‹ Discours sur le budget prononcé dans la Chambre des communes du Canada, mardi, 9 mars 1880 [microforme]Chapitre 2 sur 9 · LE · texte numérisé non relu

LE

voir si nous pouvons rétablir l'équilibre cn pratiquant la plus sévère économie possible

Les dépenses pour lesquelles des crédits supplémentaires ont été demandés donneront peut-être livu à la critique, J'ai pris la peine de vérifier l'un après l'autre les différents items auxquels se rappor'ent ces crédits supplémentaires e: j'ai trouvé que les items dont l'admiuistation actuelle peut se dire rsponsable s'élèvent en tout à la somme de $100,000.

Je sais que les honorables membres de la gauche peuvent d're: ‘Vous avez demandé un erédlit additionnel pour les chemin de f:r Nous n'ignorons pas, M. l'Orateur, que le: dépenses additionnelles ne sauraient être imputées à la présente administration. Le déficit créé par cette entreprise d'utilité publique, durant la dernière anné., a atteint le chiffre de $700,000; de sorte que le déficit durant les six premiers mois de l'année, dont les honorables membres de la gavche sont principalement responsables, et durant l'autre semestre, dont ils sont en partie responsables, est en grande partie le résultat de eur administration.

Ainsi donc, si nous examinous cette alfaire pour mieux comp endre jusqu'à quel point nous étions dans le vräi en émettant notre proposition, on verra clairement qu'à tout événement, les dépenses dont nos honorables amis de la gauche doivent porter la responsabilité ont produit, dans le cours de cette année, un déficit d'au moins $3,000,000, au lieu de $2,000,000.

Nous allons maintenant examiner la question des dépenses de cette année. J'ai fait avec soin un état comparatif des revenus et des dépenses, en me basant sur l'expérience. acquise jusqu'aujourd'hui. Dans mon discours, l'an passé, je comptais obtenir un revenu des douanes, pour cette année, de $14,000,000, à part celui de $900,000 ui a été perçu durant les mois de février et mars. Ce dernier mont int, qui faisait légitimement partie du revenu de cette année, s’est trouvé avoir, à la fin de l’année, dépassé mes prévisions, puisqu'il à été de $700,000 au lieu de $8500,000. Je suis maintenant aussi convai cu que jamais qu'à part les sommes perçues, l’année dernière, et qui appartiennent à la présente, celles perçues par les douanes seront, comme je l'avais calculé, de 514,000,000 pour cette année. Où a

allégué que le revenu jusqu'au ler janvier ne justifiait pas une semblable conclusion; mais, si nous calculons le revenu des douanes jusqu'à cette période, et si nous y ajoutons même $000,000, notre estimation primitive, nous trouvons que ce montant produit presque la moitié de l'estimation de $14,900,000 pour toute l’année, Maintenant, si nous prenons eu considération le fait que nous avons probablement consommé ou qu'on à lancé sur le marché les marchandises qui ont payé le droit l’an dernier et qui appartiennent à celle-ci, nous pouvons fort bien nous attendre à recevoir, dans le dernier semestre de cette année, une somme égale à celle qui à été perçue pendant le premier semestre, $7,250,000.

Je puis ajouter, me basant sur les états faits tous les dix jours, que nous aVOns perçu, dans les mois de janvier et février et les cinq pre miers jours de ce mois, $408,000 de plus que dans la période correspondante de 1879. Ceja prouve clairement que nous avons consommé des marchandises importées l'année dernière, et que nous pouvons compler, pour le reste de l’année, sur une augmentation de revenus correspondante au chiffre des crédits dmandés par le gouvernement.

L'estimation du revenu de l’accise, telle que basée sur l'expérience acquise jusqu'à ce jour, s'élève à 4,500,000, auxquelles il faut ajouter $600,000 qui ont été imputées à l’année dernière mais qui appartiennent réellement à la présente, ce qui donne $5,100,000. Ce montant n'atteint pas celui qui a été inscrit dans nos estimations il y a un an.

Je me rappelle parfaitement que l’honorable monsieur qui m'a precédé à contesté mon calcul, lorsque j'ai prétendu que les 10 centins par galion sur les alcools rapporteraient $100,000 : le seul item du revenu qui indique une diminution jusqu’à aujourd’hui. Il peut se faire que cet honorable monsieur ait dit vrai quant aux causes de cette réduction, mais je suis porté à attribuer le fait à une äutre Cause, C’està-dire à une diminution dans la consommation des spiritueux, que celle-ci soit due à l'augmentation de impôt où à un changement dans les habitudes du consommateur. Dans tous les Cas, je suis certain que beaucoup sont d'avis, que!" que soient les causes qui aient amené cette diminution, que c’est l'item de revenu auquel notre population iient le moins et qui sera le moins regretté.

RTE ATEN pas

LE

ae

en

ee ST

re me nr can

Nous avons calculé que les recettes du service postal s’élèveraient à $1,200,000, et nous persistons à croire que cette estimation est correcte.

Quant aux travaux publics, nous comptons obtenir un surplus de $00,000 sur les recettes de l’année nrécédente, et cela s'explique par le fait de notre mise en possession de ’embranchement de Pembina du Chemin de fer du Pacifique. Nous avons demandé à la Chambre de voter $50,000 pour ia gestion de ce chemin; mais, d’un nous avons augmenté les dépenses, il est certain que | chemin augmentera en proportion.

Nous sommes d'avis que le revenu du timbre des effets de s’élèvera à $200,000.

On constate une augmentation dans l'intérêt des placements. Je dois dire, en premier lieu, que lemprunt que nous avons négocié en Angleterre, l'an dernier, et les sommes d'argent que nous avons empruntées à cinq pour cent, ont eu pour conséquence de donner au trésor plus que les ressources nécessaires aux besoins de l’année courante, et de nous fournir les fonds pour faire face au obligations qui échoient le premier juillet prochain et qui portent intérêt; l'intérêt de cet argeut atteindra probablement $200,000—juoique je l’aie estimé à seule. ment $150,000--au dessus du montant estimé. De sorte que l'intérêt provenant du compte de la dépense se trouve compensé par une somme additionnelle portée à notre crédit et qui nrovient de nos revenus.

