‹ Discours sur le budget prononcéChapitre 13 sur 23 · CEE ET TS PS · texte numérisé non relu

CEE ET TS PS

D RE M put

* se ITS

“Avyantsix m0 8,la population de cette ville comprendra ce que le gouvernement veut faire pour elle. Avant longtemps elle verra des élévateurs se construire dans ses immenses docks.

On verra les gens entreprenants de Québec se met're à la tête de nouvelles compagnies industrielles, et une ère de prospérité qu’on n’espéruit même pas. Certes, un homme intelligent, un

rand manufacturier de Québec, n’a pas

ésité à saisir lx portée de ce projet quand il s’est joint au syndicat, et la population ouvrière de Québec, si elle veut être éclairée sur la question, n’a qu'à examiner la manière d'agir de ce monsieur qui a toujours été son meilleur ami et qui, lui, ne fait pas de politique au coin des rues, mais travaille à la prospérité de Québec. M. Bresse n’est pas de notre parti, mais il est de sa ville, de son pays, et ila compris ce que nous voulions,” CRIE EEELELELLELREREE,)

La popuiation de Québec est justement celle qui estle plus à même de constater uue ces éblouissantes promesses n’ctaient que de la fumée. Jusqu'à quel joint a-t-elle été trompée !

Noùus somiues aujourd’hui entre les mains du Grand -'Tronc, notre pire ennemi d'après M. Chapieau........…

La vente de notre chemin provincial fut ratiliée par la chambre pour le prix de $7,600,000. Nous avions l’affirmation la rlus solennelle que toutes les

éclamestions prévues et d’imprévues il ne pouvait y en avoirétaient à la charge des acquéreuis. Depuis cette époque cependant, nous avons payé au-dessus de $1,000,009 de réclamations non prévues, ce qui réduit le prix de notre chemin à $6,600,000, somme bien au-dessous de ce qu’il nous a coûté.

Le chemin a été vendu pour.$7,600,000 En 1882, les recettes nettes

de noirs chemin de fer se

sont élevées à.......,....,8 271,675 Ce qui représente capitalisé.. $5,433,000

Donc, tout ce que nous avons gagné par la vente est la somme de $2,167,- 006, ce qui à 5 (70 représente $1U8;- 350 par annte. Voilà tout le dégrève-

grande valeur et au lieu de $271,675 de recettes, nous auriens eu 300,000 à 350,000,ce qui eut été aussi avantageux que la vente. Les recettes dans le discours de M. Chapleau était évaluées à $300,000,.

Il est certain qu’une fois les raccordements'obtenus, notre chemin aurait augmenté ên valeur et il nous eut été facile d'en obtenir la somme de dix millions, ce qui aurait sauvé plusieurs millions à la province. Cela nous aurait permis dans un avenir prachain de réaliser une somme qui eut couvert notre dette flottante que nous avons été obligés de couvrir par un emprunt de $3,500,000.

Mais, M. l'Orateur, eu supposant que nous tussions obligés de le vendre, M.

Chapleau at-il accepté l'offre le plus avantageux...

Malgré le peu de publicité que l’on a donné à cette transaction, toutes les négociations furent conduites de manière à éloigner toute concurrence avantageuse pour la province, et pour celui qui veut lire la correspon lance officielle qui s’est échangée au sujet de cette vente, l’on voit de suite que ce n'était pas l'intention du gouvernement de se dessaisir de cette ligne en faveur d'aucun des soumissionnaires qui étaient encore assez nombreux malgré toute la réticence dont onse servait envers ceux qui n'étaient pas du cercle | que le gouvernement voulait favoriser à tout prix. Il ressort de toute cette cerrespondance officielle que le gouvernement ne voulait pas que le chemin tombât entre d'autres mains que celles qu’il désignait d’avauce et qui évidemment avaienttout préparé pour s’emparer de cette propriété au moment opportun.

