peut avoir excellent tarif et des lois agraires déi.nenses et “vi-
ce versa”. Un pass : auss, «voir un excullent tarif + &. "=.
agraires, et, cependant, &s Hé jé.
vitables,comme la guerre + val d’autres influences déprimas
nuire à Sa prospérité.
Ÿ Je sais aussi qu’un pays +
nôtre n'est pas facile à gouverner. Il en est probablement ainsi de tous les pays fédérés. Je n'ai pas la préten- ‘on de dire qu’un gouvernement peut gouverner un pays comme le Canada pendant sept ou huit ans, sans donner prise à la critique. Des erreurs peuvent être commises ou avoir été ocommises. Des tentatives peuvent avoir échoué. Le gouvernement no se prétend pas infaillible. Il est admissible que des gens qui ont fait partie d'un cabinet, qui ont eu 4, responsabilité de gouverner, diriger ot administrer un pays s'étendant d’un océan à l’autre, commettent des erreurs ou expriment des opinions qu'ils auront l’occasion de regretter, ou qu’ils émettent des doctrines dont ils reconnaîtront plus tard l'absurdité.
M. R. L. BORDEN : L'honorable député parle-t-il par expérience ?
Sir RICHARD CARTWRIGHT Non ; je n’ai que très peu de chose à rétracter, si ce n’est qu’à une certaine époque éloignée—mon honorable ami n’était-pas encore mêlé à la politique— j'ai pu avoir certaines affiliations avec le parti conservateur. Mais si je ne me trompe pas, il y a eu un temps, alors qu’il était encore un excellent jeune homme, où l'honorable député luimême, faisant la classe dans les écoles du dimanche, pérorait on faveur de son excellent parent le ministre de la Mikce (sir Frederick Borden) et parcou.
rait le comté dans l’intérêt de sa candidature.
C'est lo temps de faire un inventaire.
J’admets avec l'honorable député de Pictou que c'est le moment de fsire un inventaire, d'examiner nos ressonrces et de voir si nous sommes justifiables d'engager le pays dans les grandes entreprises que projette le gouvornement.
Je ferai remarquer en passant que mon honorable ami, imitant en cela la plupart des orateurs de la gauche, s'est déclaré enchanté, extrêmement enchant6 de la grande prospérité dont jouit
le Canada. Comme tous los orateurs de son parti, il remercie la Providence de n'être pas comme ces hommes—ces méchants grits—qui ne pouvaient jamais trouver un mot d’éloge à l’adresse de ceux qu’il a appelés,je crois, ses illustres prédécesseurs, quand ils étaient au pouvoir.
Mais,immédiatement après avoir:ainsi proclamé la joie du pays, toujours fidèle à la tactique de ses amis, il fait tout en son pouvoir pour amoindrir et dénigrer cette prospérité du pays. La vérité vraie, j’gn ai bien peur, c’est que cette prospérité est comme un verre rongeur dans le cœur des adversaires du gouvernement. J'observais leur contenance, comme ils me faisaient l'honneur d'observer la mienne pendant que l’honorable ministre des Finances faisait passer sous leurs yeux, l’une après l’autre, les preuves les plus irréfutables de l’extrême prospérité du pays. S'ils étaient réellement charmés, j'avoue qu’ils sont les plus habiles gens que je connaisse pour dissimuler leurs senti-ments.
J'imagine que l'honorable député et ses amis sont à peu près dans les mémes dispositions d'idée que les habi-tants du Bas-Canada en 1837. lorsque le Saint-Laurent s’obstinait à ne pas geler, ce qui permit au gouvernement d'utiliser ce fleuve pour transporter ses troupes d’un endroit à un autre. Le bon Dieu, disaient-ils, n’est pas un bon patriote, Je suis porté à croire que si mon honorable ami voulait être sincère, il dirait aussi que c’est bien mal de la part de la Providence do se montrer si complaisante pour ces grits pervers.
L'épithète qu'ils accolent d'ordinaire au mot gr’: est plus énorgique peutêtre, mais moins parlementaire que celle dont je me sers ; cependant. je crois que le mot ‘‘pervers’”’ vaut mieux.
Pourquoi les Conservateurs ont des déchirements de cœur.
Mon honorable ami m'a amèrement reproché d’avoir souri pendant qu’il
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racontait certaines choses que, selon lui, j'aurais dû prendre plus à cœur.
C'est vrai, M. l’Orateur, j'ai souri.Certaines réminiscences me revenaient en ce moment à l’idée, et je vais lui dire en quoi elles consistaient. Je me rap-
vateurs n’en ont pas, cela me ranpelait involontairement cette remarque du regretté Jos. Rymal, qui diseit qu’il préférait rencontrer une ourse à laquelle on aurait dérobé ses petits, qu'un conservateur chassé du pouvoir, Je me rappelais aussi une anecdote du défunt sir John Macdonald. Un jour qu’il parlait devant un auditoire sympathique il se compara au petit gar- Son qui, gaulait des glande, et, s’adressant à ses auditeurs, il Jeur dit que s'ils désiraient profiter de l’aubaine, ile n'avaient qu’à se servir.
M. l’Orateur, je conçois les déchirements de cœur de nos adversaires à la vue de ces berux fruits dorés que mon konorable collègue des Finances a jetés devant nous tout à l’heure, sous forme d'excédents amassés dans les Caisses de l'Etat. Le pis, c'est que cet argent reste au Trésor, au lieu d’être généreusement distribué aux amis, comme cela sæ faisait sous le régime conservateur.
L’honorable député adopte un mode de calcul qui, dans un sens, ne manque
pas d'efficacité. J'ai suivi avec atten-.
tion sa revue de la situation financière et je dois dire à sa louange que la règle qu’il applique a, du moins, le mérite de sauver beaucoup de travail. Cette règle est bien simple. Mettez tout au doit, rien à l’avoir, et vous avez le résultat. Sa manière de raisonner est de la mêmé force: elle retarde. Elk aurait pu être acceptable, il y a dix, vingt ou même trente ans. Aujourd’hui elle a le tort grave de ne tenir
compte ni des faits ni des conditions qui ne sont plus les mêmes, 11 y a plus de différence entre le Canada d’aujour d’hui et celui de 1896, qu'entre le Ca nada de 1896 et celui de 1866. Cei n'est pas une simple figure de rhétorique. Sous plusieurs rapports, ke Canada à fait plus de progrès depuis huit ans, que pendant les trente années précédentes.
y à trois points de repaire Pour juger de la Prospérité du Canada.
Il ya, à mon sens, trois grands points de repère, pour juger de la prospérité d’un pays comme le Canada. 11 Y en a d’autres qui ont leur importance, mais ils tombent dans l’insignitisuce, comparés À ces trois-ci: Premièrement, les progrès de la colonisation; deuxièmement, l'augmentation du volume . dy commerce, et, troisièmement, l’augmentation du revenu. J ’en ajouterai un autre qui s'applique plus Particulièrement à la province d’Onrio : Quelle est la situation des cultivateurs ? Dans quelles conditions se trouve la classe agricole? Comihien d’'hypothèques ont été payées? Wuelle est la valeur des terres ? Par-dessus tout, trouve-t-on à les vendre avantageusement ? La question que je pose à tous les membres de cette Chambre, des deux partis, est celle-ci: De mémoire d'homme, du moins depuis la guerre de Crimée, les cultivateurs du Canada ont-ils jamais été aussi prospères qu’aujourd’hui ?