J'avais d'abord estimé tous les autres revenus à $700,000 ; mais, en Comiparant les tableaux de l'année dernière et ceux de cette année, le m'aperçois qu'il est très probable que ce montant n’excédera pas $600,000, ce qui donne comme recette prévue pour l'année courante $24,450,000, au lieu de $25,200,000, selon l'estimation précédente,

Arrivons maintenant à l'estimation des dépenses. Les calculs de l'année dernière en élevaient le chiffre à $23,869,262, Le budget SUpplémentaire, qui est maintenant soumis à la Chambre, établit qu’en déduisant les crédits imputables au capital, |

autre côté, si e revenu de ce

commerce

es crédits supplémentaires pour l’année courante, imputables au revenu, s'élèvent à $858,922. Ils se composent en partie d'une somme de 8100,000 pour venir en aide à l'irlande; de $201,000 pour venir au secours des sauv

ages qui sont dans la misère ; de 897,500 pour construire des édifices publics à Saint-

Jean, somme que l'on doit ajouter à celle que l'on avait demandée à la Chembre de voter ; $50,000 pour frais d'exploitation du chemin de fer du Pacifique ; $42,000 pour réparations aux canaux et autres items, soit en tout $858,922.

Je dois maintenant faire observer que l'on a fait une estimation iuférieure du chiffre de l'intérêt. Je dois, en même temps, attirer l'attention sur le fait que les intérêts de cette année excèderont probablement nos calculs de $660,000. Cette augmentation s’explique par l'estimation en moins, dont j'ai parié tout à l'heure, pour 1878, et qui s'élève à 8285,891, ce qui a été cause d’une erreur dans les calculs de cette année. L'erreur de l’année dernière s'explique de la façon suivante : le cabinet précédent calcula qu’il faudrait un emprunt de £2,500,600, tandis que l'emprunt lancé sur le marché fut de £3,000,000, ce qui constitue une différence considérable. Les effets bédée à six pour cent qui devenaient dûs l’année dernière et qui dev aient être payés par le gouvernement, à six mois d'avis, furent probablem nt estimés par mon prédécesseur à cinq pour cent. Mais, comme cet avis ne fut pas donné, le résultat fut que ces effets payant six pour cent ne furent rachetés que dans le mois de décembre ou dans le mois de janvier dernier, ce qui fait une différence de $40, 452 Les cinq pour cent furent aussi estimés peut-être à un chiffre inférieur à celui qu ils avaient produit durant l’année, et plus tard on paya 824,293 à nos agents financiers à Londres, puis on remit à Morton, Rose et Cie., pour payer l'intérêt sur les emprunts temporaires négociés par mon prédécesseur au montant de £500,000, la somme de $47,893. Nous devions aussi à la banque de Montréal, pour emprunts temporaires inscrits dans les comptes généraux "2 contenaient aussi un emprunt de £500,000), 11 somme de $64,4 Il y avait aussi l'intérêt sur Pindemnité seigneuriale, 825,193, et une différence dans le montant de l'estimation des dépôts à la banque d’épargres de $7,533.47, ce qui faisait en tout une sous-estimation de $288,891.87. Ces faits expliquent l'erreur de $280,000 environ.

Plus tard, M. l'Orateur, dans le cours de l’année dernière, nous jugeâmes nécessaire de négocier un autre emprunt. ÎlY avait six pour cent des effets qui devenaient dûs en Angleterre, le premier janvier, au montant de £400,000—outre £600,000 échéant le premier juillet

suivant. Ajoutons à cela $4,000, d'effets à six pour cent et qui devenaient dûs en Canada. Le gou aement donna avis, au mois de mai dernier, que nous rachèterions ces bons à l'expiration de six mois, Où que nous les remplacerions par d’añtres effets à cinq pour cent.

Les dépenses imputables au compte du Capital, cette année, comme la Chambre peut le constater, s'élèvent à près de $10,000,000. Nous avons cru nécessaire de négocier un emprunt non-seulement pour payer les six pour cent de la dette qui allaitécheoir en Angleterre, mais pour être en mesure, au cas où les détenteurs des effets du Canada voudraient retirer leur argent, au lieu des cinq pour cent qu’ils pouvaient obtenir, de leur payer le montant intégral de leurs réclamations.

Un emprunt de $3,000,000 fut en conséquence lancé sur le marché, bien que nous n’eussions pas un besoin pressant d'argent, et, comme l'occasion nous parut favorable, nous crûmes devoir en profiter. Le résultat est que nous sommes actuellement en possession d’une somme considérable, dont la plus grande partie est actuellement en dépôt dans les banques du Cinada, et porte intérêt de 34 à 5 pour cent. Il nous reste, de plus, une somme de $250,000 à notre crédit pour payer l'intérêt additionnel de la dette du pays. Le compte d'intérêt dépasse ainsi l'estimation de $250,000.

Les dépenses totales pour l’année courante, tel qu’exposées dans le budget qui vous est maintenant soumis, s'élève à $25,478,000.

Les crédits votés pour le chemin de fer Intercolonial dépassent de $300,000 la dépense réelle. Pendant le premier semestre de l’année dernière, nous avons constaté un déficit de $380,000; mais ce déficit se trouve réduit, pendant le premier semestre de l’année courante, à $834,000.

Dans ces circonstances, nous pouvons affirmer que les dépenses occasionnées pour l’eutretien de ces travaux publics seront de 8300,000 moindres que les sommes votées, et que les balances périmées, qui, d'ordinaire, représentaient toujours un chiffre élevé, peuvent être fort bien réduites à 820C,900, ce qui fait, en somme, une réduction de $000,000, laissant comme balance des dépenses pour l’anrée courante un montant de $824,978,000, tandis que la première estimation était de $24,450,000, ou un déficit estimé à 8500,000.

Maintenant,.si l’on considère que le déficit de l’année dernière, sans les circonstances exceptionnelles par lesquelles nous sommes passés et que je viens d’énumérer, se serait élevé à $3,000,000, je crois que les résultats prouvent qne nos prévisions étaient à peu près justes. Crst avec plaisir que nous pouvons constater aujourd’hui que, grâce à nos efforts pendant la première année de notre administration, le revenu et les dépenses sont bien près de s’équilibrer.

Passons maintenant à l'estimation du revenu et de ia dépense pour l’année prochaine.

La dépense est estimée à $25,007,203.

Je crois que les douanes rapporteront $15,300,000.

Après avoir étudié cette question très attentivement, le gouvernement cst venu à la conclusion qu’eu égard à la prospérité Ge plus en plus grande du pays, au prix des marchandises importées et qui acquièrent une valeur de plus en plus considérable, et par suite de l’application du tarif actuel, Les revenus des douanes augmenteront de $600,000.

D'après nos calculs, les droits d’accise devront représenter un revenu de $5,213,000.

Quant aux résolutions que je dois soumettre à la Chambre au sujet des douanes, je dirai qu'après mûre réflexion, je suis venu à la conclusion que l’on ne pouvait s'attendre à aucune augmentation de revenus par suite de ces résolutions.