Il y avait cependant parmi ces soumissions plusieurs qui étaient plus ou moins acceptatiles ; une couple d’entre elles étaient plus avantageuses que celle qui a été acceptée, cependant elles furent rejetées, car on avait en vue de favoriser des amis et on s’occupait fort peu de faire perdre à la province plusieurs millions pourvu que l'on rèussît à faire tomber ce chemin entre les mains de ceux qui étaiens désignés d'avance. Malheureusement cette politique n’a que trop réussiet un beau

ment que nous avons obtenu par la|jour on a ouvert les yeux, mais il était

vente.

Sans aucun doute qu’en gardant notre chemin jusqu'à ce qu'il eut les raccordements projetés, ileut acquis une

trop tard, notre propriété était vendue et l’on s’aperçut qu'elle avait été sacrifiée.

On avait cependant rejeté les deux

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de $271,675 de eu 300,000 à ssi avantageux tes dans le disait évaluées à

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cité que l’on a on, toutes les duites de ma- > concurrence ovince, et pour orrespon lance ée au sujet de e suite que ce du gouverne- ‘ette ligne en umissionnaires aombreux malat onse servait b pas du cercle ulait favoriser le toute cette que le gouverque le chemin aius que celles :t qui évidemré pour s’emé au moment

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jeté les deux

soumissions qui à tous égards étaient

de teaucoup préférables à celle qui

avait été acceptée et par iaquelle la rovince a perdu trois ou quatre milons.

Ainsi, M. l'Orateur, à quelque point de vue que l’on examine cette transaction, il est impossible à tout homme impartial de ne pas arriver à la conclu- | sion que la province a perdu plusieurs | millions par cette transaction. Cette vente est la source de toutes nos diflcultés financières, et a eu pour effet de plonger la p:ovince dans un état déplorable dont il est diflicile de prévoir

l'issue.

Je le déclare à cette Charubre que

nés à la décision de vendre notre chemin,

‘# Nous connaissons les déficits quise sont accumulés depuis quelques années et celui de cette année ; nous connaissons les sources de notre revenu, celles qui sont certaines. Nous comptons ce que nous avons à payer comine intérêt et amortissement sur notre dette et nous ne voulons ni tromper la Chambre nile public,

‘En nous fiant à l'incertain, nous devons à nos créanciers de ne plus courir de risques dans l'évaluation de nos ressources. Nous savons qu'en vendant notre chemin, nous d‘grevons notre budget suflisamment pour assurer au

cette propriété entre les mains d'un | pays que les déficits cesseront, et que bomme intelligent aurait fini par rendre | nous pourrons voir un avenir prochain une large part des sacrifices que cette | où les surplus les remplaceront,

province s'était imposés pour cette ligne provinciale.

‘On me dira peut-être : empruntez, empruntez Sur quoi emprunterons-

Car en la louant à un des deux syndi-| nous ? Si nous gardons le chemin, il

cats qui avaient été refusés, on retirerait

pendant 20 ans un revenu bien plus!

considérable que $380,000, car dans un cas on recevait en loyer une moyenne |

de $462,250, et dans l'autre ce $472,.|

400. Ce qui représente un capital de 10 millions, au bout de 20 ans notre chemin eut valu au moins 12,000,000, ce | qui à 5 070 eut donné 600,000. Avec un tel

revenu est-ce que notre état financier |

vous fau lra, pour combler nos déficits et terminer les travaux à faire, emprunter uue couple de millions. Or, il n'y a pas de fausse honte à le dire, à moins d’aliéner le domaine publie ou d'avoir recours à la taxe directe, nous n'avons pas de quoi payer. Non, M. le Prési.

dent, le gouvernement, e l'espère du moins, ue se mettra pas dans l'humiliante position de ne pouvoir: donner

n'aurait pas été plus acceptable qu'ilne | pour toute réponse à la question que le sera à la même époque, au bout de 20 | lui fera le capitaliste qui lui demandera ans,avec les revenrs actueis ? D'ailleurs | avec quoi elle paiera : je vous paierai

le trésorier actuel a déclaré pendant la | avec votre argent. Un Tr*sorier qui en .

