‹ Discours sur le budget prononcé devant la Chambre des communes du Canada, le vendredi, 14 mars 1879 [microforme]Chapitre 2 sur 11 · PE POP PURE EN E PRPL MU MER · texte numérisé non relu

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ajouter au budget de l’année dernière,

Cette somme ajoutée au budget portera le chiffre total des dépenses de l'exercice à $24,085,424 Or, en estimant le revenu de l'exercice d’après le revenu du premier semestre, —et cette base de calcul me semble bonne,—nous aurions dans des circonstances ordinaires un revenu, Jour les douze mois, de 821,620 000.

L'est vrai, monsieur le président, que les rapports mis devant la Chambre constatent que, pendant les trois ou quatre dernières semaines, la perceptiou des droits de douane et d’accise a atteint un chiffre très élevé, en conséquence des changements anticipés du tarif, Mais si, comme je viens de le dire, l’on prend le semestre écoulé comme base d'estimation, le revenu de l'exercice sera de $21,620,000 ; et nous nous trouverons en face d’un déficit de $2,400,000.

La perspective n’est donc pas très encourageante pour l'exercice actuel. L'année dernière, comme on le peut voir par les comptes publics, le déficit était de $1,100,000 ou $1.- 200,000. Ainsi, malgré tous les efforts que l’on a fait dans le sens de l’économie. maigré la réduction de dépenses que va affectuer le ministre de l’agriculture, malgré celle que le ministre des travaux publics s'attend d'opérer dans l’administration des chemins de fer, malgré ce qu’on à épargné par le renvoi d'employés surnuméraires dans les différents ministères, -malgré tout cela, nous aurons encore un déficit de $2,400,000.

Maintenant, je réclame l'attention de la Chambre pour quelques momenis, au sujet des prévisions du prochain exercice. Les données en étant devant la Chambre, je peux en parler plus intelligiblement et signaler plus facilement les modifications en plus ou en moins qu’elles comportent.

L'intérêt de la dette publique accuse une augmentation très considérable. Cette augmentation est payable en Angleterre, en conséquence du dernier emprunt. La somme portée au budget de l’année dernière pour le nouvel emprunt était de 8504,000.

Frais de gestion: somme payée en Angleterre, $60,000 ; moins une di-

minution de 86,500; augmentation totale des frais de gestion, 853,500.

Il y a dans ce chapitre des frais de gestion, relativement au rachat de la dette de $6,000,000, une somme à payer le ler janvier prochain, qui correspondra à l’article omis l’année dernière relativement au rachat des $7,500,000 en janvier dernier,

M. CARTWRIGHT: Je demanderai à l'honorable ministre la permission de l’interrompre un instant.

Si ma mémoire ne me fait pas défaut, il peut être utile pour la Chambre de savoir au juste comment ces deux items de la dette qu’il a soldée ou qu’il est sur le point de solder ont grossi. Je suggérerais qu'il fit part de ce fait à la Chambre.

M. TILLEY fait ici une exposition élaborée de l'estimation des dépenses de 1879.80, qui accuse une diminution de $241,191. Il entre aussi dans le détail des obligations que nous avons à satisfaire, et prouve que nous aurons à faire face à un déficit de $1,600,000, lors même que les $850,500 qu’on estime appartenir de fait au revenu de l’année prochaine seraient mises au crédit de l’exercice courant. Après quoi il continue son discours eu ces termes :—

J'ai parlé, en commençant, des difficultés contre lesquelles nous avons à lutter. Si nous voulons faire face aux dépenses du prochain exercice, à l'intérêt, aux frais de perception de notre revenu et aux déboursés nécessaires que le pays est en droit d'attendre, il nous faut demander à la Chambre l’autorisation d’obtenir des douanes un revenu de $2, 000,000 de plus que l’année dernière.

Il nous faut aussi, dans la rèpartition de ce droit, examiner comment Il peut être imposé de manière à encourager davantage les industries nationales.

