‹ Discours sur le budget prononcé à l'Assemblée législative de Québec le 5 décembre 1890 [microforme]Chapitre 16 sur 17 · HOT · texte numérisé non relu

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Prononcé à l'Assemblée Législative de Québec le Hi Décembre 18800

En l'éponse û La critic ue de l'ex 1086 finan 1 DT M. Hall dé ulé de 1 Î 1 1 ) 1 Montréal, de La division No D:

M. L'ORATEUR.-—Je dois féliciter l'honorable député de Montréal-Ouest sur le

discours habile qu'il vient de prononcer et qu nouveau rôle qu'il vient de prendre.

Je l'en félicite d'autant plus qu'il s’en est a: quitté parfaitement bien comme du reste il

s’acquitte de tout ce qu’il entreprend. Seulement, nous n'avons pis eu affaire, qu'il me

permette de lui dire avec toute la déférence possible, à un trésorier présent, passé ou

futur. Nous avons eu affaire à un avocat, et, comme avocat 1l a plaidé sa cause, Il la plaidée comme il plaide les causes de ses clients, mais j'ai constaté, depuis que je prati que au barreau à Montréal, que les plus grands efforts de son talent ont eu lieu’ lorsqu'il plaidait une mauvaise cause, 11 démontrait avec tant de bonne foi qu'il avait raison que ses advesaires étaient quelquefois embarrassés pour lui répondre. Je ne voudrais pas aller jusqu’à dire que c’est ma position dans le moment, mais je me suis convaincu d’une chose, c’est qu'il a réussi à persuader queéiques-uns de ses amis qui hésitaient beaucoup avant qu'il vint à commencer son discours. Il a réussi à les convaincre, dis-je, que sa cause était bonne. Voici le mode habile qu'il a adopté. Il commence à procéder par détail. Il parle de l'augmentation des dépenses sur certains chapitres, et quand il a réussi à démontrer quelques items assez importants, il conclut ea disant que le gouvernement actuel est extravagant. Quand il a fait cet exposé de détail, il arrive à l’ensemble et il dit : Voyez à quel résultat vous arrivez. C’est tout simplement désespérant et ia province ce

Québec s’en va à ja ruine.

Il a eu le soin cependant d'ajouter que la province était riche, et qu'elle pourrait Supporter encore quelques dépenses additionnelles, si on avait le soin de pourvoir à un

revenu nécessaire,

Avant d'examiner quelques-uns de ces détails et de jeter un coup d’œil sur l’ensemble de la démonstration de notre ami, permettez-moi de faire une couple de remarques

préliminaires,

L'honorable député est effrayé parce que, pour l’année qui finit le 30 juin 1890, les dépenses totales se sont élevées à $3,812,000. Etait-il aussi effrayé que cela quand, en

1881-82, les dépenses se sont élevées à $3,628,000 ?

M. l'Orateur, je prends ces deux chiffres-là, et vous allez voir comme la comparaison

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est juste. En 1881-82, il y a eu des élections générales comme en 1889-90, de sorte , qu’on peut charger les dépenses des élections générales dans un cas comme dans l’autre, avec cette différence que nous avons fait des élections dans 73 comtés, et en 1881-82 on n’en fit que dans 65. C’est un détail peu important, ‘Toujours est-il que les dépenses totales de 1881-82 ont été de $3,628,000 et les dépenses de 1889-90 de $3,812,000, diffé-

rence en chiffres ronds $200,000.