derniére session que notre chemin de | agirait ainsi ne serait pas honorabie. fer avait été sacrifié. Le règne de M.| ‘ Aussi je déclare qu'il est impossible Chapleau a été désastreux pour la pro-|au gouvernement de contracter un nouvince, nous avons sacrifié notre plus|vel emprunt dans les circonstances belle propriété, avec une perte de plu- | actuelles sans nuire gravement au crésieurs millions. Sa politique d'économie | dit de la Province. D'un autre côté, a consisté à augmenter le chiftre de|nous avons promis au corps électoral nos dépenses, et de toutes ses magnifi- | que nous n'imposerions pas de charges ques promesses, il n’en est resté rien. |sur la propriété.

En laissant le pouvoir, ila laissé la| ‘“ Neus ne pouvons pas tromper les province accablée sous le poids d’une | électeurs, et je demanderais plutôt de dette cousidérable, retourner devant eux que de les chat-

L'honorable M. Chapleau, en recom-|ger du plus petit impôt direct eë, :aaimandant la vente de notre chemin de- l'gré toutes les perfidies, toute: lez ca. fer, s’'appuyait sur trois motifs : bales de nos adversaires, le peuple sur

1. Pour mettre fin aux déficits. co point sera encore avec nous. Entre

2. Sauver la province des frais de |la vente du chemin et la taxe, je sais travaux considérables à faire pour ache- | ce qu’il choisira.” ver le chemin. La vente était donc faite pour mettre

3. Pour empêcher le chemin de pas-| fin aux déficits, mais nous sommes auser aux mains du Grand Tronc. jourd’hui en position de juger jusqu’à

‘ La nécessité, disait-il,où nous étions | quel point ces déclarations et ces alïird’équilibrer nos finances, nous a ame-| mations se sont réalisées,

. = … Le En Dub a in ae be ne he 5e Dire 4 Eat 1 Va Rhodan haben Loi tenant rer ii meodimé rat m1

Les emprunts ont continué et les | lui l'argent nécessaire pour faire exécudéficits n’ont pas cessé. Au contraire, | ter ces travaux ; que les recettes du chenotre position s'est empirée d’après les | mun de fer, déduction faite des dépendéclarations de l'ex-trésorier et du tré- | ses dl’exploitation, ne fourniraient pas au sorier actuel. Donc M. Chapleau, sur | gouvernement les moyens voulus pour ce point, s'est trompé o1 a voulu trom- | subvenir aux frais de cette entreprise ;

per la Chambre.

et comme preuve il nous donnait un

Il reste un fait acquis : c'est que ces |rapport détaillé préparé par l'ingéprévisions ne se sont pas réalisées. Pour | nieur du gouvernement. Voir page 28 ma part, j'ai dans le temps combattu | du ‘discours de M. Chapleau, pour les cette idée émise par lui, j'ai démontré | détails des travaux à faire sur la voie,

qu'avec la vente nous ne pourrions pas faire cesser les déficits.

Le tout faisant un montant de $1,140- 000 : voilà le chitire des dépenses que

Ceci est assez clair sans qu'il soit| nous aurions à rencontrer si nous ne nécessaire d’entrer dans une longue |vendions pas notre chemin.

démonstration sur ce point, je me con-

Cet argument, d’après moi, n’a aucun

tenterai seulement de mettre sous les | poids, car en taisant cette dépense yeux de cette Chambre le fait suivant : | additionelle, notre chemin par ces tra-

En 1882 les revenus nets provenant

de notre voie ferrée se sont élevées |

Mt redoneirasmir ao litareetiis et BLOC Par la vente nous recevions en Intérét ii lets atseiisr 880,000

er

différence de... 108,125 |

Or ce n'est pas avec ce surplus de| revenu de 108,000 qu'il nous était pos- | sible de remettre nos finances à flot. |

Ceite preuve, je crois, est suffisante | pour démontrer que l'honorable M.