D'ailleurs, je reviendrai sur cette question lorsque les résolutions seront lues en détail, alors que cette honorable Chambre aura l’occasion de juger par elle-même. Quant à l’accise, je soumettrai une résolution à la Chambre qui aura probablement pour effet d'ajouter $200,000 au revenu. Nous avons l'intention d'émettre et d'accorder des permis à certains individus pour la fabrication du tabac canadien en feuille, et d'imposer un droit sur ce produit de 14 centins au lieu de 20 centins par livre.

Pour ce qui concerne les travaux publics, en y comprenant les chemins de fer et les canaux, nous comptons sur une recette, pour l'année prochaine, de $2 286,000.

L's crédits demandés contiennent une somme additionnelle pour les chemins de fer, mais elle ne dépasse pas le montant demandé pour l’année courante ; elle est même moindre de $160,000. Une somme de

$200,000 est requise pour le chemin de fer du Pacifique, et le ministre | des chemins de fer nous donne l'assurance, et rous devons le croire, que le revenu de l’année prochaine, sur ces travaux publics, équilibrera la dépense; c’est ce qui nous a fait inscrire, dans la colonne des reve-

fl nus, une somme égale à celle des dépenses.

Les timbres de billets représentent un montant de $208,000, auquel | il faut ajouter l’intérêt sur les placements, $600,000, et les bureaux de

poste, $1,210,000. | Je ferai chserver ici que ce montant de $600,000, qui représente | | + l'intérêt sur les placements, est de $250,000 moindre que l'estimation pour l’année courante, et cela pour la raison que les sommes d'argent = qui ont été prêtées et qui portent actuellement intérêt serviront à payer 1 certaines dettes, ce qui réduira le revenu des placements à $250,000 de | moins que durant l’année courante. Nous comptons recevoir, d’autres sources, une somme de $700,000, c’est-à-dire que nous estimons le | revenu de l’année prochaine à $25,517,000.

Si nos espérances ne sont pas déçues, nous prouverons, M. l’Ora- i teur, que nous avons tenu nos engagements, que nous avons su main: tenir l'équilibre entre les dépenses et les recettes, et la marge est suffisante pour nous permettre de conclure que tel sera le cas. Je prends occasion de dire que nous serons en état de pourvoir, l'an prochain, à toutes dépenses imputables sur le capital, par la balance à fl que nous avons en main.

{ Comme le démontre l’état mis devant cette Chambre, quatre millions sur treize devront servir à pourvoir au rachat des bons, le , premier juillet prochain; cinq ou six millions seront, en conséquence,

disponibles pour faire face aux dépenses à compte du capital, durant la prochaine année.

C’est l’intention du gouvernement de demander à cette Chambre le pouvoir d'augmenter ses pouvoirs relativement à l'émission des billets fédéraux. Il doit demander que le montant présentement fixé, au-delà duquel il ne lui est pas permis d'émettre des billets, à moins d’avoir en mains l’or nécessai. à leur rachat, soit porté de douze millions à vingt millions, et qu'il puisse lancer dans la circulation telle partie de cette somme qu’il pourra juger nécessaire ; que 25 pour cent

du montant mis en circulation soit garanti par pas moins de 15 pour cent en or et de 19 pour cent en bons du Canada.

Telle est la mesure que le gouvernement demandera à la Chambre de sanctionner. Cela nous mettra en état, grâce à l'or qui se trouvera ainsi libéré, et aux quatre millions ajoutés à ceux que nous avons déjà en mains, de ne pas recourir au marché anglais pour faire face à la dépense de l’année prochaine ; cela nous permettra, quel que soit le déficit, d'offrir à nos capitaux des placements avantageux pour le pays tout entier. Telles sont, en résumé, Les propositions que nous soumet tons relativement aux recettes et dépenses pour les périodes en question. Quant aux détails, je crois devoir m'abstenir de les faire connaître aujourd’hui, pour ne pas retenir la Chambre plus longtemps ; j'aurai, d’ailleurs, l’occasion de les donner une autre fois.

Je désire attirer l'attention de la Chambre, pour quelques instants, sur les objections faites à la dernière session, et qui pourraient être faites de nouveau, relativement au tarif. Lorsque j'énonçai, à la dernière session, la politique du gouvernement relativement à cette question, je fis observer que le nouveau tarif n’était dirigé contre aucun pays en particulier, mais que, s'il devait faire des conditions plus faciles à l’un qu’à l'autre, il était de notre devoir, comme sujets britanniques, devant allégeance au grand empire dont nous faisons partie, de l'élaborer de telle sorte que l'Angleterre en profitât plutôt que tout autre pays. Je me rappelle, et la Ghambre n’a pas dû oublier les objections qui furent alors faites par les honorab es membres du côté de l'opposition. Au dire de ces honorables messieurs, le nouveau tarif devait affecter plus spécialement l'industrie de la Grande-Bretagne que celle des Etats- Unis.

SIR RICHARD CARTWRIGHT-—-Ecoutez ! écoutez !

SIR SAMUEL L.TILLEV—Est-ce bien l'honorable député de l’autre côté de la Chambre qui crie: “Ecoutez! écoutez!” Alors, monsieur l'Orateur, je vais saisir cette occasion de discuter la question à fond. Plusieurs personnes, en dehors de cette enceinte et dans la presse, ont fait certaines assertions au sujet de cette question. Il sera plus facile d'arriver à une conclusion certaine, maintenant que les honorables membres des deux côtés de la Chambre sont ici réunis. A la dernière

session, nous ne pouvions traiter qu'au point de vue spéculatif la que:tion de savoir lequel des deux pays aurait le plus à souffrir de notre larif, ou de la Grande Bretagne ou des Etats-Unis. J'ai lieu de croire que la Chambre à maintenant la preuve irrécusable que le tarif a été moins préjudiciable à l’industrie anglaise qu'a l'industrie améri- Caine.

J'ai pris mesrenseignements dan: les rap] orts du commerce pour le dernier semestre. Ces documents donnent, en effet, le chiffre des importations durant le dernier semestre, C’est-à dire de juillet à janvier de la présente année fiscale, comparées à la période correspondante de l'année antérieure. Mieux que tous autres, ces documents pourront nous fournir des données exactes sur les effets du tarif. On y voit, en effet, que les importations de fer et d'acier, fabriqués dans la Grande-Bretagne, s'élevaient, en 1878, sous le titre de : “ Marchandises en franchise,” au chiffre de $961,972 ; sous le mme titre, elles figurent, cetie année, pour un montant üe $1,599,182. Sous letitre de : “ Articles sujets aux droits,” les importations pour l’année dernière s'élèvent à $1,491,867, et, pour cette annnée, à $1,688,614 Les marchandises (fer et acier) sujettes à des droits d'environ 1 73 pour cent en moyenne indiquent un montant considérable, excédant le montant importé durant le semestre précédent, de la Grande Bretagne, de huit cent mille piastres.