Est-il nécessaire de s’effrayer ? Est-il juste de nous faire un reproche à ce sujet ? Comment va-t-on justifier cette augmentation de $200,000 ? Si on ne la justifie pas, nous sommes coupables, et si nous la justifions de l'aveu même de ces messieurs, qu'y at-il à dire ? Il ne suffit pas d’opposer chiffre à chiffre, mais il faut les raisonner, il faut s’en rendre compte, il faut les expliquer. Il faut voir s’ils peuvent être justifiés. Or, je dis à la face des comptes publics que nous justifions cette dépense. On nous reproche pour 1889-90 une dépense de $3,812,000, tandis qu’en 1882, nous leur reprochions une dépense de $3,628,000, ce qui fait une différence de $200,000. Or, donnez-nous crédit d’abord pour une somme de $242,000 de plus pour le service d'intérât que nous payons pour des emprunts faits pour payer vos dettes. Nous ne somines pas ici sur un husting où un orateur habile peut surprendre la bonne foi de son auditoire, Nous sommes 73 députés, les élus du peuple, supposés être intelligents. Je crois que nous sommes incapables de nous laisser surprendre même par l’homme le plus habile. Siles 200,000 d’augmentation ne représentent pas même l'intérêt des emprunts que nous avons été obligés de faire pour payer les obligations de nos amis, comment peuvent-ils nous faire des reproches ? Or, tout le monde sait qu’en 1882, l’année même que ces messieurs ont dépensé $3.628,000, ils ont voté des crédits aux chemins de fer, ils ont engagé la province à des intérêts pour plus de $r00,000. Tout le monde sait qu'avant que ces messieurs aient aissé le pouvoir en 1886, ils ont voté des subsides aux chemins de fer. Îls ont engagé encore le crédit de la province pour un intérêt de plus de $100,000, ce qui fait $200,000

et cela sans pourvoir pour un sou au paiement de ces crédits aux chemins de fer.

Et quand nous sommes arrivés pour faire face aux obligations les plus pressantes,

nous avons emprunté 3 millions et demi de piastres qui à 4 pour cent seulement repré-

; sentent au delà de $140,000. Eh bien, si nous avons dépensé durant l’année dernière $200,000 de plus que ces messieurs dépensaient en 1882, et si on justifie ce surplus de

dépenses seulement par l'augmentation du service des intérêts, qu'est-ce que ces messieurs

ont à dire? Ne sommes-nous pas obligés de payer l'intérêt sur les capitaux que nous

avons empruntés pour payer leurs dettes ?

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Où était-il mon ami de Montréal de la division No. 5 à cette époque? Il était dans la politique comme aujourd’hui, Il supportait les messieurs qu’il supporte aujourd’hui ? A:til dit un mot contre M. Chapleau? A:t-il critiqué les dépenses ? Non, et ils dépensaient da s cette année, 1882, $3,628,000, avec des dépenses beaucour, moins considé.

rables nue celles que nous avons à supporter.

Mais aujourd’hui il est sévère, p' + que nous dépensons $200,000 de plus qu’alors,

lorsque nous justifions cette augmentation comme je viens de la justifier.

Plus que cela, les mêmes hommes qui nous reprochent l'augmentation de la dépense sont les mêmes qui en 1888 ont laissé passé à l’unanimité, ou du moins sans enregistrer leur vote pour protester, les résolutions des chemins de fer. Pourquoi? C'est parce que ces messieurs de l’autre côté avaient demandé et obtenu des subsides pour les chemins de fer. Ils étaient intéressés à se taire, et ceux qui ne l’étaient pas firent comme les autres,

Et c’est après ‘ette générosité de notre part, quand nous avons risqué notre popularité pour construire des chemins de fer, contrôlés par nos adversaires, et à leur demande,

c’est alors, dis-je, qu’on vient nous reprocher ces dépenses !

M. l'Orateur, je croyais que la reconnaissance pouvait exister chez les hommes publics comme chez les autres hommes, et que ceux qui étaient à nos genoux dans ce temps-là pour demander des subsides ne seraient pas les premiers à nous jeter la boue à la face,

aujourd’hui, et à nous critiquer.

Parmi ces dépenses extraordinaires que l’on nous reproche aujourThui et qui en ont augmenté le total, il y a des choses dans lesquelles ces messieurs ont concouru, et si on veut persister dans ce système de dénigrement au sujet de l'augmentation de l'indemnité des membres de la législature, je pourrais bien rappeler ce fameux Xouwnd Robbin signé par les messieurs de l’autre côté pour obtenir cette augmentation, et alors il faudra qu’ils cessent de crier à l'augmentation des dépenses de la législation. Je me rappelle que j'étais alors au bout de cette table, entouré de quelques-uns de nos adversaires qui voulaient absolument que l’on mit $1,000 au lieu de $600 qui état le chiffre de l’indemnité à cette époque.