Chapleau nous trompait en faisant une | telle déclaration,ou bien qu'il ignorait le | premier mot d’une question financière. |

Quant aux emprunts, cela était hors | de question. Cependant, aussitôt l’acte de vente légalisé par cette C'hambre, le trésorier nous annonce qu’il existe une dette flottante qu'il faudra couvrir par un emprunt de $3,000,000 ; l’année suivante, le même trésorier vient nous déclarer que ces trois millions sont insuffisants, qu’il lui faut encore $500,000.

Or en empruntant pour des besoins urgents $3,900,000, est-il possible de croire que l'honorable M, Chapleau disait vrai lorsqu'il disait que la vente de notre chemin allait faire cesser les déficits ?

Le second point sur lequel il insistait, c'est qu’en vendant notre chemin, nous sauverions à notre province les frais du coût des travaux qui étaient à faire.

M. Chapleau disait dans son discours sur la vente qu’en gardant notre ligne

nous aurions des travaux à faire pour la compléter, et que c'était une raison de plus pour vendre notre chemin, car nous n’avions pas d’après

AUX re Re ARE EL at nan M ets SU ane = Dh à £ 4 More a hr AO EE A 9 290 M D ra gare tek Éln MER mi e 5 satin ons

vaux ne pouvait qu'acquérir une plus grande valeur, et qu'en hausser le prix.

Or il est clair qu’en faisant certains travaux à un chemin de fer, travaux qui ont pour but d'augmenter les facilités pour le trafic, les améliorations ne reuvent qu'augmenter la valeur de la propriété.

D'ur autre côté, il nous déclarait qu’en jvendant notre chemin les syndigats se chargeraient de ces dépenses et il affirmait que le gouvernement n’aurait aucuno responsabilité ultérieure.

Done, le gouvernement, n'ayant pas un sou à dépenser, devait recevoir $7,600,000 par la vente ; c'était bien là la somme que nous devions avoir. Les syndicats assumaient tous les engagements à la charge du gouvernement, Cepeniant nous n'avons reçu réellement que $6,600,000, déduction faite des sommes que nous ayons payées en sus des montants prévus lors de la vente.

Le troisième motif: danger du chemin de passer aux mains du Grand- Tronc.

Ici, il n’y a pas besoin do faire aucune démonstration. Les faits arrivés détruisent claireir ent ce motif, car le chemin est tombé aux mains du Grand-Tronc, qui était, d’après M. Chapleau, notre pire ennemi.

Donc à quelque point de vue que nous envisagions la conduite administrative du gouvernement de M. Chapleau, elle a été malheureuse au point de vue financier. Pendant son règne, notre ligne provinciale a été sacrifiée et cette vente a fait perdre plusieurs mil.

lions à la Province. A part de l’augmentation des frais d'administration pen-

ur faire exécuecettes du chete des dépenniraient pas au )s voulus pour te entreprise ; 18 donnait un 6 par l'ingé- Voir page 28 beau, pour les ‘e sur la voie, ant de $1,140:dépenses que er si nous ne in,

Moi, n’a aucun ette dépense n par ces tratérir une plus ausser le prix.

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ous déclarait emin les synces dépenses rnement n’auultérieure, , n'ayant pas vait recevoir c'était bien là ns avoir. Les 8 los engageouvernement, reçu réelle.

duction faite ons payées en s lors de la

nger du che- 5 du Grand-

faire aucune rrivés détruiar lo chemin Grand Tronc, pleau, notre

de vue que ite adminisde M. Chause au point ; son règne, é sacrifiée et usieurs mille l’augmenration pen-

dant sa carrière, il a laissé, malgré ses déclarations solennelles qu’en ven:

dant notre chemin le gouvernement était désagé de la responsabilité pour travaux de construction, il a laissé des obligations se montant à un million de piastres non déclarées et non prévues dans l'acte de vente.

Non seulement sa politique a été con-| damnée par ses adversaires politiques, mais nous avons entendu un cri d'indignation qui s'est élevé même du sein du

arti conservateur. Nous avons vu des

ommes, les plus éminents de ce parti se prononcer publiquement contre ce gouvernement et parler dans les ter mes les plus sévères contre sa politique désastreuse.