Avant d'entrer dans l’examen de cette partie de la question, il serait bon de nous demander à nous-mimes quelles sont les circonstances qui ont amené la diminution du revenu et la dépression commerciale,

En ce qui concerne la diminution du revenu, j'ai entendu plusieurs personnes s'étonner qu'elle ait été aussi considérable dans ces dernières années. Il y a prut-être ici autant de

prospérité que dans plusieurs autres parties du monde; alors pour uoi, comparé aux revenus des États-Unis et de la Grande-Bretagne, le notre a-t-il autant diminué ?

En examinant la chose de près, on constate que presque tout le revenu de l'Angleterre et une grande partie de celui des Etats-Unis proviennent des droits spécifiques ; dès lers, la diminution dans la valeur des importations w'influe pas beaucoup sur le revenu, tandis qu'au Canada,les droits étant principalement ad valorem, ils sont considérablement influencés par la diminution dans la valeur des effets importés. Des relevés comparatifs établissent que nos importations ont diminué en valeur dans une proportion de 334 à 40 pour cent, et les droits sur ces importations étant prélevés, dans une large mesure, d’après le principe ad valorem.il s’en est suivi, dans notre revenu public, une diminution corrrespondante.

Dans les propositions que je suis sur le point de faire, on verra— et je dis ceci afin que la Chambre puisse comprendre parfaitement la nature et la portée de ces propositions, —on verra que pour plusieurs articles dont nous proposons d'augmenter l'impôt, 25 pour cent prélevés sur la valeur ne rapporteront pas plus par verge que ce que nous recevions en 1873 par le tarif de 15 pour cent.

Prenons, par exemple, 100 verges de drap évalué en 1873 à $1 la verge; l'impôt dont cet article était frappé aurait alors rapporté $15. Aujourd’hui, le même drap ne vaut que 60 centins la verge, et il faudrait un tarif de 25 pour cent pour obtenir la somme de revenu que nous recevions en 1873 de cette même quantité. Il est important de ne pas perdre ce fait

de vue; car bien qu’on puisse penser, en Angleterre et chez nos voisins, que nous augmentons considérablement notre taxation et que nous im- .posons de nouveaux droits sur les produits des autres pays, il est bon de faire comprendre que si nos impôts avaient été spécifiques, nous aurions encore la même somme de revenu qu'en 1873.

Il existe d’autres difficultés : le volame des importations n’a pas beaucoup diminué. À mon sens, C’est un fait regrettable. Je considère les

grandes importations qui ont été faites, depuis que la Confédération est constituée, comme une des causes des embarras où nous nous trouvons.

Elles ont diminué jusqu’à un certain point, mais elles sont encore très considérables, et, à mon avis, il est évident qu'elles devraient être diminuées davantage.

Je n'ignore pas qu'il y a, ici et ail-

leurs, d'honorables messieurs qui professent l'opinion que l'équilibre entre les importations et les exportations ne constitue pas un mode sûr pour juger de la condition d'un pays; je sais que c’est l'avis des honorables membres de l'Opposition. Mais portons pour un moment notre attention sur la condition dans laquelle se trouve aujourd’hui l'Angleterre, comparée à celle des Etats-Unis.

De 1867 à 1873, la balance de com-

merce contre l'Angleterre s’est éle vée, en moyenne, à £50,000,000 sterling. Il est bien vrai que cette difiérence fut assez comblée, par l'intérêt, les contributions de ses navires et de différentes manières, pour la contrebalancer largement ou laisser une balance en faveur de l'Angleterre.

D'après le dernier relevé, qui couvre l’année 1877, la balance de commerce contre elle est portée à £140,000,- 000 sterling, ou $700,000,000 par an née.

La balance du commerce contre

les Etats-Unis était de $116,000,000 en 1872; en 1873 elle fut réduite à $66,000,000, mais pendant la dernière année de calendrier elle a été de $300,- 000,000 en leur faveur.