Je sais ce que j'ai dit. Jedis alors: Vous n’aurez pas $r,000, mais je vas peut-être essayer de vous donner $800, et un de ces messieurs que je vois dans ce moment de l’autre côté, un de ceux qui ont crié le plus fort sur les hustings ou ailleurs que nous avions augmenté l'indemnité des députés, a dit: “ Gardez vos $800, nous n’en voulons

pas ; c’est $r,000.” Maïs il a changé d'opinion et il a pris les $800.

Cet item seul de $200 pour 89 membres fait une augmentation de $17,800. Nous étions avant cette année 89 avec les conseillers législatifs. Nos adversaires sont bien prêts à approuver ces détails de lauginentation, mais ils refusent d'accepter le montant

en bloc, c’est-à-dire, ils veulent bien soutirer de la caisse ce qui leur est agréable, mais ils

ne veulent pas faire l'addition en faveur du gouvernement. Forts sur les soustractions,

ils faiblissent devant les additions.

Mon ami a parlé de l’item de la législation. Je n'entrerai pas dans tous les détails, car ce serait fastidieux ; ça deviendrait ennuyant. Mais notre ami nous a dit : La légis lation a coûté cette année $312,000, qu ind, dit-il, en 1886, elle n'a coûté que $181,994 D'abord il faut retrancher les dépenses d’clection, les élections de 1886 ne sont chargées que dans l’année 1886-87. Aussi voyonsnous tout de suite cet item mon-

ter pour l’année suivante à $278,000, c'est-à-dire que nous avons eu des élections à partir

du rer juillet 1886 à aller au 3o juin 1657. Vos dépenses ont augmenté de près de i CC

$100,000. Est-il juste de prendre comme point de comparaison l'année 1885-€”, où il

n'y a pas eu d'élection, pour l'année 1890, où il y a eu des élections ?

Mais si vous voulez faire une comparaison, prenez le même item pour 1881-82 et comparez-le avec celui de 1890 ; il y a eu une élection générale en 1882, et vous verrez que la différence n’est pas bien grande. La différence n’est pas forte, si vous retranchez les $17,400 de l'augmentation de l'indemnité des députés ; il n’y a presque pas de différence.

Prenons une autre comparaison. Comparez l’année dernière avec l'année 1886-87,

dont nous ne sommes pas responsables, pour la législation. Vous avez $278.000 comparés à $312,000. Si vous prenez les $17,400 pour l'augmentation de l'indemi ité des députés, vous n'avez presque pas de différence, et vous avez 8 comtés additionnels où les dépenses d'élection ont été faites de plus qu’en 1882. Toutes les dépenses d'élection se montent à la somme de $43,000, de sorte que vous voyez par ces détails que mon ami a été injuste sans le vouloir sans doute, parce qu'il est certainement un des hoinmes qui, ordinairement, traite les questions de la manière la plus juste, la plus équitable et la

plus raisonnable possible.

Un autre détail et je finirai par là cette partie de mes observations. Dans les dépenses ordinaires vous devez comprendre les charités, n'est-ce pas M. l'Orateur? Personne ne niera que les charités sont comprises dans les dépenses ordinaires. Quelle différence y a-til entre les charités que nous faisons et celles que ces messieurs faisaient ? Ils avaient commencé sous le régime de l’économie à retrancher 10 pour cent tous les ans sur les crédits de la charité. Ne faisons pas de sentiment, ne prenons que le côté pratique de la question. Quand nons sommes arrivés, nous avons arrêté cette diminution, non seulement cela, mais nous avons augmenté dans une foule de cas ces allocations, même nous avons accordé des crédits nouveaux, et mon ami nierat-il qu'il a été un de ceux qui ont contribué à faire accorder des crédits nouveaux pour les charités ? Est-ce qu'il n’ett

pas un de ceux qui ont demandé d'augmenter les crédits de certaines institutions de

charitéi dans la province de Québec ? Pourquoi at-il demandé cela ? Parce qu'il

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