S.LV
blés depuis 1825. J’ai remarqué que, jusqu’en 1847, il y avait eu constamment une différence en plus de
6 à 7 francs entre le prix de nos blés nationaux et celui des blés de la mer Noire, c'est-à-dire qu’au moment où en France le blé se vendait 20 francs I hectolitre, il n’était coté qu’à 1 3 ou 1 4 francs dans les entrepôts d’Ancône, de Marseille et d’Hambourg. On estimait à cette époque les frais de transport et les faux frais à 6 francs au moins par hectolitre, ce qui ne donnait pour prix de vente sur les lieux que
7 à 8 francs.
Je connaissais parfaitement la situation du cultivateur russe, et celte situation m’expliquait jusqu’à un certain point comment il pouvait vendre sans perte à 8 francs une céréale que nous ne pouvons vendre qu’avec perte à 15 francs dans les parties de notre sol les plus propres à une culture économique du froment, telles que la Lorraine et la Bretagne. Mais comme je savais que les blés de la Russie méridionale, avant d’être embarqués à Odessa ou à Sébastopol, avaient eu à supporter des frais de transport qui, eu égard au défaut de voies de communication, me semblaient devoir être fort considérables, je ne me rendais pas parfaitement compte de l'extrême modicité du prix de revient du blé dans les ports de la mer Noire.
Le hasard m’a servi en me mettant en rapport avec le représentant d’une maison puissante de Pa-