En 1878, les articles admis en franchise et importés des Etats-Unis s’élevèrent à $148,874, et, en 1879, à $169,913. Sous la dénomination des produits sujets aux droits, il se sont élevés, l’année dernière, à $1,725,000, contre $1,288,000 cette année, ce qui montre, d’un côté, ume augmentation de $21,000, et, de l’autre, une diminution de $500,000 En consultant le rapport qui est soumis à la Chambre, on voit que les exportations de cotonnades de la Grande Bretagne se sont élevées, en 1878, à $1,824,921, et, on 1879, à $2,089,812. Passons maintenant aux Etats-Unis. Pendant le dernier semestre de 1878, les importations ont été de $1,126,000, et, en 1879, de $745,000. Ces chiffres indiquent une augmentation considérable dans les importations de la Grande-Bretagne et une diminution de près de $400,000 dans celles des Etats-Unis. Les importations de verreries de la Grande Bretagne furent de 876,246 en 1878, et de 895,440 en 1870: celles des Etats-Unis étant de $215,000 en 1878, et de $180,000 en 1879. Les importations de cuir de la Grande-

Bretagne ont été de $187,000 en 1878, et de $227,000 en 1879; celles des Elats-Unis, $332,735 en 1878, et $225,808 en 1879. Les importations de sucre de la Grande-Bretagne se sont élevées, en 1878, à 19,173,000 livres, et en 1879, à 9,964,000 livres; soit une diminution de moitié. Il a été importé des Etats-Unis, en 1878, 38,000,000 livres, en 1879, 11,500,000 livres. Des Antilles, en 1878, 4,728,000 livres, en 1879, 37,800,000 livres. Il à été importé d'Angleterre, en 1878, 2,056,000 livres de thé; en 1879, 3,201,050 livres; des Etats-Unis, en 1878. 3,916,000 livres; en 1879, 1,400,000 livres. De la Chine et du Japon, en 1878, 575,000 livres; en 1879, 1,515,959 livres. Les importations de la Grande-Bretagne, en fuit d’ébénisterie, en 1878, représentent une valeur de $5,700, et en 1879, de $3,258. Celles des Etats Unis, dans le dernier semestre de 1878, se sont élevées à $154,000, et dans la même période en 1879, à $461,800. II a été importé d'Angleterre en 1878, en fait d'autres articles en bois, $5,000 ; en 1879, 820,008. Des Etats-Unis, en 1878, $201,000 ; en 1879, $199,000.

On constate, nendant les six premiers mois, dans les importations de ces deux pays, une diminution de 7 pour cent dans la valeur des importations de la Grande-Bretagne entrées en franchise et sujettes aux droits, tandis que, pour les Etats-Unis, la réduction n’est pas moindre de 33 pour cent.

Les aüversaires du tarif affirmaient qu'il aurait un effet désastreux sur les fabriques anglaises, et qu’il les obligerait à payer une proportion plus grande des nouveaux impôts. Sion consulte le tableau, on verra que le montant du surplus de droits sur les marchandises entrées en franchise et sujettes aux droits, qui ont été importées de la Grande- Bretagne durant le premier semestre de la présente année, s’est élevé à 19.43 pour cent, contre 19.9 sous l'ancien tarif de 1878, et que les importations des Etats-Unis, sans tenir compte, pour mieux comprendre la question, des marchandises importées de l'étranger, mais aussi exportées, et qui son! revenues, l’année dernière, pour la consommation locale, vu qu’il n'y avait aucun impôt sur ces articles, on voit, dis-je, que la moyenne de l’angmentation a été élevée de 12 pour cent en 1878 à 15.3 pour cent cette année. Dans un cas, l'augmentation est d'un quart pour cent, tandis que, dans l’autre, il y en a une de trois pour cent sur la moyenne des droits perçus sur ces marchandises.

— ms"

— ss"

Je sais que l'opposition voudra savoir comment il se peut faire qu'avec l'augmentation des droits imposés sur les marchandises anglaises, le montant de ces droits n'ait pu augmenter que d'un quart Pour cent; mais nous devons tenir compte du fait que le sucre qui a été importé, l’aunée dernière, était double de celui qui a été importé cette année, et qu’il a payé quarante-deux pour cent,

Il devient évident que le résultat est double si nous l’appliquons aux Etats-Unis, parce que nous importions de ce dernier pays, sur le même taux de droit, double la quantité de sucre, de sorte que, si nos importations de la Grande-Bretagne étaient aussi considérables cette année, l'augmentation se serait élevée dans La même proportion, et cela expliquerait la différence de quatre pour cent au lieu de trois pour cent. Ces faits prouvent que l'intention du gouvernement n’était pas de légiférer directement contre aucun piys en particulier, mais de protéger avant tout les intérêts canadiens. et de faire en sorte que la réduction des importations atteignit plutôt les Etats-Unis que la Grande-Bretagne.

Une autre objection que l’on a soulevée contre le nouveau tarif, M. l'Orateur, est qu’il aurait pour effet de renchérir les choses nécessaires à la vie, sans pour ce'a augmenter le revenu. Un des honorables membres de l'opposition (sir Richard Cartwright) a dit que si la politique du gouvernement réussissait, si une renaissance se faisait sentir dans les industries du pays, le tarif ne rapporterait pas le montant du revenu que l'on avait en vue. IL alla plus loin et soutint que l'effet du tarif, si on l’appliquait aux importations de l'année précédente, augmenterait le prix des choses nécessaires à la vie de six, sept où huit millions. Vous voyez, M. l'Orateur, qu’il voulait bien laisser une marge quelque part. Heureusement que les faits ont démenti ses assertions. On voit par les tableaux du commerce que l’augmentation du tarif sur Les importations a été de quatre et un quart pour cent de plus que les années précédentes. Les importations nous ont donné un revenu de $12,000,600, et si vous ÿ ajoutez un quart pour cent additionnel, vous n’obtenez pas encore six, sept ou huit millions ; non, à peine la moitié de cette somme. On a prétendu, de plus, que le tarif n'aurait pour effet que d'enrichir les fabricants au détriment du pays; que, tout en étant à l’avantage des prémiers, il serait une taxe conti-

nuelle sur le salaire de l’ouvrier. D'un autre côté, il est vrai—afin, probablement, de rétablir fa balance—nos adversaires ont dit que quoi qu’il arrive, les fabricants eux-mêmes y trouveraient leur ruine et que le pays tout entier serait dans une position pire que celle dans laquelle il s'est jamais trouvé. Un des membres de l'opposition, son chef, je crois, anticipant les débats sur cette question, a dit, l'autre jour, que la moitié des fabricants du Canada étaient mécontents du tarif.

