L'EXPOSÉ ROBERTSON
J'ai entendu d’abord, et j'ai lu ensuite, avec un sentiment diflicile à définir, l'exposé fait l’autre jour par l'hon. Trésorier. Ila ét: clair sur certains points, mais très obscur sur certains autres ; il m'a paru très sincère et très franc dans quelques parties de son discours ; et dans d’autres il m'a semblé disposé à suivre les anciennes traditions des trésoriers conservateurs :
admettre ce qui est évident ; embrouiller davantage ca qui n’est pas déjà clair ; et surtout donner pour l'avenir des surplus là où il n’y aura que des déficits.
A part ces défauts professionnels, l’exposé du trésorier contient des lacunes bien regrettables, Il ne dit pas un mot du fameux emprunt de trois millions et demi ; ne le justifie pas et ne le condamne pas ; n’en fait pas connaître les conditions, et nous ignorerions s’il a été négocié avec profit ou perte sans le tra:
vail que j'ai cru devoir m’imposer à cet égard et que je ferai connaître plus tard.
Quant à la remise des $30,00) à MM.
Forget & Cie., en violation du contrat,
jet des $3,000 de M.de Molon à M.
Senécal, en violation de la loi, M.Robertson garde un silence désespérant. Ilen est de même des $15,000 données à M.
Dansereau en septembre 1883, pour acheter des livres en Europe et pour
à même de bien saisir l'état de notre lesquelles nous n'avons reçu. jusqu'à situation. Je félicite sincèrement le | présent, qu’une note non acquittée de député de Québeo de ce travail prati-| £500 sterling ; les livres représentant que et intéressant qu'il a soumis à :« les $15,000 ét'nt aussi invisibles que chambre et qui devra produire un grand |les vertus pclitiques des chefs consereffet sur l'esprit des hommes d'afiaires. |vate:ws, Lu rapport final de la commis-
PME | à rat
sion du service civil, dont les travaux nous ont déjà coûté au-delà de $10,- 000, pas un mot ; notre brave trésorier ignore l'existence de cette commission comme il semble maintenant disposé à ignorer l'administration du chemin de fer sur laquelle, l‘an dernier, il avait une opinion si définie.
Je m'attendais aussi à avoir des informations sur les fameuses résolutions æoncernant les licences d’hôtel et autres à Montréal ; et qu’on nous dirait pourquoi ce projet, destiné uniquement, nous disait-on, à favoriser la cause de la tempérance, a été abandonné d’une manière sisubiteet si extraordinaire.
Les hauts dignitaires ecclésiastiques dont parlait l'honorable Procureur Géné-
d'emprunts autorisés en 1882 et 1883, avaient été touchés intégralement. La différence de $27,000 doit être la perte faite pour commission, timbre, etc.
C’est donc $18,250,095.84 de dette consolidée que nous avons, c'est-à-dire de dette actuellement fixée par des débentures provinciales, négociées en Angleterre ou ailleurs, et dont les premières deviendront échues dans 20 ans.
Mais ce n’est pas là tout ce que nous | devons ; et il reste malheureusement contre nous des réclamations pour plus de deux millions, et pour le paiement desquelles il nous faudra encore emprunter, c’est-à-dire augmenter le chiftre de notre dette consolidée.
Il importe de mettre ce point claire-
ral, l’autre soir, et qui insistaient, d’après | ment devant le pays afin qu'il n'y ait
lui, pour faire adopter la mesure, ont-ils æhangé d'opinion ; ou bien les vues des hôteliers l’ont-elles emporté sur celles de ces hauts dignitaires ?
Dans ma naïve crédulité, je m'étais imaginé aussi que le trésorier allait nous dire sur quelle classe d’employés et de travaux publics vont porter ces fameuses économies, faites sur papier ; si les salaires des ministres vont être diminués en même temps que l'indemnité des députés eë les émolu ments des pères de famille qui sont dans les divers départements et qui paraissent destinés à payer seuls les extravagances de nos gouvernements.
Toutes ces espérances ont été déçues et notre curiosité n’a pas été satisfaite sur ces différents sujets d'importance majeure ; et il est bien probable que la chambre n’en saura jamais plus que ce que je vais lui en dire.