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Sivons ajoutez à ces actes de mauvaise administration, et qui ne sont guère de nature à vous faire accepter comme sincère la dévotion subite de M, Robertson pour l'économie, le fait très grave qu'il est uu des inventeura de la politique qni nous a doté des embarras actuels, vous oomprendrez facilement pourquoi il nous demandait l’antre jour de former les yeux sur le passé et d’ignorer les coupables,
Non seulement il est responsable de cette politique, mais il s’est engagé à s'abordonner et à la répudier dès qu’elle tournerait mal. Ecoutez ses protestations anticipées et les engagements qu'il a pris en 1875 :
# Le total de la dette que cette poli.
tique va faire contracter à la province, si tous les chemins de fer sont construits, sera d'environ six millions en tout.
Comme je l'ai souvent déclaré, je ne consentirai pas à aller au-delà de ce que la province peut supporter...
Nous no devons pas, et pour ma part je ne veux pas, endosser une politique qui obligera la législature de recourrir à la taxe directe, pour rencontrer les
dépenses du gouvernement, ou payer
l’intérèt sur notre dette. Et bien que, dans le moment, je mets ma popularité personnelle en danger, je suis convaincu que le peuple de cette province admettra bientôt la prudence de ce . je fais.” (Vide son discours de 1875 . 8 ) : Voilà qui est bien clair : pas plus de SIX MILLIONS DE DETTES | 1]l résignera s'il se trompe. Nous dépassons vingt millions et le brave homme est encore le trésorier de la province ! !! Et c’est dans de telles circonstances que le dé.
puté de Sherbrooke veut il faire de ceux ui ne sont plus ici les bouc-émissaires ds tous les pêchés du parti? De quel droit vient-il nous parler, avec cet air de candeur jui le caractérise, des extravagances des “autres, des dépenses excessives dont il n’est pas responsable ?
A l’entenure il a toujours été le trésorier économe par excellence, et il laisse comprendre à son parti que, s’il l’eut écouté, le pays neo serait pas ruiné. Mais si tel est le cas, pourquoi l’hon. député n’a-til pas dénoncé ses amis ; pourquoi estil resté avec eux ? Pourquoi a:til accepté leurs faveurs et at-il: toujours cherché à en recevoir de nouvelles
Pourquoi n'a-t-il pas résigné comme il l'avait solennellement promis ?...….
Soyons de bon oompte ; et que l’hon, M. Robertson porte la responsabilité de ce qui est arrivé ; il est le principal coupable, c'est lui qui a dirigé TA finances, pour son parti, presque tout le temps, et si ce parti a ét6 entrainé à des excès et il le lui doit largement; et ayant eu les profits et les honneurs, avec les autres chefs, il doit les suivre dans la disgrace et subir avec eux la méme condamnation. Vouloir échapper, dans les circonstances, à la responsabilité de ce qui arrive, ce n’est de la part du Trésorier, ni digne, ni courageux.
Durant tout ce temps là, monsieur, les hommes prudents, justement émus des dangers que nous bravions fesaient entendre le cri d'alarme, et nous, les libéraux, nous supplions les ministres conservateurs de cesser ces extravagances ei de revenir à un régime plus en rapport avec nos ressources.
Tous nos efforts ont été vains, toutes nos supplications ont été inutiles, eb on nous traitait de visionnaires, d’ennemis de la province et de charlatans politiques.
LE MIEISTÈRE JOLY.
En 1878 quand M. Joly se mit à l’œuvre, en homme de cœur et en patriote dévoué, pour diminuer les dépenses et prevenir la taxe directe qui nous menaçait, il fut traqué comme un criminel, dénoncé comme un ennemi publie et colomnié par des gens que l'esprit de parti aveuglait,
Le programme du gouvernement Joly fut mis devant le pays le 28 mars 1878 ; et en voici les principales parties :
“ La carrière de l'ancien gouvernement s'est trouvée interrompue au moment où, pour retarder la banqueroute,
ue s0n extravagance avait rendue iné- Vitable, il avait recours à la taxe directe, sans même essayer, de l'éviter au moyen d'uno sage économie ; loin de là les dépe:ses du gouvernement augmentaient regulièrement d'année en année, tandis que notre principale source de revenu, les bois et forèts, s’épuisait,
“ Pour se tirer d’'embarras, les an: ciens ministres ont forcé la chambre à passer une loi inconstitutionnelle, qui avait pour but de priver une portion considérable des citoyens de la province
MR rt
de la protection des cours de justice ; | d'économie et de retranclrement, bien ils ont voulu se substituer aux tribu: | appliqué, et sans recourir à la taxe dinaux et s'ériger en juges, dans leur/|recte, La tâche du ministère est aussi propre cause. difficile qu'importante, car ils’est glissé # Ne voulant pas réduire les dépenses, | des abus considérables dans l'adminisils se sont trouvés dans la nécessité | tration de la chose publique, et nous d'imposer des taxes directes. Leur loi | aurons beaucoup d'obstacles à renverde cetta année que nous avons arrêtée | ser pour détruire ces abus et rémédier à temps, n’était qu’un commencement : |aux maux qui existent ? ; elle ouvrait la porte aux taxes de tous| En 1879, l'honorable M. Langelier, genres qui, jusqu'à ce jour, sont heureu- | que les citoyens de Québec viennent sement demeurées inconnues aux ha- | d'honorer de nouveau de leur confiance, bitants de notre province. en l’élevant pour la seconde fois au # Lehuit mars courant nous avons | poste important de premier magistrat fait connaître notre programme à la de la capitale provinciale, répondant chambre, en peu de mots. Je le répète | aux observations de l'honorable député encore ici dans les mêmes termes. de Sherbrooke, faites à l'occasion de
“Le nouveau cabinet déclare qu'il abandonnera le bill qui a pour but l’imposition de nouvelles taxes ; il se propose de faire face aux obligations de la provin:e, et d'exécuter les entreprises à l’accomplissement desquelles la foi publique est engagée, par un système
d'économie et de retranchement qui
exemptera le peuple de l'imposition de nouveaux fardeaux,
l'exposé financier, disait :
“ [Il n'y a pas lieu de parler de la né.