C’est pourquoi, sans entrer ici dans la question du libre échange et de la rotection en ce qu’elle touche à FAngleterre et aux Etats-Unis, je pense que nous pouvons conclure avec raison que la prospérité actuelle de l’un de ces pays est produite dans une grande mesure par le surplus considérable qu’il a en sa faveur, et que la dépression dans Pautre est causée par le fort déficit qu’il a contre lui. Aussi, il me semble que nous devrions nous appliquer à trouver les meilleurs moyens de diminuer le volume de nos importations de toutes les parties du monde. Qu'on me permettre de rappeler quelques-unes des circonstances qui

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On sait que, pendant et après la guerre dont ils ont été le théâtre, les grande quantité de leur commerce d'exportation et que leurs industries ruinufacturières furent jusqu'à un .v:tain

Etats-Unis perdirent une

peu paralysées; ce ne fut qu’en

872 ou 1873 qu'ils commencèrent à relever ces industries et qu'ils s’ap-

pliquèrent à trouver ailleurs un vaste marché pour leurs fabriques.

Côte à côte avec ce grand pays, nous lui offrions le marché qu’il pouvait désirer pour le surplus de ses produits; aussi, toujours habiles à juger de leurs intérêts et à agir en conséquence, nos voisins n'épargnèrent aucun effort pour en obtenir l'accès. Nous savons parfaitement par l'expression ‘ marché à sacrifice”, ce qu’ils ont fait en Canada dans les quatre ou cinq dernières années.

Afin de trouver un débouché pour le surplus de leurs fabriques, ils ont bien voulu nous les expédier à n’importe quel prix, pourvu que ce prix fût un peu plus faible que celui du fabricant canadien. Nous savons aussi qu'ils avaient dans toutes les parties du Canada des agents qui cherchaient des acheteurs et que ces agents ont pu, grâce à nos lois, faire entrer leurs articles à un prix beau- Coup plus bas que celui qu'ils auraient dû payer et qui représentait leur valeur sur la place où ilsétaient achetés. Nons savons encore que le gouvernement américain, dans le but d'encourager des industries spéciales aux Etats-Unis, accordait une prime à certains fabricants et leur donnait ainsi le marché du Canada ; de la sorte nous avons perdu un commerce très-important que nous possédions avant 1873,

À part la perte que nous avons faite du commerce des Antilles, en abolissant le droit de 10 pour cent —qu'il sera de notre devoir de rétablir,—nous avons aussi perdu le commerce directe du thé, ainsi que tous les avantages qui en découlent, en le transférant du Canada à New York et Boston.

Vu toutes ces circonstances et l’impôt élevé dont les Etats-Unis frappent les produits agricoles du Canada et à l'aide duquel ils nous excluent de

leur marché, tandis que leurs fabriques forcent l'accès du nôtre, nous ne pouvons nous attendre à voir la prospérité ou le succès au Canada tant que continuera cet état de choses. Ce sont là quelques-unes des difficultés qui ont amené la condition actuelle des affaires.

Après ces quelques observations, je désire faire connaître à la Chambre le remède que nous croyons approprié à la circonstance,

Je sais que c’est une question difficile ét que, dans l'opinion de quelques honorables députés, quelle que soit la proposition ou législation que vous suggériez, elle ne peut rétablir ou accroître la prospérité du pays. Le gouvernement est d’un avis Contraire.

Je dois dire tout d’abord qu'il nous aurait été beaucoup plus agréable de convoquer le parlement sans la nécessité d'avoir à augmenter les taxes.

Mais il est bon de dire qu’à l’aide de l'imposition des droits que nous allons demander à la Chambre d’éta blir, les importations de l'étranger nous rapporteront une plus grande

artie des $82,000,000 dont nous avons

esoin que celles que nous feront de la mère-patrie. Je pense que tel sera l'effet ; mais appartenant à ce grand pays dont nous sommes partie intégrante,—à un pays qui reçoit sans les taxer nos produits naturels, et tout ce que nous avons à lui envoyer, — Sans parler du sentiment national, je pense que la Chambre n'aura pas d’objection à ce que nos propositions touchent plus les importations des pays étrangers que celles de la mèrepatrie.