Dans toutes les élections partielles qui ont eu lieu depuis son départ, nous avons été témoins de la lutte acharnée

difficultés qui se présentaient, il se Lissait, pour ainsi dire, écraser par ses adversaires.

Il est bien vrai que lui aussi nous était arrivé avec des promesses de #formes et d'économies dans ses dépenses, Mais ces promesses n'étaient que sur le papier,car il pratiquait l’économie en augmentant les dépenses d’administration.

Au lieu de venir franchement déekrer qu’il ne subissait l'influence de qui ce soit et qu'il était déterminé à gouverne: pour le plus grand bien de la province. Pour mettre cette politique d'accord avec ses déclarations, ce qui lui aurait donné la confiance de ses amis, il 86 fit l'esclave des coteries et favorisa autant qu’il put ceux quiavaient:

contribué à ruiner le pays.

Un des actes les plus repréhensibles

qui a été faite aux candidats qui étaient | pendant son règne a été le règlement sensés favorables au parti Chapleau.!par mandats, d'une foule de réclesa- Libéraux comme conservateurs se sont | tions qui auraient dû être payées par donnés la main afin de combattre tout | les syndicats d'après les conditions de candidat qui de loin ou de près étaient | l'acte de vente. (Voir page 1450 du supposés appartenir à ce quiétait appe- | Hansard Desjardins, discours de l’kmo-

lé la clique.

L'honorable M. Chapleau,prévoyant la | tempête qui allait se déchainer contre | lui,disparaissait tout à coup afin d'éviter | les coups qui «allaient l’atteindre et se | faisait remplacer par l’Honorable M.

Mousseau qui a reçu tous Les coups des- | tinés à celui qu'il l'avait précédé. |

L'arrivée de M. Mousseau au pouvoir | devait mettre fin aux dissensions qui s’étaient déclarées au sein du parti conservateur,

Cet honorable Monsieur n'ayant pris | aucune part dans l'administration de notre province et n'étant tenu responsable en aucune manière de la politique !

de son prédécesseur, on s'attendait qu’il | réussirait à unir tous les éléments discor- | dants de son parti. Cette nomination!

n’eut pas le résultat prévu.

Malheureusement pour lui, au lieu d'adopter une politique torte et vigoureuse qui aurait inspiré la confiance à ses amis, au lieu de déclurer et de démontrer par ses actes qu'il était opposé à la politique suivie par l’hono-

rable M. Chapleau, il se présentait devant LLs chambres avec une politique faible et vacilante qui eut pour eftet de décourager ses meilleurs amis.

Au lieu de suivie une politique vigoureuse, il nous offrait le triste spectacle d’un homme qui vit d'expédients.

Au lieu de rencontrer fermement les

{rable M. Mercier à St.faurent, lors de l'élection de M. Mousseau.)

Cet acte seul suffit pour demontrer:

qu'il étuit l’esclave d'un ring.

Après la résignation de M. \ousseau, M. Ross était appelé à former une nouvelle administration. Nous n'isnorons pas qu'il avait une tâche ditticile à accomplir, si nous en jugeons par les dissensions qui existaient au sein du parti conservateur, Nous savons qu'il y avait plusieurs nuances, les uns étaient opposés à trutes tendances qui de loin ou de près se rapprochaient de ia nuance Chapleau, de même que esheci voyait d’un mauvais œil toute prépondérance du parti qui lui avait fit une guerre acharnée. 1ls’agissait donc de concilier et de rallier tous ces é&léments discordants. L'honorable M. @oss eut bien des ditficultés à surmonter avant d'arriver à la formation de son ministère, Le temps qu'il mit à cette œuvre indique assez clairement que cet honorable monsieur a dû éprouver bien des obstacles avant d'arriver à tine solution quelconque.

