‹ Discours sur le budget prononcé par l'honorable Honoré Mercier, chef d'opposition, à la séance de l'Assemblée législative de la province de Québec, le 7 mai 1884 [microforme]Chapitre 9 sur 16 · RECHERCHONS LA CAUSE · texte numérisé non relu

RECHERCHONS LA CAUSE

Il faut donc rechercher la cause de ces embarras financiers qui nous alarment avec tant de raison ; et ce ne serait ni sage, ni prudent que d'ignorer cette cause pour ne voir que l'effet.

Y'hvucseble M. Robertson nous a dit, vendredi dernier, qu’il fallait moins s'occuper de connaître les noms de ceux qui avaient fait le mal que de travailler à le guérir ; c'est juste en thèse géné.

rale, mais c'est trop intéressé pour être juste dans la circonstance, Car nous ne

ouvons oublier, malgré toute notre

onne volonté, que c’est lui M. Ro:

bertson qui a administré nos provinces du 29 octobre 1879 au mois de janvier - 1882, et que ce n’est pas tout à fait de sa faute s'il a cessé de les administrer depuis janvier 1882 à janvier 1884 ; et que d’ailleurs son parti et deux de ses collégues actuels sont personnellement responsables des fautes graves commises durant cet intervalle où il a été tenu éloigné du trésor à raison de circonstances qui n’ont jamais été expliquées.

Ces raisons sufliront' pour faire comprendre pourquoi notre excellent trégorier aimerait nous voir jeter un voile sur le passé et travaiiler à guérir le mal sans en rechercher l’auteur. Il veut bien être indulgent, Monsieur l’Orateur, pour l'unique déficit dont vous êtes entièrement responsable, celui de 1882-1883, et qu’il porte à $300,000 ou $500,000 ; mais cette indulgence intéressée est sans doute offerte complaisamment à vos amis dans cette chambre afin de les engager à ne pas être trop sévère à leur tour, à l'égard des déficits de 1879-1880, savoir $483-117 ; et de 1880-81, savoir $442,139, dont lui, l'hon. M. Robertson, est directement responsable.

Il y a un motif à cette indulgence empressée, et les gens intelligents sauront bien l’apprécier à sa juste valeur :

c'est la nécessité de condamner deux de ses collégues, Messrs. Blanchet, Lynch, en condamhant la politique ruineuse de M. Mousseau ; et l’impossibilité où il est de parler des déficits des deux années que je viens de mentionner, sans gs'incriminer lui-même et incriminer en même temps trois de ses

aollègues aotuels : Mossra, Ross, Qi et Lynch, qui ont tous leur part légitime de responsabilité à cet 6gard.

Soyons de bon compte ; et si ces messieurs qui ont'gouverné depuis 1879 sont disposés à se pardonner leurs fautes mutuelles, afin de justifier leur étrange association, et de ne pas blesser les justes susceptibilités des divers groupes de leurs amis, nous ne sommes

as obligés, nous de ce côté-ci de la

hambre, de devenir les cree de ce système immoral de pardon illicite; et nous ne Feconnaissons pas au député de Sherbrooke, tout vertueux que nous voulons bien le supposer, le pouvoir de proclamer ce nouveau jubilé dans lequel il voudrait complaisemment eftlacer les nombreuses fautes de ses amis.

Que ces Messieurs se donnent une absolution générale, si ça les amuse ; mais qu'ils sachent que le pays ne la leur accordera pas aussi facilement : il exigera une véritable contrition et un ferme propos inébranlable, et leur imposera une pénitence suffisante, par la perte du pouvoir, seule punition qui puisse leur être sensible.

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