J’ai à dire ceci à nos amis les Américains : En 1865, ils ont abrogé le traité de réciprocité, et à partir de ce moment jusqu'à aujourd'hui une grande partie des importations des Etats-Unis au Canada ont été admises en franchise. Nous avons espéré, mais vainement, qu’en adoptant cette politique nous inciterions nos voisins à nous traiter avec plus de libéralité en Ce qui concerne les mêmes articles. Eh! bien, après avoir attendu pendant douze ans, le gouvernement, ayant besoin de plus de revenus, a décidé de demander à la Chambre d'imposer sur les produits américains qui ont été admis jusqu'ici

sans être soumis à l'impôt un droit

qui soit conséquent ävec la situation | le gouvernement impérial pour m'asqui nous à été faite. surer s'il ne serait pas possible d’en-

Mais pour montrer qu'il n’aborde | tamer, par l'intermédiaire de son mipas cette question dans un esprit d: |nistre à Paris, des négociations avec malveillance, le gouvernement join! le gouvernement fraïçais pour faire à ses propositions une résolution qui [admettre en France nos navires à va être déposée sur le bureau et Fi raison de 2 francs par tonneau, C’est à L'effet que, quant à certains articles | à-dire au même droit que paie le cons-

dénommés qui sont les produits na-

tructeur anglais. Comme mon temps

turels du pays, y compris le bois de | était très limité et qu’il me fallait recharpente, si les Etats-Unis veulent | venir immédiatement au pavs, je fis

en enlever les droits en tout où en

connaître au ministre des colonies la

partie, nous sommes disposés à faire | mission qui m'avait été confiée par le

les mêmes concessions.

gouvernement. de lui demandai la

Le gouvernement à foi dans un permission d'en charger Sir Alexantarif de réciprocité ; cependant, il| der Galt. Ily consentit, et ce der:

peut discute protection, mais la question du n10-

ment est celle-ci : devons-nous avoir | longtemps, saisir

un tarif réciproque, où un tarif qui soit tout à l'avantage de lune des parties intéressées ?

r le libre-échange ou la | nier est passablement avancé dans les

négociations. ur pouvoir, avant a Chambre de la

correspondance échangée à ce sujet.

Mais, M le président, notre désir ne se bornait pas à étendre nos rela-

dr nr Se faire : . .

Le gouvernement propose a faire | tions commerciales: nous sentions

É à LA W D3Q œ r Q . r

pe 2 2R on chargés | qu’il était nécessaire de nous protéde l'administration que nous déCl- | er ailleurs.

dâmes qu'il était de la plus haute importance d'étendre nos relations commerciales avec les Antilles Anglaises et étrangères, et, si possible,

Ainsi que j'ai l'ai déjà dit, il nous parut important d'encourager l’exportation à létranger de nos articles de fabrique, et nous sommes

avec l'Amérique du Sud, et que nous | ie maintenant en mesure de dire que la

devrions tâcher d'obtenir l'admission de nos navires en France aux rièmes

politique du gouvernement est de faire à chaque fabricant établi dans

conditions d'impôt quisont faites aux , ne le pays une remise sur les droits

navires anglais.

Après mür examen, nous avisames Son Excellence de déléguer Sir Alexander Galt,—lun des hommes d'Etat les plus habiles du Canada, un honme dont l'expérience dans les finances et le commerce du pays ne peuv ôlre surpassées,—pour conférer avec le gouvernement d'Espagne et avec les autorités des Antilles Anglaises, el nous lui adjoignimes le colonel Bernard comme sous-commissaire. Je pense que la Chambre approuvera ce que nous avons fait.

Ces messieurs se rendirent à Ma:

drid, avec l'approbation des antorilés impériales, pour faire des arrangements avec le gouvernement d'Espagne afin d'établir Ge. relations commerciales avec les Antilles Espagnoles. Vorontiers nous déposer ‘sur le bureau de la Chambre les documents concernant cette matière ; mais, dans le moment, la chose serait inopportune.

Mes collègues m'avaient me mettre en communica

qu'il aura à payer sur les matières qui entrent dans la fabrication des articles exportés du Canada.

