‹ Discours sur le budget prononcé à l'Assemblée Législative de Québec le 21 février 1890 [microforme]Chapitre 6 sur 17 · LISE · texte numérisé non relu

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Exercice 1889-20

Il n'est pas nécessaire d'entrer dans de longues considérations sur le résultat des opérations de cet exercice, attendu que tous nos calculs ne sont basés que sur des estimations. Pour cette raison il est difficile de produire des chiffres qui offrent une précision certaine et définie.

Tout de même, en se basant sur les estimations, l'on peut assez approximativement prévoir quel sera le résultat des opérations de cet exercice en autant qu'il s’agit des recettes et des dépenses ordinaires.

En jetant un coup d'œil sur les recettes et les dépenses, l’on voit que celles ci accusent dans le roment, un excédant qu'il est facile d'expliquer.

Les dépenses ordinaires pour les six mois échus le 31 décembre s'élèvent

à la somme: de. 56440003. à APR ere eee et $2,069,415 72 Les recettes pour la même pé-iode atteignent le chiffre de............. 1,603,166 8x Ce qui laisse un excédant de dépenses sur les recettes de ............. $ 466,248 où

Cette différence n’est que temporaire et s'explique facilement.

Les opérations des premiers six mois de cet exercice ne doivent pas être prises comme le criteriun de toute l’année.

L'on sait que la rentrée de nos recettes n’e:t que périodique et il en est ainsi pour le paiement de nos dépenses, c’est-à-dire qu’à certaines époques nos déboursés sont plus élevés que d'ordinaire. C'est ce qui arrive pour la rentrée de nos principales recettes, surtout celles qui proviennent des terres de la couronne, de notre subside fédéral, des taxes sur les corporations commerciales et des droits de licences qui représentent la partie la plus importante de nos revenus. Ainsi, en décembre, nous sommes obligés de transmettre en Angleterre pour solder, au rer janvier, l'intérêt, dû à cette date, sur une partie de nos obligations, soit une somme de $250,000, en chiffres ronds, ce qui a l’effet de doubler le chiffre de la dépense mensuelle ordinaire, Ceci explique de suite une partie de la différence entre les recettes et les dépenses. La rentrée de ce qui nous est dû par. le département des tertes de la couronne ne s’est pis effèctuée aussi promptement cette

année que l’année précédents. L'année précédente, a1 3r décembre, le revenu de ces

terres nous avait donné $635,428.30. L'année dernière le montant reçu de la même source, à la date correspondante, ne produisait que la somme de $392,474.59, soit une différence de $242,953.71 en faveur de la première. Ces deux sommes réunies donnent $492,953.71.

En janvier nous avons encaissé le subside fédéral, et une somme de $800,000, chiffres ronds, est due au département des terres de la couronne. La rentrée de ces deux sources de revenu ainsi que des autres recettes, sur lesquelles nous comptons d'ici au 30 juin, établira de suite un surplus assez considérable de recettes sur les dépenses, si ces différentes sources de revenu réalisent nos prévisions comme nous avons lieu de l’espérer.

Ces explications, j'ose le croire, suffiront à démontrer que cette différence entre les recettes et les dépenses n'est réellement que temporaire.

Voici, d'après mes estimations révisées, sur quoi j'ai lieu de compter. Dans mon budget de l’année derrière j'avais évalué le montant des recettes à $3,405,672.80. D’après de nouvelles estimations le chiffre est porté à $3,639,672.80, ce qui accuse une augmentation de $284,000 sur mes premières estimations. Cet excédant des recettes portera principalement sur le produit des terres de la couronne, et l’honorable commissaire m’assure que je puis compter avec certitude sur la rentrée de cette somme.

Le chiffre de la dépense, y compris les estimations supplémentaires, s’élèvera à la somme de $3,552,565.00, ce qui d’après mes prévisions, laisserait un excédant de $137,107.80.

Le chapitre de la dépense est assez bien établi, car sur les services contrôlables il ne peut y avoir de divergence bien appréciable entre les estin 1tions et les dépenses, rien ne nous faisant présager dans le moment que les recettes sur lesquelles nous comptons ne se réaliseront pas.

L'honorable député de Montmorency, dans sa motion de non confiance du 31 janvier dernier, porte la dépense à $3,784,405.78, tandis que, d’après moi, elle n’est que de $3,552,565, donnant une différence en moins de $231,840.

Comment expliquer le chiffre plus élevé de l'honorable député ?

Il prend sur les dépenses spéciales, qui avaient été votées comme telles par la Chambre, la somme de $231,840, et, pour faire cette opération, il prétexte que cette somme doit être attribuée aux dépenses ordinaires. Ces dernières dépenses se trouvent grossies d'autant et c’est par ce moyen qu'il arrive à présenter un état financier exagéré .

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et entièrement en désaccord avec la situation réelle, C’est en s'appuyant sur un déplace ment de chiffres qu’il arrive à démontrer un état erroné de la dépense d'un côté tandis que, de l’autre, il laisse dans l'ombre certaines recettes.