M. MACKENZIE-—Ecoutez! écoutez!

SIR SAMUEL L. TILLE Y—[] est vrai que je n'ai pas encore visité toutes les fabriques du Canada, mais j'en ai visité un grand nombre.

Sachant qu’il serait question de manufactires au sujet du budget, et jugeant de ce que je devais entendre, cette fois, par ce qui s’est dit dans le passé, j'ai cru qu'il était de mon devoir de m'assurer par moimême, au moins en ce qui concerne les industries manufacturières, de l'effet du tarif. Je ne saurais prétendre qu’on n’a soulevé devant moi aucune objection à propos du tarif; en Le disant, je m'écarterais de la vérité; mais je puis affirmer ceci: c’est qu’en somme, les fabricants se sont déclarés hautement satisfaits du nouveau système ; au reste, si je n'avais rencontré aucun d’eux qui ne fût opposé a quelques-unes des dispositions du tarif, j'aurais été porté à croire qu'il favorise trop leurs intérêts, de sorte que, du moment que j'ai constaté gu'on s’objectait à certaines de ses dispositions, j'ai conclu que sur le tout, kien qu'il y eût quelques amendements à y apporter, nous avions pleinement atteint le but que nous nous étions proposé

Comme la discussion doit s'étendre aux différents items du budget, et qu’elle sera aussi libre et aussi entière que l’année dernière, nous pourrons entrer dans la considération approfondie de chacune de ses clauses, et cela d’une manière plus sûre que l’an passé, parce que nous avons pour nous l'expérience de neuf mois de fonctionnement. On a vu souvent, dans le cas d’un projet de chemin de fer appelé à être une source d'avantages pour un pays tout entier, certaines petites localités, pour des considérations toutes particulières, s'élever contre cette entreprise. En assimilant cet exemple au fonctionnement du tarif, je me dis qu'il n'y a pas sujet de s'étonner de voir les

D Les

= ès

sl.

se.

députés de l'opposition discuter ses mérites eten blâmer les dispositions. M'appuyant sur mon expérience personnelle ct sur los résultats bienfaisants qu'il nous a été à même de constater, nous pouvons affirmer en toute sûreté que la Chambre et le pays ne sont pas en faveur d’un changement, et qu’ils sont parfaitement satisfaits du tarif que nous leur avons donné.

Je suis certain, monsieur l'Urateur, que les membres de l’opposition ne manqueront pas d'attribuer à l'effet du tarif et à l’imposition de nouveaux droits, l'augmentation de prix de certains articles de consommation ; mais je suis en état de prouver que, sauf un excédant dans la matière première, excédant dont le fabricant est le seul à se ressentir, le peuple lui-même ne paie pas un centin de plus que sous l’ancienrégime. Comme je puis établir ce fait d’une manière certaine, c’est sans appréhension que je vois arriver le débat sur le tarif; bien plus, même, c'est avec un sentiment de plaisir et de satisfaction; Car j'ai la certitude que cette Chambre, de même que ia population du Canada tout entière, se déclarera en faveur de notre politique, ure fois nos explications données.

Plusieurs orateurs de la gauche ont cru devoir signaler un senti. ment hostile que cetts nouvelle politique aurait, d’après eux, l'effet d’inspirer à l'Angleterre vis à-vis le Canada. Nous ne nierons pas, en effet, que, pendant notre séjour en Angleterre, em visitant certains centres manufacturiers, nous avons entendu l'expression de sentiments hostiles à notre nouvelle politique; nous avions lieu de nous y attendre, attendu que cette grande nation, pour des raisons spéciales, a cru devoir adopter, depuis longtemps, une politique différente de la nôtre. Au point de vue de ces manufacturiers anglais, notre politique manquait de sagesse.

Mais, monsieur l’Orateur, avoms-nous la moindre preuve que l’opération de notre tarif ait en quoi que ce soit diminué l’'attachemeat que porte le peuple anglais au peuple canadien? Le peuple anglais a-t-il jamais, à aucune époque de notre histoire, porté plus d'intérêt à notre pays qu’il ne le fait en ce moment? C’est même à un membre distingué du gouvernement impérial que le Canada doit d'avoir été signalé à l'attention du Royaume-Uni.

A notre tour, nous avons montré, par le crédit magnifique voté tout récemment, que non.sculement notre pays peut donner de l'emploi à des milliers d'ouvriers qui n’en sauraient trouver de l'âutre côté de l'océan, mais encore qu'il ne s’est pës montré ivdifférent pour eux, aux jours de l’adversité,

M. l'Orateur, je crois que jamais, à aucune période de son histoire, le Canada n'a été si bien vu qu'aujourd'hui de l’autre côté des mers. Nos honorables contradicteurs prétendaicnt que notre nouvelle politique aurait pour effet d’affecter notre crédit sur le marché anglais. Je crois pouvoir affirmer que si notre crédit a ‘ts affecté, ça n'a 8t6 qu’en bien.

Lorsque m'incomba ia charge d'offrir aux apitalistes anglais trois millions de bons du gouvernement, au taux de quatre pour cent, non garantis, une certaine presse, mue probablement par des spéculateurs el non par nos ennemis politiques, tenta de discréditer l'emprunt ; aussi, quand vint le moment d'en conclure la négociation, on douta beaucoup qu'il pût s'effectuer au taux minimum fixé d'avance, parce qu’il était de quatre pour cent plus élevé qu'aucun autre taux fixé par mes prédécesseurs, Néanmoins, M. l'Orateur, nonobstant la prétendue atteinte portée à notre crédit, nous avons obtenu $700,000 de plus que n'avait pu obtenir notre prédécesseur, pour un emprunt du même genre, en 1874. Les comptes publics font aussi foi que nous avons obtenu $600,000 de plus que notre honorable prédécesseur n'avait reçu luimême en 1876.