CoxsIDÉRATIONS SUR LE MINISrEamme Ross

Le minisière autuel est-il à la hauteur de la situation, possède-t-il la force, la vitalité et l'énergie nécessaires pour adopter et poursuivre avec viguesë une

de D pe bd D ns tnt

ns ue

politique en rapport avec les exigences de la situation ?

Sans vouloir blesser en aucune ma:

nière les susceptibilités des honorables membres du cabinet en autant que leur vie privée en en jeu, ‘e dois avouer en toute franchise que d’après moi ce | gouvernement n’a certainement pas, politiquement parlant, les éléments d'unité et d'ensemble qui donnent la force nécessaire pour entreprendre de graniles choses et les mener À bonne fin. |

Exuminons un instant ces éléments.

Commençons par le premier ministre,

En laissant le gouvernement Char'eau, ils’est de suite mis en guerre | contre ce dernier, il & d’abord condamu la vente du chemin de fer, dans le termes les plus sévères, et s’est joint à ceux qui ont exposé la politique désastreuse de cette honorable monsieur, et | qui l'ont écrasé par la lutte acharné | qu'ils lui ont faite à lui et à son succes-| seur, 1! estinutile pour moi de rappeler | tout ce ui a été dit et dans la presse &: | sur les hustings par les conservateurs | eux-MÉies sur es turpitudés et les!

malversitions du gouvernement Cha:| pleau e1 .L+ son entourage. L'homme qui | est le r«ilet de cette politique dirigée | contre le gouvernement Chapleau et sa!

suite et qui voulait à tout prix son ex: | tinction complète est aujourd’hui le pre mier ministre de notre province. Chose étrange, c'est que lui qui avait voué à la | inort les ministères Chapleau et Mous-| seau, et dont les noms seuls suffisaient pour lui inspirer de l’indignation et du | mépris, et qui caractérisait la politique de ces derniers comme étant malhon-| nêée au point de vue des intérêts pubiics, il s'associe à ces hommes qu'il venait de flêtrir et qui avaient trempé dans cette politique si méprisable,

L'honorable eputé de Brome a servi sous le governeruent Chapleau et Mous- | seau et 1l est responsable pour sa part des actes de ce gouvernement.

Nous avons l'honorable commissaire des chetnins de fer, qui a servi sous M.

Chapleau, et qui jui aussi a sa part de responsabilité des actes de ce gouvernement, si corrompu d’après l'opinion de 50% ehef actuel.

L'honorable secrétaire provincial a supporté les mesures de M. Chapleau, a été ministre dans le gouvernement Mousseau, et s’est allié avec celui qui l'avait si sévèrement condamné.

Nous avons maintenant notre hono-

| son prop:e avantage,

rable trésorier qui est de tous les gouvérnements pourvu qu'on lui confie les clefs du trésor, 11 a supporté aussi la politique Chapleau tant que celui-ci a voulu l’hunorer de sa confiance, Une fois entré au ministère, il x commencé à montrer des velléités d'indépendance et à déployer un zèle pour le vertu politique qu'il avait cependant oublié de mettre en pratique tant qu'il a été avec M. Chapleau, 1! nous faisait entendre que sa sortie du ministre était due à son

|opposition à la vente de notre chemin

de fer, mais on a depuis découvert que ce n'etait {à qu’une feinte,

Quant l'honorable procureur-yénéral, j'ai de l'estime pour lui ; #‘il lui arrive de cominettre des fautes, ce serx plutôt par faiblesse pour ses amis que pour Il veut le bien et il l’aime, mais 14 politique a ses exigences, et il u'a pas toujours le courage de résister à ses «mis; le cœur, chez lui, a une trop largo part dans ses actes.

Tels sont les éléments h‘térorènes qui forment le gouvernement actuel.

Pour ma part, je trouve cette union disparate et peu faite pour diriger les destinées de notre province dans sa véritable voie, et ce gouvernement aura besoin de faire bien des actes de vertu avant qu'il puisse rétablir la confiance si fortement ébranlée par ses prédécesseurs,

Les honorables députés qui supportent ce cabinet sont satisfaits sans doute puisqu'ils ne protestent pas, du moins ouvertement, et qu'ils suivent sa politique.