Avec une telle comptabilité, il est facile d'arriver à fabriquer des déficits ; mais, dans cette Chambre, il nous est permis d'examiner sous son véritable aspect l’échafaudage sur lequel s'appuie l'honorable député.

Lorsqu'il était ministériel, ces mêmes dépenses qu’il retranche aujourd’hui des dépenses spéciales pour les ranger du côté des dépenses ordinaires, il les considérait alors comme légitimes ; mais maintenant il ne veut plus en entendre parler. Pourquoi cela ? la réponse en est bien simple. C’est que lorsqu'il était ministériel il voyait tout en rose e: ue dans l'opposition il voit tout en noir.

Examinons donc ses prévisions pour voir si elles sont fondées ou non.

L’estimation des dépenses spéciales est portée à $443,637.29. Sur cette somme il admet comme dépenses imputables au capital, savoir :

Nouveaux édifices du Parlement, construction.........,...... $162,760 00 Nouveau Palais de justice, Québec do ATEN SEE ue FAGOR

C'est ce total, d’après la théorie de l'honorable député, qui doit être attribué aux dépenses imputables au capital, et la balance de $231,840 il la porte aux dépenses ordi-

naires.

Pour détruire le raisonnement de cet honorable monsieur et pour établir la fausseté de ses prétentions, je n'ai qu’à énumérer les principaux articles qu'il range dans la catégorie des dépenses ordinaires :

Spencer Wood, dépense de $10,231.00 pour construction d’une serre, d’une cave à légumes, d’une remise en briques et d’une loge pour le gardien. Voilà une dépense que l'honorable député classe parmi les dépenses ordinaires. Peut-on raisonnablement soutenir qu’une dépense qui ajoute de la valeur à une propriété ne soit qu’une dépense ordinaire ?

Construction des ponts en fer : $100,000, dont $75,000 seulement seront requises. Il compute cependant ces $r00,000 comme devant être dépensées.

Il range dans la catégorie des dépenses ordinaires les $36,675.00 pour la codification des lois, les $20,000 attribuées aux écoles du soir à titre d’essai. et $60,000 attri-

buées à d’autres objets, qui sont réellement,des dépenses exceptionnelles, et qui, comme je lai déjà expliqué, ne peuvent être imputées au compte des dépenses ordinaires. 11

Dans tous ses calculs, l’honorable député a bien soin d’omettre tout ce qui pourrait nuire à sa thèse. Ainsi il ne tient aucun compte du surplus probable entre les recettes + et les dépenses, et les recettes spéciales qui doivent être mises en regard des dépenses

se

spéciales. k C'est au moyen de tels calculs et d'états erroné. :t fallacieux que l’honorable député 2 ‘

de Montmorency s'efforce de présenter la situation sous un faux jour. C’est en transpo- ù

sant les chiffres d’une colonne à une autre qu’il est arrivé à établir des déficits 1à où il ; $e

y a des surplus, de même qu’il trouvait, lorsque ses amis étaient au pouvoir, des surplus : me

à où il y avait déficits. C’est avec ces moyens qu'il réussit à se poser devant ses parti-

sans comme un grand financier. Nous sommes en présence d’un homme qui se targue “is

d’avoir trouvé la règle absolue et la mesure de précision dont il faut se servir dans les

circonstances, C’est en vertu de ce procédé qu'il réussit à arriver à des déficits ou à GEL

des surplus chaque fois que cela peut atteindre le but qu’il a en vue. + fe

sit

Malgré ses contradictions passées et présentes, nous sommes en présence d’un À

homme qui se vante publiquement d’avoir fait de longues et pénibles études sur ce grand le

sujet de nos finances, et qui se rend modestement le témoignage d’être le seul député au

fait de la v'aie situation, et se décerne gracieusement un brevet d’infaillibilité et de mue

précision mathématique. :

Naturellement, ses amis et ceux qui n’ont pas la vision claire sur ces matières ajoutent

foi à ces démonstrations, faites avec une assurance et un aplomb dignes d’une meilleure 4

cause. Ils prennent pour de la science un vain étalage de calculs erronés et fallacieux, ‘ ;

destinés tout au plus à des fins politiques et propres à jeter le doute et la confusion dans Lu

l'esprit de ceux qui sont peu au fait de ces matières.

Les états suivants serviront à démontrer jusqu’à quel point nos adversaires ont raison $ À de crier si fortement contre notre administration des finances, et auront pour effet de “ae mettre à néant leurs prétentions au sujet des dépenses qu’ils ont soin de grossir au moyen » e de chiffres erronés et fallacieux. :

C'est un procédé malheureux que celui d’induire la Chambre et le pays en erreur sur ve la vraie situation financière de la province. Pour cela on n’a qu’à suivre la méthode adoptée . par l’honorable député de Montmorency. Elle est bien simple, la voici : enlever certaines LA recettes des recettes ordinaires, en laisser d’autres dans l’ombre et ajouter aux dépenses ; ne ordinaires ce qui doit figurer comme dépenses extraordinaires, Par de tels moyens on he

arrive facilement à créer des déficits où il existe des surplus.

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