Que mon honorable ami se lève donc maintenant, et, de son siége, répète ce qu’il disait dans l'Ouest : que M. Tilley était allé en Angleterre dans les circonstances les plus favorables ; que l'argent y abon. dait; qu'il n'avait qu’une valeur nominale; qu’enfin de compte, j'étais l’homme le plus chanceux du monde. Eh! bien, monsieur l’Orateur, j'admettrai qu’il y a quelque chose de vrai en tout cela. Mais je me rappelle parfaitement que, lorsque mou honorable prédécesseur crut devoir, à la dernière session, traiter la question de l'emprunt que je négociai en décembre, et affirmer que la partie non garantie de cet emirunt n'avait rapporté que 86 pour cent, il se basait sur le fait que sir John Rose avait conclu un emprunt aranti, qui rapporta 110 pour cent, dont les cinq pour cent donrè:: 1: 96 nour cent: le but de l’hono.

rable député, en s'exprimant ainsi, quoique sa comparaison manquât d'exactitude, étant de prouver que je n'avais obtenu que 86 pour cent,

L’ex-ministre des finances prétendit que l’£conomiit avait écrit, à la date de cet emprunt, que nos effets étaient cotés À 924 et 924, alors que les quatre pour cent de la Nouvelle-Galles du Sud rapportaient 994 ; il poussa même la condescendance jusqu'à m'offrir le numéro de l'Æconomist qu’il prétendait avoir dans son pupitre. Eh! bien, je possède le susdit numéro de ce journal ; je puis même le passer à ce monsieur et le prier de nous dire ce qu'il contient, On n’y lit pas que nous devons attribuer la facilité avec laquelle nous avons négocié cet emprunt aux circonstances exceptionnelles qui l'ont accompagné. Non, monsieur l'Orateur ; selon lui, la différence entre nos effets et ceux de la Nouvelle-Galles du Sud était de 7 pour cent. Les derniers cours que nous voyons dans l’£Economist du 27 février montrent que les effets du Canada, de quatre pour cent, étaient à 964 et 97, tandis que ceux de la Nouvelle-Galles du Sud ne se montaient qu’à 984, et cependant, l’année dernière, l'ex-ministre des finances soutenait qu'il y avait entre les deux une différence de 7 pour cent; cette différence est aujourd’hui réduite à deux pour cent.

Si nous considérons la valeur des effets du Canada aujourd'hui, comparativement aux effets de la Nouvelle-Galles du Sud, qui priment toutes les obligations des autres colonies britanniques, nous constatons une hausse de #4 à à pour cent sur la valeur de nos effets : preuve évidente que la politique du gouvernement du Canada n’a affecté en aucune manière notre crédit à l'étranger.

On a voulu, monsieur l’Orateur, soulever une autre objection, et je prétends que c’est une des plus graves assertioms que l’on ait faites contre le tarif. On a soutenu que ses dispositions étaient telles qu’il bénéficierait à certaines parties de la Confédération et opérerait au détriment des autres, et qu'il amènerait finalement la dislocation de notre Système fédéral. On a cité de préférence ma propre province, la province du Nouveau-Brunswick, comme devant souffrir le plus de la politique du gouvernement,

Pendant tout le temps que j'ai été membre de cette Chambre et du gouvernement, je me suis efforcé de parler le moins possible de questions provinciales ou de toutes autres affaires d’une considération pu-

rement locale. L'opposition, en s’efforçant de semer constamment le mécontentement dans une des provinces de la Confédération,en soutenant que les effets de ce tarif seraient désastreux pour elle, et cela dans le seul but de critiquer la conduite du ministre des finances, l'opposition, dis-je, a cherché à nuire au crédit et à la réputation de cette province. Alors, je crois de mon devoir, M. l’'Orateur, indépendamment de toute considération locale, de donner un aperçu de l'effet de ce tarif dans la province du Nouveau-Brunswick.

Le Nouveau-Brunswick a eu son temps d'épreuves et de difficultés ; il ÿ à à peine deux ans, la métropole de cette province avait à traverser une épreuve extrêmement rude, Les deux tiers du centre Commercial de cette ville étaient détruits par un incendie. Outre les propriétés assurées, il se perdit, dans une seule nuit, $15,000,000 environ. Ensuite, on à constaté une dépression considérable, pendant deux ou trois ans, dans le commerce du bois de cette province, et notre commerce maritime n’a pas été aussi rémunératif que les années passées. La dépression de ces deux industries importantes, dans lesquelles un capital énorme se trouve engagé, a, outre Îe grand désastre que je viens de signaler, produit une crise sérieuse, beaucoup de misères, beaucoup de souffrances. On a voulu prétendre aussi que les banqueroutes survenues dans cette province ont excédé celles de toute autre province, et c’est avec surprise que j'ai constaté qu'on voulait attribuer ces banqueroutes au fonctionnement du tarif. Je dirai ici, sans crainte d'être contredit, qu’il n’y a pas plus de deux provinces, en tenant compte de la populaiiou et du chiffre d’affaires qui s’y fait, où il y a eu moins de faillites, de banqueroutes que dans la ville de Saint-Jean.

L’honorable député de Gloucester, en prévision du débat de ce soir, à dit, en parlant de la condition financière de Saint-Jean, quelque chose de parfaitement vrai, mais de nature à induire en erreur, jusqu’à un certain point, ceux qui l'écoutaient. Il a soutenu qu'en 1877, ja main-d'œuvre dans «à ville de Saint Jean était plus grande qu'aujourd'hui, et que les salaires payés aux ouvriers étaient plus élevés qu'ils ne le sont maintenant. En ceci, je m'accorde avec l'honorable monsieur: mais il aurait dû ajouter que la grande conflagration de 1877, qui a détruit les deux tiers de la cité, a amené dans cette ville des milliers d'ouvriers qui venaient chercher du travail dans la reconstruc-

At

tion des bâtiments, ce qui a eu pour résultat d'augmenter le prix de la main-d'œuvre. Maintenant que la ville est rebâtis, devons-nous nous étonner du nombre de ses habitants qui labandonnent, de la réduction que l’on peut constater dans le nombre d'hommes employés dans les fabriques de portes, châssis et briques et dans les fouderies ?