Nous avons aussi consiaté, M. le

| président, que le système des primes ent | d'encouragement en usage dans quei-

ques pays étrangers était très-préJudiciable à notre industrie de raffinage du sucre, ainsi qu'à d'autres industries, Eh! bien, le gouvernement à décidé de demander à la Chambre d'imposer, dans ce cas, des droits de compensation, J'espère que cette proposition recevra l'appui des deux CÔtés de la Chambre, parce que, quand, il y a six mois, des raffineurs de sucre de Londres se rendirent en députation auprès de M. Gladsione et de Sir Staiford Northcote, ces deux mes-

ions |sieurs, qui représentent Popinion

libre-échangiste, déclarèrent dans les termes les plus énergiques que, puisqu'un gouvernement voulait contre- ‘arrer le commerce légitime du pays,

autorisé à | ils étaient prêts à imposer des droits tion avec | Compensateurs.

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Afin d’élucider cette question, le gouvernement se propose de demander à la chambre l'autorisation de tous ces articles un droit ad valorem, d’après leur valeur

percevoir sur

et indépendemment des remises.

Mes collègues m'invitent à donner de plus amples explications. Ainsi, par exemple, une remise de 1} cent par livre est accordée sur les clous coupés exportés au Canada; l'impôt sera Calculé sur la valeur des clous, remise.

Maintenant, une prime d’encouragement est donnée sur le sucre,en plus du droit payé par les raffineurs: le gouvernement imposera un droit ad valorem, d’après la valeur du sucre

indépendemiment de cette

indépendemment de la remise.

Je dois aussi, monsieur le président, faire connaître une autre raison qui me porte à croire que nos voisins les Américains ne devraient pas s'opposer à l'imposition des droits mue nous proquoique Ja chose ne soit pas généralement connue, que la part moyenne du revenu imposée sur toutes les importations qui se font actuellement est de 134 pour Cent, en prenant pour notre criterium les statistiques de l’année der-

posons: il est de fait,

nière.

La somme de droits perçue sur les importations de la Grande-Bretagne est d’une fraction au-dessous de UE

pour cent, tandis que celles prove-

nant des importations des Etats Unis

est d’une fraction au-dessous de 10 pour cent. Puisque les Américains ne veulent pas nous redonner le traité de réciprocité, ils ne sauraient S'Op poser à ce que nous imposions Ces taxes, quand même elle péseraient un peu plus qu’ils ne le désirent sur les articles imporés de leur pays.

Les importalions de la Grande-Bre.

lagne entrées pour la consommation se sont élevées à $837,431,000 en 1878 et à $63,000,000 ou près de double, en 1873 ; les importations des Etats-Unis ont été de $48,631,730 en 1877-78 et de $54,283,072 en 1873-74 On voit donc qu’il y a eu une légère diminution,tandis que pour les importations de la Grande-Bretagne, cette diminution a été de près de la moitié sous l'opération du tarif actuel.

Mais, M. le président, la Chambre est plus intéressée à connaître la nature la propositions que nous avons

à soumetlire que l'exposé que je viens de faire.

Avant d'en arriver là, cependant, et comme C’est la première occasion que J'ai de dire quelques mots à mon honorabie prédécesseur, je vais en pro fiter. Je sais que ce sujet n’est pas d’une importance telle qu’il puisse me justifier d'abuser du temps de la Chambre ; mais il est de mon devoir de saisir cette occasion pour remercier mon honorable ami le député de Gumberland (M. Tupper) qui, en mon absence, a si éloquemment défendu ma politique de 1873, et si habilement relevé les assertions de mon honorable prédécesseur.

Je me rappelle que ce dernier a, dans une circonstance semblable, peut-être dans son premier discours sur le budget, manifesté le regret que l’Opposition ’eût pas dans ses rangs un ancien ministre des finances. J’ai Compris, après avoir lu le discours de mon houorable ami le député de Cumberland, que s'il avait été au pouvoir de l’honorable député de Huron-Centre (M. Cartwright; de le transférer à Frédéricton et de me ramener ici, il aurait opéré très-volontiers cette mutation : je le crois.