Le -rand perti conservateur, avec toutes ses grandes et belles traditions, est facile à contenter, 1! oublie son

| passé. Il montre de grandes faiblesses

pour garder le pouvoir à tout prix.

Tout homme bien posé dans le monde | commercial ne voudrait jamais faire une alliance avec des homines qui ont été l’objet d’une accusation aussi forte que celle qui a été lancée contre le gouvernement Chapleau et Mousseau.

Dans les aflaires, ls moindre tache sur laréputation commerciale est suffisante pour qu’un homme soit regardé avec soupçon, et pour que son crédit soit affecté.

Est-ce que dans le monde politique tout est permis ?

L'hon. M. Ross et ses amis étaient sincères ou ils ne l’étaient pas; s'ils l’é-

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confie les » aussi la celui-ci a ce, Une 1mencé à, vendance »rtu poli- Jublié de été avec ntendre lue à son : chemin vert que

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taient, toute alliance était impossible, ! peut pas le blâmer d’avoir promis plus s'ils ne l'étaient pas, ils trompaient le | qu'il ne tiendra, car il n'a rien promis, pays. | Ainsi, Monsieur le L’résident, je crois faintenant, au point de vue financier, | avoir établi assez clairement quelle est va-t-il faire quelque chose, je ne le crois notre position financière dans le mopas ; certainement pas avec le trésorier ment. [a preuve aujourd'hui n'est pas actuel, En parlant ainsi, je respecte la | difficile, car l'honorable trésorier est personne et ne m'attaque qu'à l'homme | venu admettre franchement que toutes comme financier. les prévisions budgétaires des années

C'est le même qui en 1875 nous disait précédentes étaient erronées et qu'on solennellement en Chambre, lors de la avait trompé cette chambre en dimiratification du contrat pour la construc- nuant autant que possible le chiffre de tion du chemin de fer Q. M. 0. et O.,| nos déficits; que les déficits annuels que nous avions les moyens nécessaires étaient de 400 à 300 mille piastres par pour cette entreprise et que le contrat, année. grâce à lui, était tellement bien fait! Je crois avoir démontré en second qu’il n'y avait aucune portes d’ouvertes lieu que la politique suivie par ceux pour les extras. qui nous ont gouverné depuis 1375 a

Que sont devenues ses prévisions ? | été extravagante et pas du tout en rap- Nousavons eu des extras pour plusieurs | port avec les exigences de la situation. millions. | Aulieu d'envisager la question sur san

Le même min: .re a été trésorier pen- | véritable mérite, on a laissé taire, rlutôt dant le règne de M. Chapleau et n’a pas | que d’encourir le risque de perdre le sonné mot sur l’extravagance de cette | pouvoir. politique et, tant qu'il a eu son porte- L'un côté, on sentait l'impopularité

uille, il à trouvé tout pour le mieux. de toute mesure qui avait pour effet Sorti du ministèra Chapleau, tout est d'augmenter les revenus ordinaires, devenu sombre et la province s'en allait | mais, désirant rester au pouvoir, on vià la ruine. vait sur le capital, quitte à combler ce

Maintenant, le voilà revenu au pou-| déficit par de nouveaux emprunts, voir, il a réussi à ressaisir les clefs du| Le peuple ne voulait pas entendre trésor ; son bonheur est complet et ses | parler d'impôt, il fallait cependant terreurs se sont évanouies. | vivre à tout prix, on endettait la Pro-

Depuis que nous sommes ensafs | vince, dans la voie des déficits, c'est lui, en| La position éfait difficile, je l'avoue, que partie, qui a eu la direction des |et il faut du patriotisme pour laisser

nances de notre Province, c’est lui qui | en arrière une vie de luxe et d'oisiveté est responsable, après tout, de notre | et la remplacer par une de sacrifice et position financiére, | de privations.