Je le répète, pareil résultat est-il surprenant? Les faits cités par le député de Gloucester sont exacts, Mais ses conclusions sont parfaite. ment erronées, parce qu'il a voulu faire croire à la Chambre et au pays que l’on devait attribuer à la politique nationale la réduction des salaires d’aujouré’hui,

Je me permettrai d'ajowter un mot au sujet de Saint-Jean et du Nouveau-Brumswick. Dans son discours, l'honorable chef de l’'oppo sition—et je comprends parfaitement dans quel but il le disait—parlant de la probatilité de l'établissement d'industrios manufacturières dans cette provinces et dans Saint-Jean, a dit qu'il espérait toujours que la Nouvelle Ecosse, où l’on trouve le charbon et le fer, pourrait avoir en grand nombre des industries manufacturières, mais qu'il ne comprenait pas comment le Nouveau-Brunswick pouvait en avoir. Qu'on me permette de dire ici qu’il n’est pas une partie du Canada où, proportionnellement à sa population, on trouve plus d'hommes employés dans les entreprises manufacturières que dans la ville de Saint-Jean. Depuis vingt cinq ans, un grand nombre de manufactures sont en pleine opération dans cette province ; ie chiffre en a augmenté d'année en année, et en 1874, époque où elles ont atteint leur apogée, il y avait en cette ville 8,000 personnes qui travaillaient dans is manufactures.

IL y a quelque temps, j'eus le plaisir de visiter cette ville, et l’honorable député a dit qu'il n'est pas surpris que j'aie été reçu avec si peu de cordialité. Comment donc! nous avons eu deux grands diners ce jour-là —car il faut dire que les deux hôtels que nous avons dans cette ville suffisent à peine pour contenir deux cents personnes- de sorte que nous fûmes obligés de nous diviser, et je prends sur moi de dire qu'il y avait à ces deux diners autant de monde que lorsque l'honorable député a visité cette ville en sa qualité de premier ministre du Canada.

Qu’on me permette de citer une p:euve de l’esprit d'entreprise et de Phabileté de la population de cette province lorsqu'elle se livre aux industries. Je dirai à cette Chambre que tous les contrats accordés

depuis que le nouveau tarif est en opération, et qui ont eu pour effet la construction de locomotives, charrues à neige, chars et matériel roulant pour les chemins de fer de l’Intercolonial et du Pacifique, tous ces contrats, dis-je—à l'exception de trois locomotives et deux chars— ont été accordés à la province du Nouveau Brunswick, dont les soumissions étaient les plus basses

Tout en admettant que Les manufactures d2 châssis, de portes et de voitures soient dans un état moins florissant qu'en 1874, je puis declarer aussi qu'il y a maintenant des manufactures de chaussures en pleine opération, et qu’on y emploie un grand nombre d'ouvriers ; que la fabrique de coton a doublé le montant de ses affaires dans les dernier six mois, et qu’elle est sur le point de le quadrupler. Je citerai encore la manufacture de serrures et d'ouvrages en cuivre, qui s’est établie à Moncton avec un capital souscrit de $200,000, dont 866,000 sont déjà payées. Je puis ajouter que des arrangements ont été pris. en outre, pour établir une raffinerie de sucre au même endroit; que le Capital nécessaire a déjà été souscrit; que les habitants de la ville de Saint-Etienne se sont réunis pour considérer l'opportunité d'établir une filature de coton à cet endroit; qu'ils se sont adressés aux Etats- Unis pour avoir des experts afin de choisir un emplacement convenable ; que cel emplacement à été choisi ; que des capitalistes américains ont offert de construire le bâtiment et de mettre l'industrie en opération si on les exemptait de taxes pendant vingt ans. Les dépenses de cons. truction et de matériel de cette manufacture s’élèveront probablement à $300,000 ou $400,000. Citons aussi une compagnie nouvelle qui doit se former et a pour objet la fabrication de noix et de boulons, et le fonctionnement, depuis le dernier semestre, de plusieurs industries de ce genre, institutions qui représentent un capital réuni de $1,000,000.

En mentionnant ces signes de progrès, je demande à la Chambre et au pays si, dans les mêmes circonstances, Ontario et Québec ont fait preuve d’un plus grand esprit d'entreprise que la province du Nouveau- Brunswick, en tenant compte toujours du chiffre de la population ; car, là, un million de piastres de Capital équivaut à six millions de piastres dans la province d’Ontario, et à quatre millions cinq cent mille piastres dans la province de Québec.

+3 | nier

as mm

Depuis mon entrée dans la Chambre cette après-midi, monsieur l’Orateur, il s’est passé un fait bien caractéristique. J'avais entendu parler d’une requête qu'on faisait circuler et siguer dans la ville de Saint-Jean pour demander certains amendements à cette partie du tarif qui concerne les douanes. et, si je ne me trompe pas, l’ex-ministre des douanes à présenté cette requête aujourd'hui. Si cette requête avait pour but d'induire le gouvernement à amender le tarif, et si l’on considère qu'elle a circulé pendant ua mois parmi les députés qui ne s’accordent pas avec nous politiquement parlant, j'ai droit de demander pourquoi on à attendu pour la présenter le moment où Je me levais pour faire mon exposé financier. Je dis, monsieur l'Orateur, que l’on a regardé cette requête comme un traquenard politique, et la preuve, c’est que l’on ne me l’a présentée que cette après-midi.

On à prétendu que l'imposition d’un droit sur le maïs et la farine de blé est très impopulaire : et, de fait, j'admets que tel est le cas dans la Nouvelle-Ecosse et le Nouveau-Brunswick.

M. MACKENZLE—A joutez aussi La province d'Ontario.

SIR SAMUEL L. TILLEY-—Si nous légiférions uniquement pour ces provinces, nous ne l’imposerions pas; mais il faut remarquer que ce n’est qu'une partie, qu'un fragment de notre politique. D'ailleurs, quels sont les faits? En consultant le tableau qui est actuellement sur le bureau de la Chambre, on voit que les droits perçus sur le maïs et la farine de blé dans les provinces de la Nouvelle-Ecosse et du Nouveau Brunswick sont tout à fait ou presque Compensés par la réduction des droits perçus sur les mélasses durant l’année dernière. On verra que, bien que la consommation se soit élevée, dans la province du Nouveau-Brunswick, à 55,000 gallons de plus que dans le semestre précédent, les droits perçus sont de $9,000 ou $10,000 de moins que dans les six mois Correspondants. En d'autres termes, la réduction des droits sur le thé et les mélasses fera plus que contrebalancer ce qui est payé par les provinces du Nouveau-Brunswiek et de la Nouvelle-Ecosse sur le maïs et la farine de blé. Cependant, ces messieurs ne disent pas un mot sur ce point ; cela s'explique : ils n'ont en vue que de semer l'alarme dans la population à propos de l'effet du tarif sur certaines

industries particulières qui sonten opération dans ce

s provinces,

Passons maintenant à l'impôt sur la farine. On a dit que le tarif avait été fait spécialement au profit d'Ontario. On n'a qu'à jeter les yeux sur les tableaux du commerce pour constater que, durant le dernier semestre, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelic-Ecosse n’ont pas payé une seule piastre de plus que la province d'Ontario pour son charbon et sa farine.