cessité d'imposer de nouvelles taxes comme le prétend l'honorable député de Sherbrooke ;: avec de l’économie, de | la sagesse et du soin dans l’administration des affaires de la province, nous pouvons espérer que dans un avenir très rapproché, l'état de nos finances nous permettra de mieux doter l'éduca-
“Nos adversaires ne voyaient qu'un | tion et les institutions de bienfaisance,
moyen de réparer les fautes qu’ils ont | d’aider l’agriculture et la colonisation commises pendant leur longne admi- | d’une manière efficace, et de développer mistration: la Taxe pirecrx. Nous |les ressources de la province pour lui voyons un autre moyen, qne nous som- | faire atteindre la position à laquelle mes décidés à adopter: r’econowis. | elle a droit de prétendre dans la confé-
Cest à la provinca à choisir entre les | dération:’’
deux.”
Et ce document, monsieur, portait la signature d'une homme qui est passé à travers, et est sorti comme un honnête homme,de nos luttes politiques, toujours si violentes, et qui souillent les plus belles réputations Et aujourd’hui, comme toujours, après vingt ans de luttes
- et de revers politiques, il a ja vénéra.
tion de ses amis et le respect de ses adversaires comme récompense d’une vie honorable. Tout le monde a deviné qu'il s'agit de l'honorable M. Joly, auteur de ce programme et digne chef du ministère qui a cherché loyalement à le mettre à exécution.
Ceux de mes collègues actuels qui étaient ici en 1878 se rappellent encore, j'en suis convaincu, les déclarations de feu M. Bachand, alors trésorier
Voilà quelle était la politique du ministère Joly. Cette politique accueillie avec faveur par le peuple de cette province, et sanctionnée par la majorité de sette chambre, fut repoussée par le conseil législatif à la demande de l’honorable M. Ross, Premier Ministre actuel, et finit par échouer complètement, grâce à la trahison de quelques individus, que l'opinion publique a déjà flétris, et que l’histoire mebtra au nombre de ceux qui ont perdu tout droit à l'estime publique.
Malgré l'opposition la plus acharnée qui ait jamais été faite à un gouvenement, le ministère Jo!l#ÿ avait réussi à économiser, sur les dépenses ordinaires, une somme de $270,000. Le fait fut admis par l'honorable M. Church, dans le temps, lorsqu'il déclara que les dé-
de la Province, lorsque, épuisé par la | penses générales do M, Joly avaient ét6 maladie qui l'a enlevé si tôt à ses amis | moindres que les siennes de $30,000.
et au pays, il disait :
Or comme dans ces dépenses générales
# Le gouvernement, en prenant la di.|se trouvaient comprises $246,000 de rection des affaires, s'est engags à rem- | plus que l’année précédente pour fonds lir toutes les obligations légitimes deid’amortissement et intérêts, que M.
à province, au moyen d'un système | Church avait oublié de payer, il est cons:
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tant que, malgré tout, les efforts patriotiques du député de Lotbiniè:o furent couronnés de succès.
Toute la question était donc, à cette époque, comme aujourd'hui, de savoir si, en pratiquant la plus stricte économie, on pouvait gouverner sans imposer de nouvelles taxes. Alors les libéraux disaient oui et les conservateurs disaient non, C'était la ligne de démarcation entre les deux partis ;’ c'est inutile de le nier; l’histoire est là pour le prouver.
Nous venons de voir quel était le programme Joly ; rappelons quelques paroles de M. Robertson pour prouver que le sien était la taxe directe.
“ L'Honorable Trésorier peut amuser le public pendant quelque temps, en lui assurant qu'il va économiser, qu’il n’y aura pas de taxe, qu'il n’y a aucune nécessité pour cela, qu'il pourvoiera par quelques moyens mystérieux ou avec d’autres fonds aux dépenses indispencables du pays. Mais ceci ne peut pre durer longtemps. (Hansard 79 p, 257.)
“ Si nous trouvons, et je suis faché de dire que c'est le cas,‘ que notre revenu n’est pas suffisant pour payer les intérêts et les dépenses nécessaires pour l’administration de nos affaires publiques, alors nous devons nous appliquer sérieusement à augmenter notre revenu et à diminnuer nos dépenses. (do p. 259.)
“Je regrette profondément notre présente position financière, mais la seule méthode honorâuxe et infaillible à suivre est de montrersau peuple de la province notre véritable situation et DE LUI DEMANDER DU SECOURS POUR L’AMELIORER, ? (do p. 259.)
Voilà qui est bien clair ; l’économie ne suffisait pas à cette époque ; il fallait de nouvelles taxes. Æt aujourd’hui que nous payons $600,000 de plus vour l’intérêt de la dette et que tous les salaires sont augmentés, l’honorgble trésorier vient de nous annoncer qu’il adopte: la politique qu’il a condamnée avec tant d'énergie en 1879,
La chambre peut elle croire à sa sin-
cérité et lui accorder sa confiance, dans les circonstances ?
À tout événement rappelons que si le gouvernement Joly a succombé à la tâche qu'il avait entreprise, c’est du, en grande partie, à l'honorable M. Ross, qui, au conseil législatif, avec une énergie digne d’une meilleure cause, rendit
iuutiles les efforts honnêtement faits par l'honorable M. Joly, pour sauver 14 province de la taxe dont elle était alors et dont elle est encore menacée.