AGRICULTURE
Comme province, c'est dans l'agriculture que la nôtre doit chercher son point d'appui, sa principale ressource, Nous possédons de vastes territoires maintenant à l'état de nature et disponibles pour la colonisation, Des explorations récentes et des arpentages faits par ordre de notre Département des Terres de la Couronne ont constaté l'existence d’une quantité de terres aussi fertiles qu'aucune de celles qui sont aujourd’hui livrées à la culture,
Ces terres sont bien boisées, bien pourvues de cours d'eau ; le sol en est excellent, et les pouvoirs d’eau propres à l’établissement des manufactures y abondent. Sous le rapport des avantages naturels, elles offrent tout ce qu'on pout désiror pour faire vivre une population nombreuse ; toutefois, il faudra ‘es Ouvrir, au moyen de routes, afin de les rendre accessibles au colon.
Les octrois considérables proposés par le gouvernement ex sanctionnés par cette chambre dans le but d'ouvrir des chemins de colonisation, sont une preuve de l'intérêt qu'on prend à faciliter l’accès des terres incultes au défricheur. Dans la plupart des cas, les sommes octroyées ont été dépensées avec profit. Ces travaux seront bientôt suivis de résultats, si nous prenons les moyens d'encourager les colons à se fixer sur ces terres et de leur faire des avances nécessaires pour leur établissement ; mais il ne faut pas s'attendre à des résultats immédiats.
Je maintiens que le gouvernement, en donnant son autorisation et en prenant part à l'établissement des sociétés de colonisation, auxquelles je suis heureux de dire que le peuple s'intéresse si vivement, contribuera beaucoup à l'inauguration d'un système que nous sommes certains de voir réussir et produire des résultats satisfaisants,
La dépense que nous avons faite de Ja grosse somme de $644,500.00, depuis trois ans, pour fins agricoles et de colonisation, ne peut manquer, si nos eflorts continuent, d'attirer sur nos terres en friche un grand nombre d’immi
grants, dont
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prise et l'intelligence ajouteront sensiblement à la prospérité et à la richesse du puys, on décideront d’autres à rester au milieu de nous, en même temps qu'ils nous ramèneront ceux qui ont quitté le sol natal dans l'espoir d'améliorer
leur position (applaudissements.)
l'esprit d’entre
Li est bon de se rappeler que les efforts systématiques auxquels nons nous livrons avec tant d'énergie pour ouvrir nos terres incultes au défricheur, et pour engager notre population à rester dans le pays qui l'a vue naître ou à attirer l’immigration étrangère, est de date comparativement récente. Nous ne devons donc pas compter trop tôt sur ces résultats. [l faut du temps pour changer le cours du trafic et du commerce, pour leur faire prendre une voie nouvelle. Quand l'esprit humain est accoutumé à suivre un certain canal, il est nécessaire d'abord d'arrêter son attention, pour l’amener au repos et à la réflexion, avant de lui imprimer une autre direction ; c'est ce que nous devons faire dans les circonstances actuelles ; mais à force d'efforts et en procédant systématiquement ; il nous est permis d'espérer que nous réussirons. Déjà, je crois, le courant qui entrainait nos compatriotes vers les Etats-Unis s’est ralenti. Ils commencent à nous revenir en grand nombre, et pendant la dernière saison, il y a eu des milliers d'étrangers qui se sont décidés à se fixer dans notre province (applaud.) Si les immigrants avaient appartenu à la classe rurale, nous aurions pu en engager un plus grand nombre à rester, mais nous avons pensé qu'il valait mieux ne pas en inviter trop de ceux qui nous venaient des villes, vu qu'ils étaient impropres aux travaux agricoles.