Mais, qu’a fait mon honorable ami (M. Cartwright) lorsqu'il est venu rendre visite à mes électeurs l'été dernier? Il voulait sans doute les éclairer ; mais on me permettra de dire que jai bien vu qu’il voulait, entr'autres choses, travailler à la défaite de quelques-uns des candidats, à la mienne en particulier. Je me rappelle qu’il a signalé le fait—et il en parlait comme de mon plus grand crime—qu'en ma qualité de ministre des finances j'avais, en 1873, proposé un budget supplémentaire dépassant de $800,000 à $900,000 l'estimation des recettes,

Je me rappelle avec quelle insistance il appuya sur ce point, avec quelle énergie il essaya de me faire paraître Comme un grand coupable aux yeux de mes électeurs, et aussi de les convaincre que c'était là ma faute capitale.

Devant cette nombreuse réunion il aurait pu m'imputer d’avoir dit que le budget était alors, ainsi que les années précédentes, beaucoup au-dessus du chiffre &e la dépense probable. Il aurait pu dire à cette assemblée qu’il

semble le voir d’ici lisant les dépêches lui annonçant que le plus grand nombre des siens avait succombé et que le même sort était réservé au gouvernement ; il me semble le voir, M. le président, arpenter la chambre avec agitation, et l’entendre s’écrier :

& Oh! quelle insupportable, quelle horrible situation !” Je le vois aussi après que ses sens se SON calmés. Il a pris une attitude plus résignée ; il pense en ce moment aux déficits des quatre dernières années, à la situation financière du pays, et Je l’entends dire: ‘ Quelque terrible que soit le verdict, il n’est que juste, examiné au point de vue sous lequel je jugeais mes adversaires politiques !?

Mais, M. le Président, je crois devoir, abordé maintenant la question principale. Nous aurons, sans doute, d'autres occasions de revenir sur le passé, tandis que dans le moment c’est de l'avenir que le pays s’occupe. Indifférent aux récriminations des deux par tis en cette Chambre, il demande quel remède nous allons apporter à à tous les maux existants. Et d'’ailleurs. l'Opposition a si grande hâte

était probable que le revenu couvri-

rait amplement la dépense, et que

j'avais répondu que si le cont faire arrivait, les $800,000—le surplus anticipé de l’année alors courante—suffiraient à combler largement le déficit.

Il aurait pu dire cela. Toujours avec l'intention de démontrer les bévues de M. Tilley, il aurait pu dire, M. le président : “ Lorsque j'étais ministre des finances, pendant quatre années de suite nous avons eu à avouer de grands déficits, et je n'ai rien fait pour les prévenir !”

Il aurait de même pu dire que lorsque son parti monta au pouvoir il trouva dans le Trésor un surplus de $10,000,000, et que pendant les quatre

. dernières années de son règne ila réduit ce surplus à #3,000,000. soit un déficit de $7,000,000 pendant cette période. ou de $5,000,000 si on le répartit sur les six dernières années |

Eh! bien, malgré ce détail décourageant, et aussi parce que je tiens à faire voir que le Canada peut, par ses ressources, justifier du crédit dont il jouit, je déclare que nous sommies en mesure d'affirmer—bien entendu si

nous embrassons la période de notre existence comme confédération ; Si nous tenons compte du surplus de revenu pendant ces douze années, des $8500,000 portées au compte des revenus quand elles devaient l'être à celui des chemins de fer; si Pon ajoute les 84,500,000 de l'indemnité pour nos pêcheries et que de ces sommes l’on déduise le déficit—-qu’en sus de toutes nos dépenses nous avons un surplus de bien près de $10,000,000 et que malgré ce qui est advenu pendant les trois ou quatre dernières an

nées, notre pays peul revenir à la vie si ses affaires sont bien gérées !

Si mon honorable ami veut bien le permettre, je vais, en imagination, me transporter dans son collège électoral, où je vais le rencontrer—disons que c'était le 17 septembre—à son re tour de Kingston, c’est-à-dire d’une campagne pendant laquelle il avait sans doute travaillé de tout cœur.

QUELQUES VOIX : Et avec succès.

M. TILLEY :.… alors que pour la

première fois, à quelque parti politi-

que qu'il ait appartenu, il s'est vu

abandonné de ses électeurs. ]i me

que l’on applique ce remède, que ses principaux organes ne font entendre qu’un seul cri; ‘ donnez-nous le sans

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