Quelle politique at-il suivie comme! Ceux qui nous ont gouvernés ont pré- Trésorier ? Il a souvent parlé d'écono-|féré se laisser aller avec le courant qui mises et de retranchements, mais il n'a|les entraînait vers un gouffre, n'ayant jamais mis à effet ses projets et s’est | pas le courage de faire un effort sufllaissé aller avec le courant plutôt que | sant pour éviter le danger qui les menad'abandonner sa position de Trésorier. | çait.

Je parle franchement, et quoiqu'il! J'espère que la politique promise par m'en coûte de le dire, car je ne voudrais | notre honorable trésorier sera réelle et nullement le blesser. Je dois l'avouer | non pas illusoire, comme par le passé, cet honorable monsieur n'a pas d’après | car nous avons vu le même trésorier

moi l'étoffe de ces hommes qui ont la force et le courage de suivre une politique rigoureuse et qui ont le nerf de la faire prévaloir.

Voilà, M. le Président, qu’elle est

mon opinion, elle ne sera pas peut-être prisée par un grand nom

venir, d'année en année, nous débiter les mêmes id$es sous diflérentes formes; cependant, malgré toutes ses promesses, notre position financière n'allait qu'en empirant.

Aujourd’hui, il nous arrive sous un

re,je m'at- | nouveau jour, il admet que nous avons

tends à cela. Pour moi, mon devoir est | gaspillé dans le passé et que nous avons

de dire ce que je pense.

été d'une grande extravagance, mais

Dans tous les cas, ie ministère Ross | qu’il se repent de s1 conduite anté- .est arrivé bien timidement et on ne |rieure. Il veut entrer dans la voie des

réformes. Cette conversion est-elle sincère, c'est ce que l'avenir nous dira:

Après avoir vécu richement, il est bien difficile de vivre pauvrement, surtout lorsqu'il nous reste encore un peu de crédit,

Ce gouvernement va:t-il faire comme ses prédécesseurs messieurs Chapleau et Mousseau, et continuer le règne des extravagances, en augmentant les dépenses à droite et à gauche.

Il est vrai que l'honorable Trésorier, dans son disccurs budgétaire, nous dit qu'il faut des réformes et nous présente des estimés qui pourront ou ne pourront pas se réaliser.

M. Chapleau et M. Mousseau nous disaient qu'ils allaient mettre l'équilibre dans nos recettes et dépenses. Nous savons ce que le gouvernement Chapleau avec le trésorier actuel a fait dans cette voie.

Depuis deux ou trois années, on nous joue une jolie comédie. Aussitôt qu'un gouvernement devient impossible, on fait un remaniement et le parti conservateur est content. Mais estce un exemple à donner au peuple que de voir des hommes, après s'être jeté de la boue à la figure, s’embrasser comme les meilleurs amis du monde et faire parti d’un même gouvernement ?

Je sais que les remarques que je viens

de faire ne seront pas du goût de tout le monde,mais elles sont véridiques tout de même et, pour tout esprit impartial, | elles représentent assez bien l’état politique depuis 1875.

Dans le cours de mon discours, j'ai pu, sans le vouloir, blesser dans mes lappréciations sur les hommes et les choses quelques honorables membres de | cette Chambre ; si tel est le cas, je le |regrette, car tout ce que j'ai voulu, c'est de m’attaquer, non pas à la per- | sonne, mais à l’homme politique.

Avart ‘le terminer, ie dois remercier | cette Cuambre de l'attention bienveil- | lante qu'elle m'a accordée ; et elle me | pardonnera si je l’ai retenue longtemps.

La gravité de la situation est mon excuse et j'aime à croire qu'elle sera | jugée suffisante.

Je demanderai à mes collègues de | mettre de côté toute considération de | parti pour ne voir que l'intérêt public.

Le pays qui nous voit nous'tiendra res- | ponsables des malheurs qui ls menacent ;nous serions indignes de la confiance qu’il a mise en nous, comme ses man- | dataires, si nous manquions à la mission | qui nous a été confiée et ai par esprit | de parti, nous refusions d'appliquer aux maux actuels les- remèdes énergiques que les circonstances suggèrent.

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