Nous devons nous attendre à quelques objections contre le tarif ; mais en le considérant dans son ensemble, nous devons nous étonner à juste droit que nous ayons pu Pélaborer de facon qu'il ne pèse pas plus sur une province que sur une autre.

Je suis prêt à engager la discussion sur ce sujet avec nos adversaires ; mais consultons les rapports ct formons-nous un jugement d’après les faits soumis à la Chambre. On dit que le plus grand ennemi de la vérité est le préjugé, et que le temps est son plus grand ami. Laissons à ce dernier le soin de confirmer ce proverbe par rapport au arif. Cest surtout cette année que s’engagera principalement la discussion sur le tarif. Encore un an, et je suis convaincu que l’opposition, déviant de la voie qu'elle suit aujourd'hui, se contentera de

demander un système de protection modérée, afin de ne pas heurter les vœux de la population. On dit que notre politique a été désastreuse pour tout le pays en général.

M. MACKENZIE—Ecoutez! écoutez!

SIR SAMUEL L. TILLE Y— L'honorabl: monsieur dit : “ Ecoutez !” Eh ! bien, le chef de l'opposition et son organe se sont efforcés, pendant les cinq mois qui ont suivi l'adoption de cet acte, de prouver que le pays était plus pauvre qu'il ne l'a jamais été. Cinq mois plus tard, alors qu'il était impossible de nier la renaissance de la prospérité, les autres organes du même parti changèrent de tactique et essayèrent de prouver qu'on ne pouvait attribuer cet heureux changement à la politique nationale. Dun, Wiman et Cie. publièrent un état montrant que le nombre des banqueroutes au Canada, l’année dernière, avait été plus grand qu'en toute autre année précédente. Alors les récriminations s? renouvelèrent, et on recommencça à annoncer à grands cris que le pays s’en allait à la ruine.

Rien de plus amusant que de lire les différents rapports qui on

paru dans les journaux de L'opposition au sujet du tarif. Je vais vous en donner un exemple. L'un des principaux journaux, qui avait pris sur lui d'affirmer que la politique nationale avait pour effet d'enrichir les fabricants aux dépens des masses, citait Comm: preuve le prix des pardessus en caoutchouc. Il voulait prouvor aussi combien les prix étaient augmentés et combien le fabricant s'était enrichi. Cependant, le mème journal, dans la même édition, attirait l'attention de ses lectours sur le fait que 2,000 pièces de flanelle avaient été achetées, le jour précédent, à 30 pour cent de moins que cela ne s'était jamais vu dans lhistoire du Canada. C'est, en somme, la même conduite inconséquente que tiennent nos adversaires au sujet de cette question.

Passons maintenant à la question des banqueroutes. On a dit, l'autre soir, devant cette Chambre, que le nombre toujours croissant des banqueroutes, s’expliquait par l'impression répandue dans le public que la loi des faillites devait être abotie. En conséquence, celui qui éprouvait de la difficulté a faire face à ses obligations n'avait rien de mieux à faire que de se servir de la loi comme d’un bouclier. Il peut arriver aussi que la perspective de temps meilleurs suggérait aux marchands l’idée de faire un compromis avec tous leurs créanciers, afin de recommencer à neuf au temps de la prospérité. C'est ce qui s'est vu aux Etats-Unis en 1878 C’esi à l'aurore d’une époque de progrès que l’on a constaté le plus grand nombre de banqueroutes.

[l'est malheureux que notre pays, si riche en ressources de toute sorte, devienne la victime des passions politiques, et qu'on travaille à le déprécier pour satisfaire un sentiment d'animosité de parti qui peut lui être très préjudiciable.

Peut-on soutenir une prétention semblable à celle de l'honorable chef de l'opposition, qui a affirmé, l’autre jour, que nous devons à des moissons abondantes de ne pas nous trouver dans la plus grande misère et dans une position pire qu’il y a un an ? Niera-t-on, après avoir examiné I condition du pays tout entier, que nous sommes dans un état infini ment préférable à celui de l’année dernière ?

Interrogez, par exemple, les importateurs qui, certes, devraient être les premiers à se plaindre des effets du tarif, puisque c'est surtout eux qu'il frappe davantage, et tous Les commerçants, soit de gros, soit

en detail, vous diront que dans les derniers six mois, il y à eu une renaissance très sensible dans le mouvement du commerce.

Si vous consultez le cultivateur, il vous dira que, sous l'opération du nouveau tarif, il écoule mieux ses produits et qu’ils entrent en plus grande quantité dans la consommation locale.

Il en est de même de la marine; tous s'accordent à dire que, dans les cinq ou six derniers mo's, les affaires ont été telles, qu’ils peuvent compter sur une ère nouvelle de prospérité. On remarque la même chose dans le commerce du bois : à Ottawa, dans l'Ouest, dans l'Est ; oui, partout on remarque un changement favorable, les prix sont plus rémunératifs, et la somme de travail et d’affaires est double de celle de l'année dernière,

[en est ainsi par tout le Ganxla; allez où vous voudrez. De fait, pour soutenir le contraire, il faut faire comme l'opposition : se fermer les yeux et dire, quand mème, que le pays n’est pas dans un état prospère. Seulement, la conséquence d'une semblable conduite est de détourner les immigrants de venir s'établir au milieu de nous, de priver le pays des capitaux qu'ils y placeraient, et de les empêcher d'aider à sa prospérité.

Je crois qu’il est inutile de m'étendre sur ce point; car je nai aucune crainte pour l'avenir du Canada; sa prospérité est assurée. Je ne ds pas que ce soit là le résultat de la politique nationale seulement, mais je dis que, du jour où la politique du gouvernement Mac lonald fut proclamée, un sentiment de confiance et d'espoir s’est répandu par tout le pays et n’a pas peu aidé à raviver le commerce.

Je puis dire de plus, d’après mes observations personnelles ei des preuves irrécusables, qu'il y à aujourd’hui 10,000 hommes employés au Canada qui, il y à un an, étaient dans l'impossibilité de trouver de l'ouvrage.

[LL Y a aussi un autre fait remarquable, c’est celuici: les recettes des derniers six mois, ajoutées aux $3,000,000, montant des importations de l’année précédente, démontreront que la différence entre les importations et les exportations du preinier et du dernier semestre de cette année est en faveur des exportations pour les premiers six mois, cette différence étant de $6,500,000. A la fin de l’année, nous constaterous par la réduction des exportations que la balance du commerce—quoi-

ee

ET we

Page 1